Brest - Mulhouse (Division 1, 16e journée)

MarezYann_250x300Mulhouse passe au travers

Premier match de l’année au Rïnkla stadium bien garni pour cette rencontre pleine de promesses. Battus par Reims sur leur propre glace avant la trêve, les Albatros ont réagi de bien belle manière en allant s’imposer au bout du suspense sur la marque de 4-3 chez leur dauphin de Neuilly-sur-Marne la semaine passée.

Leur adversaire du soir, Mulhouse, est également sur une dynamique positive avec deux double victoires limpides face à Cergy et Toulouse-Blagnac marquées par d’excellentes performances de Radovan Hurajt dans les cages alsaciennes. L’ancien portier dijonnais et chamoniard s’impose comme l’homme providentiel dans ce renouveau mulhousien.

Les Scorpions déplorent malgré tout plusieurs absences avec les blessures de Ohlund, Gadoury et Kulevicius auxquelles il faut rajouter le départ inattendu en Suède de Thomas Öberg pour raisons personnelles. Ce match a une saveur toute particulière pour les anciens Brestois Lilian Prunet et Matej Kiska qui évoluent désormais sous le maillot mulhousien. Sachant qu’au match aller les Albatros se sont imposés d’une courte tête aux tirs au but, on s’attend à une rencontre explosive.

Des Scorpions hors-sujet

Pour un match entre deux équipes en forme, force est d’admettre que peu s’attendaient à pareille entame. Les premières minutes sont entièrement brestoises. Les Scorpions sont pris à la gorge d’entrée de jeu et concèdent rapidement une prison à laquelle s’ajoute une deuxième pour contestation (4’15’’). Il ne faut que six secondes à Brest pour concrétiser cette situation de 5 contre 3 par un tir de Slavomir Vorobel de la ligne bleue (1-0 à 4’21’’). La physionomie de ce début de rencontre, avec des Mulhousiens complètement hors du coup, se confirme lorsque Maximilien Tromeur se fait contrer, Michal Dian part en échappée et ne tremble pas pour tromper Hurajt d’un lancer en lucarne (2-0 à 6’43’’). Le joueur slovaque n’avait plus marqué à domicile depuis le 23 octobre !

Landry Macrez n’est guère sollicité, tout juste une tentative du revers de Matej Kiska qui passe à côté (10’35’’) est à signaler. La déconvenue alsacienne se poursuit sur une remise de Dian posté dans un coin qui trouve plein axe son capitaine Martin Gascon qui marque (3-0 à 11’04’’). C’est la goutte d’eau pour Christer Eriksson qui demande un temps mort.

Cette tentative du coach visiteur de remobiliser ses troupes est bien vaine, Jaroslav Prosvic tapant le poteau dès la remise en jeu. Mulhouse est méconnaissable et déçoit incontestablement. L’équipe est complètement amorphe à l’image de ses défenseurs qui restent se regarder au lieu de dégager un rebond laissé par Hurajt sur un lancer de Gascon. Une prison de Francis Ballet (16’20’’) ne relance même pas la machine adverse avec un jeu de puissance complètement hors-sujet qui n’arrive même pas à s’installer en zone offensive.

Mulhouse relève la tête

On se dit que la soirée des visiteurs va être longue. Pourtant, alors que les Albatros se remettent à tourner autour de la cage de Radovan Hurajt dès la reprise, le jeune Michaël Marchand apporte un petit rayon de soleil à son équipe. Francis Ballet se fait déshabiller des pieds à la tête par l’attaquant mulhousien qui s’en va tranquillement tromper Landry Macrez (3-1 à 21’37’’). L’écart est vite remis à trois buts sur une passe en profondeur lumineuse de Michal Dian pour Martin Gascon qui met le palet en lucarne (4-1 à 23’38’’).

Cependant Mulhouse ne lâche pas et va profiter d’un manque de concentration brestoise. Les Scorpions arrivent tout d’abord à installer enfin un jeu de puissance lorsque Cintala et Holik sont envoyés en prison (23’54’’ et 24’42’’). À 3 contre 5, Macrez a du travail avec Croteau qui effectue un tir dont le rebond n’est pas exploité par Maximilien Tromeur posté en embuscade dans l’enclave (25’45’’). Brest tue une des deux pénalités mais craque sur une erreur individuelle. Pour se dégager, Peter Cintala effectue une passe dangereuse interceptée et immédiatement exploitée par Mans Papaux (4-2 à 26’39’’).

Face à cette physionomie bizarre et inattendue les deux équipes offrent une performance qui semble manquer de sérieux avec des Albatros qui se laissent endormir par la performance en demi-teinte de leurs adversaires malgré un léger mieux de la part de ces derniers. Le niveau affiché n’est en tout cas pas celui d’un haut de tableau de division 1.

Le chassé-croisé se poursuit dans la seconde moitié du tiers. Sur une échappée non exploitée par David Croteau, le palet est récupéré par Gascon qui lance à son tour Jaroslav Prosvic en contre. L’ancien Caennais glisse le palet sous la jambière de Hurajt qui accuse le coup en restant immobile et parait désabusé après avoir encaissé ce but (5-2 à 35’30’’). À peine une minute plus tard Macrez n’est pas vraiment à la fête en face non plus. Sur une entrée en zone offensive de Julien Aubry, le capitaine mulhousien décale à droite pour Jonathan Boerher dont le lancer frappé lointain à mi-hauteur surprend le portier breton (36’25’’).

