Compiègne - Besançon (Division 3, 1/8e de finale retour)

Comme une évidence

Logique respectée. Solide vainqueur il y a une semaine à Besançon (3-10), les Lions ont remis ça à domicile en venant à bout des Remparts (8-2). Avec une qualification déjà presque assurée au match aller, cette rencontre aurait pu être synonyme de match piège pour les jaunes. Mais derrière son maître à jouer David Dostal, qui affirmait l’importance de « respecter l’adversaire », Compiègne a su gérer le match avec sérieux et accède aux quart de finales de Division 3.

Pour Besançon, la saison s’arrête là. Il aura manqué aux Francs-Comtois, en deçà techniquement, une dose de réussite.

Compiègne assume son statut

IMG_01891Pour ce huitième de finale retour, Compiègne avait décidé de mettre à l’honneur ses jeunes pousses, qui accompagnaient un à un les joueurs sur la glace. La première mise en jeu remportée par les jaunes, les Remparts doivent déjà sortir les barbelés, et c’est Alexandre Delplanque qui sort la pince coupante pour se faufiler dans la défense adverse et tromper Thorgal Creuze en solo (1-0, 0’35’’). Dans la continuité du match aller, les Lions imposent leur rythme à la rencontre.

Par la suite, malgré une supériorité numérique pendant le passage par la case prison d’Alexandre Delplanque pour cinglage, Besançon ne parvient pas à créer le danger sur le but de Richard Caladi. La défense jaune est en effet bien en place, à l’image ce cette intervention décisive de Christopher Texeira Leite sur Frédéric Berthilier (3’39’’). Puis c’est le dernier rempart picard qui stoppe un tir de Franckie Vidal (4’32’’).

De nouveau au complet, Compiègne repart au front derrière son capitaine Julien Lefranc qui remonte le palet depuis le milieu de la glace, efface un puis deux adversaires avant de s’ouvrir un angle de frappe, mais bute sur le gardien franc-comtois (5’36’’). En ce début de partie, les Lions monopolisent le palet et empêchent Besançon de construire ses attaques grâce à un pressing de tous les instants de leurs attaquants.

Cela n’empêche pas les Remparts de revenir au score contre le cours du jeu. Richard Caladi contrôle un palet anodin dégagé par la défense franc-comtoise. Il tente de trouver un partenaire mais se troue complètement sur sa passe. Lukas Frank, opportuniste, est à l’affût et frappe immédiatement, ne laissant pas au gardien compiégnois le temps de se replacer (1-1, 7’13’’).

C’est dur pour des Lions qui dominaient depuis le début sans parvenir à creuser l’écart. Mais toucher dans leur orgueil, les hommes de David Dostal vont appuyer sur l’accélérateur et trouver la faille dans la foulée du but encaissé, grâce à Alexandre Delplanque, très bon ce soir, qui s’offre un doublé d’un tir en pleine lucarne (2-1, 7’32’’).

Besançon offre une belle résistance face aux assauts répétés de Compiègne mais n’arrive pas à se montrer dangereux en attaque, excepté par l’intermédiaire de son attaquant Lukas Frank, habile technicien, qui essaye tant bien que mal d’accélérer le jeu franc-comtois. De nouveau en supériorité avec le passage de prison d’Aurélien Delanchy pour une défense trop rugueuse, les Remparts font circuler le palet dans la zone des Lions, mais sur une récupération picarde, Alexandre Delplanque, décidément au sommet de son art, de derrière son but, part dans une course effrénée et remonte toute la glace avec une insolente facilité. Pas impressionné, Thorgal Creuze bloque le tir de l’attaquant (12’16’’). Dans la foulée, Ondrej Prokop manque cruellement de réalisme sur un tir à bout portant en frappant trop sur le gardien.

Les Lions, bien décidés à ne pas se faire rejoindre de nouveau, accélèrent encore un peu plus. Attitude gagnante pour les Picards. Christopher Texeira Leite est au pressing et chipe le palet à un défenseur au milieu de la glace. Il entre dans la zone franc-comtoise et transmet à Jérémy Lebreton qui marque de près (3-1, 18’00’’).

