Caen - Épinal (Ligue Magnus, 8e journée)

Les Drakkars endeuillés

BAAZI_Aziz_100925_088La patinoire de Caen a revêtu ses habits de deuil pour rendre un dernier hommage aux président du club des supporteurs des Drakkars. En sa mémoire, les joueurs portent le brassard noir. En sa mémoire, les deux équipes et le public ont respecté une minute de silence. Les tribunes de Caen-la-mer ont donc une coloration particulière... noire, et jaune parfois, à l'image des Rouennais venus accompagner le souvenir de Thierry Brachais.

Mais le sport reprend ses droits, et les Drakkars doivent engager toutes leurs forces dans ce match, c'est ce qu'il aurait voulu comme tous ces samedis. L'adversaire du soir est Épinal, qui semble abordable malgré l'expérience de ses troupes à l'image de Jan Plch, toujours en excellente position au classement des pointeurs. Les Dauphins ont des résultats inconstants, mais sont capables de faire chuter Rouen ou d'emmener Morzine en prolongation. À Caen, Bertrand Pousse essaie de nouvelles lignes avec un effectif revenu au complet. Romand monte avec Jérémiah Cunningham et Jonathan Duchesneau à l'avant et les jeunes Antoine Vigier et Aziz Baazi à l'arrière, tandis que Pain anime le centre auprès d'Urpo et Jonathan Avenel.

Les deux équipes rentrent doucement dans le match. Mais les Caennais prennent l'ascendant au fil de la rencontre. Peut-être est-ce dû aux changements de ligne, peut-être aussi une réaction à l'action de Jan Hagelberg. Après un tir maîtrisé par Arnaud Goëtz, le Dauphin est aux prises avec Aziz Baazi, mais il bloque le Caennais, entraînant irrémédiablement le jeune défenseur contre son gardien, qui fait un vol plané derrière ses filets. Jérémie Romand réagit vivement à cette agression, ce qui lui vaut un 2+10'. Il est le seul à être pénalisé.

Bien que privés d'un attaquant, les Drakkars portent le danger vers leur adversaire. La défense spinalienne est bien ordonnée, mais se retouve à la faute par deux fois. Le premier jeu de puissance est écarté, mais le second voit les Caennais en place sans toutefois inquiéter un Loïc Lacasse exemplaire devant les cages vosgiennes. En effet, si aucun arrêt ne semble imparable, il ne concède quasiment aucun rebond et permet à son équipe de rentrer au vestiaire sur un score vierge.

Dès le retour sur la glace, la ligne animée par Erwan Pain retourne au travail dans les bandes et derrière le but. Chaque duel est gagné de peu et Avenel réussit à dégager le palet pour Pain aux prises avec Petrak. Mais l'attaquant caennais prend un tir du revers en arrière qui surprend le gardien et franchit la ligne de but (1-0 à 20'27"). Il faut trois minutes aux Spinaliens pour répliquer. Jan Plch est à la relance et il trouve une diagonale parfaite pour Fabien Leroy qui arme un lancer somptueux dès le passage de la bleue et fait tinter le poteau rentrant (1-1 à 23'12").

Le match devient alors un peu fou et désastreux pour les défenses. Lacasse dévie le tir de Gibbons dans la mêlée, mais c'est Antti Urpo qui le récupère et renvoie dans les filets dégagés (2-1 à 24'16"). Une minute plus tard, Duchesneau sert Cunningham pour une situation de deux contre un avec Romand. Ce dernier se positionne pour le tir. L'Américain jauge ses chances face au gardien et décide de transmettre à l'ex-Rouennais qui trouve la faille sans problème (3-1 à 25'36").

AVENEL_Jonathan_100925_057Le coach d'Épinal appelle un temps mort pour calmer les esprits. Cela n'empêche pas Boisclair d'être sanctionné pour un faire trébucher, mais les conséquences sont d'autant plus surprenantes. Guillaume Chassard récupère un palet en contre. La défense s'est repliée, alors Chassard temporise, Duchesneau le met en échec et repart à l'offensive, mais faute de communication, c'est Chassard qui reprend le palet. Il transmet à Kuuluvainen qui remet à Halgeberg dégagé pour un tir propre (3-2 à 28'15").

