La Roche-sur-Yon - Rouen II (Division 2, poule A, 8e journée)

Après une inconvenante défaite la semaine dernière face à Chambéry, les Dragons de la division II rouennaise auront redressé la barre en Vendée à La Roche-sur-Yon. Certes, la victoire n'était pas au rendez-vous pour les jeunes de Julien Guimard, mais l'état d'esprit affiché aura effacé une partie de l'ardoise laissée samedi dernier. Au final, les Dragons s'inclinent lors de la séance de tirs au but au terme d'une rencontre rocambolesque au destin aléatoire.

Greverend_AurelienEn effet, avant de s'emballer complètement lors de la période médiane, les spectateurs de la patinoire Arago devront assister à un premier tiers vierge de but. Les deux équipes se seront, néanmoins, livrés une rude bataille sur le glaçon vendéen. Sur la lilliputienne banquise yonnaise, chaque offensive semblait pouvoir faire mouche. Quoi qu'il en soit, les deux portiers veillaient au grain dans leur filet. Profitant de chaque offensive yonnaise pour se mettre en valeur, Rodolphe Goechon donnait la parfaite réponse à son homologue d'en face, le Slovaque Peter Stanga, décisif sur un break de Maxime Joly astucieusement lancé par Nicolas Levasseur (12'44) ou encore face à Paul Séraudie dans une situation favorable (14'42).

Délurée, effrontée, insolente, la rencontre lancée sur un rythme échevelé ne semblait pas encore avoir choisi son favori alors que les directeurs du jeu s'immisçaient dans la partie en jetant deux dragons au fond du cachot (16'44). Face au sniper slovaque, les Dragons faisaient face en tenant en respect l'artillerie lourde yonnaise grâce à un portier rouennais qui proposait le « roro show » solide et rassurant comme jamais.

Après un premier vingt passé à patiner dans tous les sens, sur un rythme haletant, les retrouvailles entre les deux formations en deuxième période prenaient une tournure ébouriffante. Comme une mise en bouche à un tiers qui s'avèrera truculent au tableau d'affichage, les premiers artilleurs de la rencontre étaient vendéens. Les Yonnais débutaient dans la même situation en avantage numérique. Les Dragons restaient quelques secondes de trop au vestiaire en payaient le prix directement avec l'ouverture du score par l'intermédiaire de Juraj Ocelka (20'17). Loin de se frustrer, la formation au Dragon ne tardait pas à rétorquer. À son tour en power-play, le Dragon par intermédiaire d'Aurélien Gréverend canardait à la bleue. Une tentative atomique déviée par Valentin Dumélié (23'01) qui permettait aux Dragons de revenir à parité.

Dès lors, la partie devenait incontrôlable. Prenant à nouveau la main par Peter Himler (25'45), les Aigles de la Roche sur Yon ne tenaient pas bien longtemps l'avantage alors que Peter Valier s'en allait égaliser (2-2 à 27'16). Avant la mi-match, les deux équipes parviendront à marquer encore deux fois. En effet, alors que jusqu'à présent, les Dragons s'étaient toujours retrouvés derrière au tableau, pour la première fois de la rencontre, ils parvenaient à prendre la direction du jeu. Bien embusqué derrière la cage, Maxime Joly, de façon peu académique, trouvait la passe devant la cage pour un Antoine Thomas, au style peu orthodoxe mais finalement efficace puisque les Dragons menaient désormais 3-2 (29'00). Quarante-trois secondes, c'est le temps qu'il faudra pour que les yonnais retrouvent de l'envergure. Sur un palet perdu avec malchance à la bleue yonnaise, la contre-attaque qui s'en suivait permettait à Sébastien Nimer d'égaliser à nouveau (29'43). Alors qu'en première période, les filets de chaque équipe s'étaient copieusement ennuyés, cette fois, la folie offensive s'étant emparée des deux équipes laissait des traces au fond des buts. Avec six buts déjà inscrits lors de la deuxième période, les deux formations finissaient par se calmer alors que les Rouennais devaient subir à nouveau une séquence en double désavantage numérique (36'33). Sans conséquence pour les Dragons qui laissaient néanmoins encore des forces dans la bataille.

