Slovaquie – Biélorussie (Arosa Challenge, demi-finale 1)

Logo_Arosa_ChallengeGlen Hanlon a décidé de faire plaisir aux familles. Quoi de plus normal à l’approche des fêtes de fin d’année ? Rien me direz-vous. Sauf que lorsqu’il s’agit de l’équipe nationale de Slovaquie, on se pose quand même des questions quant à la perspicacité des cadeaux faits par le sélectionneur canadien. Dans un premier temps, il a pallié les forfaits de Rastislav Špirko et Štefan Ružička en les remplaçant en attaque par les jumeaux Huna, Richard et Róbert. Difficile de comprendre le choix porté sur les deux joueurs de Bratislava, pas plus inspirés que d'autres en Extraliga, mais dont Hanlon attend beaucoup par leur rapidité sur la glace. Un test grandeur nature qui permet aussi de faire un joli coup de pub sur la sélection slovaque, tombée dans un relatif anonymat au pays ; pour leurs premiers pas sous les couleurs nationales, ils cotoyent leur ainé Rudolf, devenu cadre, pour former un trio fraternel jamais vu en Slovaquie (mis à part le cas des Šťastný – Peter, Marián et Anton – dans les années 1970 et 1980 pour le compte de la Tchécoslovaquie).

Puis vint le tour de Tomáš Surový, Marcel Haščák et Marek Svatoš de se blesser juste avant de partir pour la Suisse. Hanlon a donné alors leur chance à deux jeunes loups, Adam Lapšanský et Libor Hudáček. Si le premier mérite sa place aux vues de ses prestations avec Poprad, le second en revanche a dû croire dans un premier temps à une blague en apprenant sa sélection. Mais celui qui est d'ordinaire membre de la quatrième ligne de Slovan (11 points, dont trois réalisations, en 35 matches) a bel et bien été appelé sous les drapeaux, au même titre que... son frère gardien Július ! La présence du Danubien porte à trois le nombre de joueurs de Bratislava en sélection, autant que ceux issus de Košice, mais les trajectoires actuelles des deux plus grands clubs de Slovaquie sont pourtant loin de se croiser. De quoi entretenir la flamme de l'animosité entre les deux villes !

On notera également le retour de Ladislav Nagy, ancien des Phoenix Coyotes et champion du monde 2002, qui s'est refait une santé avec les Chamois de Poprad et qui tentera de faire aussi bien en Suède, au MODO, pour lequel il a signé deux jours avant le début de la compétition helvète en compagnie de Ľuboš Bartečko. Avec Nagy dans l'équipe, c'est le prestige envolé de la « Zlatá generácia » qui est un peu preservé. L'arbre qui cache la forêt. De tous ceux qui sont du voyage à Herisau, seuls huit joueurs comptent au moins vingt sélections internationales (Staňa, Baranka, Stehlík, Švarný, Macho, Rudolf Huna, Juraj Mikúš et donc Nagy), dix évoluent en Extraliga slovaque et cinq vont effectuer leur baptême (Brejčák, Deyl, Dej, Lapšanský et Libor Hudáček). Miroslav Šatan aurait été un élément persuasif, mais le vainqueur de la Coupe Stanley 2009 a finalement décliné l'invitation.

Il semble donc que Gelen Hanlon ait fait de l'inexpérience son principal critère d'enrôlement. Inquiétant à quelques mois seulement du Mondial que s'apprête à organiser la Slovaquie. Mais est-ce vraiment dans les plans du Canadien ? Celui-ci se plaît à seriner qu'il veut tester un maximum de jeunes éléments en prévision des Jeux Olympiques 2014. On comprendrait mieux alors. C'est finalement la même perspective que pour ses adversaires du jour, qui étaient il n'y a pas si longtemps encore ses ouailles. Son homologue biélorusse, Eduard Zankovets, s'efforce lui aussi de construire un groupe compétitif en vue de 2014, pour les JO mais aussi parce que le Mondial sera organisé à Minsk cette année-là.

Les deux formations s'étaient quitté en mai dernier, à Cologne, lors du premier tour des championnats du monde. Les Slovaques l'avaient emporté 4-2 malgré une entame galvaudée, image de marque des joueurs des Tatras. Là, c'est autre chose. Les deux défenses jouent serrées et les occasions tardent à venir. La première banderille est à mettre à l'actif des Biélorusses lorsque Aleksei Yefimenko se retrouve devant les buts slovaques. Július Hudáček effectue là le plus gros de  son travail en première période (9e). Car ce sont ses coéquipiers qui vont ensuite prendre les choses en main. Ils multiplient les raids sur Vitali Koval pendant que Pavlovitch est en prison (13e) mais Marek Zagrapan, Nagy et Marek Bartánus butent sur le portier de Atlant Mytishi. Avec trois tirs, Vladimír Dravecký est lui aussi inquiétant mais le score reste vierge au premier souffle.

