Mulhouse II - Colmar (Division 3, poule D, 12e journée, match avancé)

Ce match semble a priori déséquilibré entre un Colmar affichant nettement de participer au tournoi final et un Mulhouse dont le but principal est de faire progresser ses jeunes pousses.

Pourtant, à bien y regarder, chaque protagoniste a un objectif particulier lors de ce match : Mulhouse est actuellement qualifié pour le tour prochain mais ne possède qu'une longueur d'avance sur la réserve dijonnaise. En sachant que les deux clubs ont encore le même nombre de matches à jouer, et ce contre les mêmes équipes, tout point engrangé jusqu'à la dernière journée - où ils s'affronteront directement à la patinoire Trimolet - est le bienvenu. Club le plus pénalisé de la poule actuellement, Mulhouse devra en même temps faire attention à la discipline.

Colmar, de son côté, caresse l'espoir de terminer premier de la poule pour ensuite jouer un adversaire, de la poule C, plus "prenable" (actuellement Châlons). Pour ceci, il leur faut passer devant la réserve briançonnaise et donc que Briançon trébuche au moins une fois. Dans ce cas, les deux clubs seraient départagés au goal-average (pour le moment favorable au club haut-alpin)... Bien entendu, le mieux pour Colmar serait de battre Briançon dans son antre haut perché, ainsi que les autres équipes leur restant à jouer (Aubagne, Besançon et Dijon). En tout cas, pour les Titans, ce soir, il fallait cartonner.

Et puis ce match, c'était avant tout le derby du Haut-Rhin : deux clubs de hockey d'un même département jouant dans la même division, c'est assez peu commun quand même !

La partie commence très mollement. Colmar bénéficie rapidement d'une supériorité mais ne parvient pas à l'exploiter. Mulhouse est un peu plus énergique dans sa progression, ce qui vaut à Marc Buchlin beaucoup de sueurs froides sur ce cafouillis stoppé in extremis devant sa cage (5'37"). Les Colmariens sont un peu plus patients et collectifs dans leur tactique et ouvrent le score par Timo Preuss, qui esquive joliment Sylvain Haenlin (0-1 à 7'44"). Mulhouse ne se laisse pas décontenancer et porte régulièrement le danger devant le portier visiteur jusque là impeccable, notamment sur un réflexe à bout portant, alors que son équipe est en infériorité (9'43").

La partie est plutôt équilibrée lorsque Colmar score une nouvelle fois sur un lancer de "Djo" Eigelthinger que toute la patinoire croit voir capté par Haenlin, sauf que le palet a simplement nettoyé sa lucarne (0-2 à 14'01"). Mulhouse recolle presqu'aussitôt au score, sur un cafouillis très très marqué devant Buchlin (1-2 à 16'22)... puis reperd, dans la foulée, une longueur suite à un slalom de Pierre Schultz. Il est vrai que Colmar joue à ce moment en double supériorité (1-3 à 17'17").

Dans l'ensemble, Colmar est patient et tire mieux profit de ses opportunités, alors que Mulhouse compte avant tout sur son énergie et sur sa première ligne, plus incisive.

C'est cette première ligne des Scorpions qui porte la première offensive dangereuse de la deuxième période : Maxime Loeffel croit avoir fait le plus dur en échappant à tout son monde mais Buchlin le contre d'un magistral grand écart (23'48"). Comme ses coéquipiers se font de nouveau attraper par la patrouille arbitrale, c'est Max Lachapelle, d'un joli tir balayé de la bleue, qui en remet une couche et ouvre par là même son compteur personnel (1-4 à 25'57").

L'emprise de Colmar sur le match est alors de plus en plus marquée, comme sur ce break de Christopher Dehan qui rate son dernier geste (26'50"). Même si le duo Fuss-Baeumlin laisse un peu d'espoir à ses coéquipiers (2-4 à 29'54"), ces mêmes espoirs s'évanouissent ensuite progressivement. Tout d'abord sur ce palet qui ricoche juste devant le slot mulhousien, et que Vincent Besserer exploite. La partie se joue alors essentiellement en zone locale. Le TGV Timo Preuss en remet une couche, puis Julien Fuchs conclut un break bien lancé par son entraîneur (2-7 à 37'29").

