Strasbourg - Caen (Ligue Magnus, 17e journée)

FOUQUEREL_Clement_100925_148Comme l'annonçait le présentateur de l'Iceberg, cette rencontre est une sorte de match à quatre points. Caen a bien besoin de victoires pour quitter sa position de relégable, surtout quand sait que Chamonix et Villard-de-Lans, classés immédiatement avant le club bas-normand, s'éloignent progressivement mais sensiblement de la zone rouge.

Strasbourg a besoin de se rassurer après avoir traversé un mini-trou noir qui l'a fait redescendre de la 1re à la 7e place du classement. Même s'ils sont toujours qualifiés pour les play-offs, et même si depuis deux-trois matches, leur jeu est redevenu un peu plus consistant, quoique encore inconstant, les Bas-Rhinois se doivent d'engranger un maximum de points. D'une pour obtenir une place qui permettrait de jouer un maximum de matches des play-offs à la maison. De deux à cause d'une sanction de la fédération qui risque de leur faire perdre trois points et donc quelques places au classement. L'affaire vient de l'alignement de Paul Bradley pour recevoir Villard, alors que l'Américain était sous le coup d'une suspension d'un match. Strasbourg, de son côté, a posé un recours en invoquant le fait que la sanction donnée en seconde instance ne correspondait pas à celle notée sur la feuille de match (méconduite pour le match, lors de la rencontre de coupe de la ligue Strasbourg-Angers).

Dieu que la première période fut morne. Sans doute un peu tendues par l'enjeu, les deux équipes peineront à pratiquer un hockey alléchant. Caen monte peu, et laisse progressivement Strasbourg dominer territorialement le match.

Pourtant, la première grosse occasion des abeilles alsaciennes n'arrive qu'au bout d'un quart d'heure quand Édouard Dufournet, pourtant marqué à la culotte, prolonge de la crosse un excellent centre de "Pitch" Devin (14'34"). Entre-temps, les Drakkars ont pu chauffer par deux fois, en supériorité, "Vlad" Hiadlovsky.

Et hormis une reprise qui tape le... petit filet de Vlad sur un échange turbo de Jéremiah Cunningham pour Antti Urpo (16'34"), puis dans la foulée la réponse du berger à la bergère en forme de tir à bout portant bloqué par Clément Fouquerel (16'59"), la fin du tiers est tout aussi morne. Les locaux tirent plus, mais d'assez loin, et n'exploitent pas un placement approximatif de la défense caennaise. Par contre, d'un côté comme de l'autre, c'est la foire à la crosse, les joueurs manient et grattent avec leur crosse comme avec une fourche, c'est dur dans ces conditions d'avoir des occasions limpides.

URPO_Antti_100925_014La période médiane sera nettement plus intéressante, les acteurs acceptant de se lâcher, ce qui ne sera pas sans conséquences sur le score. C'est tout d'abord Elie Marcos qui chauffe la mitaine de Fouquerel (22'02") mais l'ancien Cherbourgeois sort un arrêt impeccable. Il ne sera pas aussi heureux sur l'action suivante : on vit quelques instants de flottement sur la glace suite à des changements de ligne plutôt lents. Dans ce genre de situation, le plus prompt a tout gagné : Ziga Svete alerte, de sa bleue, David Cayer. Le Canadien profite que la défense caennaise soit prise de court pour aller gagner son duel (1-0 à 23'06").

Le match commence à se débrider, Jan Cibula bute sur Fouquerel, le palet ressort du slot mais Hugues Cruchandeau qui croisait à mi-distance, récupère la rondelle et allume le portier caennais (2-0 à 26'03"). Pas groggy pour autant, Caen réplique dans la foulée par le duo Pain-Avenel mais le jeune caennais rate sa reprise du revers (26'36"). Ce ne sera que partie remise puisque Jérémie Romand exploitera ensuite victorieusement un rebond laissé par Vlad, suite à un arrêt réflexe face à Urpo (2-1 à 28'47"). La partie est relancée et Caen ose plus, mais est de nouveau refroidi dans ses ardeurs : Juho Lehtisalo lance lumineusement Bradley, qui immédiatement mystifie son défenseur. L'Américain arrive donc seul face à Fouquerel et le bat d'un tir à ras la glace (3-1 à 30'06").

Caen résiste toujours et ne désarme pas comme en témoigne cette passe millimétrée de Urpo pour Cunningham, mais Vlad sort le palet d'un grand écart (31'31"). Rien n'est donc joué, les deux équipes se livrent à un combat toujours aussi âpre, sans doute un peu trop pour M. Hauchart qui ne va plus rien laisser passer pendant les cinq dernières minutes de la période, que les deux équipes vont donc jouer en grande majorité à 3 contre 3.

