Strasbourg - Amiens (Ligue Magnus, 13e journée)

Les Amiénois sont venus faire leur marché de Noël à Strasbourg, d'où ils sont souvent revenus les mains vides. Ils ont repéré que l'Étoile Noire a perdu quatre de ses cinq ernières rencontres en championnat, mais sa qualification pour la demi-finale de Coupe de France indique qu'elle a encore du ressort.

Elle gagne d'ailleurs l'engagement et attaque la première, mais Amiens relance rapidement de sa zone et Grégory Béron envoie Paul Deniset en breakaway dans le dos de Michal Cesnek. Le gardien repousse mais Béron a suivi (0-1, 00'25"). Voilà comment rater son départ. Elle tente de répliquer : alors que les Gothiques sont installés, Lionel Tarantino, nouveau pensionnaire de la ligne de Cibula, récupère un palet dans son slot et envoie Julien Burgert seul dans l'axe et absolument pas couvert. L'Alsacien part en face-à-face avec Billy Thompson, qui capte le palet d'un superbe arrêt-réflexe de la mitaine.

Des espaces, il y en a donc des deux côtés. Un peu plus quand même dans la défense alsacienne. Martin Tomasek trouve ainsi un intervalle en zone neutre pour Pazak, qui bute sur Hiadlovsky. Strasbourg parvient tout de même à égaliser : la passe transversale de Jan Cibula en zone neutre arrive dans le dos de David Cayer, qui se retourne face au but en emmenant le palet d'un mouvement somptueux. Il déboule ainsi sur son aile droite et centre pour la reprise au second poteau de Cibula qui a pris un temps d'avance sur Hecquefeuille (1-1, 14'45").

Si les Strasbourgeois se sont remis de leur début manqué, ils commettent les mêmes erreurs de repli défensif au début du deuxième tiers-temps. Miroslav Pazak déborde son défenseur par la droite et centre pour Kevin Bergin oublié en troisième homme. Les brèches dans la défense locale sont nombreuses et les Gothiques réceptionnent plusieurs palets dans l'enclave en quelques minutes. Amiens se régale des erreurs adverses et intercepte une sortie de zone croisée pour voir Valentin Claireaux dribbler deux joueurs et Simon Petit arriver seul au rebond pour fusiller Hiadlovsky : le palet rebondit sur le haut son épaule et retombe dans le but (1-3, 23'55").

Strasbourg n'a d'autre choix que de passer franchement à l'attaque. La défense picarde, elle, n'a pas envie d'autoriser l'accès libre à sa zone. Elle défend son territoire, à l'instar de Bergin qui donne une charge avec la crosse après un tour de cage de Cayer. Les supériorités numériques ne donnent rien, mais un ricochet chanceux permet à ce même Cayer de centrer pour le tir à mi-distance de Jan Cibula (2-3, 31'43"). Cela pourrait être le tournant du match car l'Étoile Noire bénéficie aussitôt d'un 5 contre 3, non concrétisé malgré une grosse pression sur un Billy Thompson très présent.

La chance est passée et le jeu très ouvert profite à Pazak qui trouve une passe croisée en zone neutre vers Grégory Béron. Le défenseur slovène Ziga Svete, mal placé à sa ligne bleue, est en retard le temps de se retourner, et Béron ajuste Hiadlovsky entre les bottes (2-4, 39'33").

Les règles strictes de la Coupe Continentale se diffusent apparemment dans le championnat, puisque Strasbourg prend une pénalité pour retard de jeu en tardant à reprendre leur place à la pause, comme on l'a vu deux fois à Rouen. De quoi conforter les Amiénois dans leur traditionnelle bonne entame : le lancer axial de Teddy Trabichet ne peut pas être plus dans la lucarne, il retombe d'ailleurs juste derrière la ligne de but (2-5, 40'18").

