France - Italie (match international à Marseille)

Un événement historique et populaire !

HECQUEFEUILLE_Kevin-100509-081Pour les premiers matches de l'équipe de France de hockey dans le sud de la France, la Fédération Française de Hockey sur Glace avait fait le bon choix. Après un match vendredi soir à Vegapolis (Montpellier), où les Bleus l'avaient remporté sur le score de 4-2 sur les Italiens, la revanche se déroulait donc samedi dans le fabuleux PGG (Palais de la Glisse et de la Glace) de Marseille.

Une fête populaire qui s'annonçait a priori difficile tant Marseille est une ville passionnée par le foot... Mais contre toute attente, la fédération avait réussi son pari. Et ce n'était pas moins de 2700 supporters qui s'étaient donné rendez-vous pour découvrir ce sport. Avec une capacité de 5600 places, la patinoire sonnait un peu creux, mais cela présage un bon avenir pour le hockey dans la cité phocéenne. D'autant que tout était prévu pour que les novices de ce sport, avec distribution à l'entrée des règles du hockey !

Du coté des équipes, Pierre Pousse et Dave Henderson avaient décidé de ménager Laurent Meunier, le capitaine et auteur d'un grand match à Montpellier. Ce qui a permis de donner plus de temps de glace aux jeunes. Après une belle victoire vendredi, Ronan Quemener était remplacé par Fabrice Lhenry dans les buts.

Pour les Italiens, pas de grand changement de stratégie de la part du coach Rick Cornacchia qui doit se passer de ses joueurs vedettes italo-canadiens : Scandella (Montréal) et Pittis (Calgary) en attaque, ainsi que de Bellissimo (Toronto) et Russo (Montréal) dans les buts. C'est donc le gardien n°3, Thomas Tragust, qui s'occupe de garder la cage azzurra, dans ce match qui s'annonce très serré.

Dominer n'est pas gagner

Le premier tiers-temps débute très fort. Malgré un public glacé, qui ne sait trop comment encourager son équipe, les Français quadrillent la glace et étouffent les Italiens. Dès les premières actions, les Bleus se montrent dangereux. Notamment par l'intermédiaire de Kevin Hecquefeuille, bien servi par le défenseur grenoblois Baptiste Amar, qui se heurte à un bon Tragust. Les Italiens commettent de grosses erreurs en défense et subissent le jeu des Français, qui semblent prendre l'ascendant. Mais, sur un contre assassin, un tir de la bleue d'Armin Hofer est dévié par Pat Iannone et c'est le premier but en power-play pour l'Italie (0-1, 11'11"). Première alerte pour les Français, beaucoup trop laxistes en défense sur cette séquence de jeu.

AMAR_Baptiste-100509-152Les Bleus ne perdent pas espoir et multiplient les actions, mais elles sont sans danger, hormis un poteau de Vincent Bachet. Ils sont trop brouillons dans le dernier geste et n'arrivent pas à passer le dernier rempart de la ligne défensive. De ce fait, ils s'obligent à tirer de loin pour jouer les rebonds. Et c'est surtout Kevin Hecquefeuille qui s'en charge. Le défenseur frappe à de nombreuses reprises de la bleue, souhaitant qu'un coéquipier dévie le palet dans les buts. Mais cela ne marche guère.

Une réaction française encourageante

Dès l'entame du deuxième tiers, les Français montrent un visage totalement différent. Ils cherchent à prendre les Italiens à leur propre piège, en décidant de laisser l'adversaire jouer, et d'évoluer en contre. Les Italiens, perturbés, enfilent volontiers le rôle, et Lhenry tremble plusieurs fois...

Heureusement, les Bleus ont la même réussite que la nazionale. Après une relance de Fabrice Lhenry pour le jeune Maxime Moisand, celui-ci déborde tout le côté gauche de la glace et prend la défense de vitesse. D'une frappe puissante et précise, il bat le gardien Tragust, impuissant (1-1, 33'27"). La patinoire explose de joie, et les Marseillais se réveillent ! Par la suite, la France cherche à profiter des espaces laissés par la défense italienne. Et c'est le très actif Yohann Auvitu qui s'en charge. Il transmet les palets vers les attaquants, et notamment vers les frères Da Costa, très dangereux. Le jeu s'intensifie, et les arbitres distribuent des pénalités. En fin de tiers, Auvitu écope de dix minutes pour contestation.

Au bout du suspense !

Le dernier tiers sera donc décisif. Dès le début, les équipes repartent sur un faux rythme. Les actions sont moins nombreuses, et les joueurs moins tranchants dans les duels. Le jeu s'équilibre. Cependant les Français commettent de plus en plus d'erreurs en milieu de glace. C'est le cas des frères Da Costa, qui dans ce dernier tiers sont imprécis et perdent le palet à de nombreuses reprises.

