Épinal - Grenoble (Ligue Magnus, 23e journée)

À côté, c’est pas dedans !

2010-12-07-Grenoble-Angers4Qu'il paraît loin le temps où les Brûleurs de Loups venaient en ogres défier les "petits poucets" spinaliens. Aujourd'hui, c'est une formation rajeunie et délestée de deux poids lourds (Amar et Ferhi, blessés le mois dernier) qui s'en vient défier les Dauphins faubourg de Poissompré, avec les qualités et les défauts de sa jeunesse. Et notamment cette irrégularité qui caractérise les résultats grenoblois cette saison.

D'un avis unanime, Épinal pouvait réitérer l'exploit du 20 novembre dernier à Pôle Sud (4-2). Une victoire historique car Grenoble était le dernier grand nom du hockey français à manquer au palmarès des Vosgiens depuis leur retour parmi l'élite en 2003...

Avec neuf points pris sur dix possibles depuis la mi-janvier, l’ICE se rapproche également de son record (30 pts) établi à ce niveau sous l'ère Allard (en 2008/09). Une époque faste pour le hockey grenoblois. Mais désormais révolue car les moyens ont changé. Les hommes aussi...

Cette période transitoire a néanmoins favorisé l'émergence de valeurs montantes ; les Moisand, Baylacq et autres Arrossamena, qui s'inscrivent tous trois dans le cadre élargi de l'équipe de France. Avec une mention particulière pour Nicolas Arrossamena, double buteur la semaine passée au Danemark. Très actif aux côtés du non moins remuant Mitja Šivic, le Saint-Pierrais brise le statu-quo après douze minutes de jeu improductif de part et d'autre sur un but plein d’opportunisme. Un rebond piégeux en fait, venu de l'arrière de la cage pour mieux surprendre Lacasse (0-1 à 12'09").

Naturellement, pareil "crime" ne pouvait rester impuni et Jan Hagelberg, en déviant un tir de Fabien Leroy, donne une trajectoire flottante à un lancer filant par-dessus la mitaine de Raibon (1-1 à 12'49").

À part ça rien. Ou du moins pas grand chose dans cette fin de premiers tiers-temps réduit à un enchaînement inexploité de pénalités. Une dernière tentative d’Arrossamena repoussée in-extremis par la défense, puis le rideau tombe sur un premier acte pas franchement inoubliable...

La monnaie de leur pièce

L’entame du deuxième est également à oublier pour les Vosgiens car Loup Benoît profite d’un palet perdu en zone offensive pour filer côté gauche et  trouver Graham Avenel au second poteau (1-2 à 22'17"). Un avantage de courte durée puisque Jan Hagelberg, dans la foulée, ramène l'égalité d'un tir précis depuis le rond d'engagement (2-2 à 23'27"). Le joker offensif préféré de Santino Pellegrino, aligné ce soir sur une quatrième ligne expérimentale (avec Papelier et Rapenne), a encore frappé !

S'ensuit un énième mano a mano avorté par un contre rondement mené. Cette fois, c’est Arrossamena qui remonte le flanc gauche pour trouver Šivic à l'opposé (2-3 à 30'03"). Lacasse ne peut que constater les dégâts...

Sébastien Raibon, lui, est sur tous les lancers mais laisse un nombre incalculable de rebonds. C'est un peu "un shoot, un Raibon" pour la doublure grenobloise, pas avare de secondes chances que ses hôtes s’avèrent incapables d’exploiter. Même les poteaux jouent contre eux à l'image de ce tir rasant de Stéphane Gervais (39'). Ce manque de réussite fait pour l'instant la différence en faveur des tenants de la Coupe de la Ligue, vaillants sans être brillants. Mais surtout beaucoup plus réalistes !

Les hommes de Santino Pellegrino doivent impérativement marquer s'ils veulent éviter de réaliser la très mauvaise opération de la soirée. Seulement voilà, les Dauphins n’arrivent à rien. Fidèle à lui-même, Niko Mäntylä se démène pourtant, se montrant aussi besogneux que précieux dans son allant offensif à l’image d’Hagelberg et Kuuluvainen, eux-aussi omniprésents. Mais décidément bien trop seuls dans leur malheur…

Oui, le danger s'est trop souvent résumé aux trois Finlandais, seules éclaircies dans la grisaille avec un Plch méritant mais desservi, il faut bien l'avouer, par un Petrák plus maladroit que jamais. Sans parler de Ján Šimko, transparent jusqu’à ce brassage consécutif à une faute de Rouleau sur Petrák dans l’arrondi (52’30’’), où il profite de la confusion pour en découdre avec Luděk Brož…

L'ICE s’en tire bien avec une supériorité numérique à suivre. Mais voilà, comme Hagelberg n’existe qu’en un seul exemplaire, cette opportunité est gâchée. Comme toutes les autres d’ailleurs, surtout que Raibon fait les arrêts qu'il faut quand il le faut. Et c'est finalement ce diable de Šivic qui pose la dernière pierre à l’édifice, dans une cage ouverte à tous vents (2-4 à 59'34"). Le buteur slovène signe au passage son quatrième point de la soirée. Pour Grenoble, l'affront du match aller est lavé...

Péril en la demeure ?

Les Brûleurs de Loups ont battu à l’efficacité un Épinal des petits soirs, qui a du coup laissé passer une occasion inespérée de définitivement distancer son concurrent direct au classement. Sa sixième place, fragilisée par le retour des Isérois, ne tient maintenant plus qu’à un fil...

En tout cas pas le temps de ressasser, ni même souffler puisqu’il va falloir se rendre demain (dimanche) à Angers. Et là, faudra pas gâcher !


Épinal  - Grenoble 2-4 (1-1, 1-2, 0-1)
Vendredi 18 février à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 333 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colléoni assisté de Benjamin Gremion et Pierre Dehaen.
Pénalités : Épinal 16’ (10’, 2’, 2’) ; Grenoble 18’ (8’, 4’, 6’).

Evolution du score :
0-1 à 12'09" : Arrossamena assisté de Brož et Šivic
1-1 à 12'49" : Hagelberg assisté de Leroy et Gervais (sup. num.)
1-2 à 22'17" : Avenel assisté de Benoît et Šivic
2-2 à 23'27" : Hagelberg assisté de Plch
2-3 à 30'03" : Šivic assisté d’Arrossamena et Wallin
2-4 à 59'34" : Šivic assisté de Baylacq et Rouleau (cage vide)

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse [sorti de sa cage de 59'04" à 59'34" et de 59'40" à 60'00"].

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Ján Šimko - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Tarik Chipaux - Erwan Agostini - Kévin Benchabane ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Anthony Rapenne.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Jonathan Gury. Absents : Benoît Quessandier (douleurs à l’épaule), Nathan Ganz (dos).

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon.

Défenseurs : Jason Crossman - Alexandre Rouleau (C) ; Viktor Wallin - Vincent Llorca ;  Maxime Moisand - Aymeric Gillet.

Attaquants : Mitja Šivic - Luděk Brož - Nicolas Arrossamena ; Raphaël Papa - Christophe Tartari (A) - Graham Avenel ; Julien Baylacq (A) - Mathieu Le Blond - Loup Benoît ; Elie Raibon.

Remplaçants : Anthony Koren (G), Luděk Krayzel, Rémi Colotti, Maxime Suzzarini. Absents : Baptiste Amar (double fracture de la cheville), Eddy Ferhi (ligaments du genou), Joris Bedin.