On s'échange les rôles dans le deuxiême acte. Les Biélorusses sont les plus actifs même si les lignes arrières slovaques restent toujours bien regroupées et ne sont pas vraiment malmenées même lorsque Zagrapan puis Róbert Huna laissent coup sur coup leurs camarades en infériorité. Rudolf Huna est même à deux doigts d'ouvrir le score mais le joueur de Vítkovice dévisse sa frappe et trouve les protections du dernier défenseur biélorusse. Dommage, Koval n'était plus devant ses cages. Rien ne bouge au tableau d'affichage jusqu'à la fin du temps réglementaire. Le troisième opus est équilibré. Yefimenko tente quatre fois sa chance devant Hudáček, sans succès.

Après ses récents débuts à la Deutschland Cup, le gardien du HC Košice attend ses premiers lauriers avec la sélection. Son troisième match sous les couleurs slovaques laisse encore Hudáček sur sa faim ; seulement cinquante-et-une secondes après le début des prolongations, Aleksandr Kulakov s'en va seul inscrire l'unique but d'une rencontre sans réelle saveur et qui n'aura pas laisser beaucoup entrevoir du potentiel des deux équipes.

Commentaire d’après-match

Ľubomír Pokovič (sélectionneur-adjoint de la Slovaquie) : "Ce fut un match équilibré. On a dominé la première période, les Biélorusses la deuxième grâce à nos deux infériorités. Les occasions ont par la suite été partagées. Il existe une petite différence entre une défaite 0-1 et une victoire 1-0. Nous n’avons pas su exploiter nos chances mais nous en avons quand même eu pas mal. Il y a un moment dans le deuxième tiers-temps où les buts adverses sont vides, il n’y a plus qu’un défenseur mais Rudolf Huna tire dans les protections du joueur biélorusse. En prolongation, Kulakov marque suite à une action individuelle. Les occasions n’ont pas été très nombreuses des deux côtés car les défenses ont été très attentives. On a apprécié le jeu déployé par l’équipe. Mais il faut jouer pour le résultat, pas pour la performance d’ensemble, si bien que nous ne sommes pas satisfaits."

 

Slovaquie – Biélorussie 0-1 après prolongation (0-0, 0-0, 0-0, 0-1)
Vendredi 17 décembre 2010 à 15h30 au Sportzentrum de Herisau (Suisse). 126 spectateurs.
Arbitrage de Andreas Koch et Didier Massy (SUI) assistés de Roger Arm et Peter Kung (SUI).
Pénalités : Slovaquie 6' (2', 4', 0', 0') ; Biélorussie 4' (2', 0', 2', 0')
Tirs : Slovaquie 29 (13, 6, 10, 0) ; Biélorussie 33 (11, 11, 9, 2)

Évolution du score :
0-1 à 60'51'' : Kulakov assisté de Stas et Denisov

 

Slovaquie

Gardien : Július Hudáček.

Défenseurs : Ivan Baranka (C, -1) – Peter Mikuš ; Michal Sersen (-1) – Richars Stehlík ; Ivan Švarný – Ján Brejčák ; Radek Deyl.

Attaquants : Ladislav Nagy (A) – Marek Zagrapan (2', -1) – Adam Lapšanský ; Rudolf Huna (A, 2') – Juraj Mikúš – Marek Bartánus ; Vladimír Dravecký (-1) – Michal Macho – Vladislav Baláž (2') ; Rastislav Dej – Richard Huna – Robert Huna ; Libor Hudáček.

Remplaçant : Rastislav Staňa (G).

Biélorussie

Gardien : Vitali Koval.

Défenseurs : Vladimir Denisov (+1) – Andrei Antonov ; Ivan Usenko (A) – Andrei Filichkin (+1) ; Oleg Goroshko – Sergei Sheleg ; Dmitri Korobov.

Attaquants : Mikhail Stefanovich – Aleksei Ugarov (2') – Andrei Stas (+1) ; Andrei Mikhalev (A) – Yevgeni Kovyrshin – Konstantin Koltsov (C) ; Aleksandr Kulakov (+1) – Sergei Drozd – Aleksei Yefimenko ; Yevgeni Baukin – Aleksandr Pavlovich (2') – Artem Demkov.

Remplaçant : Dmitri Milchakov (G). Non-utilisé : Andrei Glebov (D).