Juste avant la pause, l’attaquant bisontin Franckie Vidal part en contre-attaque mais bute sur Richard Caladi qui avait bien bouché l’angle (19’47’’). Les Lions peuvent regagner les vestiaires l’esprit tranquille sous les applaudissements du public.

IMG_00921Plus d’enjeux, pas de jeu

Dès la reprise, le palet circule dangereusement devant le but de Thorgal Creuze. Dans la lignée du premier tiers-temps, le palet se trouve majoritairement dans la zone bisontine. Pour ne rien arranger, un visiteur doit rapidement laisser ses coéquipiers pour deux minutes. En supériorité, les Lions font tranquillement tourner le palet. À force de décalages, Alain Corée se trouve en position idéale et ajuste Thorgal Creuze (4-1, 24’33’’).

La qualification largement assurée, Compiègne fait circuler le palet placidement. Dans le même temps Besançon semble se décourager. La rencontre devient alors beaucoup moins intense et les occasions se font rares. Après plusieurs minutes de flottement, Anthony Panto réveille le public présent à la Mercière d’une frappe aussi puissante que soudaine de loin qui surprend Thorgal Creuze (5-1, 27’37’’).

L’intensité retombe presque immédiatement après. Et il faut un nouvel éclair de génie pour redonner un certain intérêt à cette rencontre. Il vient cette fois-ci du côté franc-comtois et de son attaquant Lukas Frank qui profite de la défense attentiste des Lions pour partir dans un slalom en solo et aller tromper Richard Caladi au terme d’une action de classe (5-2, 29’31’’). Le rempart de Compiègne cède par ailleurs sa place au second gardien des Lions, Antoine Loriot, qui effectue là son premier match officiel de la saison (30’00’’).

L’écart quelque peu réduit, Compiègne hausse le ton et se jette en attaque. Thorgal Creuze doit d’abord s’interposer par deux fois face à Anthony Panto (32’28’’). Ce n’est que partie remise pour l’attaquant picard qui, sur une frappe lointaine de Christopher Texeira Leite, dévie le palet juste devant le gardien bisontin (6-2, 33’12’’).

La partie s’anime. Ondrej Prokop tente d’abord de tromper Thorgal Creuze sur la droite, mais celui-ci écarte le danger de la jambière. Puis Alexandre Delplanque perd son duel face au dernier rempart de Besançon (37’56’’). Réponse du berger à la bergère, Antoine Loriot sort le palet d’un superbe grand écart (38’09’’). Pas plus de réussite pour Franckie Vidal qui trouve le poteau (38’58’’) et bute sur le gardien compiégnois (39’42’’). Besançon n’est pas en réussite.

IMG_01991Les Lions franchissent le cap

Au début du dernier tiers-temps, Besançon n’y est plus. Incapable de sortir de leur zone de jeu, les Remparts subissent les assauts répétés des Lions. Sur une frappe de David Selin, Thorgal Creuze se couche sur le palet qui semble glisser sous lui. On croit au but, le public se lève... mais le gardien était en fait assis dessus !

Compiègne insiste toujours plus, soucieux de ne rien laisser à l‘adversaire, mais peine toujours à mettre le palet au fond malgré les nombreuses occasions, peut-être par trop de suffisance. Peut-être aussi parce qu’en face il y a un très bon Thorgal Creuze qui, à l’image de ce superbe arrêt sur une frappe surpuissante d’Alain Corée (42’41’’), réalise un grand match.

Du côté des pénalités, l’avantage est là encore du côté des Lions, comme trop souvent… Les jaunes entrent même dans le jeu de Besançon en commettant trop de fautes inutiles. Ainsi, Christopher Texeira Leite doit laisser ses coéquipiers pour deux minutes pour un accrocher évitable. Profitant de la supériorité, le défenseur bisontin Damien Chevassut tente sa chance d’un slap lointain et trouve le poteau d’Antoine Loriot (43’55’’). À mesure que s’égrènent les secondes, les esprits s’échauffent presque incompréhensiblement, tant le match se déroulait jusqu’alors dans un bon esprit. Les chocs deviennent soudain plus violents et l’arbitre doit sévir. Pendant un temps, les deux équipes évoluent chacune à quatre.

