Grenoble - Reims (U22 Elite, demi-finale, match 2)

Grenoble en finale

2011-03-27-Grenoble-Reims5Après leur succès 6-3 la veille, les Brûleurs de Loups possèdent une avance de trois buts au coup d'envoi. Un matelas confortable à défendre mais pas forcément suffisant pour atteindre la finale car les Phénix ont montré la veille qu'ils étaient accrocheurs et pouvaient mettre en difficulté cette équipe grenobloise si cette dernière ne jouait pas à 100%. Au coup d'envoi, les deux équipes se présentent avec les mêmes joueurs que la veille, y compris au niveau des gardiens Steven Catelin et Sébastien Raibon.

Peu après un début de match équilibré et sans grosse occasion, Pierre-Charles Hordelalay reçoit la première pénalité de la rencontre. Les Grenoblois essaient de construire en power-play mais ne parviennent pas à trouver de bonne position de tir. Contrairement à la veille, ils répondent en revanche présents physiquement dès le début du match. Un peu trop même : ils distribuent les mises en échec et font parfois mal à leurs adversaires. Un style de jeu qui va leur valoir un grand nombre de pénalités dans cette première période.

C'est d'abord Jules Breton qui s'y colle avec un cinglage, avant que Julien Baylacq ne le rejoigne pour une grosse charge sur Hordelalay contre le bande. La chance de Baylacq, c'est que Hordelalay s'est plaint auprès de l'arbitre et part lui aussi en prison, ce qui évite à Grenoble une double infériorité numérique. Mais la leçon n'est pas retenue car Benoît se retrouve pénalisé pour accrocher avant que Colotti ne se fasse sanctionner pour une charge avec la crosse. Cette fois Grenoble n'échappe pas à la double infériorité numérique. Comme la veille, Reims semble toujours aussi stérile en power-play. Mais à force de jouer avec le feu, les Brûleurs de Loups vont finir par se brûler. C'est tout d'abord Thybaud Rouillard qui sanctionne l'indiscipline grenobloise avec un tir semble-t-il anodin que Raibon, pourtant pas masqué, laisser passer (0-1, 10'37").

2011-03-27-Grenoble-Reims2Malgré ce but largement évitable, les Grenoblois continuent à mettre plus de coups qu'à jouer. Loup Benoît se fait de nouveau sanctionner, cette fois pour une charge le coude en l'air en zone offensive. Les Rémois installent le jeu de puissance et font circuler le palet avec succès : un tir de Florian Chakiachvili, dévié au passage, trompe de nouveau Sébastien Raibon (0-2 à 12'39"). Comme la veille, les Brûleurs de Loups se retrouvent menés de deux buts en début de rencontre. Et les Rémois ne sont désormais qu'à un but de l'égalité sur l'ensemble des deux matchs.

Il y a urgence dans le camp grenoblois, et comme la veille le sauveur va s'appeler Nicolas Arrossamena. L'international grenoblois prend les choses en main et profite d'un moment de déconcentration de la défense rémoise pour s'échapper en contre-attaque. Il s'y reprend à deux fois mais finit pas battre Steven Catelin (1-2, 13'09").

Ce but relance les Grenoblois, d'autant que les Rémois se font sanctionner deux fois sur la même action, Thos étant coupable d'un accrocher alors qu'une pénalité différée avait été sifflée contre Dusseau. Cette décision arbitrale met en fureur le jeune défenseur rémois qui est rappelé à l'ordre par l'arbitre. Grenoble a une occasion rêvée d'égaliser mais la gâche bêtement : Llorca choisit la passe au lieu du tir, les Isérois perdent le contrôle du palet et Baylacq retient un joueur rémois qui essayait de dégager le palet. Une action symptomatique des approximations et...de l'indiscipline des Grenoblois dans ce tiers. Baylacq aura bien une occasion de se racheter avec une échappée à sa sortie de prison mais il perd son duel avec Steven Catelin. Grenoble termine... en infériorité avec une dernière pénalité d'Arrossamena, la septième du tiers !

2011-03-27-Grenoble-Reims1Les espoirs grenoblois reviennent sur la glace au début du deuxième tiers avec de meilleures intentions. Ils se mettent enfin à jouer sans commettre de fautes inutiles et portent régulièrement le danger dans le camp rémois. On assiste à un jeu plus fluide qu'au premier tiers avec une domination grenobloise et quelques rares contres rémois. Nicolas Arrossamena se procure à son tour une occasion d'égaliser sur une échappée mais il enlève un peu trop son palet en cherchant la lucarne. Les Phénix sortent rarement de leur zone et subissent le jeu. Mais les Brûleurs de Loups manquent de précision dans le dernier geste et ratent beaucoup d'occasions, restant sous la menace d'un troisième but rémois qui relancerait complètement cette demi-finale.

Les Rémois sont pourtant plus nerveux à l'image de Rolands Vigners qui prend dix minutes de méconduite pour avoir contesté une décision arbitrale. Avenel parvient finalement à servir Loup Benoît seul devant le slot : ce dernier prend son temps mais parvient quand même à mettre le palet au fond (2-2, 32'50").

