Viry-Châtillon - Nantes (Division 2, 9e journée)

KerneisYvanViry a arrêté l'hémorragie en prenant un point à Évry, mais pour quitter la très inconfortable place au classement, il est temps de marquer à domicile. Jusqu'ici, les cinq points des Jets ont tous été obtenus loin de leurs bases. Nantes, mieux placé en cinquième position, n'a cependant que deux points d'avance et peut donc se faire rattraper en cas de défaite.

La Coupe Davis comme inspiration ?

Moins d'une heure avant le coup d'envoi de cette rencontre, l'équipe de France de tennis a pris l'avantage en finale de Coupe Davis grâce au double Llodra-Clément qui a battu les Serbes après avoir été mené 2 sets à 0.

Est-ce l'inspiration des hommes de Guy Forget ? En tout cas, Viry semble suivre cette inspiration en choisissant... d'être aussi mené 0-2. Les Jets dominent pendant quatre minutes, dont une supériorité numérique, tout cela pour se faire surprendre par un but en contre de Radek Hovora qui dribble joliment le gardien par la gauche (0-1, 04'03"). Dans la minute qui suit, Yvan Kerneis part en breakaway et peut égaliser, il tente un mouvement similaire mais le gardien Adam Briggs se déplace bien et repousse de la botte droite.

Gautron est ensuite pénalisé en zone offensive pour un cinglage, et Nantes transforme le jeu de puissance par une attaque rapide : Marcel Simak tente deux fois sa chance côté droit, avant que Roman Novotny dans son dos ne transforme le second rebond (0-2, 06'48"). Encore une fois, Viry a l'occasion de répliquer, mais Alexis Gautron se faufile jusqu'à la cage mais perd son face-à-face avec le gardien.

Malgré un faux rythme général, le premier tiers-temps est si ouvert qu'il se termine avec un total de 17 tirs à 18, mais l'efficacité devant le but n'a existé que d'un seul côté. Viry attaque peu le slot et lance surtout en angle.

Les Jets sont remis en selle au deuxième tiers-temps par deux pénalités sifflées en même temps contre les deux défenseurs nantais Vychodil et Dhermand. Après un lancer de la bleue de David Layne, Felix Chougui vient prendre le rebond dans le slot (1-2, 26'26"). La supériorité numérique locale continue mais est brisée par un cinglage de Delecour. À quatre contre quatre, Viry retourne à l'attaque mais Kerneis ne convertit pas un palet en retrait devant la cage vide. Aussitôt Le Gall fait trébucher Denis dans le coin, mais les Jets ne profitent pas de cet avantage.

Par contre, pendant une pénalité différée de Kerneis qui se désintéresse totalement du jeu pour régler des comptes, la défense de Viry en carence d'un joueur encaisse un but de Filip Vychodil, le joker nantais monté à l'offensive (1-3, 31'23"). Kerneis voit sa prison annulée mais prend une méconduite. Ces dix minutes sans leur capitaine seront-elles fatales aux Jets ?

C'est le contraire qui se produit. Deux minutes plus tard, une crosse haute de Creno permet à Karl Gilbert de marquer sur l'engagement, dans l'angle à droite (2-3, 33'23"). Le quatuor Delecour-Costes-Dugas-Kodyjasz fait l'effort de harcèlement pour tuer la pénalité de Rauline, et au retour au complet, Guillaume Jeannette égalise à mi-hauteur depuis la ligne bleue (3-3, 37'27").

En début de troisième période, Antoine Cohen réussit une action superbe, il s'infiltre et feinte magnifiquement le défenseur pour repiquer dans l'axe, mais il a toujours le même problème, le dernier geste, avec un faible tir à ras glace. Un but nantais en contre de Francis Caisse en infériorité est ensuite annulé parce que l'arbitre avait sifflé auparavant, contre un cinglage de Kerneis.

Viry est maintenu à quatre par une obstruction de Jeannette, mais à sa sortie de prison, Kerneis est poussé tête la première contre la bande par Simak, avant que Chougui ne soit fait trébucher par Hovora pendant une belle série de dribbles. Pendant quinze secondes, les Jets peuvent ainsi jouer à 5 contre 3, un lancer de Layne à la bleue provoque alors un bon rebond pour Marouillat, qui met trop de temps à armer son tir. Briggs s'est replacé.

Deux pénalités dans les six dernières minutes, un cinglage de Denis et une obstruction de Layne, compliquent la tâche des Jets. Surtout sollicité des jambières jusqu'ici, Marcon doit aussi réaliser un bon arrêt de la mitaine sur un tir de la bleue de Simak. En face, Caisse réalise un bon repli défensif en plongeant devant la passe et en bloquant le palet sur une contre-attaque viroise en infériorité. La dernière occasion est un breakaway à l'avant-dernière minute de Felix Chougui, repoussé de justesse par l'épaule de Briggs.

DenisMickaelLa prolongation est dominée par Viry. Il y a deux semaines, Évry avait dominé le temps supplémentaire et remporté les tirs au but dans la foulée. Faut-il y voir un bon présage ? Ou les Jets regretteront-ils cette reprise au second poteau de Guillaume Jeannette, hors cadre ?

Le premier tireur est Marouillat, qui feinte à gauche, mais Briggs couché sur le ventre réussit à parer le palet avec sa botte. Geoffroy Marcon est solide devant Caisse et sauvé par son poteau par Novotny. Lorsque Kodyjasz trouve une superbe lucarne, Briggs en jette sa crosse de rage. Mais alors que la finesse n'avait pas réussi à Dugas, le capitaine nantais Radek Hovora, dos au mur, décompose un mouvement tout en douceur pour déjouer le gardien et placer le palet dans l'angle.

