Amiens - Épinal (Ligue Magnus, 21e journée)

Amiens_avant_match_autour_du_but

Jusqu'au bout du monde

Retour des Gothiques au Coliseum après une défaite dans un match de haut niveau face à Angers (4-2). Ce 1er février 2011, en l'absence de Julian Marcos et Romain Bault, les Gothiques troisièmes recevaient Épinal, actuel sixième à seulement trois points des locaux.

Sans Benoît Quessandier, les Spinaliens tiendront tout de même leur réputation accrocheuse, après un succès à domicile 5-0 contre Morzine-Avoriaz. Menés par deux buts aux débuts des deuxième et troisième tiers, les Vosgiens reviennent chaque fois. Course-poursuite engagée, l'équipe de Santino Pellegrino égalise à 6-6 à 27 secondes du buzzer. Enfin, il faudra à Amiens les prolongations et le but de Vincent Bachet pour venir à bout des blancs.

Kvin_Bergin_ExtÀ l'abordage

Les Gothiques dominent leurs invités qui se contentent de boucler l'axe du but. Une pénalité appelée contre Michal Petrak (4') amène un premier jeu de puissance. Face à un carré axial parfait, Amiens peine à trouver des angles corrects. Thomas Roussel, de la bleue, sollicite Loïc Lacasse de la mitaine. Au complet, les Dauphins se livrent enfin quand Amiens se montre trop gourmand à l'avant : par des contres en surnombre, seuless occasions de quelques secondes lors desquelles il faut marquer ou revenir très vite en défense. Stéphane Gervais tire le premier, hors cadre (7'). On passe d'une présence offensive locale à un contre visiteur : Vincent Bachet trouve Lacasse, puis Jan Plch met Billy Thompson à rude épreuve. Pendant que Maxime Boisclair est en prison (11'), Valentin Claireaux manque de dévier une passe de Kévin Hecquefeuille au second poteau.

C'est ensuite Timo Kuuvulainen qui se promène en zone offensive amiénoise pour trouver le portier picard. Avant le retour de Kuuvulainen, Bachet loupe une reprise devant le but sur laquelle Lacasse était battu (13'). Enfin, à pousser devant le but, les Gothiques trouvent la faille : Teddy Trabichet repique vers le but et met la pression dans le slot. Petit se butte à Lacasse et Bergin vient propulser un palet relâché dans le filet (17'21, 1-0). Épinal, qui tenait bon, se frustre en fin de tiers. Guillaume Chassard commet une faute. Amiens temporise et tente d'entrer en zone offensive à six contre cinq pendant la pnéalité différée. Impatient, Boisclair commet une autre faute pour récupérer le palet (18'33). Autrement dit, les locaux vont finir le tiers en double supériorité numérique. Il ne faut que 57 secondes pour tuer une première pénalité : Contre la bleue, Pavel Kowalczyk feinte le tir et envoie au second poteau à Miroslav Pazak, oublié de tous, qui fait le break (19'27, 2-0). Les deux buts font du bien à Amiens mais paraissent lourds pour Épinal qui n'est pas si mauvais.

Le secret des cages

TimoKuuluvainenAu retour, ces Spinaliens cueillent les locaux à froid. Guillaume Chassard entre à peine en zone offensive qu'il met à profit le défenseur devant lui : un slap masqué, lifté, qui passe au-dessus de Thompson et semble redescendre sous la transversale (21'10, 2-1). Tarik Chipaux y va lui aussi de son lancer quelques secondes plus tard. La première ligne amiénoise tente de réagir, mais Deniset loupe un rebond devant la cage. Un changement de ligne mal négocié des locaux offre un break à Kuuvulainen. Le Finlandais ne se fait pas prier et lance entre les bottes du portier. Thompson a senti le coup, mais ne peut freiner suffisamment le palet (24'54, 2-2). En quatre minutes, Épinal a ruiné la rigueur collective adverse d'un tiers entier.

