Autriche - France (Euro Challenge, tournoi de Székesfehérvár)

BELLEMARE_Pierre-Edouard-100509-193Si la France a déjà fait un stage début septembre avec une équipe jeune, l'Autriche se rassemble pour la première fois de la saison. Elle a fait quatre entraînements complets cette semaine avant le court déplacement en Hongrie, mais elle aligne une équipe de moins de 24 ans, à l'exception de trois vétérans, Jeremy Rebek, Martin Oraze et Robert Lukas.

Parmi ces jeunes, le plus attendu était Stefan Ulmer, le défenseur autrichien formé en Suisse qui joue à Lugano, mais il a déclaré forfait sur blessure. Si on compte sept débutants dans cette équipe (Mitterdorfer, Wiedergut, Feichtner, Fischer, Heinrich, Moderer et Woger), tous ne sont pas forcément considérés comme des talents très développés.

Le sélectionneur Bill Gilligan donne l'impression d'avoir raclé les fonds de tiroir, et personne n'a compris pourquoi il n'a pas pris Markus Pirmann, l'attaquant de Klagenfurt révélé la saison dernière. L'Américain a expliqué que c'est parce qu'il connaissait déjà ses qualités, un argument un peu surprenant au sujet d'un joueur qui n'a encore jamais porté le maillot de l'équipe nationale. La logique de Gilligan est d'observer comment se comportent des joueurs parfois à faible temps de jeu lorsqu'il leur donne plus de responsabilités qu'ils n'en ont en championnat.

L'ancien capitaine de l'Autriche, Dieter Kalt, a exprimé une certaine réserve sur cette stratégie dans une interview (sur Laola1) où il s'est par ailleurs dit toujours prêt à répondre à la sélection : "Je trouve ça important que de nouveaux joueurs puissent respirer le parfum international. J'avais autrefois eu et utilisé cette chance. Si je n'avais pas eu cette possibilité, ma carrière aurait vraisemblablement pris un autre chemin. Néanmoins les joueurs doivent sentir la pression de mériter leur chance. Je suis contre la distribution de tickets gratuits simplement parce qu'on est jeune. En vérité, le talent n'est pas le plus important, mais l'envie de travailler dur et de devenir meilleur que les autres. Ces qualités ont disparu chez beaucoup de jeunes que j'ai observés ces dernières années."

La France récompense pour sa part les plus volontaires par un système d'entonnoir, avec l'équipe A' en août, une équipe A de moins de 25 ans en septembre et une sélection plus expérimentée désormais. Nicolas Arrossamena est passé au travers de tous ses filtres, et le Saint-Pierrais marque son premier but en équipe nationale dès la troisième minute. Mais en à peine 34 secondes, l'Autriche renverse le score par deux buts de Philipp Lukas et Paul Schellander. En fin de tiers, Thomas Hundertpfund rajoute même un troisième but.

Largement menés, les Bleus réagissent au deuxième tiers-temps. Les deux premiers joueurs de Strasbourg à porter le maillot de l'équipe de France ne tardent pas à confirmer l'excellent début de saison de leur club : but de Lionel Tarantino sur assistance d'Édouard Dufournet. Il ne faut que 1'21" à la première ligne française pour en remettre une couche et égaliser par l'intermédiaire de Pierre-Édouard Bellemare.

L'Autriche procède alors à un changement de gardien prévu dès l'origine. René Swette et Bernhard Starkbaum devaient jouer un match et demi chacun. À cet instant, Starkbaum va se montrer sensationnel et parer tous les tirs tricolores. C'est donc l'Autriche qui finit par l'emporter grâce à Philipp Lukas. Le seul joueur expérimenté de l'attaque réussit ainsi deux buts en un soir, soit autant qu'en 18 matchs de championnat, et fait taire ses détracteurs.

Quelles que soient les expérimentations dans sa composition, l'Autriche est donc toujours la bête noire des Bleus puisqu'elle prolonge sa série d'invincibilité à sept confrontations.

Désignés joueurs du match : Thomas Hundertpfund pour l'Autriche et Pierre-Édouard Bellemare pour la France.

 

Autriche - France 4-3 (3-1, 0-2, 1-0)
Vendredi 12 novembre à 16h00 à la Ocskay Gabor Arena de Székesfehérvár. 300 spectateurs.
Arbitrage de Miklós Haszonits (HON) assisté de Péter Bedõ et László Wolf (HON).
Pénalités : Autriche 18' (0', 6'+10', 2') ; France 14' (4', 6', 4').
Tirs : Autriche 38 (13, 15, 10) ; France 30 (9, 8+4, 9).
Évolution du score :
0-1 à 02'15" : Arrossamena assisté de Gras
1-1 à 07'00" : P. Lukas assisté d'Oraze
2-1 à 07'34" : Schellander assisté de Hundertpfund
3-1 à 17'24" : Hundertpfund assisté de Schumnig
3-2 à 25'39" : Tarantino assisté de Dufournet et Albert
3-3 à 27'00" : Bellemare assisté de Raux et Desrosiers
4-3 à 51'12" : P. Lukas assisté de Rotter et Kristler


Autriche

Gardien : René Swette puis Bernhard Starkbaum à 29'43".

Défenseurs : Martin Oraze (+1) - Jeremy Rebek (+1) ; Mario Altmann - Martin Schumnig (+1) ; Robert Lembacher - Stefan Bacher (2') ; Daniel Mitterdorfer - Andreas Wiedergut.

Attaquants : Rafael Rotter (+1) - Philipp Lukas (+1) - Andreas Kristler (+1) ; Paul Schellander (+1, 4') - Raphael Herburger (+1, 10') - Thomas Hundertpfund (+1) ; Benjamin Petrik - Dominique Heinrich (+1) - Alexander Feichtner (2') ; Mario Fischer (-1) - Daniel Oberkofler (-1) - Daniel Woger (-1).

France (2' pour surnombre)

Gardien : Fabrice Lhenry [sorti à 58'54"].

Défenseurs : Baptiste Amar (-1) - Vincent Bachet (-1) ; Kévin Igier (2') - Thomas Roussel ; Kévin Hecquefeuille (4') - Teddy Trabichet.

Attaquants : Pierre-Édouard Bellemare - Teddy Da Costa (-1, 4') - Julien Desrosiers ; Loïc Lampérier (-2) - Damien Raux (-1) - Luc Tardif (-2, 2') ; Erwan Pain - Laurent Gras - Nicolas Arrossamena ; Lionel Tarantino (+1) - Édouard Dufournet (+1) - Julien Albert (+1).

Remplaçants : Eddy Ferhi (G), Maxime Moisand.