Dans une rencontre électrisante où les deux équipes avaient engagé un intense et propre bras de fer, il était regrettable de voir le duo de zébrés s'inviter à la fête en sifflant à tout va. D'abord contre les Dragons avec une nouvelle période à cinq contre trois (41'27) puis contre la Roche-sur-Yon un peu plus tard dans la période. Sans prendre partie pour l'une des deux parties, les arbitres de la rencontre cassaient juste le rythme d'une rencontre qui ne méritait pas ça. En dépit d'intempestifs coups de sifflet, les deux équipes poursuivaient leur rythme à l'image du duel entre les deux "Peter" Stanga dans les filets yonnais, Valier, le Rouennais en break. Cette fois, le duel ne tournait pas à l'avantage de "Pistol' Pete" qui ne parvenait pas à flinguer le portier vendéen intraitable pour le coup (44'39). Bien qu'intense dans sa cage face au capitaine rouennais Alexandre Sucré, il ne pouvait rien. La détermination l'emportant (48'36), à dix minutes de la sirène finale, les Normands se retrouvaient à nouveau devant.

Hélas pour les Dragons, l'histoire n'en restera pas là. À cinq minutes de la fin de la rencontre, les Yonnais profitaient d'un énième cinq contre trois pour égaliser à 4-4 d'un lancer à la bleue diablement précis de Erik Marinov (54'08). Dans une partie à couteaux tirés, les Rouennais faisaient preuve d'un état d'esprit remarquable. Solidaires, volontaires, soucieux de bien faire à l'image de cette prompte réponse à l'égalisation vendéenne directement sur l'engagement. Certes, au forceps, les Rouennais forçaient leur destin à 6-5 alors que l'auteur du but, Thomas Dreyfus, le visage marqué par l'euphorie du buteur, s'en allait célébrer le "presque game winning goal" avec les siens (54'59).

En effet, à nouveau, les Dragons ne parviendront pas à tenir le score, ou plutôt, à nouveau, les Aigles trouvaient les ressources nécessaires pour égaliser au courage, cette fois par l'imposant Guillaume Drozdz (58'40). Après avoir mené à deux minutes de la fin du match, tout était à refaire pour les Dragons, pire, à la dernière seconde du match, ils manquaient de tout perdre sans l'intervention incroyable de leur gardien Rodolphe Goechon. Une fabuleuse intervention « don't blink » qui faisait suite à un sauvetage désespéré du défenseur Paul Séraudie, permettait aux Dragons de rester vivants jusqu'à la terrible séance de tirs aux buts. En effet, durant le surtemps, les deux équipes se neutralisaient et devront en découdre pour les pénaltys.

Après une partie aussi serrée, jouer cela à pile ou face était presque logique. Au jeu de la roulette, les Yonnais semblaient les plus véloces alors que Tomas Kaspar était le seul à remplir son contrat sur la première série de trois pour une seule réponse haut-normande, celle de Peter Valier. Finalement, la décision se fera au quatrième tir. Kaspar, décidément spécialiste de ce domaine doublait sa mise dans la séance alors que Peter Valier tombait lui sur un os avec le fort respectable Peter Stanga. Vaincus aux tirs aux buts, les Dragons ramenaient, néanmoins, de Vendée un précieux point face à une très belle équipe de la Roche-sur-Yon qui ne mérite pas son classement.

Commentaires d'après-match (dans Ouest France)

Tomas Kaspar (attaquant de La Roche) : "C'est un exercice que l'on apprécie. Pouvoir jouer un match de ce niveau jusqu'au bout, c'est pour ça que l'on fait ce sport. Pour ma part, quand je prends le palet, je sais de quel côté je vais le mettre."

 

La Roche-sur-Yon - Rouen II 5-5 (0-0, 3-3, 2-2, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Samedi 20 novembre 2010 à 18h15 à la patinoire Arago. 500 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Antunes et Stéphane Phelippe.
Pénalités : La Roche 22' (4', 6', 12'), Rouen 42' (8', 6', 18'+10').
Évolution du score :
1-0 à 20'17" : Ocelka (sup. num.)
1-1 à 23'01" : Greverend assisté de Sucré et Berthon (sup. num.)
2-1 à 25'45" : Himler assisté de Marinov et Kaspar
2-2 à 27'16" : Valier assisté de Dreyfus et Berthon
2-3 à 29'00" : A. Thomas assisté de Joly
3-3 à 29'43" : Nimer assisté de Pernot et Levavasseur
3-4 à 48'36" : Sucré
4-4 à 54'08" : Marinov assisté d'Ocelka (double sup. num.)
4-5 à 54'59" : Dreyfus assisté de Valier (inf. num.)
5-5 à 58'40" : Drozdz assisté de Pacull
Tirs au but : Kaspar 2, Valier 1.