Amiens - Strasbourg (Ligue Magnus, 14e journée)

 Hiérarchie instaurée

Amiens-Strasbourg_1Ce serait le bilan à faire de ses deux rencontres jouées coup sur coup entre deux formations importantes de ce championnat élite. Forts d'un succès 6-3 sur une glace alsacienne qui leur résistait depuis la montée de l'Étoile Noire en Magnus, les Amiénois retrouvaient quatre jours plus tard les hommes du coach Daniel Bourdages au Coliseum pour débuter la phase retour de la saison régulière. Dans une double confrontation directe qui concerne toutes les équipes, le trio de tête du championnat Angers-Rouen-Amiens pouvait se donner de l'air en venant à bout d'adversaires directs : Rouen face à Morzine et Amiens face à Strasbourg.

Mais les matchs ne sont jamais identiques. Aussi Amiens a eu raison une seconde fois de Strasbourg, mais avec autant de mal et une physionomie de match différente. Un premier tiers au réalisme où les Picards prennent l'ascendant pour mener 2-0. Trois minutes après la reprise du deuxième tiers, l'Étoile Noire revient à 2-2. Tout est à refaire et, du tac au tac, Grégory Béron donne l'avantage avant que Lionel Tarantino égalise. L'homme qui fait la différence dans un de ces matchs à haute tension, c'est Paul Deniset. Le Canadien loupe, certes, un tir de pénalité face à Vladimir Hiadlovsky dans le tiers médian, mais permet à son équipe de l'emporter à cinq minutes de la fin, en break, après avoir chipé le palet à un défenseur. Scénario intense, dénouement tragique, et au bout du compte la prospérité à Amiens contre la remise en question à Strasbourg.


Thompson-PazakFaudrait pas qu'on se laisse aller...

Ces deux équipes avaient encore des choses à se dire, mais aucune ne voulait prendre le risque de trop se livrer. Kevin Hecquefeuille a ouvert le feu en premier : le défenseur amiénois profite du bon travail de ses équipiers pour inscrire le premier but avec un slap de la bleue (8'58, 1-0).

Le match reste le même sur la glace, toujours aussi peu construit, bouleversé par deux coachs qui jouent au chat et à la souris par l'intermédiaire de leurs blocs. Le but ? Trouver le déséquilibre sur la glace pour faire la différence en changeant de ligne à contre-temps. Cela ne paye pas. En revanche, la fin de tiers des Picards paye bel et bien. En supériorité numérique, Pavel Kowalczyk se démarque au second poteau et loupe le cadre. Miroslav Pazak récupère et enfonce le clou juste avant la pause (19'57, 2-0). On pense les Strasbourgeois - pas très réveillés dans ces vingt premières minutes - assommés, mais la suite démontre l'inverse.

 Quelque chose en toi ne tourne pas rond

À croire que l'on inverse les rôles par rapport au match aller, c'est cette fois l'Étoile Noire qui prend les Gothiques à défaut en début de période. David Cayer s'infiltre en zone offensive, tire avec audace et se rappelle au bon souvenir d'un Coliseum rancunier (20'20, 2-1). Ce but là stoppe les Amiénois dans leur élan. À repousser l'échéance, on finit par l'observer : Jan Cibula hérite d'un palet et repique dans l'axe pour glisser la rondelle entre les jambes d'un Billy Thompson passé au travers de ce tiers médian (23'27, 2-2). Tout est à refaire. Mais Amiens doute, car son gardien se met à douter.David_Cayer Martin Tomasek s'énerve et prend dix minutes en plus de ses deux minutes pour méconduite. Celui qui ne parle pas un mot de français a semble-t-il été assez clair aux yeux de l'arbitre quand il a râlé (25'). Les Alsaciens gèrent mal l'unité spéciale et prennent un coup derrière la tête à cinq contre cinq. À vrai dire, c'est d'abord David Striz qui prend une bonne charge signée Kevin Bergin. Épaule contre épaule, à la régulière, le Canadien assomme littéralement le Tchèque contre la bande. Il ne reviendra pas de la rencontre. Cela chauffe devant la cage de Hiadlovsky et Grégory Béron en profite pour pousser le puck dans le but (27'44, 3-2).

