Amiens - Briançon (Ligue Magnus, 8e journée)

 « Diablement » efficace

Photo_CouvertureLe constat résonne encore au Coliseum. Face à un adversaire alpin privé de son capitaine Edo Terglav (suspendu) et du défenseur Kai Öhberg, les Gothiques avaient à cœur, sans Valentin Claireaux et Grégory Béron, de rester sur une victoire avant la trêve internationale.

Cette 8e journée Magnus était l'occasion, soit d'enchaîner pour certaines écuries, soit de se relancer pour d'autres après un revers. Ce samedi 6 novembre, Amiens se trouvait dans le premier scénario après sa victoire face à Rouen, et Briançon, après sa défaite 4-2 contre Morzine, dans le second.

On sait les rencontres entre ces deux équipes toujours accrochées, à l'image du match de l'an dernier où les Picards l'emportaient 4-3 en prolongation.

Cette fois, Amiens n'a pas su enchaîner, et l'on doute même qu'ils aient appris à enchaîner cette année. Efficaces en contre et en supériorité, les Briançonnais ont su marquer sur des occasions clés. Des buts, éléments déclencheurs des successifs réveils amiénois. À courir après le score à la mi-match (1-3), Amiens est revenu dans la partie, au point presque de prendre l'avantage dans le dernier tiers lors d'une supériorité numérique. Un lancer de Kevin Bergin, une mitaine traînante de Ramon Sopko, une réflexion arbitrale de quelques secondes, puis – non – le palet est estimé sur la ligne et non dans le but. Un tournant du match ? Peut-être, mais une unique action n'est pas le reflet d'un match entier. Car, derrière, les visiteurs breakent et éteignent le Coliseum (3-5).

Sur soixante minutes, les gris ont toujours accusé une demi-seconde de retard sur le timing adverse. Un décalage à l'image de l'impression automnale en Picardie : frustrante.

1er_tiersScore nul, tiers équilibré

Pourtant, on pensait les locaux remontés comme des pendules : une première présence excellente donnait lieu à une supériorité, la faute à Loïc Lamperier pour un faire trébucher (1'15) : Vincent Bachet, placé pour le coup en attaque, observe le mouvement de son équipe et les lancers de Paul Deniset et Pavel Kowalczyk sur Ramon Sopko. Au complet, les joueurs de Luciano Basile réagissent : Lampérier puis Mickaël Perez tirent dangereusement et Billy Thompson relâche le palet. Kevin Bergin fait alors le ménage devant le but, et tant pis pour la pénalité tant que le danger est éloigné (8'35). Solides à quatre, les locaux subissent cependant le pressing des Diables à cinq. Kevin Hecquefeuille chipe tout de même un palet mais lance hors-cadre. Le contre adverse s'organise et se déroule extrêmement rapidement. L'intenable Nicholas Romano débloque alors le tableau d'affichage (13'44, 0-1).

Voilà qui réveille les Picards. Martin Tomasek passe derrière le but et sert Julian Marcos dans la zone de Sopko qui fait le travail. Royal sur ce coup, le goalie doit cependant s'incliner quand sa défense récidive l'erreur de laisser un adversaire s'infiltrer plein axe, juste devant le portier. C'est alors Bergin qui hérite d'une passe minutieuse de Deniset pour égaliser, le 21 local surprend alors Sopko qui fait le grand écart pour glisser le puck entre les bottes (17'53, 1-1). Score nul sur lequel se conclue le tiers, malgré une tentative de Perez captée par Thompson.

À la pause, on croise notre photographe Élie qui, tout sourire, nous montre le nouvel appareil photo d'un soir que lui a gentiment prêté Marc Dubois, photographe officiel des Gothiques. Pas de doute, la qualité améliore plus amplement la galerie photo de cette rencontre.

2me_tiersPremier break : raté

Pour en revenir au match, Amiens somnole à la reprise, avant de s'endormir. Simon Petit en prison, Damien Raux franchit la bleue avec le caoutchouc, transmet de l'autre côté à Marc-André Bernier dont le slap ras de glace mons-tru-eux de rapidité et de précision finit dans les buts (22'09, 1-2).

