Gap - Strasbourg (Ligue Magnus, 1/4 de finale, match 5)

Après les deux victoires initiales, les spectateurs gapençais s'étaient quittés en espérant se donner rendez-vous pour vivre une demi-finale, une consécration attendue depuis plus de vingt ans. Ils doivent cependant revenir ce soir, car leur équipe n'a pas su conclure à l'extérieur. Elle comptera donc sur leur soutien pour remporter ce cinquième match à domicile. Sinon, ils devront dire adieu à cette patinoire Brown-Ferrand - la rénovation ayant commencé - sur une défaite frustrante, un tour plus tôt qu'ils ne l'auraient prévu. Ces Strasbourgeois, avec leur jaune et noir couleur bulldozer, ont déjà envoyé à la démolition ancticipée la patinoire provisoire de Poissompré...

Le bulldozer démarre et écrase déjà tout sur son passage en seulement vingt secondes. Jean-Charles Charrette et Alexandre Cornaire suivent tous deux David Cayer derrière la cage, une grosse erreur défensive qui laisse Timothée Franck seul face au but. Le jeune Alsacien frappe trois fois la glace avec sa crosse, reçoit le centre de Jan Cibula et pousse le palet dans les filets déserts (0-1, 00'20").

Ce départ manqué pourrait plonger les Rapaces en plein désarroi, mais il est vite rattrapé : le buteur Franck est envoyé en prison pour retard de jeu, et Cornaire fait oublier son défaut de marquage par une subtile déviation sur un lancer de Sean Roche (1-1, 03'45"). La partie sera donc serrée, comme on pouvait s'y attendre, elle peut basculer sur le moindre accident.

HiadlovskyVladimir2Par exemple, un but contre son camp, crucifiant des Strasbourgeois qui avaient bien commencé la deuxième période. Une supériorité numérique plutôt convaincante s'achève en effet par un contre perçant d'Uronen, et c'est en se jetant sur le rebond que le défenseur canadien Maxime Mallette envoie le palet dans ses propres filets (2-1, 24'19"). Strasbourg accuse le coup, mais attend son heure.

Elle arrive dès le prochain avantage numérique, à la suite d'un cinglage de Luciak. Quemener s'agenouille sur le tir de "Pitch" Devin, mais le palet lui passe dessous et file près du second poteau, où Elie Marcos n'a plus qu'à l'envoyer au fond (2-2, 29'48"). Mais quinze secondes plus tard, Hiadlovsky ne voit pas partir un slap de la bleue de Suchanek qui passe sous sa botte gauche (3-2, 30'03").

Que peut faire l'Étoile Noire ? Attendre de nouveau un powerplay ! Les difficultés dans ce secteur semblent oubliées. Alors que Cornaire est en prison pour obstruction, David Cayer fait le tour de la cage et sert Jan Cibula qui marque dans le haut du filet (3-3, 34'41").

Gap n'est cependant pas en reste sur le jeu de puissance. À la reprise, Striz est pénalisé pour faire trébucher, et ses compatriotes tchèques en profitent : passe transversale du revers de Jelen pour Suchanek (4-3, 41'01"). Encore une fois, tout va très vite dans cette rencontre. Cinquante secondes plus tard, Jan Cibula entre en zone dans l'axe, prend de vitesse Tekel, s'appuie sur Cayer à droite qui lui repasse le palet en profondeur et vient tromper Quemener de près sous les jambières (4-4, 41'51").

Le duo magique donne finalement la victoire à l'Étoile Noire : centre magnifique de Cibula pour la reprise au second poteau de Cayer (4-5, 51'50"). Des 6 dernières minutes, Gap en passe 4 en supériorité numérique, en raison d'un coup de coude de Burgert et d'un retard de jeu de Hiadlovsky. Mais le gardien slovaque reste solide sur la déviation de Cornaire ou le lancer de la bleue de Vienneau. Et tandis que les Rapaces tentent le tout pour le tout en sortant leur gardien, David Cayer, s'empare du palet, l'accompagne jusqu'à la cage vide et exulte devant les supporters strasbourgeois qui ont faiut le déplacement en bus (4-6, 59'45").

