Canada – Slovaquie (Deutschland Cup 2010)

Avant même d’affronter le Canada dans le cadre de la dernière journée de cette Deutschland Cup 2010, c’est déjà raté pour la Slovaquie. Les ambitions de victoire, clairement affichées par le technicien Glen Hanlon, ne pourront être réalisées. La deuxième place est en revanche toujours accessible, et même si l’effectif slave apparaissait le mieux armé pour emporter le tournoi, la satisfaction de rompre une longue malédiction - celle qui la cloue à la dernière place du quatuor en lice depuis 2007 – ne saurait être dissimulée.

En ce qui concerne le champion olympique (permettez ce terme générique malgré l'absence de l'ombre d'un médaillé d’or de Vancouver à Munich), l’enjeu sportif est certainement pris, sinon à la légère, comme un sous-objectif. Les joueurs à la feuille d’érable, tous acclimatés à l’Allemagne pour y jouer le reste de l’année, savent pertinemment que leur avenir sous le maillot rouge n’est pas voué à s’éterniser. L’objectif est donc à la hauteur du groupe mis en place sur le week-end : accrocher le podium et poursuivre l'invincibilité contre la Slovaquie, contre laquelle le Canada est tombé pour la dernière fois en 2006 lors de cette même Deutschland Cup (5-2 à Hanovre).

Glen Hanlon, qui affronte pour la première fois son pays en étant aux commandes de la sélection slovaque, a décidé ce soir de se passer des services de trois cadres (Dominik Graňák, Tomáš Starosta et Richard Zedník) et de faire revenir Peter Ölvecký et Marek Biro. Un dernier changement est intervenu dans buts où Július Hudáček a repris la place qu’il avait occupée quarante-huit heures auparavant face à la Suisse.  En face, on a fait de même ; Fred Brathwaite, qui s’était chargé de la protection des cages canadiennes vendredi et samedi, cède le poste à Jean-Sébastien Aubin.

La partie est lancée sur les chapeaux de roues et le fait que les deux camps disputent là leur troisième match en autant de jours n’y est certainement pas pour rien dans le nombre importants d’occasions recensées dans l‘entame. L’une d’elles conduit d’ailleurs déjà à l’ouverture du score. Nathan Robinson déferle dans la zone d’attaque, cible Hudáček mais le gardien cassovien ne parvient à contenir le tir de l’attaquant de Mannheim. Lee Goren est assez prompt pour reprendre et l’ancien des Boston Bruins termine le travail avec précision (1-0, 4'28).

Rudolf_HunaDouche froide pour la formation des Tatras qui ne se laisse cependant pas abattre. Elle se retrouve avec un élément de plus sur la glace après la faute d’Eric Schneider (12'16) et entreprend le siège. Branko Radivojevič récupère la rondelle côté droit, l'envoie vers l’avant et trouve Rudolf Huna, parfaitement placé, qui trompe intelligemment Aubin en glissant le palet dans son dos (1-1, 13'41). Le meilleur marqueur du champion slovaque Košice, parti depuis à Vítkovice, inscrit là seulement son second but sous le maillot à la Double-Croix.

Le deuxième opus est du même accabit. Les deux équipes laissent beaucoup de champ aux attaquants adverses et l’on assiste à une plaisante rencontre. Les Canadiens se créent coup sur coup deux énormes opportunités par Richie Regehr et Goren (21'43) avant que Craig MacDonald dépêche un tir victorieux une demi-minute plus tard, concluant ainsi un raid lancé à trois (2-1, 22'28). Les protégés de Mark Messier prennent peu à peu le pas techniquement sur les Slovaques mais on n’en reste là jusqu’à la conclusion de ce tiers-temps.

Martin Bartek a l’occasion de remettre les deux équipes à égalité lorsqu’il s’échappe seul, défait de tout défenseur « rouge », mais l’attaquant de Pardubice ne sort pas vainqueur de son face-à-face avec Aubin (41'40). Les Slováci maintiennent une forte pression offensive mais trébuchent dans la finition, soit par maladresse soit parce que le portier de Düsseldorf sait s’imposer. Huna, commotionné suite à un choc avec un concurrent (47e), quitte ses camarades pour ne plus revenir et la Slovaquie perd ainsi l’une de ces forces de frappe. Malgré tout, les « Blancs » ne se résignent pas, à l’image d’un Ivan Čiernik déterminé mais pas récompensé (47'47).

Le temps passe et le Canada mène toujours malgré de nouvelles alertes contenues en infériorité (Robinson, 49'14). Mais la pénalité de match infligée à Regehr (52'14) est celle de trop. Marcel Hossa trouve enfin la solution après un caviar de Radivojevič (2-2, 53'12). Les Slovaques pourront au moins se montrés satisfaits de la gestion de leurs power-plays durant cette Deutschland Cup ; ils ont marqué trois de leur cinq réalisations en supériorité numérique. A l’inverse, leur difficulté à faire mouche lorsque l’adversaire est au complet est plus inquiétante.

