Strasbourg - Épinal (Ligue Magnus, premier tour, match 1)

Sans Lacasse, bonjour les dégâts !

IlLacasse_Loic1 est coutume de dire qu’avec les phases finales débutent une nouvelle saison. La hiérarchie, née de cinq mois de compétition acharnée, devient alors secondaire. Comme en 2006 lorsque les Dauphins, décevants onzièmes, sortaient Morzine-Avoriaz à la surprise générale…

Un exploit dont pourraient s'inspirer les hommes de Daniel Bourdages, qui se félicitent de retrouver Épinal pour un derby leur ayant souvent réussi. La perspective d'affronter Gap, la tête de série la plus "abordable" au tour suivant, réjouit d'autant plus Hugues Cruchandeau, un habitué de ces confrontations transvosgiennes. Le défenseur du cru se veut optimiste même s'il sait qu'un exploit passe impérativement par la correction des carences du moment. Notamment cette efficacité offensive, qui fait cruellement défaut à l'Étoile noire depuis de longues semaines...

Un déclic est donc attendu, ne serait-ce que pour "faire quelque chose en play-offs" et oublier une fin de saison régulière soldée par huit défaites en dix matchs. La plupart par un but d'écart comme celle concédée samedi (2-3 a.p.) face au Chamonix de Carl Lauzon.

Ce soir encore Strasbourg devait se méfier d'un des hommes forts du moment en Ligue Magnus, Jan Hagelberg. Le Finlandais, meilleur marqueur de tous les défenseurs (et encore auteur d'un doublé à Briançon), est presque devenu l'arme fatale d'une équipe d'Épinal soucieuse de ne pas voir sa belle saison gâchée par une sortie prématurée...

Loïc limite la casse…

Problème, les Bas-Rhinois ne veulent pas entendre parler de vacances anticipées. Fin prêts à en découdre, ils mordent dans le match, contrairement à des Spinaliens toujours privés de Šimko, Quessandier et étonnement fébriles malgré deux bonnes occasions de Kuuluvainen en tout début de partie (3’).

En fait, sans un Lacasse des grands soirs, c’était la raclée assurée pour une ICE payant-là les efforts consentis ce week-end. Tellement d’ailleurs que le gardien canadien doit jouer les pompiers de service devant Lehtisalo et ainsi rattraper d’énormes erreurs individuelles. Il brandit sa mitaine devant Lionel Tarantino, parti en break après la glissade de Guillaume Papelier en zone offensive (08’28’’). Un Papelier décidément peu inspiré et ensuite contré en sortie de zone, ce qui renvoie illico Tarantino vers un duel que l’ancien Rouennais est à deux doigts de remporter. Ou plutôt à deux bottes, celles de Lacasse, qui stoppent in-extremis le palet sur la ligne (10’52’’)…

Il va sans dire que Lacasse a tenu son équipe à bout de bras au plus fort de la domination alsacienne, qui devient sans partage passée la dixième minute de jeu.

Rien ne se passe comme prévu mais Santino Pellegrino persiste dans sa logique d’opposer sa troisième ligne au meilleur trio alsacien. Cette stratégie avait fonctionné en janvier dernier, mais ce soir les Chipaux, Benchabane et autres Agostini sont dépassés par l’intensité et la complémentarité retrouvée de Bradley, Cibuľa et Cayer. Ils ne sont donc pas à la hauteur… comme beaucoup de leurs coéquipiers d’ailleurs !

D’un SHagelberg_Jan1téphane Gervais en souffrance dans les duels à un Guillaume Papelier perdu dans ce rôle improvisé de défenseur (qu’il n’a jamais vraiment maîtrisé, il faut bien l’avouer), les Vosgiens peinent à passer en "mode playoffs". Même Michal Petrák, dont les errances donnent encore plus de relief aux performances de Maxime Boisclair, grand gabarit qui donne pleine mesure à ses qualités de distributeur aux-côtés du toujours combatif Timo Kuuluvainen.

Unis pour leur part dans un but commun, marquer, les Alsaciens s’engagent sans compter… et tous les contres leurs sont favorables. En première période, Loïc Lacasse a ainsi paré dix-sept lancers… contre sept, seulement, pour Vladimír Hiadlovský. Les chiffres parlent d’eux-mêmes…

Toujours aussi déterminés au retour des vestiaires, les locaux reprennent là où ils en étaient restés. David Cayer, idéalement servi par Ján Cibuľa, testant une nouvelle fois Lacasse à bout portant (21’). Caramba, encore raté !

Comme trop souvent ces derniers temps, l'Étoile noire peine à concrétiser et voit ressurgir ce spectre de l’inefficacité qui a fait d'elle la pire attaque du championnat. Certains commencent même à penser que Strasbourg est en train de laisser passer sa chance. Mais c'était sans compter sur l’inévitable Papelier, coupable d’une obstruction sur Tarantino (25’32’’). La pénalité de trop, celle qui permet au jeu de puissance local d’enfin trouver l’ouverture sur une reprise de Maxime Mallette, bien décalé à la pointe par Élie Marcos (1-0 à 25’55’’). Il était temps !

