Présentation du Mondial junior

VATANEN_Sami-100520-028Les États-Unis accueillent le Mondial junior à Buffalo et à Niagara à partir de demain et jusqu'au 5 janvier. Déjà tenants du titre, ils paraissent presque seuls au monde dans le groupe A où ils seront les grands favoris. Personne ne prétend en effet être du niveau des Américains, surtout pas les Finlandais. Ils espéraient de meilleurs résultats cette année grâce à des talents comme Sami Vatanen (le benjamin des derniers championnats du monde senior), mais sont privés de leur super-talent offensif Mikael Granlund, victime d'une commotion cérébrale.

Ce sont donc les Suisses qui viennent les plus confiants, dopés par leur demi-finale de l'an dernier. Ils compteront sur les deux-mêmes joueurs-clés. Nino Niederreiter, 5e choix de la dernière draft, n'a pas encore réussi à gagner définitivement sa place en NHL chez les New York Islanders (9 matches, 1 but) et évoluait dernièrement en WHL, aux côtés de l'autre jeune sensation suisse, Sven Bärtschi. Benjamin Conz, lui, est déjà gardien titulaire en LNA... et c'est un peu le problème. Jmaias un junior n'était aussi important pour son club, et Langnau a voulu négocier avec la fédération pour le dispenser des matches de préparation afin qu'il ne manque que deux journées de championnat au lieu de deux. Refusé.

S'il était inimaginable que Conz débarque moins de deux jours avant le premier match avec le décalage horaire, c'est que ce premier match est capital : Suisse-Allemagne, un duel de voisins qui peut tourner de part et d'autre. La particularité des Allemands cette saison est de compter neuf joueurs évoluant en junior majeur au Canada, un record, avec le duo Kühnhackl-Rieder en tête de ligne. Seront-ils plus à l'aise sur les petites glaces américaines ? Avec de piteux résultats cette saison, la Slovaquie arrive sur la pointe des pieds, mais tout peut arriver dans ce groupe où aucune équipe européenne ne paraît à l'abri du tour de relégation.

Dans la poule B, le Canada ne présente pas un phénomène. Quelle homogénéité en revanche ! Les joueurs à la feuille d'érable ont l'intention de faire tourner quatre lignes, et ils l'ont démontré en préparation. Les deux demi-finalistes de l'an passé (Suisse et Suède) ont été battus deux jours de suite 8-0 et 4-1 avec... douze buteurs différents ! De qui se méfier ? De tout le monde ! Dans le dernier match amical contre la Finlande, la première ligne est sortie du lot : Brayden Schenn (frère du défenseur de Toronto), seul joueur de l'équipe à avoir déjà joué en NHL, y est entouré par le pur passeur Ryan Johansen et par les cent kilos du finisseur-déménageur Zach Kassian. Le capitaine Ryan Ellis, qui a déjà participé à deux Mondiaux juniors, apporte son soutien de défenseur offensif. Même équilibre dans les cages où le titulaire attendu Olivier Roy (un des deux Québécois avec le petit gabarit offensif Louis Leblanc) subit la concurrence de Mark Visentin, d'une année plus jeune.

La Suède reste sur quatre podiums de suite, grâce à de belles générations entraînées par Pär Mårts. Celui-ci s'occupe aujourd'hui de l'équipe nationale junior, et son successeur Roger Rönnberg n'a pas forcément les mêmes talents à disposition. Elle manque peut-être en particulier de vrais leaders offensifs, et de kilos pour s'imposer dans les enclaves nord-américaines.

Le même défi attend les Russes. Pour s'adapter aux patinoires nord-américaines, ils ont effectué une tournée au Canada à l'automne en rencontrant des sélections des trois ligues juniors majeur. Les résultats - deux victoires au Québec, deux défaites dans l'Ontario et deux victoires dans l'ouest - ont été perçus comme très encourageants puisque l'équipe s'était déplacée sans sa vedette Vladimir Tarasenko. Après les scandales de l'an passé, l'arrivée de Valeri Bragin comme entraîneur doit calmer l'atmosphère au sein du groupe. Suédois et Russes sont des prétendants légitimes au dernier carré, mais peuvent-ils empêcher une nouvelle finale nord-américaine ?

Slavomir Lener a été chargé de reconstruire le système de formation en République Tchèque. Il connaît les problèmes, mais sa diatribe de l'été contre les départs nuisibles des juniors au Canada - pour les joueurs concernés comme pour la pyramide du hockey tchèque - n'a pas inversé la tendance du jour au lendemain. Les Tchèques sont donc privés de plusieurs joueurs pour raisons extra-sportives. Petr Mrazek, un des meilleurs gardiens d'OHL, et le défenseur Adam Polasek ne sont ainsi pas sélectionnés parce que les Ottawa 67's et le Rocket de l'île du Prince-Édouard n'ont pas versé de compensation à leur club formateur Vitkovice. La débâcle de la Russie l'an dernier conduit à une répartition des poules qui place la République Tchèque dans une situation très difficile pour prendre une des trois premières places, celles qui permettent de jouer les play-offs et pas la poule de relégation.

Dans ce "groupe de la mort", la Norvège n'a évidemment pas cet objectif. Elle se fait toute petite et attend les duels pour le maintien. Son meilleur joueur est Sondre Olden, qui n'a fait que de furtives apparitions en senior avec MODO.

Pour situer les équipes, tous les résultats internationaux des moins de 20 ans cette saison.

Rappel du Mondial junior 2010.