Compiègne - Metz (Division 3 Poule C)

Duel au sommet

IMG_95491« Un des matches les plus importants de la saison. » Voilà comment David Dostal, entraîneur-joueur de Compiègne, qualifiait ce match face à Metz après la victoire des Lions sur la Tornade Luxembourgeoise (9-2). Cette rencontre présente en effet tous les critères d’un duel au sommet. Deux équipes écrasant tout sur leur passage, ne comptant qu’une défaite chacune depuis le début de la saison, ayant ainsi le même nombre de points au classement et un objectif commun, la montée.

Avant ce match, Compiègne restait sur une probante victoire à domicile donc face au Luxembourg (9-2). Alors que Metz venait d’atomiser Valencienne à la Messine (11-3). Cette rencontre a également valeur de revanche pour Compiègne, puisque Metz demeure la seule équipe à avoir vaincu les Lions cette saison. Le public picard, conscient de cela, s’est déplacé en nombre, bien décidé à jouer son rôle de septième homme.

Metz annonce la couleur

C’est donc dans une patinoire remplie à craquer que l’arbitre donne le coup d’envoi. Mais les messins, loin de céder à la pression itinérante à tous match à l’extérieur, refroidissent vite les ardeurs du public en scorant dès les premières secondes. Dans le rôle du bourreau, Yannick Hamri, qui s’en va tromper tout seul Richard Caladi dans un silence de cathédrale (0-1, 0’42’’).

Le match est lancé et Compiègne part à l’assaut du but messin gardé par Cédric Dietrich. Première percée de David Selin qui, sur la gauche, frappe et fait trembler les filets. Le public explose, mais c’est à l’extérieur du but (1’07’’). Dans la foulée, il faut un bon retour défensif lorrain pour empêcher Sébastien Fronty d’ajuster son tir. Continuant à mettre la pression, les Lions poussent Metz à la faute et Djamel Zitouni doit passer deux minutes en repos forcé pour accrocher (1’51’’). En supériorité numérique, les jaunes ne tardent pas à faire parler la poudre. Derrière la cage, Alexandre Delplanque remet à Pierre Brohard qui marque de près (1-1, 2’06’’).

Par la suite, Metz prend progressivement le jeu à son compte en se basant sur une bonne défense et Compiègne ne parvient pas à construire ses attaques. Le palet tourne et va vite d’un but à l’autre, dans un début de match très intense où les deux équipes veulent imposer leur rythme à l‘adversaire. À ce petit jeu, ce sont les lorrains qui sortent vainqueur. Genio Kouznetov passe à Yannick Hamri qui de sa zone remonte le terrain sur la gauche, prend de vitesse le défenseur compiégnois et glisse le palet sous Richard Caladi alors que celui-ci tentait de l’intercepter avec sa cross (1-2, 4’33’’).

De nouveau menés, les Lions repartent à l’offensive. Mais la meilleure attaque de la poule C n’est pas dans un grand jour et manque cruellement de réalisme, à l’image de ce face à face manqué par Jonathan Boucher après que ce dernier ait arraché le palet à un défenseur messin (7’24’’). Comme un aveu d’impuissance, Julien Lefranc tente sa chance de loin sans grand danger pour Cédric Dietrich (8’36’’).

Un déficit offensif que ne connaissent pas Metz et Yannick Hamri en ce début de rencontre. Iouri Essipov remonte le palet à toute vitesse puis tente sa chance ; Richard Caladi s’interpose… Mais l’attaquant lorrain a bien suivi et surgit pour pousser le palet au fond en même temps qu’il s’offre un triplé (1-3, 9’01’’). Compiègne n’y est pas et David Dostal demande un temps mort pour remobiliser ses troupes. Mais rien n’y fait, Metz patine très bien et donne beaucoup de rythme à la partie.

Pourtant les Lions ne se découragent pas et poussent pour réduire le score. C’est d’abord David Dostal qui sonne la révolte. Après une bonne remontée, l’entraineur-joueur de Compiègne transmet à Ondrej Prokop qui ne parvient pas à cadrer (9’33’’). Puis tour à tour Anthony Panto et Alexandre Delplanque teste Cédric Dietrich. Metz reste tout de même dangereux, à l’image de Mikhail Yakolev qui oblige Richard Caladi à sortir un bel arrêt (12’59’’). Puis c’est au tour de l’attaquant picard Rémy Feuillet de manquer une nouvelle opportunité en perdant son duel face au dernier rempart messin (15’08’’).

En fin de tiers-temps, le match reste très intense comme l’illustre ce choc violent entre Yannick Hamri et Julien Lefranc. Mais Compiègne éprouve toujours autant de difficultés à enchaîner les bonnes passes malgré un public qui donne de la voix. De plus, chaque incursion messine provoque des frissons dans la défense des Lions qu’on sent fébrile. Pourtant juste avant la pause les jaunes se procurent une grosse occasion par Ondrej Prokop qui est sur le point de reprendre le palet alors que Cédric Dietrich (19’25’’).

