Épinal - Strasbourg (Ligue Magnus, play-offs, premier tour, match 3)

Comme un air de déjà vu...

Lehtisalo_Juho"Allez viens, c'est bientôt la fin... de cette glace qui ne vaut plus rien..." Cette musique-là, le public spinalien, réduit à peau de chagrin depuis un an et demi, ne la connaît que trop bien. Ce soir encore, la surface de jeu, fragilisée par la précarité des installations (provisoires rappelons-le) et les écarts de températures extérieures, a fait ses siennes avec un trou apparu à la toute fin du premier tiers-temps, alors que Strasbourg menait 2 à 0.

Un avantage logique pour des Alsaciens plus frais physiquement que leurs hôtes, visiblement au bout du rouleau et incapables, cette fois, d'entretenir le défi physique en début de partie. Cela jouait pourtant moins "bourrin" que la veille, surtout du côté spinalien où l'entame pour le moins laborieuse ressemblait à s'y méprendre à celle du match aller. Les buts en plus, évidemment...

Mystifié par un shoot de Pierre-Antoine Devin (06'20"), Loïc Lacasse s'inclina une seconde fois sur un tour de cage mené par Lionel Tarantino. Au bout de son effort, le longiligne ex-Rouennais tente sa chance dans l'angle fermé mais le gardien québécois concède un rebond qu'exploite Julien Burgert au nez et à la barbe d'une défense insuffisamment réactive (13'42").

Puis vint ce trou, formé à hauteur de la ligne bleue la plus éloignée de la tribune (la plus proche des vestiaires donc). Huile de coude, eau, extincteur à CO2 et même azote liquide apporté en catastrophe par un sponsor, tous les moyens sont employés pour colmater cette brèche malvenue. Et après 1h30 d'interruption, où les spéculations sont allées bon train dans les gradins quant au devenir de cette partie, le match a repris... avec 2'09" à jouer dans ce premier tiers iHangarnachevé. Et qui se terminera officiellement à... 22h30. Deux heures quinze après son lancement...

Comme Strasbourg a retenu sa leçon de la veille, Épinal ne pourra que jeter ses dernières forces dans une bataille par la suite émaillée de nombreux accrochages. Vladimír Hiadlovský restant infaillible, lui qui n'aura finalement connu qu'un passage à vide de quelques minutes sur l'ensemble de la série. Lacasse, de son côté, enrayant contres et tirs à bout portant pour éviter le bouillon. Sur les coups de minuit s'achevait donc la saison vosgienne. Avec un certain soulagement pour un environnement spinalien las d'évoluer dans des conditions aussi précaires. Mais, aussi, avec un terrible goût d'inachevé...

C'est une triste fin pour les Dauphins, qui disputaient peut-être là leur dernier match sous cette appellation si le "naming" pressenti venait à voir le jour (rappelons que le président Claude Maurice éventa, mardi sur les ondes de France Bleu Sud Lorraine, l'éventualité d'un partenariat avec Dark Dog, un grand nom de la boisson énergisante).

Triste fin aussi après une saison régulière réussie. Celle de tous les records avec 33 points au compteur et 15 succès au total, l'ICE ayant au moins une fois battu tous ses adversaires en championnat. Tous sauf un, Gap, adversaire désigné en quarts de finale si d'aventure les Vosgiens passaient l'écueil strasbourgeois. En perte de vitesse après un automne euphorique, l'Étoile noire ne semblait pourtant pas se présenter dans les meilleures dispositions. Mais les Alsaciens furent d'autant plus redoutables qu'ils ont retrouvé toute leur solidité. Et par la même leur efficacité.

De nouvelles perspectives

L'ICE connaîtra des jours meilleurs. Elle en a désormais fini avec son "hangar" préfabriqué, froid et inhospitalier. À la rentrée l'attendra une nouvelle patinoire et, sûrement, un nouveau sponsor dont les moyens pourraient permettre au club d'élever son budget et d'oublier les pertes et le manque à gagner de ces deux dernières années. Oui, vivement demain !

Réactions d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace) :

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "On voulait surtout montrer aux Spinaliens que ce qui s’était passé vendredi ne se reproduirait pas. Ce que les garçons ont fait pendant les deux derniers tiers a été énorme. Vendredi, Vladimir faisait aussi un énorme match et les garçons ont peut-être cru à un moment que rien n’allait rentrer. Samedi, ils ont tout fait pour que rien ne rentre. On retrouve une équipe où le danger peut venir de partout. Et comme les lignes arrières ont été solides, c’est toute l’équipe qui fait bloc, qui est prête à ne rien lâcher." 

 

Épinal - Strasbourg 0-2 (0-2, 0-0, 0-0)
Samedi 5 mars 2011 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 512 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Nicolas Cregut et Mathieu Loos.
Pénalités : Épinal 41' (2', 12', 2'+25'), Strasbourg 16' (2', 8', 6').
Évolution du score :
0-1 à 06'20" : Devin assisté de Marcos et Franck
0-2 à 13'42" : Burgert assisté de Tarantino et Dufournet


Épinal

Gardien : Loïc Lacasse.

Défenseurs : Niko Mäntylä - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Stéphane Gervais ; Peter Slovák - Guillaume Papelier.

Attaquants : Timo Kuuluvainen - Maxime Boisclair - Guillaume Chassard (C) ; Anthony Rapenne [puis Hagelberg] - Michal Petrák (A) - Ján Plch (A) ; Kévin Benchabane - Nathan Ganz - Tarik Chipaux.

Remplaçants : Nicolas Ravel (G), Jonathan Gury. Absents : Benoît Quessandier (douleurs à l'épaule), Ján Šimko (adducteurs), Erwan Agostini (fracture de l'humérus).

Strasbourg

Gardien : Vladimír Hiadlovský.

Défenseurs : Michal Česnek - David Stříž ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Pasi Petriläinen - Žiga Svete.

Attaquants : Ján Cibuľa - Paul Bradley - David Cayer ; Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino - Timothée Franck - Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé. Absent : Juho Lehtisalo (blessé la veille), Noé Gersanois et Jérémy Quillier (playoffs de division 3 avec la réserve).