République Tchèque - Russie (Tournoi Karjala 2010)

Les "quatre grands" veulent rester entre eux

CERVENKA_Roman-100509-002Les autres nations européennes réclamaient son élargissement et ont effectué une présentation en ce sens lors du dernier congrès IIHF en septembre. La KHL militait de son côté pour sa suppression. Les quatre grandes fédérations ont fait la sourde oreille à toute réforme : elles viennent de décider que l'Euro Hockey Tour continuerait dans sa formule actuelle jusqu'en 2014. Elles tiennent trop aux recettes que leur rapportent leurs tournois respectifs à domicile pour risquer d'affronter des nations moins prestigieuses.

Rien ne change donc, y compris au classement : les Tchèques sont, comme souvent, bons derniers. Pourtant, avec leurs 14 champions du monde, ils ne s'attendaient pas à faire un zéro pointé. Mais pour repérer les vrais joueurs-clés, rien de tel que d'attendre leur absence. Jaromir Jagr a obtenu de ne venir qu'en avril, pour le tournoi final qui se tiendra devant le public tchèque. Miroslav Blatak a subi une commotion cérébrale à son dernier match en KHL.

Le capitaine Tomas Rolinek, qui avait reçu les louanges publics du précédent sélectionneur Vladimir Ruzicka parce qu'il répondait toujours présent, s'est excusé pour raisons familiales. Le défenseur Karel Rachunek était censé récupérer le "C", mais il s'est blessé au premier entraînement. C'est ainsi que le jeune Roman Cervenka a hérité du capitanat, qu'il peine à assumer.

Cervenka prend la première pénalité du match, mais c'est la suivante de Ruzicka qui est fatale. Les Russes montent en ligne en supériorité numérique et les Tchèques se replient de façon plus désordonnées après un changement de ligne. Ce sont les coéquipiers de Cervenka à l'Avangard Omsk qui concluent : la passe transversale d'Aleksandr Popov trouve Aleksandr Perezhogin qui a le but ouvert à l'opposé (0-1). Dominée dans ses précédents débuts de partie, la Russie se lance cette fois à l'offensive avec beaucoup de patinage et de combinaisons de passes.

KLEPIS_Jakub-100509-028Les Tchèques courbent l'échine et attendent une pénalité de Morozov pour répliquer. Martin Skoula envoie un slap puissant de la ligne bleue, et Jakub Klepis est placé à gauche du but pour le rebond (1-1). Klepis, le même joueur qui avait marqué le premier but contre la Russie lors de la finale en mai ! De quoi réveiller les bons souvenirs ? Mais cette fois, les hommes de Bykov répondent du tac-au-tac avec un but similair : le missile dans l'axe est signé Konstantin Korneev, et le rebond, côté droit celui-ci, est pour Denis Grebeshkov (1-2). Et c'est Cervenka qui est en prison.

Au deuxième tiers-temps, les coups de sifflet se font plus fréquents. Le gardien Jakub Stepanek doit d'abord tenir le fort pendant une pénalité de Vasicek. Puis ce sont ses coéquipiers qui passent quatre minutes avec un homme de plus, après que la crosse de Knyazev a touché Nemec au visage, mais se créent peu d'occasions. Plus le temps passe et plus les Tchèques se mettent en danger : ils laissent une échappée solitaire d'Afinogenov, puis concèdent deux pénalités de Hubacek et Krajicek.

Le pire reste à venir. La troisième période reprend à quatre contre quatre à la suite d'une friction Klepis/Grebeshkov après la sirène, et les Tchèques sortent tranquillement de leur zone. Si tranquillement que Martin Skoula se fait contrer dans une passe transversale négligente en zone défensive. Le palet ricoche contre la bande, derrière ses deux coéquipiers. Seul Aleksei Kaïgorodov est dans le sens de l'action, et le centre de Magnitogorsk part donc seul au but pour ajuster Stepanek entre les jambières (1-3).

Après ce but catastrophique, on aurait pu craindre une débandade. Les Tchèques ont le mérite de ne pas se décourager et de tenter jusqu'au bout, à l'image du duo Vasicek-Kvapil qui bute sur Koshechkin. Mais le grand gardien russe arrête tout, et a parfois la chance avec lui, comme sur cette énorme occasion de Jakub Klepis qui frappe la transversale.

Les Tchèques ont sans doute réussi leur meilleur effort du tournoi, mais ils ont encore payé cash leurs erreurs et le bilan est cruel : zéro point au compteur.

