Épinal - Angers (Ligue Magnus, 10e journée)

Trois hommes et LAHESALU_Lauri_100911_206un coup fin

Trois mois que le public spinalien attendait de revoir Stéphane Gervais patins aux pieds et crosse en main. Un come-back devenu effectif à Caen après de longues, très longues semaines de rééducation. Et pour son grand retour à domicile, le Franco-Canadien a marqué deux buts cruciaux, dont un scellant une victoire inespérée contre Angers. La bête-noire avérée, mais exorcisée avec la complicité de Michal Petrák et Ján Plch, auteurs de quatre points chacun. Oui, le meilleur duo du moment en Ligue Magnus a encore frappé...

Pour ceux qui en doutaient encore, l'ICE, à défaut d'être une "équipe de coupes", est effectivement une équipe de "coups". Il a fallu un incroyable retournement de situation facilité, il est vrai, par l’incapacité des Ducs à "tuer" le match en se faisant remonter trois buts en dix minutes.

Tout simplement indigne de la meilleure défense du championnat. Une arrière-garde pourtant musclée par l'arrivée d'Antonin Manavian, employé comme attaquant par Martin Lacroix pour pallier les actuelles indisponibilités de Brian Henderson et Tomáš Balúch.

C'est aussi le cas d'un autre défenseur international, Benoît Quessandier, que Santino Pellegrino se plaît à aligner en attaque. Guillaume Papelier étant devenu incontournable à l'arrière pour l'Italo-Canadien. Lequel verra ses troupes rapidement poser les jalons du défi physique avec deux solides mises en échec, dont une du "spécialiste" Maxime Boisclair (2e).

Ján Šimko, incertain ce soir en raison de douleurs à l’aine, tient finalement sa place aux côtés de Michal Petrák et Ján Plch. Un duo qui fait parler la poudre en ce début de saison et force Lahesalu à se jeter devant un Plch prêt à dégainer à bout portant (4e).

Avec le retour de Gervais, le powerplay spinalien retrouve sa configuration optimale. Sauf que le sniper n'est pas utilisé aux-côtés des Plch, Petrák et autres Chassard, derniers rescapés du fameux "cinq majeur" des années Allard. Non, Pellegrino préfère l'employer sur la deuxième escouade avec Leroy, Hagelberg, Šimko et Chipaux. Des tâtonnements qui expliquent peut-être l'indigence des jeux de puissance vosgiens en début de partie.

POUDRIER_Thierry_100911_055Car les deux premières supériorités numériques ne sont pas exploitées par des locaux autrement plus dangereux en forces égales. Là où les Ducs n'ont pas grand chose à se mettre sous la dent malgré l'abattage d'une première ligne ayant retrouvé, en Jonathan Bellemare, son maître à jouer.

Le lutin de Shawinigan a purgé ses deux matchs de suspension et retrouve Éric Fortier et Marc Bélanger sur un trio de haute volée, complété par Laprise et Lahesalu en avantage numérique. Ce dernier n'est pourtant pas présent sur la glace pour l'ouverture du score, œuvre d'un autre défenseur, Pavol Mihálik, sur un lancer dévié (0-1 à 15'56"). Lacasse est ensuite battu en angle fermé devant Thiery Poudrier. Le petit québécois sort du coin droit, s'appuie dans l'axe sur Manavian pour surprendre le gardien (0-2 à 18'11"). C'est allé vite. Trop vite pour le repli spinalien...

De l'autre côté, le powerplay reste improductif. Du moins jusqu'à ce que Guillaume Chassard ne casse sa crosse sur une tentative de shoot. Le capitaine se précipite alors sur son banc, d'où surgit Stéphane Gervais. Le Franco-Canadien tombe à pic pour enrayer le contre de Laprise (19e) et ainsi ramener le danger aux avant-postes. Voilà le jeu de puissance de nouveau installé et le palet peut tourner jusqu'à un Gervais décochant une reprise fulgurante en pleine lucarne (1-2 à 19'47"). Montrant par la même qu'il n'a rien perdu de sa force de frappe.