IMG_95401Le choc des titans

Au retour des vestiaires, les deux équipes ont chacune une idée en tête. Pour Compiègne, il s’agit de recoller au score au plus vite, alors que du côté de Metz le but est de se reposer sur une bonne assise défensive avant de placer des attaques rapides. Dans cette logique, se sont les Lions qui assiègent les premiers le but messin. Dès les premières secondes, les jaunes se procurent deux occasions. D’abord par Aurélien Delanchy, obligeant Cédric Dietrich à sortir le palet, puis par Ondrej Prokop qui est sur le point de contrôler un palet renvoyer par sa défense pour se retrouver seul face au gardien adverse.

Puis c’est au tour d’Anthony Panto de s’illustrer, mais son tir passe au ras du poteau du but lorrain. Et quand ce n’est pas la maladresse des attaquants picards, c’est le talent de Cédric Dietrich qui permet à Metz de maintenir son écart de deux buts au tableau d’affichage. Après une bonne remontée d’Ondrej Prokop, Christopher Texeira Leite se présente seul au dernier rempart lorrain, mais ce dernier sort le grand jeu et détourne le palet au prix d’un superbe arrêt (23’29’’). Réponse immédiate de Metz par Matvey Zinkov qui frappe sur Richard Caladi (24’27’’).

À force d’abnégation, Compiègne se voit récompenser de ses efforts. Après une bonne remontée de Maxime Caillard, le palet arrive à Julien Lefranc qui frappe. Cédric Dietrich contre mais Rémy Feuillet à l’affût fait trembler les filets (2-3, 25’06’’). Par la suite les Lions jouent mieux et tente d’accélérer pour revenir au score. Mais une pénalité contre Pierre Brochard mais les jaunes en difficulté. En supériorité, Metz fait tourner le palet dans la zone des picards. Iouri Essipov teste par deux fois Richard Caladi, avant que Matvey Zinkov ne s’essaye de loin et oblige le dernier rempart compiégnois à détourner le palet de la jambière.

De nouveau au complet sur la glace, les Lions reprennent le jeu à leur compte. C’est d’abord Julien Lefranc qui tente sa chance sans trouver le cadre cependant (28’35’’). En supériorité pendant le passage de Djamel Zitouni par la case prison (28’40’’), les jaunes assiègent le but de Cédric Dietrich, mais ils sont sur le point de se faire surprendre en contre attaque par l’inévitable Yannick Hamri qui s’en va défier Richard Caladi sans parvenir à trouver l’ouverture (28’55’’). Et ce n’est que lorsque Metz retrouve tous ses joueurs que Compiègne parvient à revenir au score. Christopher Texeira Leite remise à Maxime Caillard qui place astucieusement le palet sur la droite du gardien messin (3-3, 32’28’’). Le public jaune est aux anges et on pense Compiègne capable de passer devant dans ce match.

Les deux équipes ne se satisfont pas de ce score de parité et se rendent coup pour coup dans une rencontre toujours aussi animée. Mais les Lions se mettent en difficulté tout seuls suite à une pénalité à l’encontre de David Dostal pour obstruction (34’20’’). Suivant leur tactique habituelle, les messins gardent le palet dans le camp compiégnois et font tourner la rondelle patiemment. La sanction ne tarde pas à tomber. Genio Kouznetsov met le palet devant le but, Janis Bulitis surgit et marque de près (3-4, 35’00’’). Les esprits commencent à s’échauffer et les fautes se multiplient. Pierre Brochard et Djamel Zitouni doivent ainsi quitter leurs partenaires pour deux minutes (35’35’’).

Pourtant le match reste ouvert. Au courage, les Lions vont revenir de nouveau dans le match en recollant au score grâce à Christopher Texeira Leite qui reprend une passe d’Alexandre Delplanque (4-4, 36’44’’). Le K-O n’est pas loin d’un côté comme de l’autre et un but de l’une des deux équipes pourrait s’avérer d’une extrême importance tant Metz et Compiègne ont jeté toutes leurs forces dans la bataille depuis le début de la rencontre. La tension est bien présente sur glace, pour preuve ce début de bagarre entre Janis Bultitis Anthony Panto. On pense alors que le score ne va plus évoluer avant la pause tant Compiégnois et Messins semblent gérer en prenant moins de risques. Mais c’est sans compter sur la volonté de l’équipe lorraine qui trouve la faille au meilleur moment. Et ce sont de nouveau les Lions qui sont, bien malgré eux, à l’origine de ce but. Après une perte de palet d’un défenseur jaune, Mikhaïl Yakovlev, sur la gauche, remet dans l’axe à Yannick Hamri qui trompe Richard Caladi à bout portant (4-5, 39’20’’). Le score ne bougera plus. Compiègne peut s’en vouloir.