L'ex-Amiénois Elie Marcos lance un 2 contre 1 de Pierre-Antoine Devin et Édouard Dufournet qui préserve un peu de suspense (3-5, 51'07"). D'autant que dans une petite explication derrière la cage, Hecquefeuille donne un coup à Cayer qui réclame aussitôt la pénalité : Strasbourg se retrouve en avantage numérique. Mais en infériorité, Paul Deniset se saisit d'un palet de Cayer et permet à Kevin Bergin de partir seul pour clore le score (3-6, 53'36").

La force défensive du début de saison paraît de l'histoire ancienne à Strasbourg, qui commet beaucoup trop d'erreurs défensives pour être encore considéré comme un cador du championnat. L'Étoile Noire flamboyante a laissé place à une formation moyenne qui rentre dans le rang, au plus grand bonheur d'Amiens qui connaît la trajectoire ascensionnelle inverse.

Commentaires d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace)

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "On a payé cash notre début de match, mais ensuite, même si je ne suis pas du tout satisfait de la manière dont on a défendu, on a su se créer des occasions. On a souvent trop reculé en défense, pas assez serré l'adversaire en zone neutre. Et puis, face à une équipe comme Amiens, avec des garçons aussi habiles, il faut que tout le monde joue son meilleur hockey et ça n'a pas été le cas ce soir. Ce n'est pas le cas en ce moment, puisqu'il n'y a qu'une ligne qui a marqué neuf des dix derniers buts [NDLR : Tarantino-Cibula-Cayer]."

Pierre-Antoine Devin (attaquant de Strasbourg) : "Tu ne peux pas gagner un match en étant aussi nul défensivement et là toute l'équipe est passée au travers. Amiens, c'est une équipe qui est très rapide dans le transfert de la zone défensive vers l'attaque. Tu ne peux pas lui laisser autant d'opportunités de se projeter vers l'avant. Le hockey, c'est un sport où il faut réfléchir et il n'y avait pas de 'cerveaux' sur la glace. Il y avait de l'envie, on voulait faire un gros match mais il n'y a pas eu assez de réflexion dans notre jeu pour cela. Ce ne sont pourtant pas les occasions franches qui ont manqué. Il y a eu des shoots à la cage, on réussissait à garder le palet dans leur zone, mais on n'a pas marqué."

 

Strasbourg - Amiens 3-6 (1-1, 1-3, 1-2)
Dimanche 26 décembre 2010 à 18h30 au Coliseum. 1200 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Yann Furet et Mathieu Loos.
Pénalités : Strasbourg 10' (2', 4', 4') ; Amiens 14' (0', 10', 4').
Tirs : Strasbourg 27 (6, 14, 7) ; Amiens 36 (10, 12, 14).

Évolution du score :
0-1 à 00'25" : Béron assisté de Deniset
1-1 à 14'45" : Cibula assisté de Cayer
1-2 à 21'29" : Bergin assisté de Pazak et Mortas
1-3 à 23'55" : Petit assisté de Claireaux
2-3 à 31'43" : Cibula assisté de Cayer
2-4 à 39'33" : Béron assisté de Pazak et Kowalczyk
2-5 à 40'18" : Trabichet assisté de Hecquefeuille et Deniset (double sup. num.)
3-5 à 51'07" : Dufournet assisté de Devin et E. Marcos (inf. num.)
3-6 à 53'36" : Bergin assisté de Deniset (inf. num.)

 

Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs : David Striz - Michal Česnek ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Ziga Svete - Pasi Petriläinen.

Attaquants : Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino - Juho Lehtisalo - Julien Burgert ; Ján Cibula - David Brissette-Cayer - Paul-Andrew Bradley ; Timothée Franck.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé, Jérémy Quillier, Noé Gersanois.

Amiens

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Vincent Bachet (C) – Pavel Kowalczyk ; Teddy Trabichet – Kevin Hecquefeuille (A) ; Thomas Roussel – Romain Bault.

Attaquants : Martin Tomasek – Paul Deniset – Gregory Béron ; Miroslav Pazak – Anthony Mortas – Kevin Bergin (A) ; Julian Marcos – Valentin Claireaux – Simon Petit.

Remplaçants : Quentin Kello (G), Louis Boucherit, Florent Neyens, Aïna Rambelo, Yannick Offret, Maxim Belov.