Successivement, Sébastien Rohat se retrouve au cachot (23'06) et permet aux locaux de réagir. Kowalczyk lance deux fois sur le but depuis la bleue, imité plus tard par Hecquefeuille dont le tir provoque une partie de curling devant la cage. Laissez les balais pour les crosses, les joueurs s'agitent et frottent la glace jusqu'à apercevoir de nouveau le puck, qui sort de la zone dangereuse. Fin de pénalité, et Viktor Szelig shoote sur le flanc gauche d'un Thompson avancé. N'ayant pas senti le palet au niveau de son aisselle gauche, le gardien recule en troisième vitesse jusque sa ligne de but tout en serrant son bras contre son corps et en cherchant frénétiquement le puck du regard aux alentours. Le 41 est soulagé quelques secondes plus tard quand l'arbitre siffle et vient chercher le morceau noir sur le goalie.

Quelques secondes plus tard, Pierre-Charles Hordelalay décoche rapidement après la bleue, devant un défenseur : le break est fait (28'31, 1-3). Refroidis comme leur public, les Gothiques sont maintenant forcés de créer le jeu face à des adversaires faisant le dos rond dans leur zone. Les contres ne tardent pas et Charlie Townsend prend la défense de vitesse pour se heurter à Thompson.

Julian Marcos longe la bleue et lance ras de glace sur le but. Pas réellement dangereux, le tir passe tout de même entre les jambes de Bachet, puis celles de Sopko (32'50, 2-3). Voilà les Amiénois revigorés, d'autant que Briançon continue de fauter assez étonnement pour l'équipe la moins pénalisée du championnat (34'15, deux minutes à Jaka Ankerst pour cinglage). Peu d'occasions, et les blancs pressent habilement. On en reste là pour le deuxième tiers, avec une dernière pénalité sifflée contre Szelig (39'17).

3me_tiersSi près, si loin...

Et pour une fois, la reprise de tiers est à l'avantage des Amiénois. À six secondes de la fin de la pénalité, Deniset trouve une nouvelle fois un équipier délaissé devant le but. C'est cette fois Tomasek qui profite du palet non gelé par Sopko pour revenir au score - au forcing (41'11, 3-3). Trois minutes plus tard, on croit quelques secondes à un quatrième but local : Hecquefeuille monte au créneau et élimine seul deux adversaires, avant de passer le puck au second poteau à Bergin. Le Canadien lance et lève immédiatement les bras quand Sopko récupère le palet dans une mitaine très mobile (44'). Trois secondes durant lesquelles le public exulte tandis que l'arbitre réfléchit derrière la cage puis refuse le but. Incompréhension des joueurs amiénois, certains d'avoir vu le puck derrière la ligne et pensant avoir fait le plus dur en prenant l'avantage.

Le jeu reprend, et le palet circule : Lampérier, intenable, tombe sur Thompson. De l'autre côté, Deniset puis Florent Neyens n'ont pas plus de chance. Idem pour Bachet qui dévie un lancer de Kowalczyk juste à côté du but. On change encore de côté et la défense des gris peine à se dégager. Cela se paye cash et Bernier double son compteur (53'40, 3-4). Les joueurs d'Antoine Richer tentent de repartir. Anthony Mortas et Jaka Ankerst en profitent pour se faire un petit câlin sur la glace, puis les Diables Rouges assomment définitivement leurs adversaires : le puck traine encore devant la cage de Thompson qui retarde l'échéance comme il peut avec plusieurs arrêts de la botte. En vain, Townsend achève les Gothiques et parachève le succès des visiteurs (56'18, 3-5).

Rideau, Briançon ferme la boutique, Amiens baisse la tête. Marc-André Bernier et Paul Deniset sont élus meilleurs joueurs de la soirée.

L'efficacité des blancs a eu raison des locaux pour qui la trêve internationale s'annonce longue. Des doutes, et des problèmes d'enchaînements récurrents relativisent la victoire importante face à Rouen. Cependant, nul doute que la défaite face à Briançon auraient été moins violente sans la performance précédente. Justement, du côté alpin, on trouve une équipe soudée et techniquement bonne. Hormis les problèmes d'indiscipline du soir, les Diables Rouges ont étaient fidèles à eux-mêmes : une équipe habile, s'adaptant à toutes les situations et passant facilement du visage offensif au défensif.

Reste que les deux formations doivent maintenant se tourner vers les matchs retours de Coupe de la Ligue, et que les qualifications de chacune à Morzine et à Rouen sont loin d'être acquises.

