Épinal - Caen (Ligue Magnus, 22e journée)

Tout riquiqui mais ça suffit !FOUQUEREL_Clement_100925_142

Pas comiques chez les Gothiques (6-7 a.p.), les Dauphins ont une nouvelle fois manifesté d'incroyables ressources physiques et morales pour inverser une tendance défavorable. Sans cesse louée par Santino Pellegrino, cette force de caractère leur a encore permis de rentabiliser un déplacement compliqué malgré les virus qui traînent et un Ján Plch moins productif depuis trois matchs.

Pour pallier l'inefficacité passagère de son top-scoreur, l'ICE a notamment pu compter sur sa deuxième ligne, où le capitaine Guillaume Chassard et le travailleur Timo Kuuluvainen prennent une part croissante au pointage. Mais pas tant que Maxime Boisclair, encore auteur de trois points à Amiens et buteur providentiel à 21 secondes du terme...

Ce bon point, les Spinaliens entendaient le fructifier face à un mal classé. Des Drakkars toujours barragistes, mais loin d'être résignés car le surplace villardien, conjugué à la belle victoire arrachée mardi face à Grenoble (4-3 a.p.), les relance totalement dans la course aux playoffs. Un espoir longtemps compromis par une situation comptable difficile, mais finalement pas si désespérée car deux points seulement séparent actuellement les Alpins des Normands. C'est peu et beaucoup à la fois mais les hommes de Bertrand Pousse croient toujours à l'exploit.

À Caen le déclic ?

Avec six points pris à ses quatre dernière sorties, Caen est l'une des équipes en forme du moment. Mais c'est aussi la seule à ne s'être jamais imposé à l'extérieur cette saison. Une tare que les Drakkars veulent effacer, eux qui sont farouchement déterminés à jouer chaque match comme une "bataille rangée". Ils prennent d'ailleurs celui-ci par le bon bout, alliant bons placements et patinage de tous les instants. Le tout assorti d'un zeste de défi physique, comme cette mise en échec de Geslain sur Petrák (5e).

Cela suffit à gêner des Spinaliens empruntés et visiblement incapables d'élever leur niveau de jeu. Côté caennaiJonathanAvenels en revanche, la vivacité des petits (mais rapides) Cunningham et Duchesneau, ce soir réunis en l'absence d'Antti Urpo, donne du fil à retordre à un ensemble vosgien mi-figue mi-raisin.

S'il vient pour la première fois à Épinal, Duchesneau n'est pourtant pas en terre inconnue. L'ailier de poche retrouve deux de ses anciens coéquipiers à Rivière-du-Loup l'an passé, Maxime Boisclair et surtout Loïc Lacasse, qu'il a également côtoyé durant trois saisons à Baie-Comeau dans le junior majeur québécois. Jonathan Duchesneau était déjà un "Drakkar" à cette époque (la concession devant son appellation aux vestiges vikings découverts sur la Côte nord du St-Laurent) et connaît donc parfaitement les faiblesses de son ancien gardien, solide devant Lafontaine (8'). Et intraitable, quelques instants plus tard, sur une accélération de Duchesneau.

Cet art de la contre-attaque, Caen le cultive surtout en infériorité numérique, avec un box-play présent sur chaque ligne de passe. Et d'autant plus réactif à l'image d'Erwan Pain, qui met les gaz avant que Boisclair ne le reprenne in-extremis (09'17"). Illicitement selon le zébré de service, à nouveau contraint d'intervenir sur une charge de Papelier dans le dos de Geslain. Ce dernier, touché à la clavicule, doit d'ailleurs prématurément quitter ses coéquipiers (10'11").

L'ICE, déjà pas très brillante, se retrouve alors en double désavantage numérique. Une situation explosive que les Normands, offensivement limités et insuffisamment créatifs, désamorcent bien malgré eux. Car la lucidité n'est pas la première qualité du HCC cette année et on comprend pourquoi aucun Drakkar ne figure parmi les cinquante meilleurs pointeurs de Ligue Magnus... contrairement aux Dauphins, qui en comptent cinq ! Et parmi eux Guillaume Chassard, qui voit Clément Fouquerel lui fermer la porte au nez sur un rebond que le capitaine était le plus prompt à exploiter (13').

Toujours en supériorité numérique, Caen ne concrétise pas. Au lieu de ça, c'est Épinal qui trouve la faille sur un contre rondement mené. Ján Plch décalant imparablement Mäntylä côté droit, pour un caviar du Finlandais vers Kuuluvainen au second poteau (1-0 à 17'14").

Maxime voit clair... et Timo joue les héros !

L'ICE a fait le plus dur en ouvrant le score mais rate à son tour une double supériorité malgré une bonne occasion de Stéphane Gervais. Le Franco-canadien hérite en entrée de zone d'un palet brûlant, presque à bout portant. Sans opposition il s'avance et arme un décevant shoot bas, bien capté par Fouquerel (21'). Quand on vous dit que ce n'est plus tout à fait le même Gervais... Kuuluvainen, lui, n'a pas ce problème d'efficacité et bonifie parfaitement le travail préparatoire fourni par Boisclair derrière la cage (2-0 à 23'02").