LHENRY_Fabrice-100509-132Les Italiens deviennent de plus en plus dangereux devant la cage de Lhenry. Et c'est logiquement qu'ils marquent par l'intermédiaire d'Armin Hofer, sur passe de derrière la cage de Luciano Aquino (1-2, 50'35"). Les Français ne paniquent pas, et repartent de suite de l'avant. Ils cherchent à mettre la pression sur la défense adverse, comme durant le premier tiers. Tactique une nouvelle fois payante, puisque, après une perte du puck du dernier défenseur italien Matt De Marchi en zone neutre, Teddy Da Costa remonte toute la glace et vient tromper Tragust (2-2, 54'07"). L'euphorie envahit les supporters et joueurs, qui évoluent libérés sur la glace.

Seulement quelques secondes après son but, Teddy Da Costa se présente une nouvelle fois seul devant Traugust. Mais le gardien anticipe et sort loin de sa cage. Il capte le palet, mais le Français le heurte à toute vitesse, a priori involontairement. Cependant, il écope de deux minutes de pénalité pour charge incorrecte. À moins de six minutes de la fin, le banc tricolore manifeste son mécontentement, car ce power-play peut être le fait du match. Les Azzurri profitaient de cet avantage numérique pour reprendre  les devants. Sur une erreur du portier français qui ne s'est pas bien replacé, Aquino marque en force. (2-3, 55'33"). Les Bleus tenteront tout pour revenir au score, en délaissant la défense. Les Italiens bien organisés en profitent. Et sur un nouveau contre, Manuel de Toni vient aggraver la marque sur passe de Watson (2-4, 58'07").

Score finale de 4 buts à 2 en faveur des Italiens, qui ont pris leur revanche après la défaite à Montpellier sur le même score. Malgré leur proximité au classement IIHF (France 15e, Italie 16e), ces deux équipes nous ont présenté un jeu totalement différent. Les Italiens cherchent à évoluer en contre, tandis que les Français pressent très haut en attaque. La tactique italienne aura été plus efficace ce soir, cependant la France aurait pu l'emporter avec plus de créativité en attaque.

Malgré un bilan comptable assez médiocre sur cette tournée d'hiver (1 victoire en 3 matchs), l'équipe de France a convaincu par ces jeunes, talentueux et pleins d'avenir, tels Lampérier, Pain, Arrosamena et Albert. On espère cependant que les entraîneurs réussiront à combler les carences défensives de l'équipe nationale avant les Mondiaux de 2011 qui se joueront en avril prochain en Slovaquie.

Joueurs du match : Kevin Hecquefeuille pour la France et Armin Hofer pour l'Italie.

Commentaires d'après-match

Pierre Pousse (entraîneur-adjoint de l'équipe de France) : "C'est dommage que ça se finisse comme ça parce qu'on a égalisé et que juste derrière on prend une pénalité. On n'était pas dans le match au début, après on a couru après le score. On a essayé de jouer trop finement, on n'est pas allé assez à la cage, alors que c'est ça notre jeu. Si on leur donne quelque chose, ils le prennent. Hier, on ne leur avait rien donné."

 

France - Italie 2-4 (0-1, 1-0, 1-3)
Samedi 18 décembre 2010 à 20h00 au Palais de la Glace et de la Glisse. 2743 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez (FRA) assisté de Savice Fabre et Mathieu Loos (FRA).
Pénalités : France 24' (6', 2'+10', 6') ; Italie 10' (6', 4', 0').
Évolution du score :
0-1 à 11'10" : Iannone assisté de Traversa et A. Hofer (sup. num.)
1-1 à 33'27" : Moisand
1-2 à 50'35" : A. Hofer assisté de L. Aquino
2-2 à 54'07" : Da Costa
2-3 à 55'33" : L. Aquino assisté de Iannone et Kostner (sup. num.)
2-4 à 58'07" : De Toni


France

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Baptiste Amar (A, -1) - Yohann Auvitu (-2, 10') ; Kevin Hecquefeuille (-1, 2') - Vincent Bachet (A, -1) ; Thomas Roussel (+2) - Maxime Moisand (+2) ; Teddy Trabichet (2').

Attaquants : Damien Raux (+1) - Laurent Gras (+1) - Sacha Treille (+1, 2') ; Jérémie Romand (+1, 2') - Stéphane Da Costa (2') - Teddy Da Costa (2') ; Erwan Pain (-1) - Édouard Dufournet (-1) - Mathieu Le Blond (-1, 2') ; Nicolas Arrossamena - Loïc Lampérier - Julien Albert.

Remplaçants : Ronan Quemener (G), Laurent Meunier (C).

Italie

Gardien : Thomas Tragust.

Défenseurs : Matt De Marchi (-1, 2') - Roland Hofer (-1) ; Stefano Marchetti - Andrea Ambrosi ; Armin Hofer (+1) - Alexander Egger (+1) ; Benjamin Bregenzer.

Attaquants : Ryan Watson (-1, 2') - Marco Insam (-1, 2') - Tommaso Traversa (-1, 2') ; Luciano Aquino (+1) - Pat Iannone (+1) - Luca Felicetti ; Simon Kostner - Thomas Pichler - Rudi Locatin ; Diego Iori (2') - Manuel de Toni (+1) - Federico Benetti

Remplaçant : Gianfilippo Pavone (G).