Épinal - Strasbourg (Ligue Magnus, 18e journée)

Juste une mise au point

HiadlovskyVladimirSantino Pellegrino ne fait désormais plus aucun secret de son inimitié avec Strasbourg, une formation qu'il n'apprécie guère... et qu'il n'a surtout jamais battu ! L'ICE n'a d'ailleurs plus remporté ce derby depuis un an et demi. C'est donc peu dire qu'une huitième défaite d'affilée serait malvenue après la monumentale déculottée ramenée mardi de Normandie (4-17). Une raclée digne d'un candidat à la relégation et non d'un postulant au cinquième rang... qu'une nouvelle contre-performance éloignerait inexorablement !

Redorer son image

Un rebond n'est donc pas seulement espéré, mais fortement attendu. Et Loïc Lacasse est l'un des premiers concernés. Déjà pas tout blanc face à Gap, le Québécois est encore passé au travers à Rouen, abandonnant Ravel à son triste sort. Il a pourtant le potentiel d'un gardien dominant à ce niveau, mais pas la régularité. Cela s'est d'ailleurs souvent vérifié, avec des prestations entachées d'un (voir plusieurs) mauvais buts.

Mais Lacasse ne saurait endosser l'entière responsabilité de ces vingt-huit buts encaissés en trois matchs, qui font de l'ICE l'antépénultième défense de Ligue Magnus (seulement devancée par Caen et le Mont-Blanc, deux probables barragistes). Pellegrino comptait donc sur la venue du grand rival alsacien pour remettre certaines valeurs au goût du jour. Et accessoirement lui faire payer les pots cassés, histoire de joindre l'utile à l'agréable.

Une défense retrouvée

Visiblement bien "recadrés" cette semaine, ses hommes ont favorablement répondu à ses attentes en retrouvant leurs qualités défensives pour disposer d'un ensemble strasbourgeois sans génie. Et tant pis pour les quelques supporters venus en voisins du Bas-Rhin se les geler dans le "congélateur" spinalien...

Les trois cents courageux venus braver le froid glacial du "hangar" n'auront pas grand chose à se mettre sous la dent dans ce premier tiers-temps. Pour le premier tir cadré, il faut attendre un décalage de Plch vers Hagelberg, qui allume un Hiadlovský sorti loin de sa cage (04'01").

Les positions resserrées en zone neutre confirment la bonne tenue défensive des deux protagonistes. Une santé confirmée par les Lorrains en désavantage numérique, avec de bons placements leur permettant d'évacuer rapidement le danger. Même s'il faut bien avouer que le powerplay strasbourgeois n'est pas un modèle de créativité...

Les Spinaliens sont en revanche beaucoup moins inspirés dans leurs sorties de zone, avec un déchet persistant aux abords de Loïc Lacasse. Une fébrilité récurrente mais aucunement préjudiciable; Strasbourg n'étant pas d'attaque ce soir. La situation finit tout de même par se décanter. Plch trouvant Šimko pour un tir non cadré déportant Hiadlovský. Une cage vide s'offre alors à Michal Petrák, qui avait bien suivi (1-0 à 12'26").

Une joie de courte durée puisque Juho Lehtisalo arrache l'égalité, de près, en poursuivant l'effort initié derrière la cage par Paul Bradley (1-1 à 14'33").

Jeu de puissance pour l'un, d'impuissance pour l'autre

Les Spinaliens ont visiblement bien digéré leur "trou normand". Il faut une mitaine photogénique de Vladimír Hiadlovský pour enrayer l'essai de Ján Plch (22'13"). Les "P-P flingueurs" (comprenez Plch et Petrák) se retrouvent ensuite incarcérés àDavid_Cayer près d'une minute d'intervalle. Donnant, pour une quarantaine de secondes, un double avantage numérique que le quintet Cayer - Cibuľa - Bradley - Mallette - Petriläinen ne saura exploiter (28e). La faute à Lacasse, qui pare leurs lointaines tentatives, mais aussi et surtout à un investissement défensif de tous les instants.

Oui, les Dauphins résistent... et prouvent qu'ils existent, en supériorité numérique, sur un palet mal dégagé et récupéré à la bleue par Ján Plch. Le vétéran, sur son mauvais côté, balance aussitôt dans la boîte et de ce cafouillage s'extirpe Chassard, pour redonner un avantage (mérité) à ses couleurs (2-1 à 31'30"). Une avance qu'aurait pu accroître Šimko, lancé en profondeur par Kuuluvainen, si son tir croisé bas n'avait pas heurté la base du poteau droit (36e)...