Le match échappe aux Drakkars, qui peinent de plus en plus à contenir l'activité des deux premiers trios vosgiens. Ils sont pourtant loin d'abdiquer mais Loïc Lacasse veille au grain, comme sur cette double tentative d'un Alexis Gomane (26') replacé aux avant-postes après la sortie de Jérémie Romand, commotionné. Le portier canadien des Dauphins ne peut toutefois rien devant Duchesneau, à l'affût d'un rebond de CunninghamCUNNINGHAM_Jeremiah_100925_022 pour expédier la rondelle hors de sa portée (2-1 à 26'18").

Ce but tombe à pic pour les promus, qui retrouvent un second souffle et obtiennent dans la foulée une nouvelle supériorité (26'51"). Une opportunité aussi gaspillée malgré un bon one-timer de Cunningham, cueilli d'une mitaine ferme par Lacasse (28'46"). Le Québécois répond d'ailleurs présent sur chaque essai normand.

Fouquerel garde quant à lui son équipe dans le match moyennant quelques arrêts bien sentis. Comme sur ce palet égaré en zone offensive par Tommy Lafontaine, l'âme des Drakkars depuis deux ans, et qui manque de profiter à Ján Šimko, dont le sprint côté gauche est finalement enrayé par un audacieux plongeon du jeune gardien normand (35e).

Les locaux n'ont toujours qu'une maigre unité d'avance au tableau d'affichage malgré une dernière occasion d'un Kuuluvainen plus "Salmivirtien" que jamais (39e). C'est à dire "chaud bouillant", contrairement à un Petrák vite "refroidi" au retour des vestiaires par une crosse haute de Bennett (41'03"). De quoi mettre le feu en territoire drakkar, surtout qu'un faire trébucher d'Erwan Pain sur Ján Plch (43'22") ramène le danger sitôt la première pénalité terminée.

Avec Boisclair à la baguette, le jeu de puissance vosgien collectionne les occasions mais pêche encore et toujours dans la finition. Et Dieu sait pourtant qu'un troisième but aurait définitivement mis l'ICE à l'abri. Mais voilà, ce diable de Fouquerel ne l'entendait pas de cette oreille, lui qui a tenu son équipe à bout de bras dans les moments difficiles... c'est à dire fréquemment dans ce troisième tiers-temps !

Toujours bon à prendre

Ces valeureux caennais, si difficiles à manoeuvrer en début de partie, pourront nourrir quelques regrets car l'exploit semblait à portée de crosse. À Épinal en revanche, on ne fera pas la fine bouche car cette victoire étriquée a le mérite de rendre le quatrième accessit toujours... accessible !

Place maintenant à une trêve bienvenue pour reposer des organismes surmenés. Ce qui laisse une dizaine de jours à Pellegrino pour préparer la venue de Grenoble...

Réactions d'après-match (sur caen.maville.com) :

Tommy Lafontaine (défenseur et capitaine de Caen) : "Malgré la perte de deux soldats au combat (Romand et Geslain), on a réussi à se donner une chance jusqu'au bout, face à une belle équipe d'Épinal. On est resté sur la dynamique qui est la nôtre depuis quelques semaines. C'est très décevant de repartir d'un tel match sans prendre au moins un point."

Alexis Gomane (défenseur de Caen) : "On a pris trop de pénalités dans le dernier tiers pour être vraiment menaçant. C'est dommage, car on avait l'occasion de recoller sur Villard, battu par une équipe de Mont-Blanc survoltée après avoir changé d'entraîneur."

Épinal - Caen 2-1 (1-0, 1-1, 0-0)
Samedi 5 février 2011 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 323 spectateurs.
Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Yann Furet et Sébastien Geoffroy.
Pénalités : Épinal 40' (6', 4', 30') ; Caen 20' (6', 2', 12').
Tirs : Épinal 36 (9, 13 ,14) ; Caen 32 (7, 16, 9).

Évolution du score :
1-0 à 17'14" : Kuuluvainen assisté de Mäntylä et Plch (inf. num.)
2-0 à 23'02" : Kuuluvainen assisté de Boisclair et Slovák
2-1 à 26'18" : Duchesneau assisté de Cunningham et Bennett

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Peter Slovák - Guillaume Papelier ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais.

Attaquants : Ján Šimko - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Tarik Chipaux - Erwan Agostini - Kévin Benchabane.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Jonathan Gury, Anthony Rapenne, Nathan Ganz. Absent : Benoît Quessandier (épaule).

Caen

Gardien : Clément Fouquerel [sorti de sa cage de 59'13" à 59'27"].

Défenseurs : Tommy Lafontaine (C) - Aziz Baazzi ; Samuel Gibbons - Udo Marie ; Vladimír Urban - Antoine Vigier.

Attaquants : Julien Lebey - Erwan Pain - Jonathan Avenel (A) ; Jonathan Duchesneau - Jeremiah Cunningham - Jérémie Romand [puis Bennett] ; Charles Geslain [puis Alexis Gomane, A] - Kévin Da Costa - Pierre Bennett [puis Raphaël Mazié].

Remplaçant : Arnaud Goëtz (G). Absent : Antti Urpo.