Strasbourg - Gap (Ligue Magnus, 1/4 de finale, match 4)

En play-offs, on ne calcule pas en additionnant les scores. Même vainqueurs 9-2 hier, les Strasbourgeois sont toujours menés 2 à 1 dans la série. C'est un autre match qui commence, et le défi est toujours le même : marquer en premier pour obliger l'adversaire à se découvrir et le prendre en contre.

Gap a les premières occasions à la faveur d'une pénalité se Cayer, mais Paradis et Jelen échouent tour à tour sur un Hiadlovsky vigilant. Strasbourg y parviendra-t-il mieux ? Pas facile, surtout contre Gap et sa défense regroupée. Mais quand une équipe est très repliée, la solution offensive peut venir des défenseurs. Päsi Petriläinen, déjà l'origine de deux buts hier, va ainsi débloquer le score : récupérant le palet derrière une cage aux abords surpeuplés, David Cayer comprend l'intérêt de la passe en retrait vers l'arrière finlandais, qui a le champ libre pour armer un beau lancer (1-0, 9'53). Strasbourg met la main sur la rencontre, mais Quemener, en grand écart s'il le faut, s'est bien repris après son match difficile hier.

La deuxième période est d'un rythme assez faible, et l'on commence à percevoir l'intensité du combat qui s'est déroulé jusqu'ici et qui pèse sur les organismes. Les forces viennent à manquer, la lucidité aussi. Et même Quemener se fait piéger sur un lancer en entrée de zone de Tarantino. Restant en "V", il a cherché à descendre sa mitaine sur ce tir assez bas, mais le palet passe entre son gant et sa botte (2-0, 34'15). Un écart définitif ?

Même si Quemener n'encaisse pas le troisième but fatal derrière une défense qui le protège moins, les Gapençais ont-ils les moyens de revenir ? Ils recourent souvent à la vitesse de Rambousek lancé par une longue passe ou à des contres individuels comme celui de Correia. Le temps file et la victoire alsacienne se dessine. Mais à cinq minutes de la fin, Mallette et ses collègues n'arrivent pas à dégager les rebonds, et les tirs reviennent sans cesse, jusqu'à ce que Jiri Rambousek finisse par marquer (2-1, 55'34").

Plus qu'un but d'avance, mais les minutes défilent toujours. Patrick Turcotte appelle son temps mort pour jouer à six contre cinq. Un tir en cage vide de Cayer est bloqué par un défenseur, et Gap tente une dernière offensive. Le public égrène les secondes... Quatre... Le palet est dans le coin... Trois... Jelen l'en a sorti... Deux... Pour Rambousek qui a marqué d'un tir rasant (2-2, 59'58"). Le "un" reste bloqué dans mille six cents gorges soudain enrouées. Et autant de regards hagards. Les Gapençais sautent de joie et traversent toute la patinoire pour se diriger vers leurs supporters.

Gap n'est plus qu'à un but de la demi-finale, mais Strasbourg aborde cette prolongation pour la gagner. Jan Cibula entre les cercles délivre une passe parfaite pour la reprise de David Cayer côté gauche (3-2, 61'49").

Commentaires d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace)

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "Heureusement qu'il y avait une prolongation, mais il faut aussi comprendre que les garçons jouaient leur quatrième match en cinq jours. Nous avons reculé en fin de match alors qu'on menait 2-0, mais c'est presque normal de lever le pied. On va voir comment les joueurs de Gap vont réagir, ils étaient quand même à deux doigts de nous sortir de la série en arrachant la prolongation. C'est une équipe qui joue très bien en contre, mais on commence à la connaître et il faudra savoir où et comment bloquer les bons joueurs. Mais surtout, il ne faudra pas se priver d'aller jouer en attaque. Le match de mardi est le plus important de l'histoire du hockey à Strasbourg !"

Lionel Tarantino (attaquant de Strasbourg) : "À 19'58 dans le troisième tiers-temps, mon cœur s'est arrêté de battre. Cela aurait pu être terrible pour nous de perdre en prolongation, confie Lionel Tarantino. Heureusement, elle n'a pas duré longtemps. C'était énorme sur le ban. Aucun de nous ne veut être déjà en vacances. On a su égaliser dans la série chez nous, on sait que ce n'est pas passé loin chez eux. On mérite ce cinquième match et on a déjà hâte de le jouer. On ne veut pas s'arrêter là !"

 

Strasbourg - Gap 3-2 après prolongation (1-0, 1-0, 0-2, 1-0)
Samedi 12 février 2011 à 17h30 à l'Iceberg. 1248 spectateurs.
Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Yann Furet et Nicolas Cregut.
Pénalités : Strasbourg 10' (4', 2', 4', 0') ; Gap 6' (4', 0', 2', 0').
Tirs : Strasbourg 40 (15, 8, 13, 4) ; Gap 33 (10, 8, 15, 0).
Évolution du score :
1-0 à 09'53" : Petriläinen assisté de Cayer et Cibula
2-0 à 34'15" : Tarantino assisté de Marcos et Mallette
2-1 à 55'34" : Rambousek assisté de Tekel et Suchanek
2-2 à 59'58" : Rambousek assisté de Jelen et Vienneau
3-2 à 61'49" : Cayer assisté de Cibula


Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Michal Česnek - David Stříž ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Pasi Petriläinen - Žiga Svete.

Attaquants : Ján Cibuľa - Timothée Franck - David Cayer ; Juho Lehtisalo - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino - Édouard Dufournet - Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Jérémy Quillier, Noé Gersanois, Pierre Bougé. Absent : Paul Bradley (blessé).

Gap

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Alexandre Cornaire - Justin Vienneau ; Jakub Suchanek – Milan Tekel (A) ; Matus Luciak - Ryan Jorde ; Jérémy Baridon.

Attaquants : Sean Roche – Jean Charles Charette (A) – Jesse Uronen ; Jiri Jelen – Mathieu André – Jiri Rambousek ; Romain Moussier (C) – Jérémie Paradis – Julien Correia ; Mikko Palotie ; puis à 40'.

Remplaçants : Adrien Fénart (G) Dimitri Thillet, Kevin Zampa. Absent : Rane Carnegie (écarté avant les play-offs).