… Boisclair les sort de l’ornière…

Dans la foulée, une prise de risque inutile d’Erwan Agostini dans sa zone donne à Ján Cibuľa l’occasion d’immédiatement corser l’addition. Mais le Slovaque, à bout portant, ne cadre pas (26’). Au lieu de ça, les Spinaliens égalisent en supériorité numérique. Ján Plch rate pourtant son contrôle au premier poteau mais parvient tout de même à ramener le palet dans le slot. Et Maxime Boisclair, en bon renard des surfaces, ne se fait pas prier pour l’expédier dans la lucarne opposée (1-1 à 28’04’’).

Ce but inattendu semble avoir réveillé les visiteurs mais le danger, avec ce diable de Cayer, n’est jamais très loin. Le défi physique non plus vous me direz avec Lionel Tarantino, l'un des principaux animateurs de ce derby. Reste qu'Épinal peut remercier Maxime Boisclair, son buteur canado-haïtien, qui a grandement contribué au rééquilibrage des rapports de force dans l’acte médian...

Difficile toutefois de ne pas souligner la prestation de Loïc Lacasse, qui a longtemps retardé l’échéance. Mais la chance va tourner. D’une astucieuse remise, Cibuľa libère Cayer, qui repique vers la gauche, prend un tir du revers et récupère son rebond, dans un angle impossible, pour glisser la rondelle dans un trou de souris (2-1 à 43’41’’). Ce n’est que justice pour un ensemble alsacien travailleur ayant retrouvé, ce soir, une ligne de parade au meilleur de sa forme.

Les coéquipiers d'Édouard Dufournet tiennent le bon bout mais la tension est de plus en plus perceptible. Une rixe éclate contre la bande entre Boisclair et Česnek, juste sous le le pan de tribune occupé par les supporters spinaliens (50’14’’). La mise en échec du Canadien lui vaut, comme au Slovaque, un 2+2 qui n’arrange pas les Dauphins, privés pour quatre minutes de leur meilleur attaquant…

David_CayerCe match, les Vosgiens l’auront perdu sur plusieurs erreurs individuelles. Comme cette passe hasardeuse tentée par Fabien Leroy, ligne de fond, en direction de Maxime Boisclair, seul devant Loïc Lacasse. Paul Bradley, qui rôdait par là, adresse un tir forçant le cerbère des Dauphins à découvrir son montant droit. Là d’où surgit précisément Cayer pour inscrire un troisième but mérité (3-1 à 54’26’’). De rage, Lacasse en explose sa crosse. Une frustration compréhensible vu la tournure des événements...

… et Cayer les fait craquer !

Pour David Cayer en revanche, le coup de chapeau n’est pas loin... et c’est Maxime Boisclair qui le lui sert sur un plateau, d’une relance dans l’axe inappropriée. Le Québécois trouvant ensuite le relais de Cibuľa côté gauche pour l’heureuse conclusion d’un une-deux d’école (4-1 à 56’25’’). Complètement lessivés, les boys de Pellegrino laissent filer ces derniers instants, bien conscients d'être totalement passés à côté de leur match...

Être ambitieux est une chose. Ne pas être prêt au combat, le jour J, en est une autre. Autant physiquement que mentalement et collectivement, les Spinaliens n'ont pas soutenu la comparaison avec un adversaire autrement plus déterminé. Et qui semble avoir retrouvé ses bonnes dispositions du début de saison.

Pourtant, déjouer Lacasse ce soir n’était pas chose aisée. Mais à force d’essayer, l’Étoile noire y est arrivée. Comme quoi quand on veut… on peut. Les Dauphins ont trois jours pour se reprendre. Trois jours pour inverser une tendance aujourd’hui devenue défavorable. Trois jours pour éviter l'élimination...

 

Strasbourg - Épinal 4-1 (0-0, 1-1, 3-0)
Mardi 1er mars 2011 à 20h00 à la patinoire de l'Iceberg. Environ 1 500 spectateurs.
Arbitres : Jimmy Bergamelli assisté de Benjamin Gremion et Yann Furet.
Pénalités : Strasbourg 12' (4', 2', 6') ; Épinal 12' (2', 2', 8').
Tirs : Strasbourg 42 (17, 12, 13) ; Épinal 26 (7, 10, 9).

Évolution du score :
1-0 à 25'55" : Mallette assisté de Marcos et Dufournet (sup. num.)
1-1 à 28'04" : Boisclair assisté de Plch et Petrák (sup. num.)
2-1 à 43'41" : Cayer assisté de Cibuľa et Bradley
3-1 à 54'26" : Cayer assisté de Cibuľa (sup; num.)
4-1 à 56'25" : Cayer assisté de Cibuľa

 

Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs : Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Michal Česnek - David Stříž ; Pasi Petriläinen -  Žiga Svete.

Attaquants : Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Ján Cibuľa - Paul Bradley -  David Cayer ; Lionel Tarantino - Juho Lehtisalo - Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé, Noé Gersanois, Timothée Franck, Jérémy Quillier.

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume  Papelier.

Attaquants : Nathan Ganz [ou Anthony Rapenne] - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Kévin Benchabane -  Erwan Agostini - Tarik Chipaux ; Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C).

Remplaçant : Nicolas Ravel (G). Absents : Benoît Quessandier (douleurs à l'épaule), Ján Šimko (adducteurs).