La mi-match n'est pas encore là que Lionel Tarantino tente sa chance de la bleue. Thompson pense avoir stoppé le palet mais ce dernier poursuit sa course inéluctablement jusque dans les filets. But casquette qui va mettre le Coliseum sous pression. Strasbourg pousse alors mais ne parvient jamais à faire la différence. On ne sait pas ce qui tient encore Amiens debout, si ce n'est, peut-être, les quelques contres picards. Exemple démonstratif de Paul Deniset qui s'ouvre le chemin du but avant de se faire – intelligemment – faucher par le portier adverse. Tir de pénalité, et la pression pousse Deniset à lancer sur le bouclier du slovaque (35'). On en reste là pour le deuxième tiers, et Amiens s'en contente volontiers.

Paul_Deniset...Tu as le détonateur juste à côté du cœur...

Place au troisième tiers, des plus tendus, où une pluie de pénalité de part et d'autre hache le match. Entre deux, Édouard Dufournet ou Cayer lancent sur un Thompson retrouvé. Puis Elie Marcos et Paul Bradley se retrouvent en prison, laissant les Amiénois à cinq contre trois l'espace de 47 secondes. Kevin Hecquefeuille tire sur le poteau puis Tomasek, seul dans l'axe à deux mètres du but, lance au-dessus. Ce n'est pas pour cette fois.

Après une altercation entre Cayer et Béron, le score n'évolue pas non plus à quatre contre quatre. Au tour de l'Etoile Noire de jouer à cinq contre trois pendant vingt secondes lorsque Simon Petit et Thomas Roussel sont au cachot (53'). Thompson écœure alors Juho Lehtisalo qui pensait trouver la faille au second montant. Enfin, la scène cruciale se joue devant nous et Paul Deniset pique le puck à un défenseur adverse. Avec rapidité et efficacité, le 11 local délivre tout le Coliseum (53'34, 4-3).

Derrière, Amiens ferme la boutique, mais la provocation – habile – des visiteurs leurs donnent une dernière occasion. Deniset répond et se retrouve en prison (57'31). Daniel Bourdages prend son temps mort et fait sortir son gardien. À six contre quatre, Strasbourg se heurte à une défense soudée, jouant comme des morts de faim. Cayer retourne à la provocation devant le but et se fait alors prendre à son propre jeu. Fou de rage, parti pour deux minutes, l'ancien Amiénois dit ce qu'il pense de tout cela et récolte dix minutes supplémentaires (59'29). À quatre contre quatre, puis en supériorité, Amiens fait tourner le palet et lève les bras au buzzer.

Un jour j'irai sur le podium avec toi

Jan Cibula et Paul Deniset sont élus hommes du match.

Si cette double confrontation sonnait comme le money-time, les Picards ont montré qu'ils étaient, cette année, supérieurs. Libre aux Strasbourgeois de contester cette hiérarchie, car les deux équipes font bien souvent jeu égal. Mais en attendant, le combat qui reste entre ces deux équipes – et les quatre points qui les séparent désormais – sera indirect avec une seconde partie de saison âpre. L'efficacité et la régularité seront gages de réussite.

 

Amiens – Strasbourg 4-3 (2-0, 1-3, 1-0)
Jeudi 30 décembre 2010 à 20 heures au Coliseum. 2900 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté de Benjamin Gremion et Maxime Durand.
Pénalités : Amiens 26' (2', 6'+10', 8') ; Strasbourg 22' (4', 0', 8'+10').
Évolution du score :
1-0 à 08'58" : Hecquefeuille assisté de Deniset et Tomasek
2-0 à 19'57" : Pazak assisté de Kowalczyk (sup num)
2-1 à 20'20" : Cayer assisté de Petriläinen
2-2 à 23'27" : Cibula
3-2 à 27'44" : Béron assisté de Deniset
3-3 à 29'34" : Tarantino assisté de Cayer et Cibula
4-3 à 55'41" : Deniset assisté de Pazak

 

Amiens

Gardien : Billy Thompson

Défenseurs : Vincent Bachet (C) – Pavel Kowalczyk ; Teddy Trabichet – Kevin Hecquefeuille (A) , Thomas Roussel – Romain Bault.

Attaquants : Martin Tomasek – Paul Deniset – Gregory Béron ; Miroslav Pazak – Anthony Mortas – Simon Petit ; Julian Marcos – Valentin Claireaux – Kevin Bergin (A) ; Florent Neyens.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Aïna Rambelo, Yannick Offret, Maxim Belov. Absents : Marius Serer, Louis Boucherit

Strasbourg :

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs : David Stříž (puis Pierre Bougé à 30') - Michal Česnek ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Žiga Svete - Pasi Petriläinen.

Attaquants : Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino - Juho Lehtisalo - Julien Burgert ; Ján Cibula - David Brissette-Cayer - Paul-Andrew Bradley ; Timothée Franck.

Remplaçants : Gilles Beck (G).