Épinal - Strasbourg (Ligue Magnus, premier tour, match 2)

Lacasse_LoicRenversant !

Mardi en Alsace, l'ICE a perdu une bataille... mais pas encore la guerre. Une victoire, ce soir, remettait les compteurs à zéro. Une nouvelle défaite, en revanche, signifiait sa fin de saison. Sans autre forme de procès...

Ainsi, pour ne pas jeter l'opprobre sur une saison régulière réussie, les hommes de Santino Pellegrino se devaient de rectifier le tir. Et s'ils n'ont pas spécialement brillé lors de leurs dernières sorties à domicile, il leur fallait ce soir doucher la confiance grandissante d'une Étoile noire ragaillardie par sa performance de mardi. David Cayer, auteur ce soir-là d'autant de buts (3) qu'à ses quatorze derniers matchs de championnat, rappellant au passage que les grands joueurs répondent toujours présents dans les moments importants...

Mais c'était mal connaître ces Spinaliens que de les croire déjà résignés... surtout qu'ils sont décidément capables de tout ! Strasbourg, qui croyait avoir tué ce match, l'a appris à ses dépends..

Six minutes, c'est ce qu'il a fallu aux Dauphins pour renverser une énième situation désespérée. Menés 2-0 à huit minutes du terme, les Vosgiens ont soudain trouvé la clé du verrou Hiadlovský pour marquer trois fois en six minutes. Qu'on se le dise, un match n'est jamais perdu tant qu'il n'est pas fini. Voilà un dicton résumant bien l'état d'esprit spinalien cette saison !

Mais avant d'en arriver là...

Pellegrino l'a dit. Il voulait en faire "baver" aux Alsaciens et c'est un pari tenu pour l'Italo-Canadien. D’emblée ses troupes prônent d'entrée un défi physique très prononcé. Rien de tel vous me direz pour exacerber une bonne vieille rivalité, surtout que les Strasbourgeois ne sont pas les derniers à dispenser des charges appuyées !

C'est dans ces débats musclés qu'un Maxime Boisclair prend toute son importance de part son abatage dans les coins et sa présence le long des balustrades. Ses coéquipiers, s’ils n’ont pas tous sa dimension physique, ne manquent d’apporter leur pierre à l’édifice en complétant toutes leurs mises en échec pour mieux chahuter des Strasbourgeois accrocheurs (Agostini_Erwan_1toujours), rugueux (souvent), voire même excessifs par moment...

Reste que ces contacts tous azimuts engendrent un nombre conséquent de pénalités. Une charge dans le dos de Mallette sur Kuuluvainen contre la bande (07'33") provoque l'ire légitime d'un Boisclair récoltant, sur ce coup, une des trois méconduites (avec celles de Mallette et Petriläinen) de ce premier tiers-temps où pas moins de 48 minutes d'infamie seront distribuées...

Chaque duel, âprement disputé, génère une intensité digne d'un vrai match de playoffs. Et comme personne n'entend lâcher du lest, peu d'occasions sont recensées. Du côté spinalien, elles proviennent surtout d'une troisième ligne plus mordante que jamais. De toute évidence, Tarik Chipaux a mangé du lion et se dépense sans compter aux-côtés de Kevin Benchabane et Erwan Agostini... avant, bien sûr, que ce dernier ne tombe au combat, durement touché à l'épaule en fin de première période.

HiadlovskyVladimirAprès vingt minutes de combat, un constat s'impose. Épinal a retrouvé toute sa gnac. Seule ombre au tableau, l’efficacité offensive lui fait toujours défaut. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer mais Hiadlovský, dans un grand soir (et bien soutenu par sa garde rapprochée), se dresse en muraille infranchissable. C'est surtout vrai dans l'acte médian lorsque Chassard, après avoir déshabillé son vis à vis, s'en vient buter sur le portier slovaque (29'02"). Bis repetita sur ce missile dégainé par Kuuluvainen mais que "Vlad" bloque d'une mitaine ferme (30'20").

Les bonnes dispositions sont spinaliennes mais, c'est bien connu, dominer n'est pas gagner. Et comme bien souvent en pareil cas, c'est l'adversaire qui fait valoir son réalisme par un David Cayer plein d'opportunisme (0-1 à 31'16"). Ce but de raccroc, le quatrième du Canadien dans cette série, s'accompagne peu après d'une nouvelle très chaude alerte. Paul Bradley, seul devant Lacasse, ratant la cible à bout portant (34').