Il était grand temps qu'Épinal réagisse pour s'extraire d'un faux rythme naissant et réveiller ses partisans, transis par le froid de canard régnant dans ce "hangar". Qui mérite plus que jamais son surnom de "congélateur".

Lacasse fait des dégâts

Le public sera d'ailleurs vite refroidi au retour des vestiaires sur une reprise non cadrée de Simon Lacroix, qui rebondit derrière le but de Lacasse et s'en vient taper l'arrière de ses bottes (1-3 à 20'43"). Un but-gag qui ne calme par les ardeurs spinaliennes, matérialisées par ce déboulé de Chassard sur le flanc gauche, relayé par Quessandier et conclu de près par Boisclair (2-3 à 21'45").

Un débordement de Manavian, suivi d'un centre à destination de Poudrier, pousse Šimko à la faute (25'22"), offrant de ce fait une nouvelle supériorité numérique aux visiteurs. Lesquels n'en profitent toujours pas. Lauri Lahesalu, à la pointe, se fait même contrer par un Maxime Boisclair filant au but... avec l'Estonien sur le "porte-bagages". Ce qui l'empêche peut-être de déjouer Aubry (26'11")...

Légèrement bousculé par Nathan Ganz derrière la cage (28'19"), ce diable de Jonathan Bellemare offre une énième chance au powerplay angevin, qui trouve cette fois l'ouverture grâce à son "arme fatale", Marc Bélanger. Le Franco-canadien, bien décalé en entrée de zone, a tout le temps d'ajuster son tir des poignets (2-4 à 28'52").

Visiblement en retard dans son déplacement latéral, Loïc Lacasse creuse malgré lui le passif de ses coéquipiers, combatifs au possible mais plus d’une fois mis à mal par la vitesse d'exécution de Bellemare et compagnie. Le "diablotin" manque d'en remettre une couche sur un contre rondement mené (33e), laissant plutôt Julien Albert enfoncer le clou, d'un tir excentré terminant inexplicablement dans la lucarne opposée (2-5 à 31'57").

La différence entre deux équipes très proches se fait souvent par les gardiens et ce match ne déroge pas à la règle. Un rebond axial de Peter Aubry, lâché sur un débordement de Ján Šimko, permet ainsi à Ján Plch de ramener le score à des proportions plus raisonnables (3-5 à 32'48"). Un écart qui aurait pu s'accroître si le missile de Bélanger n’avait pas heurté la barre (37'39").

Un retour fracassant

L'ICE passe par toutes les émotions dans ce match, subissant une déferlante de pénalités la rendant encore plus vulnérable à la fin de l’acte médian. Une chance pour elle que Ján Plch ait récupéré ce palet côté droit pour répondre à l'appel d'un Michal Petrák ne se faisant pas prier pour ajuster le gardien (4-5 à 39'22").

AUBRY_Peter_100911_159Ça sent le sapin pour Angers, qui perd doucement le fil de son match… et se fait rejoindre après une subtile déviation de Petrák sur un lancer initial de Slovák (5-5 à 42'56"). De quoi accentuer la nervosité des co-leaders de Ligue Magnus, confrontés pour la première fois dans ce match à l'enchaînement des pénalités. Cette "manchette" de Peter Aubry à l'encontre de Michal Petrák (46'50") et cette cage déplacée (47'40") manquent de coûter cher aux visiteurs, forcés de résister à trois, puis à quatre. Cela aurait pu être le tournant de ce match à rebondissements...

Le K-O n'est pas loin et le jeu reste ouvert d'un côté à l'autre de la glace. Avec sa vivacité caractéristique et sa propension à s'engouffrer dans les brèches, Thiery Poudrier donne beaucoup de fil à retordre à une défense laissant Loïc Lacasse à portée de tirs ennemis. Pas de quoi remettre en cause la tenue de prolongations inenvisageables trente minutes auparavant.

