États-Unis – Slovaquie (Mondial U20, poule A)

Buffalo_2011Au moment de s’affronter, les États-Unis et la Slovaquie occupent provisoirement la troisième place du groupe A avec deux points au compteur, synonymes d’une entrée en matière mutuellement galvaudée par une victoire en prolongation. Mais les Finlandais ne sont pas les Allemands et l’équipe de Slovaquie a de quoi ruminer davantage son manque de détermination lors de sa première sortie lundi ; contrairement aux USA, elle ne dispose pas d’un groupe capable de lui garantir des succès futurs et la moindre unité comptable perdue peut peser lourd dans la balance de l’accession aux quarts-de-finale.

Les favoris états-uniens se profilent donc et même si l’on ne peut pas vraiment leur accorder l’avantage d’évoluer à domicile - la frontière avec le rival canadien n’est pas loin et ça chambre plus que ça ne supporte dans les travées de la HSBC Arena – les tenants du titre disposent de l’effectif le plus aguerri de tous les engagés de la poule avec, entre autres, huit éléments déjà sacrés l’an passé et trois attaquants qui ont goûté à la NHL cette saison (Palmieri avec Anaheim Ducks, Morin et Leddy avec les titulaires de la Stanley Cup).

Certes, Jeremy Morin est blessé, au même titre que Brock Nelson, mais la force de frappe US conserve sa précision avec une pléiade d’attaquants qui font leurs classes dans les ligues juniors tandis que les lignes arrières sont composées de défenseurs qui, hormis Ramage et Wey, ont tous été draftés après maximum deux tours !

On s’aperçoit rapidement du gouffre qui sépare les deux formations dans les premiers instants de jeu. Les joueurs à la bannière étoilée imposent un rythme ultra soutenu que les ouailles de Štefan Mikeš ont déjà du mal à soutenir. Charlie Koyle se défait d’ailleurs sans trop de difficultés de Peter Hraško sur l’aile gauche et sert parfaitement Kyle Palmieri, positionné au poteau droit, qui ouvre le score sans n’être nullement gêné (1-0, 04'31).

L’entame catastrophique de la Slovaquie se poursuit par l’expulsion de ce même Hraško, l’un des plus solides défenseurs slovaques, coupable le long de sa bande gauche d’une charge trop appuyée sur le visage de Jerry D’Amigo (6'42). Le geste est plus spectaculaire que méchant et le gaillard des Toronto Marlies (AHL) s’en relève sans casse. Ce qui n’est pas le cas en revanche des joueurs à la Double-Croix qui, complètement déboussolés, sont fantomatiques sur la glace de Buffalo. Le break survient alors tout naturellement.

Profitant de leurs cinq minutes en supériorité numérique, les Américains agressent de toutes parts leurs adversaires. Jon Merrill récupère la rondelle entre les deux cercles et passe à Palmieri, démarqué sur la gauche. Malgré l’angle restreint, il trouve pour la seconde fois la lucarne droite de Dominik Riečický (2-0, 08'02). Le portier slovaque est plus inspiré quelques instants plus tard lorsqu’il stoppe la frappe de Jason Zucker à mi-cercle avec sa jambière droite (10'26).

P1070600Mine de rien, la défense slovaque tient bon aux vues du nombre de tentatives américaines dans ce premier tiers (22 tirs contre… un seul !). La ruse s’en mêle parfois. Aussi s’en sortent-ils très bien lorsque Palmieri apporte la rondelle en zone d’attaque avant de passer à un de ses coéquipiers qui marque, mais la réalisation n’est pas validée, Adam Jánošík ayant bougé les cages ; il est logiquement convié en prison (18'05). Avant la pause, Justin Faulk n’est pas loin de piéger Riečický : son dégagement finit dans le plexiglas, ce qui dévie le palet directement vers le but slovaque et le gardien doit s’employer pour arrêter le danger (19'34).

La formation des Tatras se procure sa première occasion peu après le retour sur la glace par Andrej Kudrna qui attrape un rebond entre les deux cercles mais dont la frappe instantée ne trouve que le bras de Jack Campbell, enfin soumis à quelque activité (22'20). Le sociétaire des Red Deer Rebels (WHL) laisse toutefois les siens en infériorité peu de temps après (23'09) et les Etats-Unis en profitent évidemment. Dans un angle très fermé, Charlie Coyle glisse le caoutchouc au-dessus du gant de Riečický et signe là son troisième point de la soirée, tout comme Palmieri, passeur sur ce coup-là (3-0, 23'56).

Les neveux de l’Oncle Sam ne baissent pas de régime et les Slovaques sont à la limite de la rupture. Contraints d’avoir toujours un temps de retard en défense, la faute devient leur seule solution d’endiguement. La pénalité de Peter Trška (27'14) est bien gérée, celle d’Oliver Jokeľ (30'52) apporte en revanche les ingrédients nécessaires au quatrième but des locaux. Brian Dumoulin ne peut pas mieux servir Chris Brown et, dans un geste de toute beauté, ce dernier marque avant d’humer la glace (4-0, 31'47).

Les cinq minutes suivantes marque l’apogée de la partie ; trois autres buts vont venir en effet agrémenter le tableau d’affichage. La Slovaquie jouit de son petit moment de gloire lorsque Tomáš Jurčo met dans le vent la défense américaine et passe à Juraj Majdan qui poursuit le une-deux. Jurčo ne gaspille pas l’occasion de sauver l’honneur (4-1, 32'26) mais Drew Shore se débarrasse de Lukáš Kozák une minute plus tard et ramène les Slovaques à la raison au prix d’une belle action individuelle (5-1, 33'32).