Le dernier tiers sera pénible à regarder, car très haché, très lent à débuter, avec peu d'engagement. Il verra quelques actions l'agrémenter, et notamment deux nouvelles réalisations colmariennes où la doublette Schultz-Preuss s'échange les rôles de passeur et marqueur. L'évènement majeur de la fin de rencontre est la panne de tableau d'affichage, qui ajoute un peu de confusion à la partie, notamment au niveau de la gestion des pénalités, les deux équipes devenant franchement dissipées.

Antoine Delhostal se voit offrir une belle opportunité, en contre, mais Julien Hagenmuller ferme impeccablement la porte (55'26"). Ce sera l'une des dernières franches occasions du match, avec l'ultime réalisation des Titans, en supériorité (2-10 à 59'17").

Dans l'ensemble, la nette victoire des Colmariens ne souffre d'aucune contestation : nettement plus disciplinés dans leur comportement et leur placement, plus collectifs, mieux placés devant leur gardien... et surtout nettement plus patients. Ils disposaient aussi de quatre lignes plutôt équilibrées devant et derrière, ce qui leur permet une relative fraîcheur tout au long du match. Prochaine échéance à domicile contre Besançon, pour confirmer ou non le jeu intéressant développé à l'Illberg.

Mulhouse évoluait plutôt dans le registre fougueux et brouillon. C'était insuffisant pour espérer approcher le slot colmarien, malgré des percées de la première ligne, la mieux aguerrie. Malheureusement, Maxime Mathieu boîtait bas au bout de quarante minutes de jeu et ne pouvait jouer le dernier tiers... mais c'était déjà trop tard, le retard était trop important. Il va falloir cravacher jusqu'au bout pour espérer jouer le tour suivant.

 

Mulhouse II - Colmar 2-10 (1-3, 1-4, 0-3)
Samedi 15 janvier 2011 à 17h45 à la patinoire de l'Illberg. 150 spectateurs.
Arbitrage de MM. Koenig et Bergeron.
Pénalités : Mulhouse 42' (6', 8', 8'+10'+10') ; Colmar 22' (6', 8', 8').
Tirs : Mulhouse 23 (10, 6, 7) ; Colmar 34 (10, 16, 8).

Évolution du score :
0-1 à 07'44" : Preuss assisté de Schultz et Koenig
0-2 à 14'01" : Eigeltinger
1-2 à 16'22" : Grasser assisté de Mathieu et Delhostal (sup. num)
1-3 à 17'17" : Schultz (double sup. num.)
1-4 à 25'57" : Lachapelle assisté de Maillot et Fuchs (double sup. num.)
2-4 à 29'54" : Fuss assisté de Baeumlin (sup. num.)
2-5 à 32'12" : V. Besserer
2-6 à 34'37" : Preuss assisté de Koenig et Schultz (sup. num.)
2-7 à 37'29" : Fuchs assisté de Maillot
2-8 à 46'28" : Schultz assisté de Preuss
2-9 à 46'47" : Preuss assisté de Schultz et Koenig
2-10 à 59'17" : Blanck assisté de Leconte et Lachapelle (sup. num.)


Mulhouse II

Gardien : Sylvain Haenlin puis Doriano Cucuzza à 40'00".

Défenseurs : Benjamin Adam – Jonathan Martinek ; Julien Wurth – Franco Boulahia ; Paul-Adrien Grasser – Laurent Gerber (C).

Attaquants : Maxime Loeffel (A) – Maxime Mathieu – Antoine Delhostal ; Jérôme Jeseck (A) – Arnaud Fuss – Julien Baeumlin ; Jordan Mouget – Yanis Labed – Romain Frey ; Alexandre Arnold-Turnani.

Colmar

Gardien : Marc Buchlin puis Julien Hagenmuller à 54'00".

Défenseurs : Eloi Lenner (C) – Sébastien Muller ; Maxime Lachapelle - Laurent Blanck ; Mickaël Tin (A) – Pierre Zaenker ; Gilles Heintz – Quentin Besserer.

Attaquants : Pierre Schultz – Timo Preuss – Joan Koenig ; Joris Eigelthinger – Yannick Maillot – Julien Fuchs ; Thimothée Heydt – Yann Pflieger – Benjamin Leconte ; Christopher Dehan – Vincent Besserer – Xavier Dufilh.

Absents : Julien Wetzel, Pierre Buchlin.