Chronique d'un jeune Français au Québec (novembre)

Joliette

Novembre, le temps de la découverte.

Nous vous l’avions laissé entendre le mois dernier (chronique d'octobre), Rémi Beauvillain est de retour pour vous faire part de son nouveau mode de vie canadien ainsi que de la place du hockey dans la culture québécoise.

On s’attache…

« Pour ce mois de novembre, beaucoup de choses se sont passées. Tout d’abord, la neige a fait sa première apparition le 30 octobre, et arrivé au 20 novembre nous avons atteint les -10°. Cela s’accorde parfaitement au paysage du Québec et cela n’empêche pas que je me plaise toujours autant ici ! Je compte même rester y vivre.

Je vais reprendre mes études en soins infirmiers au Cegep de Lanaudière de Joliette en automne prochain, tout en continuant de travailler aux Eggsquis de Joliette. J’y ai passé une journée et je trouve ça très plaisant ; et pour vous situer l’ambiance et le rythme que suivent les étudiants au Cegep, cela se situe entre le lycée et l’université, mais les cours sont plus communs au lycée.

De plus, je passe actuellement mon permis de conduire, dont j’ai réussi la première phase, ce qui me permet de conduire accompagné. »

… et on prend ses marques

bantam_AA« En ce qui concerne le hockey, mon temps de glace avec le Junior AA est restreint pour cause de soucis administratifs. Le club n’obtient plus d’heures d’entraînement et est sur le point de fermer. Je reste donc avec le Junior A avec qui je prends toujours autant de plaisir à jouer.

En parallèle, je travaille, aux cotés de Michael Dupuis, Samuel Masse, Mathieu Roy et Sébastien Clavel, avec deux gardiens du Bantam AA les Pionniers de Lanaudière : Krystel Fournier (14 ans) et Félix Martin (13 ans) (photo ci-contre).

Sujets à deux entraînements par semaine et parfois 3 matchs par semaine, travailler avec eux me donne un point de vue assez impressionnant de leur niveau de jeu pour cet âge-là ! Le niveau AA est déjà un gros calibre pour ces deux gardiens, car ce niveau autorise le contact et rivalise avec le niveau minime élite en France.

Travailler avec ces deux gardiens me donne une vision différente et m’apporte plus de connaissances sur le poste d’un gardien de but au Québec. »

Le hockey, plus qu’un sport.

« Venons en à la médiatisation du hockey au Québec, il est vrai qu’au Canada, le hockey est le sport national. Mais au Québec, ce n’est pas seulement un sport, c’est aussi une culture.match

Les gens au Québec connaissent le hockey plus que les gens en France connaissent le football. Il y a, minimum, une patinoire couverte par ville, et dans certaines villes et villages, il y a plusieurs patinoires extérieures très utilisées l’hiver.

Le hockey est plus médiatisé au Québec que le football en Europe. De plus là-bas, tout tourne autour du seul club québécois dans la NHL : le Canadien de Montréal. Il est le club le plus médiatisé de la NHL : des publicités et des affiches parcourent entièrement le Québec pour ce club ; des émissions, et même les matchs, sont retransmis sur plusieurs chaînes télévisées. Il y a également possibilité de s’abonner à une chaîne qui diffuse plus de 40 parties NHL par semaine. Les Québécois vivent au rythme du Canadien !

Le centre Bell, l’aréna du club, est pleine à chaque match, on ne peut avoir un billet que par le biais d’une entreprise ou d’une personne qui en achète minimum un an à l’avance, pour les places les moins chères.

J’ai eu la chance d’assister au match du Canadiens de Montréal contre les Oilers d’Edmonton mercredi 1er décembre dernier, et j’avoue que regarder un match de ce niveau et dans une patinoire de 22 000 personnes est vraiment impressionnant.match2

L’ambiance pendant le match est complètement différente de celle que l’on connaît en France. Là-bas, personne ne chante pendant la partie : les personnes assistant aux rencontres sont très concentrées sur le jeu et font attention au moindre détail. Seuls quelques encouragements se font rarement entendre.

Les Canadiens de Montréal ont malheureusement été défaits 3 buts à 4 alors qu’ils menaient au score. Néanmoins, le niveau de jeu reste très impressionnant : tout est dans la précision et la vitesse. C’est réellement une expérience à vivre !

Je retourne actuellement en France et toucherai le sol français le 15 décembre, on se retrouve le mois prochain ! »

Un projet de Rémi Beauvillain et Emilie Enault
Avec l’aide d’Adrien Lhermitte et Elie Lefebvre
Photos : Eric Martin et Rémi Beauvillain.