Heureusement pour Amiens, Kowalczyk remet les siens dans le match : Le 23 local monte à la bleue sur une sortie de zone adverse et renvoi contre la bande. Laissé libre de tout marquage, il récupère le palet de Béron et feinte Lacasse entre les bottes qui ne peut pas non plus geler la rondelle (25'50, 3-2). On arrive à la mi-match qu'un autre défenseur monte au créneau : Thomas Roussel se présente au deuxième poteau et glisse avec un temps d'avance le puck dans les filets sur un service côté gauche de Tomasek (29'29, 4-2).

Ce quatrième but semble peser comme un boulet sur les patins des blancs. Moins forts physiquement, les Spinaliens souffrent sur la grande glace et Lacasse limite les dégâts. Illustration parfaite avec Florent Neyens, de nouveau titulaire ce soir en l'absence de Marcos. Avec tout le respect que l'on doit au numéro 9 des gris, il n'est pas le plus gros gabarit du championnat. Pourtant, en zone défensive, le jeune Amiénois résiste à une charge contre la bande, s'empare du palet et met les gaz jusqu'au but d'en face pour forcer le portier à geler le puck (31').

Il faut attendre quinze minutes dans ce tiers pour voir la première pénalité contre Amiens et plus précisément Valentin Claireaux. En supériorité, les Dauphins peinent à installer le jeu de puissance, et Deniset se présente même seul face à Lacasse. Trop fatigué de son effort défensif, le 11 ne prend pas le temps de feinter et semble être parti dans cette croisade par défaut. Les vingt minutes s'achèvent sur un tir de Jan Simko que Thompson stoppe en deux temps.

LacasseLocLa malédiction du Black Puck

Une fois n'est pas coutume, malgré les deux buts d'avance, les locaux se font reprendre en début de troisième tiers. Sur un contre en surnombre, Petrak trouve Simko au second poteau, et le plongeon de Thompson n'y fera rien (41'20, 4-3). Une pénalité de Pazak met – contre toute attente – les visiteurs à mal qui se heurtent à la défense amiénoise. Mais en se livrant à quatre contre cinq, les Picards ont Kuuvulainen qui part – encore – derrière leurs oreilles égaliser en break (44'14, 4-4). Heureusement encore, les locaux réagissent vite. À défaut d'aider leur portier – discret ce soir – en défense, les hommes d'Antoine Richer savent attaquer : Simon Petit profite du travail de Deniset et Tomasek pour redonner l'avantage aux siens (45'20, 5-4).

Quitte à se répéter sur la glace, autant se répéter dans le résumé : une fois encore trop gourmands à l'avant, les Gothiques trouvent du répondant en contre. À deux contre un, Kevin Benchabane échange avec Chipaux qui – oui, encore – égalise (46'40, 5-5). Un match fou, où Amiens insiste trop à l'avant, et Épinal insiste autant pour revenir.

À dix minutes de la fin, Jan Hagelberg laisse ses équipiers à quatre (50'17). Béron abandonne l'installation classique de powerplay, déborde côté gauche, repique dans l'axe et trompe Lacasse à bout portant (50'47, 6-5). Ce coup-ci, on inverse bien les rôles et c'est Amiens qui contre : Hecquefeuille, Pazak ou encore Kevin Bergin ne trouvent pas – plus – la faille. Contre tout cela, seul Hagelberg prend sa chance, puis Simko qui force Thompson à geler la rondelle (59'36).

Pellegrino prend un temps mort et fait sortir son portier. Trois secondes plus tard, Épinal égalise encore ! Sur l'engagement offensif côté gauche du but picard, Simko remporte la mise au jeu. Maxime Boisclair hérite du palet contre la bande et décide de lancer ras de sol dans le trafic. Le trafic, c'est-à-dire les cinq joueurs se trouvant au niveau du point d'engagement, entre le Canadien qui lance, et celui qui garde les buts. Les deux au bout du billard ne se voient pas, mais Boisclair l'emporte. La route du palet se dégage, et ce dernier ne trouve – miraculeusement – comme seul obstacle que le petit filet de Thompson, juste à côté du poteau (59'39, 6-6). Chance ou génie, chacun se fera son opinion. Mais il faut savoir forcer la chance si cela en est. Aussi les deux équipes filent en prolongation.