Adrien Lhermitte / Photos : Elie Lefebvre

Avec Déborah Lüder

Galerie photo de la rencontre : Amiens-Briançon

Réactions d'après match :

Ramon_SopkoAntoine Richer (entraîneur des Gothiques d'Amiens) : « On savait que ce serait dur par rapport à l'équipe en face de nous. On n'est pas trop allé au combat. Défensivement, on était un peu tendre, gentil. Briançon était bien en place, avec un bon pressing. Après, ça se joue aussi entre les gardiens : on a laissé trop d'occasions à Billy (Thompson). En face, on tombe sur une défense solide – ce qui était annoncé – et un Ramon Sopko qui nous refait le coup d'aller chercher le palet dans le but sur le tir de Kevin Bergin. Le match ne se joue pas là-dessus : on revient au score et on n'est pas capable de construire derrière, de travailler. »

Paul Deniset (élu joueur du match pour les Gothiques d'Amiens) : « C'était compliqué, mais les autres ont montré plus de volonté que nous. Il y a la fatigue de mardi, mais ce n'est pas une excuse. C'est agaçant de perdre, surtout avant la trêve, car on voulait être en confiance et être bien dans la tête. On n'a pas sous-estimé l'adversaire, mais il était solide. C'est dommage de ne pas arriver à enchaîner. Je suis frustré plus qu'autre chose. On encaisse cinq buts identiques. C'est une histoire de volonté... »

Luciano Basile (entraîneur de Briançon) : « On s'est créé plus d'occasions, on était plus incisif. Amiens a été dangereux en supériorité, mais on a pris trop de pénalités ce soir, on s'est mis en difficulté tout seuls. Cela reste une bonne chose de gagner à Amiens. »

Ramon Sopko (gardien de Briançon) : « Je suis content de la victoire, mais ce fut difficile car Amiens joue très bien physiquement. Défensivement, on était solides. Aujourd'hui, on a pris beaucoup de pénalités, ce qui a rendu le match plus compliqué. [...] Maintenant que vous m'en parlé, je me souviens m'être énervé à la fin du match de l'an dernier quand on perd 4-3 en prolongation ici. Mais je ne veux pas revenir sur ce match (sic). Je suis passé à autre chose et je prend les matchs un par un. La trêve fait du bien, avec les blessés et les suspendus qu'on a dans l'équipe. »

 

Amiens – Briançon 3-5 (1-1, 1-2, 1-2)
Samedi 6 novembre à 20 heures au Coliseum d'Amiens. 2800 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Benjamin Gremion et Pierre Dehaen.
Pénalités : Amiens 8' (4', 2', 2'), Briançon 14' (4', 6', 4').
Évolution du score :
0-1 à 13'44" : Romano assisté de Lampérier et Townsend
1-1 à 17'53" : Bergin assisté de Deniset et Tomasek (sup. num.)
1-2 à 22'09" : Bernier assisté de Raux et Szelig (sup num)
1-3 à 28'31" : Hordelalay assisté de Raux et Szelig
2-3 à 32'50" : Marcos assisté de Hecquefeuille et Pazak
3-3 à 41'11" : Tomasek assisté de Deniset et Hecquefeuille (sup num)
3-4 à 53'40" : Bernier assisté de Raux et Perez
3-5 à 56'18" : Townsend assisté de Lampérier et Romano


Amiens 

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Pavel Kowalczyk – Vincent Bachet (C) ; Teddy Trabichet – Thomas Roussel ; Romain Bault.

Attaquants : Miroslav Pazak – Paul Deniset – Kevin Hecquefeuille (A) ; Julian Marcos (puis Florent Neyens à 32') - Martin Tomasek – Kevin Bergin (A) ; Simon Petit – Anthony Mortas (puis Aïna Rambelo à 32') – Yannick Offret.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Maxim Belov. Absents : Grégory Béron (blessé), Valentin Claireaux (fracture du poignet).

Briançon

Gardien : Ramon Sopko.

Défenseurs : Viktor Szelig – Gary Levêque ; Luka Tosic – Michal Korenko ; Florian Chakiachvili – Kevin Dusseau.

Attaquants : Mickaël Perez – Damien Raux – Marc-André Bernier ; Charlie Townsend – Loïc Lampérier – Nicholas Romano ; Pierre-Charles Hordelalay – Jaka Ankerst – Grégory Alberti ; Sébastien Rohat.

Remplaçants : Aurélien Bertrand (G), Peter Bourgaut. Absents : Edo Terglav (suspendu), Kai Öhberg (blessé).