Caen débute le dernier tiers de façon assez délicate. C'est d'abord Jonathan Duchesneau qui prend dix minutes de méconduite pour protester de façon pas assez gentille, puis Lebey et Lafontaine qui se font attraper par une patrouille pas très indulgente pour les fautes sifflées (obstruction et retard de jeu). La prison de Duchesneau désorganise un peu les alignements. C'est donc Udo Marie qui joue devant. Par le principe des vases communicants, Antoine Vigier quitte le banc pour jouer sixième défenseur. Heureusement pour les Drakkars, Strasbourg a laissé partir un peu la pression (pas trop non plus, on est en terre alsacienne, terre de houblon !), ce qui permet au duo Urpo/Romand de revenir au score, l'ex-Rouennais toujours au rebond du Finlandais (3-2 à 47'48").

ROMAND_Jeremie_100925_205L'Étoile Noire réplique dans la foulée mais le duo Dufournet-Marcos temporise trop alors que le plus dur était fait (49'55"). Ce n'est que partie remise puisque Bradley, encore lui, se fait oublier et part en contre. Enfin... pas oublié par tout le monde puisque son défenseur l'accroche, ou le fait trébucher, l'obstrue... enfin bon, le gêne lors de son break face au portier caennais. Tout le monde se retrouve à terre, et le palet doit bien être quelque part, capté par Fouquerel... Que nenni, ce fichu palet ricoche sous une jambe des protagonistes et passe sous le portier caennais, pas verni pour l'occasion (4-2 à 53'08"). Le genre de but de crotte qui vous coupe les jambes. Pourtant, les Calvadosiens jettent malgré tout leurs dernières forces. Urpo (encore lui) lance même sur la base du poteau de Vlad (54'23"), mais ce sera la dernière franche occasion du côté des caennais, qui sont cuits physiquement. L'Étoile Noire contient alors la fin de match.

Même si les deux équipes se sont lâchées au bout de vingt minutes, cette partie, très correcte au niveau de l'engagement physique, ne restera pas dans les annales des deux protagonistes, sans doute trop crispés.

Strasbourg a dominé de façon plus constante et méthodique son adversaire, que ce soit en défense ou en attaque. Ceci dit, les Bas-Rhinois ont laissé pas mal de déchets devant Vlad, et n'ont pas forcément fait preuve d'énormément de percussion devant. C'était plutôt le style réaliste, pour ce match-là. Mission accomplie, les deux points font du bien au moral et pour le classement. Il va toutefois falloir veiller à retrouver un peu plus de fermeté derrière.

Caen a dû attendre d'encaisser un but pour enfin répliquer. Ça ne manquait pourtant pas de volonté de bien faire, mais sans doute d'un peu plus de vision directrice, d'un chef de ligne qui pousse et motive tout son monde, qui possède l'étincelle pour mettre le feu sur la glace. Derrière, la ligne Baazi-Lafontaine était au four et au moulin, et devant, le duo Urpo-Romand était sans conteste le plus agressif et le plus déterminé. C'était bien mais peu en même temps, il manquait un peu plus de présence physique, notamment pour percer la bleue alsacienne.

L'actuel entraîneur caennais Bertrand Pousse repartira quand même récompensé de l'Iceberg... par un petit cadeau de ses anciens élèves du centre de formation. On ne bosse jamais pour rien, après tout.

Désignés joueurs du match : Jérémie Romand pour Caen et Paul Bradley pour Strasbourg.

 

Strasbourg - Caen 4-2 (0-0, 3-1, 1-1)
Mardi 18 janvier 2011 à 20h00 à la patinoire de l'Iceberg. 1000 spectateurs.
Arbitrage de M. Hauchart assisté de MM. Loos et Furet.
Pénalités : Strasbourg 18' (4', 10', 4')  Caen 26' (0', 10', 6'+10').
Tirs : Strasbourg 33 (12, 9, 12)  Caen 16 (6, 6, 4).

Évolution du score:
1-0 à 23'06" : Cayer assisté de Svete
2-0 à 26'03" : Cruchandeau assisté de Cibula et Burgert
2-1 à 28'47" : Romand assisté d'Urpo et Geslain (sup. num.)
3-1 à 30'06" : Bradley assisté de Lehtisalo et Cruchandeau
3-2 à 47'48" : Romand assisté d'Urpo
4-2 à 53'08" : Bradley assisté de Lehtisalo et Svete


Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Michal Cesnek, David Striz, Maxime Mallette, Hugues Cruchandeau, Ziga Svete en rotation.

Attaquants : Thimothée Franck – Jan Cibula – David Cayer ; Édouard Dufournet – Elie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin ; Juho Lehtisalo – Paul Bradley – Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé. Absents : Pasi Petriläinen, Lionel Tarantino.

Caen

Gardien : Clément Fouquerel.

Défenseurs : Tommy Lafontaine (C) - Aziz Baazzi ; Samuel Gibbons – Udo Marie ; Vladimir Urban – Alexis Gomane ; Antoine Vigier.

Attaquants: Jonathan Duchesneau – Erwan Pain – Jonathan Avenel (A) ; Antti Urpo – Jeremiah Cunningham – Jérémie Romand ; Julien Lebey – Pierre Bennett (ou Kevin Da Costa) – Charles Geslain.

Remplaçants : Arnaud Goetz (G), Raphaël Mazie.