Morzine-Avoriaz - Grenoble (Ligue Magnus, 19e journée)

Morzine méritait mieux

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La réception d'une équipe aussi prestigieuse que Grenoble est toujours un évènement en Chablais et le public morzinois ne s'y est pas trompé, plus de 1200 spectateurs sont présents au moment du coup d'envoi et l'on espère que les Pingouins vont enfin parvenir à faire tomber un "gros" de ce championnat, même si les Brûleurs de Loups de Grenoble ont quelque peu perdu de leur lustre, puisqu'ils apparaissent seulement en milieu de classement.

Dégraissage financier oblige, les Grenoblois font preuve de raison et attendent probablement des jours meilleurs. Leurs performances cette saison sont irrégulières, les victoires à domicile sont laborieuses et les défaites parfois lourdes, à l'extérieur, contre des clubs de haut de tableau. On se souvient notamment de ce 7-0 sans appel encaissé à Angers le 3 décembre dernier.

Mais ce soir, il s'agit pour Grenoble de ne pas se laisser complètement décrocher par les leaders, et pour Morzine, convalescent, après sa victoire en prolongation à Caen, de confirmer ce petit mieux entrevu dans la belle cité normande.


Égalité

Grenoble démarre timidement et l'on est même surpris de voir une ou deux mésententes derrière la cage d'Eddy Ferhi, sans conséquence pour les Isérois. Cyril Papa se met en évidence pour Morzine avec un bon shoot d'entrée, bien capté par la mitaine du gardien grenoblois. On pourrait presque dire que c'est le retour de Cyril Papa, tant il avait été discret contre Amiens, lui qui est un joueur important dans le dispositif.

Petit à petit, les Brûleurs de Loups trouvent leurs marques sur cette glace savoyarde et deviennent plus précis dans leurs offensives. Tuomas Lohtander doit s'y prendre à deux fois pour bloquer un bon shoot (4'48), puis s'interpose assez facilement et met le gant sur un puck remis plein axe suite à un bon travail isérois derrière la cage (6'26), et enfin il parvient à bloquer en deux temps un slap visiteur (6'46).

À partir de là, les débats s'équilibrent, Morzine ne voulant pas céder un pouce de terrain. Chacun a son occasion de but, mais les attaques, même si on retrouve un jeu plus collectif du côté morzinois, manquent encore de tranchant. Morzine a une formidable occasion d'ouvrir le score sur une remise au centre, mais Stefan Majernik manque complètement sa reprise sans contrôle de la rondelle.

Les gardiens sont bien en place. Après dix minutes, ils sont "chauds". Lohtander repousse de la jambière un lancer frappé (9'42), Ferhi fait de même devant Cyril Papa (9'58) et il récidive devant Niko Toivonen (11'35).

Le jeu s'est parfaitement équilibré, aucune équipe ne domine l'autre. Jusqu'à la 1re prison de cette rencontre, sifflée par M. Bourreau contre Mathieu Jestin (12'04). Les Brûleurs de Loups se créent une occasion franche au tout début de ce jeu de puissance : excellente passe en profondeur et reprise dans le mouvement, déviée par Tuomas Lohtander alors que le puck était on ne peut mieux cadré (lucarne). Magnifique geste du gardien local qui évite le but d'une manchette (12'25).Hcma-Bdl4

Après une brève interruption pour un saignement grenoblois, les Isérois reprennent le cours de leur powerplay. Le puck circule sans mettre vraiment en danger la défense locale et pourtant, Mitja Sivic marque de façon très inattendue, puisqu'il score sur une temporisation "roublarde". Alors qu'on pensait qu'il allait transmettre l'objet, il ajuste de façon surprenante la lucarne gauche de Lohtander (0-1, 12'53). C'est un but surprise, mais il faut reconnaître que le joueur slovène n'en est pas à sa 1re saison de hockey sur glace, et l'expérience permet souvent d'être décisif dans les moments importants d'une rencontre. Les jeux de puissance en font partie !

À peine une minute plus tard, Morzine répond du tac au tac sur un débordement côté gauche de Ben O'Connor qui glisse le puck entre les jambières d'Eddy Ferhi, dépité pour l'occasion (1-1, 13'53). Toute à fait méritée, cette égalisation permet aux Pingouins de ne pas se laisser aller au doute. D'ailleurs, ils mettent la main sur le jeu et Grenoble, chose inhabituelle, concède un dégagement interdit consécutif au bon pressing local. Morzine utilise un peu plus la bande et envoie également "au fond". La défense grenobloise est ainsi mise sous pression. Le jeu collectif est de retour, avec une belle triangulation conclue par un slap malheureusement manqué par Denislam Yusupov (17'20).

Cette fin de période est même entièrement morzinoise avec une sortie d'Eddy Ferhi, à 4 ou 5 mètres de sa cage, puis deux actions très chaudes sur le but isérois, la seconde notamment ponctuée d'un superbe lancer de Matic Kralj (18'38).