Les joueurs de la Cité des Images semblent payer leur débauche d’énergie. Les passes deviennent moins précises et le jeu plus stéréotypé. Heureusement, Loïc Lacasse veille au grain comme sur ce débordement côté droit de Žiga Svete. Le centre du Slovène est parfait pour Lionel Tarantino au second poteau mais le déplacement latéral du gardien canadien l'est tout autant (37'08"). 

Lacasse, comme à l'aller, ne fait que retarder l'échéance. Car ce poison de Cayer, à l'affût derrière la cage, temporise ce qu'il faut pour trouver Cibuľa dans l'enclave (0-2 à 37'51"). Ça sent le sapin pour les Vosgiens...et les vingt prochaines minutes de jeu risquent bien d'être les dernières jamais disputées dans cette structure provisoire prochainement vouée à disparaître...

L'ICE refuse catégoriquement cette éventualité. Après tout, ne s'est-elle pas toujours relevée dans l'adversité ? À vrai dire, vu des gradins, on n'y croît plus guère surtout que la réussite offensive pointe toujours aux abonnés absents. Ce n'est pourtant pas faute d'essayer mais les efforts de chacun restent vains. Strasbourg, de son côté, manque de porter le coup de grâce sur un contre d'Élie Marcos (46'35') et une reprise de David Cayer repoussée in-extremis (49')...

ChassardGuillaumeL'impensable retour

La bête spinalienne est blessée... mais elle respire encore. Et réduit le score au sortir d'une double supériorité numérique, d'un plomb dans la lucarne opposée décoché par un Guillaume Chassard pourtant très excentré (1-2 à 52'59").

L'espoir, fortement compromis, renaît tout doucement, forçant l'Étoile noire à chèrement défendre son acquis. Mais voilà, le vent a tourné et Jan Hagelberg, repositionné à l'aile gauche de Plch et Petrák en fin de match, voit son lancer (dévié ?) filer sous le bras droit d'un Vladimír Hiadlovský tout à coup moins inspiré (2-2 à 57'12"). 

L'exploit prend forme. Reste à voir qui sera la star du soir. Comme face à Rouen cinq mois plus tôt, c'est Guillaume Chassard qui endosse ce rôle. Lancé sur le flanc gauche par Boisclair, le capitaine spinalien fond sur Hiadlovský et vise juste, entre ses bottes (3-2 à 58'10"). Incroyable ! 

Encore une fois, l'ICE a su renverser une situation fortement compromise grâce à son farouche esprit de compétiteur. De quoi gâter un public spinalien abasourdi par cette incroyable remontée, inimaginable dix minutes auparavant, et qui n'a pas manqué savourer ce sursis arraché de haute lutte.

Après avoir frisé l'élimination, Épinal peut de nouveau rêver à la qualification. Mais si les hommes de Daniel Bourdages ont raté le coche, ils n'ont pas encore dit leur dernier mot. La suite, au prochain numéro...

 

Épinal – Strasbourg 3-2 (0-0, 0-2, 3-0)
Vendredi 4 mars 2011 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 357 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Nicolas Crégut et David Courgeon.
Pénalités : Épinal 20' (18', 0', 2') ; Strasbourg 38' (30', 4', 4').
Tirs : Épinal 38 (12, 13, 13) ; Strasbourg 25 (7, 12, 6).

Évolution du score :
0-1 à 31'16" : Cayer assisté de Bradley et Cibuľa
0-2 à 37'51" : Cibuľa assisté de Cayer et Bradley
1-2 à 52'59" : Chassard assisté de Gervais (sup. num.)
2-2 à 57'12" : Hagelberg assisté de Petrák
3-2 à 58'10" : Chassard assisté de Boisclair et Kuuluvainen

 

Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Nathan Ganz [ou Anthony Rapenne] - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Kévin Benchabane - Erwan Agostini [puis Ganz] - Tarik Chipaux.

Remplaçants : Mathieu Perrin (G), Jonathan Gury. Absents : Benoît Quessandier (douleurs à l'épaule), Ján Šimko (adducteurs).

Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs : Michal Česnek - David Stříž ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Pasi Petriläinen - Žiga Svete.

Attaquants : Ján Cibuľa - Paul Bradley - David Cayer ; Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino - Juho Lehtisalo [puis Timothée Franck] - Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé, Noé Gersanois, Jérémy Quillier.