Colmar - Strasbourg II (Division 3, 1/8e de finale aller)

Nous y voilà, à ces fameux play-offs. Colmar n'a finalement pas pu venir à bout des Gaulois briançonnais et finit second de la poule D.

Son adversaire désigné sera donc la réserve de l'Étoile Noire de Strasbourg, pour l'affiche la plus équilibrée de ce tour, du moins sur le papier. Le rival bas-rhinois est rompu à ces matches à haut enjeu puisqu'il y est habitué depuis quelques saisons (avec même une participation au tournoi final, à Rouen en 2008). À défaut d'un effectif aussi pléthorique que celui des Colmariens, les Strasbourgeois évoluent avec un effectif aux noms évoquant des "millésimes" reconnus (Bergès, Hohnadel, Brau-Arnauty) ou en devenir (Gersanois, Quillier).

Attention donc à cette partie qui a tout du match piège : la presse locale ne s'attarde pourtant pas trop sur celle-ci et évoque déjà le tour suivant contre Metz ou Compiègne.

Même si les Bas-Rhinois ne sont venus qu'avec un effectif minimum (deux lignes complètes plus un défenseur supplémentaire), ils ne comptent pas jouer les victimes expiatoires. La victoire n'est pas encore dans le panier des Haut-Rhinois, loin s'en faut.

D'autant qu'au bout de vingt minutes, les visiteurs possèdent déjà deux longueurs d'avance. L'avantage n'est que relatif, tant cette première période fut morne et très peu précise. Elle fut surtout crispée, tant les deux protagonistes rivalisent d'approximations, sans doute tendus par l'enjeu. Strasbourg se crée la plus grosse occasion, quand le palet erre devant le but de Marc Buchlin couché par terre (5'02"), même si Colmar "domine" territorialement. Par contre, sur le plan du jeu, celui très basique de Strasbourg finit par payer lorsque Damien Brau-Arnauty, servi par Frédéric Bastian derrière la cage, allume Buchlin (0-1 à 15'36"). Colmar se déconcentre au point de laisser son adversaire doubler la mise à 3 contre 3, en permettant à Frédéric Bastian de loger le palet sous la barre (0-2 à 18'39").

Agaçant, cet avantage, même si largement rattrapable, après tout, Colmar en a vu d'autres. Agaçant tout de même, ce retour sur la glace des Strasbourgeois, nettement plus sereins : Brau-Arnauty en profite pour reprendre un rebond de Stéphane Hohnadel (0-3 à 25'47") et donner une troisième longueur d'avance nette et méritée.

Colmar a l'avantage de recoller aussitôt au score sur sa première vraie action collective du match : Yannick Maillot finalise l'action turbo entreprise par ses collègues Fuchs et Schultz (1-3 à 26'36"). Hélas, dans la foulée, l'Étoile Noire reprend de l'avance : tout d'abord sur un lancer de la bleue de Sébastien Bergès dont la trajectoire est mal évaluée par la mitaine de Buchlin (1-4 à 27'18"), puis sur un slalom de Frédéric Bastian (1-5 à 28'37"). Strasbourg joue maintenant dans une tactique plus patiente, mais toujours aussi simple : exploiter au mieux toutes les opportunités (et elles sont nombreuses à ce moment de la partie) offertes par les Colmariens, à nouveau englués dans leurs imprécisions.

Petite lueur d'espoir, Joan Koenig remonte le moral des siens en supériorité (2-5 à 35'44") : on sent alors que les Titans reprennent du poil de la bête et poussent ainsi de façon nettement plus ordonnée vers la cage de Ludovic Rio.

Ils vont pourtant être douchés, au retour des vestiaires, par un nouveau tir de la bleue de Bergès, que le malheureux Buchlin (complètement masqué) ne voit pas arriver (2-6 à 41'52"). Autant on sentait avant ce but qu'une remontée colmarienne était encore possible, autant après ce but les locaux vont définitivement sombrer dans le non-match. Les Strasbourgeois commencent pourtant à avoir les jambes lourdes, au point de ne plus trop lancer devant, au point aussi d'être fréquemment sanctionnés pour cause de retard sur les actions. Hélas, les locaux ne profitent pas de ces multiples avantages numériques, dont deux doubles supériorités. Pire, Strasbourg y joue encore mieux et est souvent le premier sur le palet.

