Slovaquie – Norvège (Mondial U20, poule de maintien)

Vent de Pánik sur la Norvège

Ambition ou prétention ? L’objectif de Top 6 fixé par le sélectionneur slovaque Štefan Mikeš avant l’ouverture de ce Mondial U20 a fait long feu dans le nord-est américain. La déculottée infligée le soir du réveillon par la Finlande dans le dernier match de poule (0-6) a confirmé davantage l’utopie et contraint la Slovaquie à revoir sa copie : elle doit se résoudre encore une fois à jouer sa tête en barrages. Forts d’un potentiel intéressant mais frappés d’une légendaire défaillance collective, les Slovaques ont fait… du slovaque ! Seniors et juniors ont en effet cette faculté propre de quitter les échéances internationales avec un goût toujours amer dans le palet.

En attendant la revanche d’il y a douze mois contre les voisins tchèques, la Slovaquie commence sa mission sauvetage en affrontant la Norvège, adversaire qu’elle a déjà rencontrée – et battue – à deux reprises ce trimestre, dont la dernière pas plus tard que le 22 décembre à Jamestown.

 

Les hommes à la Double-Croix tâtent le terrain d’entrée de jeu et leur pression offensive entraîne vite une succession de fautes adverses après dix minutes. Daniel Rokseth file en prison alors qu’un élément de chaque camp était déjà en train de purger sa peine (12'14). À quatre contre trois, les espaces sont donc libérés et Miroslav Preisinger en profite pour partir côté droit et passer à Richard Pánik.  Le capitaine des « Bleus » se démarque entre les deux cercles et ajuste Lars Volden d’une frappe élégante sous la transversale (1-0, 12'25). Les Slovaques sont ensuite bien aidés par Nicolai Bryhnisveen qui se prend deux minutes de pénalité plus dix pour mauvaise conduite (12'41). Devinez la suite…

Avec deux gaillards de moins sur la glace, les protégés de Geir Hoff ne peuvent plus contenir les assauts slovaques. Pánik ne laisse aucune chance au portier norvégien et double la mise moins de quarante secondes après l’ouverture du score (2-0, 13'03). La réalisation sera bizarrement accordée à Miroslav Preisinger le lendemain et si les comptes sont les mêmes cela aura toutefois sa petite conséquence « historique ».  On verra ça plus tard. Quoi qu’il en soit, Les Slaves font mentir leurs défauts habituels en entamant la partie de bon pied et en utilisant à merveille deux avantages numériques, leur principal point faible avant le coup d’envoi.

Les Norvégiens sont plus conquérants dans le deuxième acte et multiplient les raids devant Juraj Hollý mais ce dernier s’en sort bien mieux que contre les Finlandais vendredi (il avait été remplacé en cours de jeu par Dominik Riečický). Malgré le break, les Slovaques ne se contentent pas de laisser venir et y vont eux aussi de leurs petites escapades vers l’avant. C’est plus rare mais plus menaçant. Michael Vandas trouve ainsi Marek Hrivík, complètement esseulé, mais l’attaquant des Moncton Wildcats n’arrive pas à dompter le palet (26'42). Le Norvégien Nicholas Weberg se trouve plus tard dans la même posture mais c’est le gardien cette fois-ci qui stoppe l’action (34'44).

Les Blancs conservent cette même envie après le second souffle et pressent encore davantage la défense slovaque, toujours amputée de deux de ses plus précieux maillons (Hraško et Marinčin), suspendus. Cette pugnacité n’est pas loin d’être récompensée lorsque Hollý est agressé de toute part. Jonas Oppoyen tente sa chance et le tir repoussé est repris par Andreas Stene qui trouve quant à lui la jambière du gardien slovaque. La rondelle passe à côté du poteau et Tobias Skaarberg s’essaye comme tout le monde. Hollý s’empare enfin du palet et l’action s’arrête là (46'46). Tout comme le rêve fou norvégien de rester dans l’élite.

L’orage est passé sur la Slovaquie sans aucun dégât. La tempête s’apprête à présent à revenir en Scandinavie avec bien plus de dommages. Les joueurs des Tatras répondent avec des arguments plus convaincants : Juraj Majdan réalise une belle volte-face au nez et à la barbe de Volden et glisse le caoutchouc sous la barre (3-0, 51'01). Les Norvégiens, audacieux dépités, vident leurs cages à sept minutes du gong. Mauvaise pioche. Pánik en ajoute un quatrième depuis sa propre ligne bleue (4-0, 53'29). La Norvège persiste en laissant son gardien sur le banc. Qu’ont-ils donc à perdre ? Ils savent désormais qu’ils ne seront pas de la prochaine édition au Canada.