IMG_95531Jaune de rage

À l’entame du dernier acte, Compiègne n’a plus le choix et doit à tout prix marquer le but égalisateur. C’est pourtant Metz qui se procure la première grosse occasion avec une situation de deux contre un, mais l’attaquant messin tarde trop à contrôler et l’attaque est avortée. Rapidement Compiègne monopolise le palet et pousse pour inscrire le but libérateur. Mais Metz reste serein, surtout en défense, bien en place depuis le début de la rencontre. Incapable d’avancer, les Lions se résignent à prendre leur chance de loin, à l’image du slap de Julien Lefranc qui ne trouve pas le cadre.

En infériorités pendant la mise en repos forcé de Gilles Hamri, les Messins neutralisent avec sérieux les combinaisons offensives de Compiègne qui ne se créé pratiquement aucune occasion pendant les deux minutes de supériorité. En milieu de tiers-temps, l’intensité retombe quelque peu. Il faut dire que Picards et Lorrains ont beaucoup donné depuis l’entame de match. On tente de part et d’autre de placer des attaques aussi rapides que meurtrières. Ainsi, Pierrick Dogard par en contre-attaque et essaye de s’infiltrer entre les deux défenseurs compiégnois. Ceux-ci resserrent l’étau et l’attaquant messin gratifie le public d’un plongeon spectaculaire. Maxime Caillard est pris par la patrouille et doit passer deux minutes en prison pour trébucher (50’46’’).

Plus les minutes passent, plus Compiègne semble être à la peine physiquement. Les approximations des joueurs picards se multiplient et Metz en profite. Richard Caladi doit s’interposer par deux fois face à Janis Bulitis (52’44’’). Le dernier rempart des Lions doit de nouveau sortir le grand jeu sur une frappe à bout portant de Mikhail Yakovlev (54’24’’).

On rentre dans le money time et la pression va en s’accentuant avec les minutes. Sébastien Fronty reste à terre après un contact violent. Les arrêts de jeu se multiplient c’est au tour de Matvey Zinkov de ne pas se relever. Dans les deux dernières minutes Compiègne jette ses dernières forces dans la bataille. Alexandre Deplanque accélère mais but sur Cédric Dietrich. Dans les soixante dernières secondes, Richard Caladi cède sa place et on fait rentrer du côté picard un joueur de champ supplémentaire. Mais rien n’y fait, au son du buzzer les joueurs messins explosent de joie, à l’inverse des jaunes qui quittent la patinoire la tête basse.

Il faut dire que les Lorrains ont réalisé un sacré coup en venant s’imposer à Compiègne. Personne n’avait réussi cette performance depuis le début de la saison. Après cette victoire, Metz confirme plus que jamais sa place de leader de la poule C et plus rien ne paraît les menacer jusqu’à la fin de la saison régulière. Pour Compiègne, cette défaite est un coup dur. Beaucoup d’espoirs étaient placés dans cette rencontre. Les Lions devront désormais assurer leur deuxième place de la poule, en commençant par aller s’imposer à Epinal. Prochaine échéance pour les messins, le match face à Chalon, à domicile.

Charles Thelliez

Réactions d’après match :

David Dostal (entraîneur-joueur de Compiègne) : « Les buts qu’on se prend sont pour nous. C’était un match très intense. On n'était peut-être pas prêt physiquement. Pourtant on parvient à revenir à chaque fois au score. Mais Metz fait preuve de plus de maturité que nous. Mais bon, il faut continuer à bosser dur. On espère toujours aller loin en play-off, mais le chemin sera plus dur après cette défaite. »

 

Compiègne - Metz 4-5 (1-3, 3-2, 0-0)
Samedi 29 janvier 2011 à 20h30 à la patinoire de Mercières. 400 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau et Yann Vandaele.
Pénalités : Compiègne 12' (0', 8', 4') ; Metz 14' (2', 8', 4').
Évolution du score :
0-1 à 00'42" : Hamri
1-1 à 02'06" : Brochard assisté de Delplanque et Boucher (sup. num.)
1-2 à 04'33" : Hamri assisté de Kouznetsov
1-3 à 09'01" : Hamri assisté de Yakovlev et Essipov
2-3 à 25'06" : Feuillet assisté de Lefranc et Caillard
3-3 à 32'28" : Caillard assisté de Texeira Leite
3-4 à 35'00" : Bulitis assisté de Kouznetsov et Essipov (sup. num.)
4-4 à 36'44" : Texeira Leite assisté de Delplanque
5-4 à 39'20" : Hamri assisté de Yakovlev

 

Compiègne

Gardien : Richard Caladi.

Défenseurs : Sébastien Fronty – Maxime Caillard (A) ; Christopher Teixeira Leite – Aurélien Delanchy.

Attaquants : Alexandre Delplanque – Rémy Feuillet – Pierre Brochard ; Clément Roussié – David Dostal – Jonathan Boucher ; Pierre Brochard – Ondrej Prokop – David Dostal.

Remplaçants : Thibault Varin, David Selin.