La troisième place du tournoi se joue sur une séance de tirs au but, les prolongations ayant offert que des assauts stériles. Tous les tireurs slovaques échouent dans leur tentative ainsi que les deux premiers canadiens. Mais Adam Mitchell en termine avec le suspens et offre le podium au Canada. La Slovaquie, dont le dernier succès en Allemagne remonte à 2006, est très loin de ses plans initiaux et conclut l’exercice dernière de la classe. Une habitude qui commence à devenir une tradition ; cela fait maintenant quatre éditions qu’elle termine lanterne rouge !

Désignés joueurs du match : Jean-Sébastien Aubin (Canada) et Michal Sersen (Slovaquie).

Commentaires d’après-match

Mark Messier (sélectionneur de la Slovaquie) : « Notre but était de lutter pour la troisième place du tournoi, ce que nous sommes parvenus à atteindre. Le comportement de mes joueurs m’a fait plaisir car nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour la préparation collective. »

Glen Hanlon (sélectionneur de la Slovaquie) : Je félicite notre adversaire pour son succès. On connaît l’attitude des Canadiens ; ils jouent chaque coup à fond du début jusqu’à la fin. Je ne peux pas être satisfait dans la mesure où nous n’avons pas gagné. Mais les performances de mes joueurs me réjouissent. »

Branko Radivojevič (attaquant de la Slovaquie) : « On a joué aujourd’hui notre troisième match en trois jours et on l’a ressenti sur le match. Je pense que l’on aurait pu retourner la situation avec un peu plus de chance, surtout à la fin du troisième tiers-temps, et ainsi éviter les tirs au but qui sont toujours une loterie. Ce tournoi a été une bonne expérience pour toute l’équipe. »


Canada – Slovaquie 3-2 t.a.b. (1-1, 1-0, 0-1, 0-0)
Dimanche 14 novembre 2010 à 16h30 à l’Olympiahalle de Munich. 5000 spectateurs.
Arbitrage de Lars Brüggemann (ALL) et Daniel Stricker (SUI) assistés de Marc-Andre Naust (ALL) et Andre Schrader (ALL).
Pénalités : Canada 33' (2', 2', 27', 2') ; Slovaquie 2' (2', 0', 0', 0').
Tirs : Canada 25 (5, 12, 7, 1) ; Slovaquie 36 (8, 6, 18, 4).

Évolution du score :
1-0 à 04'28'' : Goren assisté de Hahn et Robinson
1-1 à 13'41'' : Huna assisté de Hossa et Radivojevič (sup. num.)
2-1 à 22'28'' : MacDonald assisté de Scalzo
2-2 à 53'12'' : Hossa assisté de Lintner et Radivojevič (sup. num.)

Tirs au but :
Canada : Beechey (arrêté), Dzieduszycki (loupé), Mitchell (réussi).
Slovaquie : Tománek (arrêté), Lintner (arrêté), Radivojevič (arrêté).

 

Canada

Gardien : Jean-Sébastien Aubin.

Défenseurs : Derrick Walser – Richie Regehr (2'+5'+20') ; Paul Manning (+2) – Mario Scalzo (+2); Thomas-James Kemp – Stéphane Julien (C) ; Sean Blanchard.

Attaquants : Craig MacDonald (A, +1) – Matt Dzieduszycki (+1) – Adam Mitchell (+1, 2') ; Nathan Robinson (+1, 2') – Lee Goren (+1) – Derek Hahn (+1) ; Norm Milley – Eric Schneider (2') – Tyler Bouck (A) ; Tyler Beechey - Connor James.

Remplaçant : Fred Brathwaite (G). Non utilisés : James Pollock (D), Jason Ulmer (A).

Slovaquie

Gardien : Július Hudáček.

Défenseurs : Marek Ďaloga (-2) – Richard Lintner (C, -2) ; Michal Sersen – Peter Mikuš ; Branislav Mezei (2') – Marek Biro.

Attaquants : Marek Zagrapan – Marcel Hossa - Branko Radivojevič (A) ; Martin Bartek (-1) – Rastislav Špirko (-1) – Radovan Somík (A, -1) ; Roman Tománek (-1) – Rudolf Huna (-1) – Michal Macho (-1) ; Peter Ölvecký – Marek Haščák – Ivan Čiernik (2') ; Michal Kokavec.

Remplaçant : Branislav Konrád (G). Non utilisés : Dominik Graňák (D), Tomáš Starosta (D), Richard Zedník (A).