L'Étoile Noire finit le match en enfonçant deux nouvelles pointes dans les organismes colmariens : d'abord un petit numéro de Jérémy Quillier (2-7 à 54'46") puis un deuxième, tout aussi joli, de Frédéric Bastian (2-8 à 57'55"). Le réalisme bas-rhinois (trois buts sur quatre tirs cadrés dans ce tiers) laisse les locaux hagards... Adieu vaches, veaux, cochons... Quart de finale, carré final...

Belle prestation pour l'Étoile Noire. Qui eût cru avant le coup d'envoi que douze bonhommes pourraient infliger une pareille déroute à un effectif deux fois plus conséquent ? Hormis un début de match franchement crispé, les Strasbourgeois ont joué méthodiquement leur hockey basique, relativement précis et... réaliste.

Quel dommage pour Colmar d'avoir joué de si prometteuses parties contre Briançon, ou Besançon, pour finalement se faire empaqueter de la sorte, comme à la triste époque des dernières places de play-down de D3. Rien ou presque ne s'est passé comme prévu : peu de collectif, très peu d'inspiration (on attend tout de l'entraîneur-joueur Maillot), très peu de vitesse de patinage (même pour TGV Preuss, plutôt anémique ce soir), et surtout un moral très très perfectible. Les seules lueurs d'espoir pour le match retour viennent de ces rares moments de révolte initiés après leurs deux réalisations, c'est très maigre mais il va falloir faire avec.

Après tout, ce n'est que du hockey, de surcroît en Division 3, remonter six buts n'est pas non plus insurmontable... à condition toutefois d'avoir un moral surgonflé, le couteau entre les dents et l'envie de se battre pour au moins laver cet affront. Non mais !

Les vacances scolaires alsaciennes se terminaient ce week-end... Aux Titans iroquois de montrer qu'ils ne veulent pas y être samedi prochain. Mission ardue mais pas encore désespérée.

 

Colmar - Strasbourg II 2-8 (0-2, 2-3, 0-3)
Samedi 5 mars 2011 à 18h00 à la patinoire de Colmat. 300 spectateurs.
Arbitrage de M. Bergeron et Mme Arnold.
Pénalités : Colmar 14' (6', 4', 4') ; Strasbourg 46' (8', 6', 12'+10'+10').
Tirs : Colmar 21 (8, 4, 9) ; Strasbourg 23 (7, 12, 4).

Évolution du score :
0-1 à 15'36" : Brau-Arnauty assisté de F. Bastian
0-2 à 18'39" : F. Bastian assisté de Dort
0-3 à 25'47" : Brau-Arnauty assisté de Hohnadel et Dort
1-3 à 26'36" : Maillot assisté de Fuchs et Schultz
1-4 à 27'18" : Bergès assisté de Hohnadel
1-5 à 28'38" : F. Bastian assisté de Hohnadel
2-5 à 35'44" : Koenig assisté de P. Buchlin et Preuss (sup. num.)
2-6 à 41'52" : Bergès assisté de Gersanois (sup. num.)
2-7 à 54'46" : Quillier assisté d'Idiart
2-8 à 57'55" : F. Bastian (sup. num.)


Colmar

Gardien : Marc Buchlin.

Défenseurs : Maxime Lachapelle – Laurent Blanck (ou Pierre Zaenker) ; Mickaël Tin (A) – Gilles Heintz ; Éloi Lenner (C) – Sébastien Muller.

Attaquants : Pierre Schultz – Yannick Maillot – Julien Fuchs ; Joan Koenig – Timo Preuss – Pierre Buchlin ; Christopher Dehan – Vincent Besserer – Thimothée Heydt (ou Yann Pflieger).

Remplaçants : Julien Hagenmuller (G), Joris Eigelthinger, Xavier Dufilh. Absents : Quentin Besserer, Benjamin Leconte.

Strasbourg II

Gardien : Ludovic Rio.

Défenseurs : Sébastien Bergès – Thomas Dort ; Philippe Bastian (C) – Xavier Idiart ou Elliot Sivel.

Attaquants : Damien Brau-Arnauty – Stéphane Hohnadel (A) – Frédéric Bastian (A) ; Noé Gersanois – Jérémy Quillier – Luca Casella.