Gap - Strasbourg (Ligue Magnus, 22e journée)

Ce qui a fonctionné fonctionnera encore. Le match aller avait été le tournant de la saison des deux équipes : le début de la fin pour le leader d'alors Strasbourg, le déclic pour Gap qui a commencé son ascension au classement. Les Rapaces n'ont donc aucune raison de varier d'un iota la tactique appliquée en Alsace et se regroupent en défense, bon gré mal gré car ils ne paraissent pas très à leur aise.

Strasbourg s'installe en zone offensive dès le début du match. Ryan Jorde encaisse deux pénalités de suite et Ronan Quemener tient son équipe à bout de bras, notamment en parant de la plaque un tir de Doug Bradley. Dès le retour à cinq contre cinq, Hiadlovsky concède un rebond, sur lequel Sean Roche décale Jean-Charles Charrette (1-0, 08'53"). Un but contre le cours du jeu qui conforte les Gapençais dans une configuration défensive, peut-être un peu subie au début, mais forcément assumée une fois que le score est devenu favorable. Les espaces sont restreints et Quemener reste infranchissable, en particulier sur un double arrêt en fin de tiers devant Tarantino et Striz.

Même s'ils continuent de prendre des prisons (le vétéran Moussier accroche puis retient), les Gapençais restent maîtres de leur zone, et Strasbourg s'énerve à force de s'empêtrer dans la toile collante de la défense locale. Le jeu devient plus tendu. En contre-attaque, Rane Carnegie fonce côté gauche avec deux coéquipiers dans l'axe. Il voit que Hiadlovsky est avancé pour anticiper un centre et lui décoche un lancer puissant dans l'angle (2-0, 34'54").

Les derniers espoirs alsaciens s'évanouissent dès le début du troisième tiers-temps. Romain Moussier récupère un rebond, feinte le lancer lointain et sert une superbe passe à Julien Correia en plein élan (3-0, 41'38"). Strasbourg a le mérite de ne pas abdiquer et Lionel Tarantino vient enfin à bout de Quemener et de la mêlée dans le slot (3-1, 49'06").

Les dernières minutes sont hachées. Rane Carnegie prend une méconduite en contestant une pénalité, ce qui ne l'empêchera d'être élu joueur du match. L'Étoile Noire a perdu aux points et Tarantino perd aux poings une bagarre avec Justin Vienneau, acclamé pour avoir châtié l'ex-Rouennais. Ce n'était sûrement pas la plus esthétique des victoires gapençaises, mais les Rapaces se comportent comme une équipe de haut de tableau et réussissant à gagner aussi un match moyen.

Commentaires d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace)

Élie Marcos (capitaine de Strasbourg) : "On manque de lucidité devant le but. Ce n'est pas possible de shooter autant et de ne pas marquer plus. On sait que Gap a un bon gardien, que sa défense s'appuie là-dessus pour bloquer les rebonds, mais on ne réussit pas non plus à trouver le bon timing pour shooter. Je ne sais pas, peut-être qu'il faudrait qu'on fasse des rotations plus courtes pour être plus incisifs. On se fatigue à vouloir rester top longtemps sur la glace et ça se ressent sur les shoots que l'on tente. On doit apprendre à mieux gérer les moments clés, à laisser sa place quand on se sent fatigué. L'esprit d'équipe, c'est aussi cela. Essayer de marquer pour marquer ne sert à rien si à la fin on ne gagne pas. Il y a de la frustration, on domine, on se fait contrer dans la zone de l'adversaire ou on fait une erreur en défense. Mais c'est avant tout à nous de trouver les solutions pour marquer plus."

 

Gap - Strasbourg 3-1 (1-0, 1-0, 1-1)
Samedi 5 février 2011 à la patinoire Brown-Ferrand. 847 spectateurs.
Arbitrage de Savice Fabre assisté d'Adrian Popa et Nicolas Cregut.
Pénalités : Gap 48' (12', 8', 8'+10'+10') ; Strasbourg 48' (8'+10', 8', 12'+10').
Tirs : Gap 24 ; Strasbourg 43.
Évolution du score :
1-0 à 08'53" : Charette assisté de Roche et Vienneau
2-0 à 34'54" : Carnegie assisté de Cornaire et Jelen
3-0 à 41'38" : Correia assisté de Moussier et Jorde
3-1 à 49'06" : Tarantino assisté de Cayer et Cibula


Gap

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Justin Vienneau – Alexandre Cornaire ; Jakub Suchanek – Ryan Jorde ; Matus Luciak - Jérémy Baridon.

Attaquants : Sean Roche – Jean Charles Charette (A) – Jesse Uronen ; Jiri Jelen – Rane Carnegie – Jiri Rambousek ; Romain Moussier (C) – Jérémie Paradis – Julien Correia.

Remplaçants : Adrien Fénart (G), Jonathan Piras, Mathieu André, Kevin Zampa, Romain Vitali. Absent : Milan Tekel.

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Michal Cesnek - David Striz ; Ziga Svete - Pasi Petriläinen ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette.

Attaquants : Lionel Tarantino - Jan Cibula - David Cayer ; Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) – Pierre-Antoine Devin (A) ; Juho Lehtisalo - Paul Bradley - Julien Burgert ; Timothée Franck.

Remplaçant : Gilles Beck (G).