Avec un Lacasse qui assure et rassure, l'ICE peut voir venir. Surtout qu'en deux temps trois mouvements, le danger peut vite revenir devant Hiadlovský. Le Slovaque est solide à bout portant devant Gervais (39'08") et garde la main dans ses duels avec Ján Plch. Même battu sur une rupture menée tambour battant, "Vlad" voit Marcos lui sauver la mise en stoppant illicitement Petrák (45'35"). Le penalty est évité... mais pas la pénalité. Le problème, c'est que Maxime Mallette ne tarde pas à rejoindre son capitaine au cachot (46'36"), doublant ainsi la sentence. Et offrant par la même cinquante-neuf secondes de double supériorité numérique à ses hôtes...

Pour une fois, Santino Pellegrino déroge à ses principes en intronisant un véritable blueliner à son "cinq majeur". Fabien Leroy en l'occurrence, dont le tir flottant navigue dans le slot... avant d'être repris victorieusement par Michal Petrák. Le Tchèque, dos au but, logeant du revers le palet dans le haut du filet. Et donc hors de portée de qui vous savez (3-1 à 47'00"). La gestion des situations spéciales, si catastrophique sept jours plus tôt face à Gap, est en train de faire pencher la balance...

Cette fois, Épinal tient le bon bout mais ce derby de l'Est n'a pas encore définitivement choisi son camp. La preuve en images avec ce missile dégainé côté gauche par Timothée Franck. Un tir en pleine lucarne laissant Lacasse pantois (3-2 à 50'12").

Loïc Lacasse ne cèdera plus, résistant aux assauts parfois désordonnés d'une Étoile noire s'exposant inéluctablement aux contres. D'où l'importance de Vladimír Hiadlovský, brillant dans son lancer de bottes (57e) et chanceux de voir ce même Šimko rater un but tout cuit (58e).

Dans sa lutte à distance avec Carl Mallette pour le titre honorifique de meilleur compteur du championnat, Ján Plch grappille un nouveau point en cage vide (4-2 à 59'47"). Mais le dernier mot reviendra comme souvent à Vladimír Hiadlovský, bien décidé à en découdre avec un Jan Hagelberg ayant déclenché trop tard son lancer (60'00"). Chose que n'a évidemment pas apprécié l'irascible Hiadlovský, que l'on aimait tant détester du côté de Poissompré !

Sans powerplay, point de salut

Strasbourg est rentré dans le rang après des débuts fracassants. Ce fut particulièrement flagrant ce soir avec de fortes individualités incapables de faire la différence (Ján Cibuľa et David Cayer notamment, qui ont eu chacun leur occasion en toute fin de match) et un powerplay qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Le retour de Pasi Petriläinen, absent mardi face à Caen, n'a donc pas empêché l'Étoile noire de s'incliner à Épinal pour la première fois (en championnat) depuis le 20 novembre 2007. Oui, mieux valait jouer Strasbourg maintenant qu'en début de saison !

Comme prévu, ce sont les situations spéciales qui ont fait la différence et permis aux Dauphins de renouer avec la victoire. Mieux valait d'ailleurs s'imposer, à trois jours d'un périlleux déplacement à Chamonix, l'équipe en forme du moment...

 

Épinal - Strasbourg 4-2 (1-1, 1-0, 2-1).
Samedi 22 janvier 2011 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 258 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de David Courgeon et Matthieu Loos.
Pénalités : Épinal 12' (4', 6', 2') ; Strasbourg 12' (2', 6', 4').
Tirs : Epinal 24 (5, 10, 9) ; Strasbourg 36 (13, 11, 12).

Évolution du score :
1-0 à 12'26" : Petrák assisté de Šimko et Plch
1-1 à 14'33" : Lehtisalo assisté de Bradley et Burgert
2-1 à 31'30" : Chassard assisté de Boisclair et Kuuluvainen (sup. num.)
3-1 à 47'00" : Petrák assisté de Leroy et Plch (double sup. num.)
3-2 à 50'12" : Franck assisté de Cibuľa et Česnek
4-2 à 59'47" : Plch assisté de Boisclair et Petrák (cage vide)

 

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Tarik Chipaux - Erwan Agostini - Kévin Benchabane ; Ján Šimko - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C).

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Nathan Ganz, Jonathan Gury, Anthony Rapenne. Absent : Benoît Quessandier (épaule).

Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský [sorti de sa cage de 59'09" à 59'47"].

Défenseurs : Pasi Petriläinen - Žiga Svete ; Michal Česnek - David Stříž ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette.

Attaquants : Timothée Franck - Ján Cibuľa - David Cayer ; Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Juho Lehtisalo - Paul Bradley - Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé, Noé Gersanois. Absent : Lionel Tarantino (épaule).