Égalité

Morzine a donc fini plus fort cette première période, mais dès la reprise, c'est Grenoble qui réagit sur un lancer de Julien Baylacq. Et puis M. Bourreau désigne la prison pour Denis Kadic, coupable d'avoir accroché un Grenoblois. Il ne s'agit pas ici de remettre en cause l'arbitrage, mais il semblait, dans l'action de jeu, que la faute n'était pas intentionnelle ! Kadic s'en va néanmoins purger sa peine, non sans une mimique indiquant que la sanction lui paraît tout de même exagérée (20'40).

Seulement cinq secondes plus tard, Julien Baylacq, encore lui, aggrave le score en faveur de Grenoble alors que le puck avait été perdu par les siens en situation de powerplay. Mais Morzine commet une fois de plus une erreur impardonnable à ce niveau : un dégagement complètement manqué juste devant la cage, et Julien Baylacq, avec beaucoup de sang-froid et de précision, lève la rondelle à mi-hauteur et l'expédie dans la cage (1-2, 20'45). Un but cadeau en somme, et un grand silence de désappointement en prime dans les tribunes.

Mais cette équipe de Morzine prouve rapidement qu'elle est capable de réagir, Denislam Yusupov mystifie un défenseur grenoblois mais ne cadre pas son tir (24'32). Même si Grenoble reste dangereux, notamment sur l'action suivante où Lohtander glisse parfaitement alors que la cage était ouverte, c'est Morzine qui domine à mi tiers-temps. Une domination assez nette qui pousse les Grenoblois à commettre leur 1re faute (33'47).    

Sur le jeu de puissance, Les Brûleurs de Loups parviennent dans un 1er temps à perturber la mise en place, mais Morzine, après une feinte de lancer, frappe la barre transversale (35'00) et trouve l'ouverture, par Martin Millerioux, sur une reprise sans contrôle, après une bonne circulation de la rondelle (2-2, 35'24). Egalisation méritée, là encore, puisque, depuis le second but "cadeau", Morzine domine les débats !Hcma-Bdl_2

Et ce n'est pas fini car Eddy Ferhi effectue un arrêt réflexe sur un shoot à cinq mètres de la cage (37'21) suivi d'une intervention en hauteur pleine de décision (38'00).

Le tiers se termine sur une fausse note pour les Pingouins puisque M. Bourreau désigne Tuomas Lohtander, la cage ayant bougé. Là encore, faute intentionnelle ou pas ? Il est vrai que Grenoble était très dangereux sur l'action en question.

La fonction d'arbitre est terrible, il faut trancher dans le vif, à défaut de vidéo, et ce, rapidement. M. Bourreau prend donc ses responsabilités et l'on ne peut le lui reprocher. Tuomas Lohtander prend donc deux minutes de pénalité, suivi un peu plus tard par Mickaël Brodin. Il faudra reprendre la dernière manche à 3 contre 5 pendant 40 sec. puis 4 contre 5 pendant 1'14 !  

Égalité

On débute donc sur un jeu de puissance grenoblois. Lohtander se couche sur un puck chaud après seulement 27 secondes de jeu. La tactique iséroise consiste à faire circuler rapidement l'objet sans même chercher à lancer. Morzine revient à 4 contre 5 mais devra s'avouer battu dans ce jeu de puissance sur un tir placé du Tchèque Ludek Broz, pleine lucarne (2-3, 40'52).

Ce que l'on avait craint sans vraiment oser l'envisager s'est donc réalisé avec cet avantage pris par Grenoble, une fois de plus, à un moment clef du match. Forcés de courir après le score, les Pingouins remettent un coup d'accélérateur. Un jeu en triangle aboutit devant Ferhi et les joueurs se frictionnent quelque peu, sans grand dommage. Il faut dire que le match est d'une très grande correction. Grenoble est sanctionné pour la seconde fois seulement après 46 minutes de jeu ! Un powerplay qui ne donnera rien d'ailleurs pour Morzine.

Il reste 11 minutes à jouer, moment que choisit Matic Kralj pour s'échapper en breakaway et échouer devant un Eddy Ferhi que nous qualifierons de décisif sur cette action ! Le portier grenoblois fait un très bon match, même s'il relâche un lancer de Martin Arup, heureusement sur le côté gauche de la cage (50'00).

Morzine bénéficie d'une supériorité numérique (50'52), mais jamais les Pingouins ne seront en situation de scorer. Cette inefficacité dans les situations spéciales est d'ailleurs inquiétante, car tout le monde sait qu'à niveau proche ou égal, les différences se font là. Enfin, ça ne marche pas côté savoyard, pas en ce moment en tous cas.

Les joueurs du Chablais, pourtant en infériorité numérique (53'19) se procurent une grosse occasion sur une action rondement menée entre Matic Kralj et Denis Kadic, mais le slap final est manqué.