Strasbourg rentre donc dans l'histoire en devenant la quatrième équipe de l'histoire du hockey français à remporter une série après avoir perdu les deux premières manches, rejoignant ainsi Amiens (contre Chamonix en 1996 pour les débuts du Coliseum), Anglet (contre Reims en 2001 après avoir fait grève au deuxième match) et Rouen en finale l'an dernier face à... Angers, justement le prochain adversaire des Alsaciens. Ceux-ci ne sont pas sortis de l'auberge, puisqu'ils vont rentrer chez eux demain pour reprendre le bus dès après-demain, avec 8 matches de play-offs dans les jambes (contre 3 à Angers).

La qualification donne cependant toujours des jambes, tandis que Gap a vu les siennes coupées par cette fin brutale. Mais ici, on salue les vainqueurs et on ne regrette rien de ce qui aura malgré tout été une excellente saison.

Commentaires d'après-match (dans les Dernières Nouvelles d'Alsace)

Jan Cibula (attaquant de Strasbourg) : "Les play-offs, dire que c'est une nouvelle saison, on pense souvent que c'est un cliché. Mais c'est vrai. La preuve, regardez ce qu'on a fait ! J'ai joué beaucoup de matches en play-offs. J'ai disputé quatre finales [d'Extraliga slovaque] dont deux perdues au septième match. Ce sont des moments tellement à part qu'une équipe peut se transcender. Rien n'est impossible pour nous maintenant."

 

Gap - Strasbourg 4-6 (1-1, 2-2, 1-3)
Mardi 15 février 2011 à 20h30 à la patinoire Brown-Ferrand. 1853 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de David Courgeon et Gwilherm Margry.
Pénalités : Gap 22' (2', 8', 2'+10') ; Strasbourg 14' (6', 0', 8').
Tirs : Gap 29 ; Strasbourg 32.

Évolution du score :
0-1 à 00'20" : Franck assisté de Cibula et Cayer
1-1 à 03'45" : Cornaire assisté de Roche et Uronen (sup. num.)
2-1 à 24'19" : Uronen
2-2 à 29'48" : Marcos assisté de Devin et Dufournet (sup. num.)
3-2 à 30'03" : Suchanek assisté de Jelen
3-3 à 34'41" : Cibula assisté de Cayer et Bradley (sup. num.)
4-3 à 41'01" : Suchanek assisté de Rambousek (sup. num.)
4-4 à 41'51" : Cibula assisté de Cayer
4-5 à 51'50" : Cayer assisté de Cibula
4-6 à 59'45" : Cayer (cage vide)


Gap

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Alexandre Cornaire - Justin Vienneau ; Jakub Suchanek – Milan Tekel (A) ; Matus Luciak - Ryan Jorde.

Attaquants : Sean Roche – Jean Charles Charette (A) – Jesse Uronen ; Jiri Jelen – Mathieu André – Jiri Rambousek ; Romain Moussier (C) – Jérémie Paradis – Julien Correia ; Mikko Palotie.

Remplaçants : Adrien Fénart (G), Kevin Zampa, Jérémy Baridon. Absent : Rane Carnegie (écarté avant les play-offs).

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Michal Česnek - David Stříž ; Hugues Cruchandeau (A) - Maxime Mallette ; Pasi Petriläinen - Žiga Svete.

Attaquants : Ján Cibuľa - Timothée Franck - David Cayer ; Édouard Dufournet - Élie Marcos (C) - Pierre-Antoine Devin (A) ; Lionel Tarantino - Paul Bradley - Julien Burgert ; Juho Lehtisalo.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Pierre Bougé, Noé Gersanois, Jérémy Quillier.