La cueillette américaine se termine avec la frappe d’Etem Emerson côté gauche qui transperce la défense slovaque et dont la menace est sous-estimée par le gardien slave (6-1, 36'57) qui laisse alors sa place à Juraj Hollý. La réalisation est timidement saluée par l’assistance et l’on serait à même de comprendre la réaction du public après que le jeune Emerson a récemment qualifié Buffalo de « ville fantôme » et de « pire ville qui n’ait jamais existée » sur son compte Twitter.

Le dernier opus est vide d’intérêts : les États-Unis laissent venir et les Slovaques sont résignés surtout lorsque Martin Marinčin décide d’imiter son acolyte Hraško en s’en prenant à Jason Zucker ; une pénalité de match sanctionne là-aussi le défenseur le plus productif de la Western Hockey League (52'09). On en reste donc là.

Les hommes de Mikeš ne devaient certainement pas s’attendre à un miracle face aux tenants du titre mais la déculotté pourrait laisser quelques séquelles à l'heure de défier la Suisse, adversaire direct à la qualification. Sans oublier qu'il faudra faire sans Marinčin et Hraško, suspendus respectivement quatre et trois matches pour leurs comportements... 

Désignés joueurs du match : Kyle Palmieri (États-Unis) et Juraj Majdan (Slovaquie).

Commentaires d’après-match

Kyle Palmieri (attaquant des États-Unis) : « Je crois que les gars étaient un peu perturbés à cause des blessures (de Brock Nelson et Jeremy Morin, ndlr), nous nous sommes donc focalisés sur le fait d’entrer rapidement dans la partie. On a dominé les cinq premières minutes, on a marqué quelques buts et on les a ainsi écartés du match. On a joué la plupart du temps dans leur zone de défense et ça a certainement dû les frustrer. On a un jour libre demain (mercredi) mais on a quand même quelques petites choses à régler. »
 
Drew Shore (attaquant des États-Unis) : « Je pense que c’est le match le plus accompli que nous ayons joué depuis que nous sommes ensemble. Tout s’améliore dans notre jeu et c’est ce que nous avons à faire pour gagner la médaille d’or. »

Miroslav Marcinko (sélectionneur-adjoint de la Slovaquie) : « On avait imaginé une autre issue contre les Américains. On a payé cher toutes nos pénalités, on en a reçu jusqu’à la fin de la partie. Si l’on veut soutenir la comparaison avec un tel adversaire, on se doit de jouer avec de la discipline et on ne peut pas se permettre d’avoir autant de joueurs pénalisés. C’est ce qui a fait la décision aujourd’hui. »

Tomáš Jurčo (attaquant de la Slovaquie) : « On savait que l’équipe des États-Unis était très forte. On a essayé de toutes nos forces de mieux jouer mais c’est très difficile d’évoluer en infériorité pendant pratiquement la moitié du match. Je ne sais pas pourquoi on a été autant pénalisé. On est conscient que ça nous arrive trop souvent. On doit vraiment y faire attention au cours du prochain match contre la Suisse car ce sera un duel important et exigeant. »

 

États-Unis – Slovaquie 6-1 (2-0, 4-1, 0-0)
Mardi 28 décembre à 20h00 à la HSBC Arena de Buffalo. 12 750 spectateurs. 
Arbitrage de Martin Fraňo (TCH) et Jari Levonen (FIN) assistés de Christian Kaspar (AUT) et Daniel Winge (SUE).
Pénalités : États-Unis 4' (0', 0', 4') ; Slovaquie 58' (2'+25', 6', 0'+25').
Tirs : États-Unis 57 (22, 21, 14) ; Slovaquie 18 (1, 10, 7).

Évolution du score :
1-0 à 04'31'' : Palmieri assisté de Coyle et Kreider
2-0 à 08'02'' : Palmieri assisté de Merrill et Coyle (sup. num.)
3-0 à 23'56'' : Coyle assisté de Palmieri et Faulk (sup. num.)
4-0 à 31'47'' : Brown assisté de Dumoulin et Leddy (sup. num.)
4-1 à 32'26'' : Jurčo assisté de Majdan
5-1 à 33'32'' : Shore
6-1 à 36'57'' : Etem assisté de Bjugstad et Bourque

 

États-Unis

Gardien : Jack Campbell.

Défenseurs : John Ramage (C, 2') – Jon Merrill ; Brian Dumoulin (+2) – Justin Faulk (+1) ; Nick Leddy (+2) – Derek Forbort ; Patrick Wey (-1).

Attaquants : Ryan Bourque (A) – Emerson Etem – Nick Bjugstad (+1) ; Charlie Coyle (+1) – Chris Kreider (+1) – Kyle Palmieri (+1) ; Jerry D’Amigo (2', +1) – Drew Shore (+1) – Jason Zucker (+1) ; Chris Brown ; Mitch Callahan (-1).

Remplaçant : Andy Iles (G). Non-utilisés (blessés) : Brock Nelson (A), Jeremy Morin (A).

Slovaquie

Gardien : Dominik Riečický [Juraj Hollý à 36'57'']

Défenseurs : Adam Jánošík (2', +1) – Martin Marinčin (25', +1) ; Lukáš Kozák (-2) – Peter Trška (2', -1) ; Peter Hraško (25') – Henrich Jaborník ; Peter Čerešňák (-2).

Attaquants : Marek Hrivík – Richard Pánik (C) – Miroslav Preisinger (A, -1) ; Oliver Jokeľ (2', -1) – Andrej Šťastný (A, +1) – Michael Vandas (-1) ; Juraj Majdan (+1) – Tomáš Jurčo (+1) – Andrej Kudrna (2', -1) ; Peter Šišovský (-2) – Dominik Šimčák – Dalibor Bortnák (-2) ; Tomáš Matoušek.