Besançon, qui a beaucoup patiné après le palet, commence à peiner physiquement et doit s’en remettre une nouvelle fois à la vista de son gardien.  Anthony Panto allume d'abord un pétard depuis la droite, mais il arrive directement sur Thorgal Creuze (48’01’’). Dans la foulée, Jérémy Lebreton tente également sa chance. Puis le capitaine des jaunes Julien Lefranc essaye d’ouvrir son compteur d’un puissant slap, mais le dernier rempart bisontin veille encore et toujours au grain (49’29’’). Pas plus de réussite pour Clément Roussie qui bute sur le gardien des Remparts (51’55’’).

Sur une nouvelle pénalité contre Compiègne (pour Anthony Panto), les Remparts évoluent plusieurs secondes à cinq contre trois, mais, malgré une bonne conservation du palet, ils ne parviennent à créer le danger sur le but d’Antoine Loriot. De retour à cinq contre quatre, on entre de nouveau, à l’image du second tiers-temps, dans un faux rythme. Et comme lors du second round, Anthony Panto éclaire la rencontre en contre-attaque pour aller tromper Thorgal Creuze (7-2, 55’12’’).

Bien décidé à faire le spectacle en fin de match, les Lions multiplient les beaux gestes pour apporter le danger sur le but bisontin. C’est d’abord Anthony Panto qui après avoir effacé un puis deux adversaires se heurte à Thorgal Creuze (57’41’’). Puis David Dostal distille une merveille de passe à Ondrej Prokop, mais l’attaquant jaune ne cadre pas (58’58’’). Dans le money time Compiègne soigne ses stats sur une frappe en lucarne du défenseur Christopher Texeira Leite (8-2, 59’23’’). Rideau. Le billet de qualification, réservé au match aller, est composté par les Lions au bout d’un math bien maitrisé par le favori. Rendez- vous dans deux semaines pour les jaunes, à domicile, face à Briançon 2, qualifié dans la douleur face à Chalons.

Charles Thelliez / Photos de : Hervé Reynaud

Réactions d’après match :

David Dostal (entraîneur-joueur de Compiègne) : « Ce soir l’objectif était de jouer simple et de faire le pressing sur Besançon. On marque vite, ça nous facilite les choses. On savait que l’adversaire était à notre portée et on a su le respecter. C’est une victoire de toute l’équipe aujourd’hui. Je suis content d’Antoine Loriot pour son premier match de la saison. »

Christophe Tagliapietra (président de Compiègne) : « Ce n’est pas notre meilleure match de la saison, mais l’enjeu était moindre après notre bon match aller. On a joué plus tranquille. Du coup notre collectif était moyen et on a joué plus par phases. »

 

Compiègne – Besançon 8-2 (3-1, 3-1, 2-0)
Samedi 12 mars 2011 à 20h30 à la patinoire de Mercières. 370 spectateurs.
Arbitrage de Maxime Durand et Yann Vandaele.
Pénalités : Compiègne 28' (6', 4', 18') ; Besançon 20' (2', 2', 16')
Evolution du score :
1-0 à 00'35" : Delplanque
1-1 à 07'13" : Frank
2-1 à 07'32" : Delplanque assisté de Lefranc et Panto
3-1 à 18'00" : Lebreton assisté de Boucher et Teixeira Leite
4-1 à 24'33" : Corée assisté de Lebreton et Roussie
5-1 à 27'37" : Panto assisté de Selin
5-2 à 29'31" : Frank
6-2 à 33'12" : Panto assisté de Teixeira Leite
7-2 à 55'12" : Panto (inf. num.)
8-2 à 59'23" : Texeira Leite assisté de Delanchy

 

 

Compiègne

Gardien : Richard Caladi puis Antoine Loriot à 30’00’’.

Défenseurs : Christopher Texeira Leite – Alain Corée ; Aurélien Delanchy – David Selin.

Attaquants : Alexandre Delplanque – Julien Lefranc – Anthony Panto ; Jonathan Boucher – Ondrej Prokop – David Dostal ; Clément Roussie – Rémy Feuillet – David Dostal.

Absents : Thibault Varin, Sébastien Fronty, Maxime Caillard.