Amiens - Grenoble (Ligue Magnus, 17e journée)

Unstoppable ! Salut_public

Plutôt que l'habituelle question « qui pourra les arrêter ? », on voit davantage les Amiénois sur l'affirmatif. Aucun doute, et une confiance à toute épreuve match après match. Bien sûr, les Gothiques ne sont pas invincibles, et sans doute perdront-ils quelques rencontres de cette phase retour du championnat, mais qui ne fera pas d'erreur ? La chute, elle, n'était pas pour ce mardi 18 janvier 2011. En recevant Grenoble, les hommes d'Antoine Richer se frottaient à un gros morceau, moins bon cette saison avec une huitième place inquiétante dont le seul alibi est la reconstruction du club.

Paradoxalement, ces Brûleurs de Loups sont vainqueurs de la Coupe de la Ligue depuis peu. Un groupe désormais sans son capitaine Baptiste Amar, blessé récemment et loin de la glace pour deux mois. Le capitaine ne verra pas son équipage se noyer sur la glace picarde. Depuis des saisons que les victoires revenaient à Grenoble, il était temps que le vent tourne. Déjà, le 2 octobre dernier, Amiens avait donné un signal d'avertissement en conquérant de nouveau Pôle Sud 4-1. Rebelote ce soir avec une nouvelle victoire, et la manière en prime.

Grenoble n'a pas démérité, loin de là. Les hommes de Jean-François Dufour ont contrarié les plans amiénois durant tout un tiers. Une discipline appréciée, mais dont la moindre erreur entraîne la chute. L'homme qui enraille la machine, c'est Valentin Claireaux. Avec son habituel culot, le jeune Français fusille Eddy Fehri, un des gardiens de but tricolores, des centaines de matchs au compteur, mais pas assez pour voir un tel but venir. Le Coliseum s'embrase et explose quelques minutes plus tard lorsque Miroslav Pazak creuse l'écart et inscrit son centième but sous le maillot amiénois. « Gratulejeme pané ! » comme diraient ses compatriotes. Un hommage, un plébiscite du Coliseum, auquel succède une réduction du score iséroise.

Les Grenoblois sont relancés pour le dernier tiers, mais leur ancien équipier Kevin Hecquefeuille ruine leurs espoirs, au terme d'une remontée de palet impeccable et d'un but de grande classe. Jouant le tout pour le tout, Dufour fait sortir Fehri. À cinq contre six, les Amiénois vont pourtant montrer qu'ils savent contenir et contrer : Pazak redonne la même leçon que face à Rouen le 10 décembre, remonte le palet et décale Kevin Bergin sur la gauche qui achève des visiteurs abattus. Grand match, beau spectacle, et la sixième victoire consécutive en championnat pour Amiens. Nul doute que le sélectionneur de l'équipe de France présent dans les tribunes, Dave Henderson, a dû apprécier.

1er_TiersÉchec au roi

Pour répondre immédiatement à l'idée répandue dans les tribunes : oui, le spectacle proposé au premier tiers fut ennuyeux, en terme d'occasions de but. Mais non, il ne le fut pas totalement. Car ces vingt premières minutes voient les Amiénois se faire contrarier, pour la première fois depuis bien longtemps, sur leurs plans de jeu. Un véritable barrage grenoblois en zone neutre, où les passes picardes se font intercepter, où les joueurs montent seuls pour être isoler et perdre le palet. Sur ce premier tiers, chapeau aux Grenoblois qui ont empêché les locaux de créer le danger. Cependant, de ses palets récupérés, les hommes de Jean-François Dufour ne font pas grand-chose. Quelques tentatives timides en entrée de zone, des contres en solitaires et quelques combinaisons que Billy Thompson arrête sans mal. Pour ce qui est des occasions de but, nul doute que les journalistes ont été nombreux à se gratter la tête pour s'en remémorer sur ce début de match. Oui, il y a bien ce rebond que laisse Eddy Fehri sur le tir de Martin Tomasek, et cette reprise de Paul Deniset sans succès. Valentin Claireaux chipe aussi un puck derrière le but des visiteurs pour alerter le portier adverse. De l'autre côté, Joris Bedin trouve Thompson en contre.

Fin de premier tiers, et on a hâte de voir quels seront les nouveaux plan des Amiénois pour enfin créer un véritable danger.

L'ascendant

Miroslav_PazakLa surprise ne tarde pas à venir dès la reprise, où plutôt dès la rentrée des joueurs : le maillot local noir et rose semble trop proche du gris extérieur grenoblois au goût de certains joueurs qui changent de maillot. Amiens revient donc en blanc. À croire presque que les mauvaises passes ne tenaient qu'à cette similarité de maillot, les locaux ouvrent enfin le score. Cette ouverture est davantage la conséquence d'un changement de ligne tardif des Isérois qui laissent Claireaux seul à la bleue. Le 12 local récupère un puck lancé par sa défense contre la bande et repique dans l'axe à gauche de Fehri, bien excentré. Le portier couvre son premier poteau, et se fait surprendre par un tir du poignet superbe et osé, pour une précision telle que la rondelle frôle le bouclier et se loge dans l'équerre opposée (22'23, 1-0). Un but de grande classe qui libère les Amiénois. En supériorité peu de temps après, Kevin Bergin côté gauche passe à Martin Tomasek dans l'axe qui pousse le palet, juste au dessus de la transversale (24'). En contre, à quatre, un Grenoblois loupe le break face à Thompson, trouvant la botte gauche du portier. Derrière, c'est Pavel Kowalczyk qui échoue sur Fehri.