Après Guillaume Chassard, héros d'une fin de match épique contre Rouen le 2 octobre dernier, c'est à Stéphane Gervais d'endosser le rôle du libérateur. Un statut qui aurait pu revenir à Boisclair si le Canado-Haïtien n'était pas un aussi piètre finisseur (60'40").

Ce n'est que partie remise pour les Dauphins, finalement victorieux sur un débordement côté gauche de l'inévitable Ján Plch, qui repique sur le gardien, le couchant au passage sur sa ligne. Gervais finit le travail, surgissant au second poteau (6-5 à 61'00").

Une fin appropriée pour une rencontre équilibrée, parfaitement symbolique de cette Ligue Magnus étonnement resserrée. La hiérarchie a donc été bousculée, encore une fois, par des Lorrains ayant déployé des ressources insoupçonnées pour ne pas sombrer à la mi-match. Et grignoter tout leur retard, devenant même les premiers, cette saison, à gonfler de la sorte les filets angevins. Des Ducs tellement frustrés qu'ils n'attendront même pas la remise des prix, filant aux vestiaires en catimini. Comme pour mieux laisser Stéphane Gervais savourer un petit tour d'honneur bien mérité.

Les Dauphins ne sont donc pas forcément tributaires des performances de Loïc Lacasse, aussi décevant ce soir que fébrile mardi à Morzine. Une prestation en demi-teinte qui lui aurait valu de quelques critiques… s'il s'appelait Eero Väre ou Stanislav Petrik !

Reste qu'après ce nouvel exploit, l'ICE reprendrait bien un peu de dessert. Dès vendredi prochain au Mont-Blanc ?

 

Épinal - Angers 6-5 après prolongation (1-2, 3-3, 1-0, 1-0)
Samedi 27 novembre 2010 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 451 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Sébastien Geoffroy et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 14' (4' + 10' + 0' + 0') ; Angers 16' (8' + 0' + 8' + 0').
Tirs : Épinal 34 (8 + 16 + 7 + 3) ; Angers 27 (4 + 14 + 9 + 0).

Évolution du score :
0-1 à 15'56" : Mihálik assisté de Bellemare et Fortier
0-2 à 18'11" : Poudrier assisté de Laprise et Manavian
1-2 à 19'47" : Gervais assisté de Boisclair et Petrák (sup. num.)
1-3 à 20'43" : Lacroix assisté de Poudrier
2-3 à 21'45" : Boisclair assisté de Quessandier et Chassard
2-4 à 28'52" : Bélanger assisté de Bellemare et Laprise (sup. num.)
2-5 à 31'57" : Albert assisté de Michel
3-5 à 32'48" : Plch assisté Šimko et Petrák
4-5 à 39'22" : Petrák assisté de Plch et Leroy (inf. num.)
5-5 à 42'56" : Petrák assisté de Plch et Slovák
6-5 à 61'00" : Gervais assisté de Plch


Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : [en alternance] Peter Slovák - Guillaume Papelier ; Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais.

Attaquants :  Ján Šimko - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Benoît Quessandier - Nathan Ganz - Tarik Chipaux.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Jonathan Gury, Anthony Rapenne, Kévin Benchabane. Absents : Erwan Agostini (entorse du genou), Martin Charpentier (avec la division 3, en déplacement à Metz).

Angers

Gardien : Peter Aubry.

Défenseurs : Michael Irani - Lauri Lahesalu ; Per Braxenholm - Simon Lacroix ; Daniel Carlsson - Pavol Mihálik.

Attaquants : Éric Fortier - Jonathan Bellemare (C) - Marc Bélanger ; Antonin Manavian - Thiery Poudrier - Pierre-Luc Laprise ; Juho Jokinen (A) - Julien Albert - Valentin Michel.

Remplaçants : Lucas Normandon (G), Nicolas Hebert, Alexandre Monnier. Absents : Tomáš Balúch, Brian Henderson (genou), Brice Chauvel (reprise), Mathieu Frécon, Charlie Doyle, Nicolas Primout.