La fontaine de Jouvence

Vincent_BachetEt là, oubliez toutes les politesses du monde. Amiens met le turbo physiquement pour se créer davantage d'occasions : le tir de Bergin est contré devant le but mais personne ne peut retenir Fabien Leroy qui part en break face à Thompson. À un contre un, le portier local fait l'arrêt et derrière, le contre est désastreux pour Épinal. Grégory Béron focalise l'attention des défenseurs en break mais se heurte à Lacasse. Seul en deuxième lame, Bachet crucifie le portier (63'20, 7-6). Enfin...

Kuuvulainen et Béron sont élus meilleurs joueurs de chaque côté. Treize buts, des inquiétudes sur les capacités amiénoises que l'on efface avec la réputation très accrocheuse d'Épinal. Attention cependant à certaines conclusions de part et d'autre : Thompson n'a pas été mauvais, mais il a été délaissé de nombreuses fois face à une équipe spinalienne qui a l'habitude de ce genre d'occasions. On peut dénoter, juste avant la septième but picard, l'arrêt décisif du 41. Lacasse a, certes, encaissé sept buts, mais il tient son équipe à bout de bras entre la 30e et la 40e minute, sans parler des autres arrêts du match.

Ce soir, il y a eu une partie d'échec entre les deux coachs sur deux stratégies différentes. Amiens a fait « mat » de nombreuses fois, mais Épinal a toujours réussi à se sortir des situations complexes. Aussi, je ne vois pas en ces retours – pas uniquement – la « mauvaise défense » amiénoise, mais la capacité des Dauphins à réagir. Quoiqu'il arrive, ce sont deux équipes à forts caractères qui promettent de belles choses dans ce championnat élite. Le spectacle fut haletant pour le simple spectateur, mais stressant voire frustrant pour le supporter, qu'importe son camp, ce qui explique certains avis sur le niveau de cette rencontre.

Adrien Lhermitte

 

Amiens – Épinal 7-6 après prolongation (2-0, 2-2, 2-4, 1-0)
Mardi 1er février 2011 au Coliseum d'Amiens. 3000 spectateurs.
Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Yann Furet et de Jérémy Rauline.
Évolution du score :
1-0 à 17'21" : Bergin assisté de Petit et Trabichet
2-0 à 19'27" : Pazak assisté de Kowalczyk et Hecquefeuille (double sup. num.)
2-1 à 21'10" : Chassard assisté de Gervais et Hagelberg
2-2 à 24'54" : Kuuvulainen assisté de Boisclair et Gervais
3-2 à 25'56" : Kowalczyk assisté de Béron et Deniset
4-2 à 29'29" : Roussel assisté de Tomasek et Béron
4-3 à 41'20" : Simko assisté de Petrak et Mantyla
4-4 à 44'14" : Kuuvulainen assisté de Chassard et Boisclair
5-4 à 45'21" : Petit assisté de Deniset et Tomasek
5-5 à 46'40" : Chipaux assisté de Benchabane et Agostini
6-5 à 50'47" : Béron assisté de Mortas et Kowalczyk (sup. num.)
6-6 à 59'39" : Boisclair assisté de Petrak et Simko
7-6 à 63'20" : Bachet assisté de Béron et Mortas

 

Amiens

Gardien : Billy Thompson.

Défenseurs : Vincent Bachet (C) – Pavel Kowalczyk ; Teddy Trabichet – Kevin Hecquefeuille (A) ; Thomas Roussel.

Attaquants : Martin Tomasek – Paul Deniset – Grégory Béron ; Miroslav Pazak – Anthony Mortas – Kevin Bergin (A) ; Simon Petit – Valentin Claireaux – Florent Neyens.

Remplaçants : Léo Bertein (G), Maxim Belov, Aïna Rambelo, Yannick Offret, Marius Serer. Absents : Julian Marcos, Romain Bault.

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Ján Šimko - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Tarik Chipaux - Erwan Agostini - Kévin Benchabane ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C).

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Jonathan Gury, Anthony Rapenne. Absent : Benoît Quessandier (épaule).