La Russie a pu remarquer l'intérêt de la pratique commune au sein de ses lignes. Alors que le capitaine Morozov a eu du mal à s'entendre avec ses nouveaux partenaires, la ligne composée de cinq joueurs de l'Avangard Omsk a parfaitement fonctionné, emmenée par un Aleksandr Popov en grande forme pour son retour en équipe nationale. Le poste de gardien pose toujours question, et Koshechkin a été rassurant. Sa quête de la place de numéro 1, perdue de très peu aux derniers Mondiaux face à Varlamov, n'est pas gênée par un Biryukov qui s'est grillé hier malgré son bon début de saison chez le promu de KHL. Le double-mètre aura un rival plus encombrant lors du prochain tournoi à Moscou : le vétéran de NHL Evgeni Nabokov, qui peut déjà se targuer d'un titre de champion du monde à Québec même s'il s'est raté aux JO.

Désignés joueurs du match : Jakub Stepanek pour la République Tchèque et Anton Kuryanov pour la Russie.

Commentaires d'après-match

Alois Hadamczik (entraîneur de la République Tchèque) : "Nous n'avons pas gagné un seul match, et nous avons fait des erreurs qu'on ne se permet même pas en club. Contre la Russie, j'ai dû élever la voix. J'ai dit que nous sommes venus pour gagner, pas pour regarder l'adversaire marquer. 50% des joueurs me satisfont, 50% non. La question de savoir si l'équipe aurait fonctionné si Rolinek était là reste en suspens. Mais je ne sais pas si un joueur change l'image du jeu. Il y avait une dizaine de titulaires stables des derniers Mondiaux, mais pas plusieurs de ceux qui donnaient le rythme de l'équipe. Beaucoup sont champions du monde, l'histoire ne leur enlèvera pas ce titre. Mais nous sommes dans une nouvelle saison, il faut y retourner à fond. En Russie, j'emmènerai quelques autres joueurs. J'ai des noms dans la tête : Kolář, Koukal, Starý, Kovář. Donnons-leur une chance. Nous regarderons également les blessés Rachunek, Blaťák, Barinka, Sičák, Irgl."

Vassili Koshechkin (gardien de la Russie) : "Les Tchèques ont joué leur hockey habituel avec priorité à la défense. Il était évident que mes coéquipiers ont mieux joué que samedi, avec plus de mouvement. On a donc gagné. Ce match m'a laissé une très bonne impression. Cette sensation de confiance quand on sent où est le palet, qu'on a le temps de bouger et qu'on se sent maître de la situation. Je ne m'en fais donc pas pour le but encaissé."

 

République Tchèque - Russie 1-3 (1-2, 0-0, 0-1)
Dimanche 14 novembre 2010 à 12h00 à la Hartwall Areena de Helsinki. 4572 spectateurs.
Arbitrage de Jyri Rönn et Anssi Salonen (FIN) assistés de Hannu Sormunen et Juha Suoraniemi (FIN).
Pénalités : République Tchèque 16' (6', 8', 2') ; Russie 10' (2', 6', 2').
Tirs : République Tchèque 27 (9, 8, 10) ; Russie 30 (10, 11, 9).
Évolution du score :
0-1 à 08'25" : Perezhogin assisté de Popov et Grebeshkov (sup. num.)
1-1 à 13'31" : Klepis assisté de Skoula et Kaspar (sup. num.)
1-2 à 18'36" : Grebeshkov assisté de Korneev et Afinogenov (sup. num.)
1-3 à 40'27" : Kaïgorodov


République Tchèque

Gardien : Jakub Štepánek.

Défenseurs : Martin Škoula (-1) - Ondrej Nemec (-1) ; Petr Cáslava (A) - Filip Novák ; Lukáš Krajícek (2') - Martin Lojek ; Tomáš Mojžíš - Petr Gregorek.

Attaquants : Jakub Klepiš (2') - Roman Cervenka (C, -1, 4') - Lukas Kašpar (-1) ; Petr Hubacek (2') - Jiri Novotny - Jan Marek (A) ; Martin Ružicka (2') - Josef Vašícek (2') - Marek Kvapil ; Lukas Klimek (2') - Kamil Kreps - Milan Gulaš.

Remplaçants : Marek Schwarz (G), Ivan Rachunek.

Russie

Gardien : Vassili Koshechkin.

Défenseurs : Nikolaï Belov - Ilya Nikulin (A, +1) ; Denis Grebeshkov (2') - Konstantin Korneev ; Aleksei Emelin (+1) - Denis Kulyash ; Evgeni Biryukov - Aleksandr Guskov.

Attaquants : Sergei Mozyakin - Aleksei Kaïgorodov (+1) - Aleksei Morozov (C, +1, 2') ; Oleg Saprykin - Konstantin Gorovikov - Maksim Afinogenov ; Aleksandr Popov - Anton Kuryanov - Aleksandr Perezhogin (2') ; Kirill Knyazev (4') - Gennadi Churilov - Denis Platonov.

Remplaçants : Mikhaïl Biryukov (G). Absent : Aleksandr Svitov.