Gap - Strasbourg (Ligue Magnus, 1/4 de finale, match 1)

Qui sera l'invité-surprise des demi-finales 2011 ? Strasbourg n'a jamais atteint ce niveau, et Gap attend d'y retourner depuis 1988. L'avantage des Alsaciens est de n'avoir rien à perdre après une saison régulière décevante qui les a vu chuter de la première place (qu'ils occupaient avant la défaite 1-2 contre... Gap) à la onzième, en incluant une pénalité infligée pour avoir aligné de bonne foi (selon la conciliation au CNOSF) un joueur suspendu, une affaire qui les a quelque peu perturbés.

Au contraire, Gap ne veut pas gâcher sa saison de rêve en sortant en quart de finale. L'éviction en fin de semaine dernière de leur meilleur marqueur Rane Carnegie pour "préserver la solidarité de l'effectif" laisse planer une ombre sur les Rapaces. Le joueur-clé, c'est cependant le gardien gapençais Ronan Quemener. Frustrés à l'aller comme au retour, les attaquants strasbourgeois trouveront-ils la solution cette fois ?

Non, décidément non. 44 fois non, comme le nombre d'arrêts de Quemener. Cela commence dès le début du match, au rythme d'un tir par minute. Édouard Dufournet, très en vue ce soir, échoue à deux reprises, tout comme le centre américain Paul Bradley. Et comme à chaque confrontation, Gap adopte une redoutable stratégie de contre-attaque. À la mi-tiers, Sean Roche est tout près d'ouvrir le score.

Le premier moment-clé intervient à 16'33". Les deux premières pénalités (si l'on excepte une méconduite de Cayer), un faire trébucher de Bradley et un cinglage de Bougé, sont en effet sifflées... sur la même action. Deux minutes pleines à 5 contre 3... et seulement un tir cadré d'Uronen ! Le powerplay n'est pas le point fort de Gap, ni de Strasbourg d'ailleurs.

Alors, les deux équipes commencent à relâcher leur discipline et à récolter des pénalités autour de la mi-match. En situation de 4 contre 4, les Gapençais récupèrent le palet dans leur zone, Julien Correia lance Jérémie Paradis en contre-attaque et suit l'action pour reprendre le rebond (1-0, 31'14"). Après un premier tiers-temps difficile, les Rapaces - exempts du tour préliminaire - se sont décrassé les jambes et maîtrisent désormais le score.

Strasbourg repart donc à l'offensive au troisième tiers-temps, et trouve assez vite l'ouverture. Timothée Franck surprend Quemener en venant dévier un palet envoyé de la bleue par Hugues Cruchandeau (1-1, 43'29"). Les buteurs sont inattendus ce soir : la troisième ligne de Gap, puis le dixième attaquant de Strasbourg, titularisé par la blessure de Lehtisalo.

On peut y voir de l'absence de buteur, surtout après le départ de Rane Carnegie qui assumait ce rôle à Gap. Mais sa place en première ligne a été récupérée par Jesse Uronen, qui réceptionne une relance de Roche à la ligne bleue et bat Hiadlovsky du revers (2-1, 44'44"). Tant d'efforts pour marquer un but, et voilà que Strasbourg a tout gâché en une minute.

De nouveau, les Alsaciens se ruent à l'attaque. Leur première ligne a beau tout tenter, rien à faire, il y a Quemener. Quand il est enfin battu sur une action confuse, le but est refusé. Et même le poteau vient à la rescousse du jeune international français à deux minutes de la fin en repoussant un tir de David Cayer.

Jamais deux sans trois. Strasbourg a encore archi-dominé aux lancers pour s'incliner en n'ayant marqué qu'un seul but. Gap aurait tort de se priver d'appliquer la même recette demain.

 

Gap - Strasbourg 2-1 (0-0, 1-0, 1-1)
Mardi 8 février 2011 à 20h30 à la patinoire Brown-Ferrand. 1312 spectateurs.
Arbitrage de Bruno Colleoni assisté de Geoffrey Barcelo et Guillaume Gielly.
Pénalités : Gap 10' (0', 6', 4') ; Strasbourg 22' (4'+10', 6', 2').
Tirs : Gap 23 (10, 10, 3) ; Strasbourg 45 (16, 9, 20).
Évolution du score :
1-0 à 31'14" : Correia assisté de J. Paradis
1-1 à 43'29" : Franck assisté de Cruchandeau et Marcos
2-1 à 44'44" : Uronen assisté de Roche


Gap

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Alexandre Cornaire - Justin Vienneau ; Jakub Suchanek - Milan Tekel (A) ; Matus Luciak - Ryan Jorde.

Attaquants : Sean Roche - Jean Charles Charette (A) - Jesse Uronen ; Jiri Jelen Mikko Palotie - Jiri Rambousek ; Romain Moussier (C) - Jérémie Paradis - Julien Correia ; Mathieu André.

Remplaçants : Adrien Fénart (G), Jérémy Baridon, Romain Vitali, Kevin Zampa, Dimitri Thillet. Absent : Rane Carnegie (écarté avant les play-offs).

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky [sorti à 59'21"].

Défenseurs : Michal Cesnek - David Stríž ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Pasi Petriläinen - Žiga Svete.

Attaquants : Ján Cibula - Paul Bradley - David Cayer ; Timothée Franck - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino - Édouard Dufournet - Julien Burgert ; Pierre Bougé.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Noé Gersanois, Jérémy Quillier. Absent : Juho Lehtisalo (blessé).