En inscrivant un nouveau but dans le vide après avoir fait usage de sa vitesse de glisse (5-0, 55'05), Pánik croyait bien être entré dans l’histoire du hockey junior national. Preisinger n’avait pas encore été désigné auteur du deuxième but, si bien que l’ailier droit pensait en avoir planté quatre dans la soirée, du jamais vu dans la sélection slovaque U20. Il rejoignait alors les Canadiens Brayden Schenn, le seul à avoir réussi la performance lors de ce Mondial (contre ces mêmes Norvégiens, tiens donc !), Mario Lemieux et Simon Gagné sur les tablettes internationales de la catégorie. Avec quatre points officiellement attribués, il devient toutefois le dauphin de Schenn au classement des buteurs du cru 2011.

Pas de quoi altérer la satisfaction du plus productif des Slovaques après un succès important dans la course au maintien. Surtout que la République tchèque venait à bout des Allemands quelques heures après, synonyme pour la Slovaquie de prolongement de bail parmi les meilleures nations du monde. Sauver sa peau, c’est finalement ce qu’elle sait faire de mieux depuis 1996 et son accession au plus haut niveau planétaire.

Désignés joueurs du match : Miroslav Preisinger (Slovaquie) et Andreas Stene (Norvège).

Commentaires d’après-match

Štefan Mikeš (sélectionneur de la Slovaquie) : « On est entrés dans le match très concentrés. On savait que le duel qui nous attendait ne serait pas simple. Dans le premier-tiers, on a exploité deux supériorités pour mener 2-0. On a eu la suprématie, on s‘est créé les meilleures occasions mais les Norvègiens n’ont rien lâché.  Dans le deuxième tiers, ils ont nettement dominé, ils ont été très tenaces, ils ne voulaient pas se résoudre à ce score défavorable. On a alors un peu courbé l’échine. Dans la dernière période heureuseument on s’est envolés, on ne leur a rien permis du tout et ça s’est terminé avec trois buts supplémentaires. Je suis très heureux que les joueurs aient su se montrer conscients de l’enjeu de cette rencontre. »

Richard Pánik (attaquant et capitaine de la Slovaquie) : « Je voulais vraiment remporter ce match et je me réjouis que nous y soyons parvenus. Nous voulons maintenant battre également les Tchèques qui sont nos grands rivaux. Ce sera toutefois une rencontre très exigeante mais je crois que l’on va se venger de l’an dernier (ndlr : défaite 2-5 en barrages). »

 

Slovaquie – Norvège 5-0 (2-0, 0-0, 3-0) 
Dimanche 2 janvier 2010 à 15h30 à la Dwyer Arena de Niagara. 1189 spectateurs.
Arbitrage de Stephan Bauer (ALL) et Pehr Claesson (SUE) assistés de David Brown (USA) et Johnathan Morrison (USA).
Pénalités : Slovaquie 8' (2', 2', 4') ; Norvège 18' (6'+10', 2', 0')
Tirs : Slovaquie 31 (11, 8, 12) ; Norvège 37 (10, 14, 13)

Évolution du score :
1-0 à 12'25'' : Pánik assisté de Preisinger et Jánošík (sup. num.)
2-0 à 13'03'' : Preisinger assisté de Bortnák et Jánošík (sup. num.)
3-0 à 51'01'' : Majdan assisté de Pánik et Bortnák
4-0 à 53'29'' : Pánik (cages vides)
5-0 à 55'05'' : Pánik assisté de Majdan (cages vides)

 

Slovaquie

Gardien : Juraj Hollý.

Défenseurs : Adam Jánošík – Henrich Jaborník ; Lukáš Kozák (+2) – Peter Trška (+2) ; Peter Čerešňák (+1).

Attaquants : Juraj Majdan (2'+2', +3) – Dalibor Bortnák (+2) – Richard Pánik (C, +3) ; Andrej Šťastný (A) – Michael Vandas – Marek Hrivík ; Peter Šišovský – Tomáš Jurčo – Andrej Kudrna ; Oliver Jokeľ (2'+2') – Dominik Šimčák – Tomáš Matoušek ; Miroslav Preisinger (A, +1). 

Remplaçant : Dominik Riečický (G). Suspendus : Peter Hraško (D), Martin Marinčin (D).

Norvège

Gardien : Lars Volden [sorti de sa cage de 53'00'' à 53'59'' puis de 54'12'' à 55'05''].

Défenseurs : Nicolai Bryhnisveen (2'+10', -1) – Tobias Skaarberg (-2) ; Kenneth Madso (A) – Daniel Rokseth (2', -1) ; Adrian Danielsen (-1) – Robin Andersen (2', -1) ; Jens Ulrik Bacher.

Attaquants : Andreas Stene (C, -1) – Sondre Olden (2', -2) – Jonas Oppoyen (-1) ; Eirik Borresen (-2) – Nicholas Weberg (-2) – Mats Rosseli Olsen (-2) ; Rasmus Juell (-1) – Michael Haga – Simen Brekke ; Magnus Lindahl – Petter Roste Fossen – Hans Kristian Hollstedt (A) ; Joacim Sundelius.

Remplaçant : Steffen Soberg (G).