Une minute plus tard, Jérémiah Cunningham avance vers le but depuis la ballustrade. Leroy le met sévèrement en échec mais perd son casque dans l'action. L'arbitre n'hésite pas une seconde et inflige un 2+2' d'équipe au grand désarroi du joueur et du public. C'en est visiblement trop pour le moral des jeunes troupes bas-normandes qui flanchent pendant cette infériorité sur un tir de Petrak dévié par une crosse devant Goëtz (3-3 à 30'30"). Puis, Nathan Ganz vient donner l'avantage aux Dauphins pour la première fois. Le gardien caennais a une seconde de retard pour capter le palet sur ce centre de Benchabane. Il laisse donc le but grand ouvert pour Ganz qui n'attendait que ça (3-4 à 33'37"). Pas de coaching miracle pour Caen qui rentre au vestiaire en ayant tout gagné pendant cinq minutes, puis tout reperdu, et plus encore, dans les dix minutes suivantes.

Mais Jonathan Avenel, l'enfant du pays, a de l'envie à revendre. Sur la remontée d'Urpo, il fait l'effort pour rejoindre son coéquipier qui lui transmet à sa droite. Avenel reprend la passe de volée et permet aux Drakkars de recoller au score. Les deux équipes ont laissé des forces dans le match et peinent à construire plus de jeu. C'est donc l'expérience qui permet à Petrak de faire à nouveau la différence. Chipaux est à l'origine d'une belle passe à destination du Tchèque démarqué. Il fonce vers le but et profite d'une trop forte anticipation de Goëtz pour offrir à nouveau l'avantage à son équipe (4-5 à 50'27"). Une nouvelle fois, Caen tente de sortir son gardien dans la dernière minute, sans plus de succès que d'habitude : le score reste inchangé et les Dauphins l'emportent.

Cette défaite est une grosse déception pour les troupes de Bertrand Pousse. Il y a des progrès collectifs, mais l'équipe passe encore à côté en défense, ce qui lui coûte très cher. Avec la victoire de Mont-Blanc, les Drakkars tombent à la dernière place du classement. Épinal n'a pas eu besoin de créer le jeu pour l'emporter et s'en sort donc bien, fort de l'expérience de vieux briscards comme Plch ou Chassard. 


Caen – Épinal 4-5 (0-0, 3-4, 1-1)
Samedi 6 novembre 2010 à 20 heures à la patinoire de Caen-la-Mer. 1 020 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Maxime Durand et Nicolas Piedigrossi.
Pénalités : Caen 10+10' (2+10', 6', 2’) ; Épinal 22+10' (4', 10'+10', 8').
Évolution du score :
1-0 à 20'27" : Pain assisté de Urpo et Avenel
1-1 à 23'12" : Leroy assisté de Plch et Slovak
2-1 à 24'16" : Urpo assisté de Gibbons et Avenel
3-1 à 25'36" : Romand assisté de Cunningham et Duchesneau
3-2 à 28'15" : Hagelberg assisté de Kuuluvainen et Chassard (inf. num.)
3-3 à 30'30" : Petrak assisté de Plch et Chassard (sup. num.)
3-4 à 33'37" : Ganz assisté de Benchabane et Agostini
4-4 à 44'57" : Avenel assisté de Urpo et Lafontaine
4-5 à 50'27" : Petrak assisté de Plch et Chipaux


Caen

Gardien : Arnaud Goëtz.

Défenseurs : Antoine Vigier – Aziz Baazi ; Samuel Gibbons – Tommy Lafontaine (C)  ; Alexis Gomane (A) – Vladimir Urban.

Attaquants : Antti Urpo – Erwan Pain - Jonathan Avenel (A); Jonathan Duchesneau - Jeremiah Cunningham  – Jérémie Romand ; Charles Geslain - Pierre Bennett - Julien Lebey ; Kevin Da Costa.

Remplaçants: Clément Fouquerel (G), Udo Marie, Olivier Vandecandelaere, Raphaël Mazie.

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Jan Hagelberg – Stéphane Gervais ; Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Jan Plch (A) – Michal Petrak (A) – Tarik Chipaux; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Kévin Benchabane - Erwan Agostini - Nathan Ganz; Anthony Rapenne.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G). Absents: Ján Šimko (aine), Benoît Quessandier (entorse du genou)