Après trois tentatives de chaque côté, on change l'ordre des tireurs, ce qui n'avait pas été fait dans les règles à Évry. Le gardien virois Marcon ne se laisse pas avoir deux fois de suite par le capitaine nantais. Felix Chougui tente une ruse en passant devant le but et en glissant le palet au premier poteau, mais Briggs a vu le coup venir. Vychodil choisit le lancer et bute sur Marcon, alors que Gilbert est frustré par la transversale. Philippe Saby conclut alors une jolie feinte, alors que Mickaël Denis manque totalement son tir.

Pour la seconde fois consécutive, Viry-Châtillon s'incline donc aux tirs au but. Comme en Coupe Davis, la remontée n'aura pas suffi à décrocher la victoire finale. Ces deux rencontres perdues sur le fil auront quand même prouvé l'intérêt de l'apport de Hugo Delecour, qui a stabilisé la défense par la propreté de ses relances.

Dans le camp nantais, le plus remarqué est le "gentil géant" Marcel Simak, qui utilise gentiment ses deux mètres, colle gentiment les adversaires contre la bande et écarte gentiment tout adversaire qui voudrait le contourner. Le meilleur marqueur Francis Caisse a été plus discret, mais on identifie chez lui les caractéristiques classiques du buteur québécois qui se fait oublier et place soudain une accélération. On ne l'a cependant pas senti se fondre dans un système offensif. Le collectif est encore en gestation dans cette équipe remaniée, et le fait de tourner à huit attaquants, donc sans lignes stables, n'aide sans doute pas à trouver des automatismes que seuls les Tchèques Hovora et Novotny semblent posséder naturellement.

Commentaires d'après-match

Olivier Monneau (entraîneur de Viry-Châtillon) : "Cela fait deux matches où on ne lâche plus. Il faut que ce soit une régularité sur la saison. L'autre satisfaction, c'est que c'est notre premier point chez nous. La déception, c'est qu'on perd un point et qu'on ne peut pas se permettre ce luxe aujourd'hui. À l'extérieur, perdre aux pénaltys, c'est peut-être un point de gagné, mais à la maison, c'est un point de perdu. Nous avons laissé gaspiller suffisamment de cartouches."

Claude Devèze (entraîneur de Nantes) : "On savait que Viry a toujours formé de très bons jeunes joueurs. Cela se voit encore, c'est une belle équipe bien organisée. On savait qu'il y aurait beaucoup de contacts sur une 56x26 et qu'il fallait être prêt physiquement. On a bien démarré en première période, ensuiteon a pris des pénalités et Viry en a bien profité, on savait qu'ils avaient un grand powerplay. Quand on change 90% de l'équipe, ce n'est pas facile de trouver le style et l'amalgame. Le but est d'être prêt en play-offs. D'ici là, on essaie de trouver des habitudes de travail qui vont payer par la suite. Je suis satisfait de la progression de l'équipe. Si on ne progressait pas, ce serait inquiétant, mais là, je suis confiant."

 

Viry-Châtillon - Nantes 3-3 (0-2, 3-1, 0-0, 0-0) / 1-2 aux tirs au but
Samedi 4 décembre 2010 à 20h30 à la patinoire des Lacs. 150 spectateurs.
Arbitrage d'Eddie Cardon et Jérôme Moulin.
Pénalités : Viry 28' (4', 4'+10', 10', 0'), Nantes 24' (6', 12', 6', 0').
Tirs : Viry 40 (17, 12, 8, 3), Nantes 37 (18, 9, 10, 0).

Évolution du score :
0-1 à 04'03" : Hovora assisté de Novotny et C. Marcos
0-2 à 06'48" : Novotny assisté de Simak et Caisse (sup. num.)
1-2 à 26'26" : Chougui assisté de Layne et Dugas (double sup. num.)
1-3 à 31'23" : Gilbert
2-3 à 33'23" : Gilbert assisté de Dugas (sup. num.)
3-3 à 37'27" : Jeannette

Tirs au but :
Viry : Marouillat (arrêté), Dugas (arrêté), Kodyjasz (réussi) / Chougui (arrêté), Gilbert (transversale), Denis (au-dessus).
Nantes : Caisse (arrêté), Novotny (poteau), Hovora (réussi) / Hovora (arrêté), Vychodil (arrêté), Saby (réussi).


Viry-Châtillon

Gardien : Geoffroy Marcon.

Défenseurs : Yvan Kerneis (C) – Hugo Delecour ; David Layne - Guillaume Jeanette ; Romain Costes.

Attaquants : Karl Gilbert - Kévin Dugas (A) - Anthony Kodyjasz ; Gautier Rauline - Alexis Gautron - Felix Chougui ; Antoine Cohen - Mickaël Marouillat - Mickaël Denis (A).

Remplaçants : Nicolas Cargou (G), Loïc Lemoine, Killian Dufaut, Benjamin Aubry. Absents : Giovanni Lelièvre (luxation de l'épaule), Thomas Frachon (raisons personnelles).

Nantes

Gardien : Adam Briggs.

Défenseurs : Marcel Simak (A) - Thomas Lecoanet ; Christophe Colombel - Clément Genièvre ; Filip Vychodil - Pierre Dhermand ; Julien Creno.

Attaquants : Charley Marcos - Radek Hovora (C) - Roman Novotny ; Julien Le Gall (A) - Philippe Saby - Francis Caisse ; Vincent Ouellette - Jason Pagotto.

Remplaçant : Axel Bécouze (G).