Par ces buts Mulhouse relève un peu la tête en faisant preuve d’un bon réalisme offensif grâce à des erreurs individuelles brestoises. Cependant l’espoir de revenir ne dure pas vraiment. Trente secondes après le but de Boerher, Vladimir Holik d’un tir ras glace concrétise une supériorité numérique vite expédiée (6-3 à 36’55’’). C’en est trop pour Radovan Hurajt qui est passé à côté de son match et qui sort.

Son remplaçant Joffrey Pingrit s’attèle à sa tâche immédiatement en sortant une mitaine sur un lancer de Slavomir Vorobel (37’53’’). En revanche il ne peut rien sur une nouvelle supériorité numérique locale lorsque Michal Dian sans opposition l’ajuste d’un lancer du poignet précis dans une lucarne sans cesse dépoussiérée ce soir (7-3 à 38’48’’).

Le dernier tiers n’a que peu d’intérêt au vu du score. Le jeu de puissance visiteur est toujours d’une médiocrité rare. Les Albatros s’offrent même des occasions en évoluant à 4 contre 5 par Vargas Dias par exemple, qui ne concrétise pas un 2 contre 0 grâce à la vigilance de Pingrit. Peter Cintala ajoutera un dernier but insignifiant en supériorité numérique à six secondes du terme d’un tir de la bleue qui trompe un Joffrey Pingrit masqué par Matus Petricko (8-3 à 59’54’’).

Le match se termine sur la marque de 8-3 et n’aura pas du tout tenu ses promesses de « choc ». Les deux équipes saluent malgré tout les spectateurs et les quatre courageux supporters adverses qui ont fait le déplacement et qui ont donné beaucoup de voix tout au long du match pour pousser leur équipe.

Brest s’impose donc largement de manière inattendue et fait la bonne opération de la soirée puisque Neuilly s’est incliné à Reims (4-3). Les Albatros ont dorénavant 5 points d’avance au classement sur leur plus proche poursuivant. Le jeu de puissance aura été d’une grande efficacité et le duo Gascon (2 buts + 3 assistances) Dian (2 buts + 4 assistances) aura fait des étincelles, laissant apparaître une dépendance assez effrayante de cette ligne pour faire la différence. La deuxième ligne et Sébastien Gauthier, dont l’entraîneur André Péloffy espérait qu’il retrouve le chemin du but, n’ont pas été en réussite malgré un match correct. On peut regretter également ces erreurs individuelles qui coûtent cher au final puisqu’elles offrent trois buts à l’adversaire. Un manque de concentration à mettre probablement sur le compte de la physionomie inattendue du match.

Pour Mulhouse c’est un non-match évident et une déception. On s’attendait à bien mieux de la part des Scorpions qui ont montré un visage qui n’est certainement pas le leur. Les Alsaciens sont capables de bien mieux et ils l’ont démontré à l’aller. On peut s’interroger aussi sur l’apport des recrues étrangères au rendement nettement insuffisant ce soir. Et pour cause, l’intégralité des buts et des assistances est inscrite par des joueurs français. Une entame de match catastrophique, un jeu de puissance inadmissible à ce niveau, un gardien pas au rendez-vous, des hors-jeu à répétition... Une soirée à oublier au plus vite afin d’aborder plus sereinement les matchs périlleux contre Reims et Neuilly-sur-Marne.

Brest – Mulhouse 8-3 (3-0, 4-3, 1-0)
Samedi 15 décembre 2010 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 1062 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay, assisté de Romain Herrault et Nicolas Piedigrossi.
Pénalités : Brest 10' (2', 4’, 4'), Mulhouse 14' (4', 6', 4’).
Évolution du score :
1-0 à 04’21’’ : Vorobel assisté de Holik et Dian (sup. num.)
2-0 à 06’43’’ : Dian assisté de Gascon  
3-0 à 11’04’’ : Gascon assisté de Dian
3-1 à 21’37’’ : M. Marchand
4-1 à 23’38’’ : Gascon assisté de Dian
4-2 à 26’39’’ : Papaux assisté de Dufournet (sup. num.)
5-2 à 35’31’’ : Prosvic assisté de Gascon
5-3 à 36’25’’ : Boehrer assisté de Aubry et Papaux
6-3 à 36’55’’ : Holik assisté de Gascon et Dian (sup. num.)
7-3 à 38’42’’ : Dian assisté de Prosvic (sup. num)
8-3 à 59’54’’ : Cintala assisté de Ballet et Petricko (sup. num.)


Brest

Gardien : Landry Macrez

Défenseurs : Slavomir Vorobel – David Hennebert ; Francis Ballet  – Peter Cintala ; Vladimir Holik  – Alexey Volkov.

Attaquants : Jaroslav Prosvic (A) – Martin Gascon (C) – Michal Dian ; Alexandre Lefebvre – Matus Petricko – Sébastien Gauthier ; Nelson Vargas Dias – Nicolas Motreff (A) – Tristan Lemoine.

Remplaçants : Pierre Pochon (G), Jérémy Cormier, Serge Toukmatchev.

Mulhouse

Gardien : Radovan Hurajt puis Joffrey Pingrit à 36’55’’.

Défenseurs : Ales Cerny – Maximilien Tromeur ; Dustin Hatlelid – Benoît Salvin ; Yann Marez – Lilian Prunet (A).

Attaquants : Tomas Kukucka – David Croteau – Matej Kiska ; Mans Papaux – Julien Aubry (C) – Jonathan Boehrer ; Ludvig Claesson – Michaël Marchand – Adrien Dufournet (A).

Absents : Kevin Gadoury, Dovydas Kulevicius, William Ohlund.