Grenoble doit prendre le jeu à son compte au prix d'espaces plus grands derrière. La place pour que Miroslav Pazak et Grégory Béron s'échangent un une-deux parfait, achevé d'un tir sur le gardien. La mi-match passe et Aymeric Gillet part au cachot. En supériorité, Vincent Bachet remonte le palet jusque devant le but et ne peut le conserver. Pazak profite du rebond pour faire exploser l'antre des Gothiques (35'25, 2-0). Voilà le centième but d'une des coqueluches du public. Dans les secondes qui suivent, l'ovation est totale, on ne s'occupe plus du jeu, les yeux sont rivés vers Pazak, sur le banc, qui se lève pour remercier le public. À la fin du match, le Slovaque lâchera même une petite larme.

Pour en revenir au jeu, Amiens laisse maintenant Grenoble venir et le shoot à Thompson, se contentant de marquer les autres joueurs. Pas de soucis, les Picards contiennent bien, jusqu'à ce surnombre devant le but et ce tir de Ludek Krayzel sur la transversale que Julien Baylacq reprend victorieusement (38'27, 2-0). Sans ce but, nul doute qu'Amiens aurait pu finir le match plus tranquillement.

But_AmiensNet et sans bavure

Les Grenoblois relancés pour l'ultime tiers ? Ce n'est pas flagrant sur la glace avec des joueurs qui laissent venir et préfèrent le contre. Pas de soucis, Kevin Hecquefeuille en profite pour solliciter par deux fois Fehri. La troisième sera la bonne : à quatre contre cinq, les Isérois laissent venir pour adopter un carré défensif. Hecquefeuille remonte le palet, ne se fait pas gêner, et feinte deux défenseurs à l'arrêt pour se présenter face au portier. Un coup à gauche, un coup à droite, voilà Fehri qui allonge sa botte gauche, pas suffisamment pour couvrir son petit filet (43'51, 3-1). Alors, cette fois, c'est la bonne. Les gris et bleu n'y sont plus et accumulent quelques pénalités. Amiens se fait plaisir, avec des tirs de Pazak et Kowalczyk.

On attaque les dix dernières minutes au complet que Béron sollicite encore Fehri. Mieux en deux contre un lorsque Petit transmet à Claireaux seul dans l'axe. Le doublé ? Non, la mitaine du portier alors que le 12 avait pris le temps d'ajuster. Même en infériorité, Amiens continue à se créer des occasions avec le tir de Tomasek sur Fehri (55'). À trente secondes de la fin, Dufour demande le temps-mort et Fehri sort. On engage en zone offensive iséroise et le palet est balancé derrière le but amiénois. La récupération est locale. Pazak sort de la zone avec la rondelle et décale Bergin à gauche juste avant l'entrée de zone. Bis repetita du dernier but contre Rouen le 10 décembre ici-même et 4-1 pour ce soir (59'43, 4-1).

Fin du match, Amiens garde les commandes de la Magnus au goal average particulier face à Rouen. Il faudra, pour Grenoble, tenter de sauver quelque peu la saison face à Villard-de-Lans samedi prochain, tandis qu'Amiens partira à Chamonix pour tenter de signer sa septième victoire consécutive. Nul doute que les débats seront âpres dans les Alpes.

Adrien Lhermitte / Photos : Marc Dubois

 

Amiens - Grenoble 4-1 (0-0, 2-1, 2-0)
Mardi 18 janvier à 20h00 au Coliseum d'Amiens. 3000 spectateurs.
Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Benjamin Gremion et de Nicolas Piedigrossi.
Pénalités : Amiens 16' (2', 2'+10', 2') ; Grenoble 24' (2', 4'+10', 8').
Évolution du score :
1-0 à 22'25" : Claireaux assisté de Kowalczyk
2-0 à 35'25" : Pazak assisté de Bachet et Mortas (sup. num.)
2-1 à 38'27" : Baylacq assisté de Krayzel et Sivic (sup. num.)
3-1 à 43'51" : Hecquefeuille assisté de Tomasek et Roussel (sup. num.)
4-1 à 59'43" : Bergin assisté de Pazak et Hecquefeuille (cage vide)

 

Amiens

Gardien : Billy Thompson

Défenseurs : Vincent Bachet (C) – Pavel Kowalczyk ; Teddy Trabichet – Kevin Hecquefeuille (A) ; Thomas Roussel – Romain Bault.

Attaquants : Martin Tomasek – Paul Deniset – Grégory Béron ; Miroslav Pazak – Anthony Mortas – Kevin Bergin (A) ; Simon Petit – Valentin Claireaux – Julian Marcos ; Florent Neyens

Remplaçants : Léo Bertein (G), Maxim Belov, Aïna Rambelo, Yannick Offret, Marius Serer.

Grenoble

Gardien : Eddy Fehri

Défenseurs : Alexandre Rouleau (A) - Jason Crossman ; Viktor Wallin (A) - Maxime Moisand ; Rémi Colotti - Aymeric Gillet ; Vincent Llorca.

Attaquants : Ludek Krayzel - Christophe Tartari (C) - Joris Bedin ; Mitja Sivic - Ludek Broz - Nicolas Arrossamena ; Julien Baylacq - Mathieu Le Blond - Elie Raibon ; Raphaël Papa - Loup Benoît - Graham Avenel.

Remplaçants : Sebastien Raibon (G). Absent : Baptiste Amar (double fracture de la cheville).