Hcma-Bdl3Il reste quatre minutes de jeu seulement et toujours un but à remonter pour les Pingouins. On passe d'une cage à l'autre sans "temps-mort". Dans les tribunes tout le monde se dit que la balance peut définitivement pencher en faveur des Bruleurs de Loups. Et bien non, car c'est l'explosion générale qui fait suite au but marqué par Toni Koivunen : un gros arrêt d'Eddy Ferhi qui ne peut faire autrement que de relâcher le puck, repris à bout portant par le joueur finlandais de Morzine (3-3, 58'13).

Égalisation hyper méritée, en toute impartialité ! À noter qu'Eddy Ferhi se blesse sur cette action et ne reprendra pas le match.

Les esprits s'échauffent par la suite, mais c'est compréhensible car il reste moins de 2 minutes à jouer. Le tableau d'affichage n'évoluera pas, il y aura deux bonnes actions de Mickaël Brodin parfaitement mises en échec par le substitut d'Eddy Ferhi, Sébastien Raibon.

Avantage Brûleurs de Loups !

La prolongation débute et c'est encore Mickaël Brodin, seul, qui tente sa chance. Mais Sébastien Raibon confirme qu'il fera le "job". Morzine se montre plus convaincant dans le jeu, les Pingouins se portent résolument vers l'attaque et Grenoble subit quelque peu ce début de prolongation. Une énorme occasion est gâchée par les locaux qui peuvent shooter à plusieurs reprises mais "prennent leur temps". L'action, plein axe, est ensuite ramenée sur le côté par la défense iséroise et le danger est éloigné (62'40).

Morzine vient de laisser passer sa chance, Grenoble saisira la sienne à peine 20 sec. plus tard sur un lancer de Mitja Sivic où Tuomas Lohtander donne un peu l'impression de "s'écarter" de la trajectoire du palet, si bien que ce but est marqué quasiment en plein centre de la cage. Une sensation bizarre, comme si le gardien local avait eu "peur" du puck, ce qui n'est évidemment pas le cas, ou bien a t-il mal lu la trajectoire de l'objet ?

Toujours est-il que Grenoble remporte la partie un peu contre le cours du jeu, mais il fallait un vainqueur. À noter qu'après toutes les contre-performances savoyardes récentes, on sentait les Morzinois satisfaits d'avoir donné leur maximum et de prendre un point contre une équipe qui compte dans ce championnat , et qui peut malgré tout battre les meilleurs, ce qui n'est, pour le moment, pas encore le cas des Pingouins.




Morzine-Avoriaz - Grenoble 3-4 après prolongation (1-1, 1-1, 1-1, 0-1)
Mardi 25 janvier à 20h30 au Parc des Sports de Morzine. 1284 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté d'Alexis Grabit et Adrian Popa.
Pénalités : Morzine-Avoriaz 12' (2', 6', 4', 0'), Grenoble 8' (0', 2', 6', 0').

Évolution du score :
0-1 à 12'53" : Sivic assisté de Broz et Baylacq (sup. num.)
1-1 à 13'53" : O'Connor assisté de Papa et Jestin
1-2 à 20'45" : Baylacq (sup. num.)
2-2 à 35'24" : Millerioux assisté d'Arup et Papa (sup. num.)
2-3 à 40'52" : Broz assisté de Krayzel et Wallin (sup. num.)
3-3 à 58'18  : Koivunen assisté de Kadic et Antonoff
3-4 à 63'01  : Sivic assisté de Arrossamena et Wallin



Morzine-Avoriaz

Gardien : Tuomas Lohtander.

Défenseurs : Nicolas Antonoff - Mathieu Jestin ; Ben O'Connor - Jimi Santala  ; Christian Élian (A) - Martin Millerioux.

Attaquants : Cyril Papa - Mickaël Brodin (C) - Martin Arup; Denis Kadic - Toni Koivunen (A) - Matic Kralj ; Stefan Majernik - Denislam Ioussoupov - Niko Toivonen ; Olegs Koreškovs.

Remplaçants : Adrien Morin (G), Romain Bonnefond, Loïc Gaydon, Maksim Goubine, Théophile Mourin.

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi [puis Sébastien Raibon à 58'18"]. 

Défenseurs : Alexandre Rouleau (C) - Jason Crossman ; Viktor Wallin -  Vincent Llorca ; Rémi Colotti - Aymeric Gillet.

Attaquants : Ludek Krayzel - Ludek Broz (A) - Mitja Sivic ; Matthieu Le Blond - Christophe Tartari (A) - Nicolas Arrossamena ; Elie Raibon - Julien Baylacq - Joris Bedin ; Raphaël Papa - Loup Benoît - Graham Avenel.

Remplaçant : Maxime Suzzarini. Absents : Baptiste Amar (double fracture de la cheville), Maxime Moisand (entorse du genou).