Une pénalité de Kévin Ottino est annulée par celle de César Joffre quelques secondes plus tard. Grenoble perd de nouveau une bonne opportunité mais le jeu à quatre contre quatre convient bien aux Grenoblois qui trouvent les espaces : une longue passe de Maxime Moisand trouve la palette de Raphaël Papa qui s'échappe à la ligne bleue et remporte son duel en glissant subtilement le palet entre les jambes de Steven Catelin (3-2 à 34'32").

2011-03-27-Grenoble-Reims3En deux minutes, Grenoble a repris les commandes du match et aurait pu assurer définitivement la victoire après une pénalité de Hordelalay. Mais les vieux démons grenoblois ressurgissent en fin de tiers : une pénalité est appelée contre Julien Baylacq mais l'action se poursuit et se termine par une deuxième faute d'Elie Raibon : comme pour les Rémois au premier tiers, M. Velay envoie les deux joueurs en prison. L'occasion est belle pour Reims et François Dusseau le sait : il demande un temps mort pour mettre en place sa stratégie. Un choix payant puisque quelques secondes plus tard Kévin Dusseau transperce Raibon d'un joli tir en lucarne (3-3, 38'49").

Baylacq revient sur la glace mais Reims est encore à cinq contre quatre et pousse pour marquer un deuxième but. Hordelalay surprend la défense grenobloise et part défier Raibon qui sort à sa rencontre et réalise une parade exceptionnelle. Dans son élan, Hordelalay heurte Raibon qui reste au sol, le palet est libre et un Rémois tire au dessus du gardien pour marquer dans le but vide. Il reste deux secondes dans le tiers... But rémois ? Non car M. Velay avait sifflé juste avant une pénalité contre Crossman qui avait accroché Hordelalay... Les Rémois protestent, les Grenoblois eux peuvent souffler en rentrant au vestiaire.

Grenoble débute donc le troisième tiers en infériorité numérique. Une situation de jeu que parviennent à gérer sans problème les joueurs de Romain Carry rarement mis sous pression. Sauf que Crossman à peine revenu sur la glace, c'est Jules Breton qui part en prison pour deux nouvelles minutes d'infériorité numérique... Indiscipline quand tu nous tiens... Au bout de cinq minutes de jeu, Grenoble peut enfin jouer à cinq contre cinq. Sabatier et Crossman se cherchent et trouvent le chemin de la prison. La rencontre devient de plus en plus tendue avec des petits accrochages ici et là.

2011-03-27-Grenoble-Reims4Comme la veille, Reims commence à faiblir. Ottino écope d'une première pénalité. Grenoble ne profite pas de l'avantage mais dans la continuité Loup Benoît place une accélération sur l'aile droite. Crossman a bien senti venir le coup et se rue devant le slot : la passe de Benoît lui parvient dans le bon tempo et Crossman trompe Catelin à bout portant (4-3, 50'29"). Cette fois les carottes sont cuites pour les Rémois qui accusent un retard de quatre buts sur l'ensemble des deux matchs. Ottino puis Suzzarini partiront à leur tour en prison mais aucune des deux équipes n'en profitera. La tension monte encore d'un cran entre Llorca et Vigners, Bernier se fera sanctionner dans la dernière minute mais cela n'aura aucune incidence sur le résultat final : Grenoble aura mis un point d'honneur à préserver la victoire dans ce deuxième match.

Comme la veille, les Rémois peuvent s'en vouloir de ne pas avoir pu aller au bout de leurs (bonnes) intentions. Après un départ canon, ils se sont laissé remonter petit à petit. La faute encore une fois à une certaine inconstance en supériorité numérique malgré deux buts au premier tiers. Encore une fois, les cadres de l'équipe ont été très sollicités et les attaquants vedettes comme Vigners, Sabatier ou Hordelalay n'ont pas eu leur rayonnement habituel ce week-end. Reims a donc cédé par manque de profondeur face à une équipe grenobloise plus complète. Mais les Rémois n'ont pas démérité et ont offert une opposition plus qu'intéressante ce week-end en vendant chèrement leur peau. Il leur reste maintenant à conquérir la troisième place du championnat U22.

Grenoble s'impose difficilement au terme d'un match encore une fois mal commencé. Gros point noir de la rencontre côté grenoblois : l'indiscipline ! Les Grenoblois ont évolué près de dix-huit minutes en infériorité numérique soit presqu'un tiers-temps. C'est beaucoup trop à ce niveau et cela a sérieusement compliqué la tâche des espoirs isérois qui ne s'en sont sortis que grâce à une très bonne défense en infériorité numérique et à un très bon Raibon dans la deuxième partie du match. Si la défense a dans l'ensemble donné satisfaction avec notamment un Moisand retrouvé après son match assez terne de la veille, on ne peut pas en dire autant de l'attaque encore une fois poussive et imprécise.

Baylacq que l'on attendait à un niveau plus élevé a encore une fois pêché dans la finition à l'image de sa ligne avec Benoît et Avenel meilleure aujourd'hui mais plutôt décevante sur l'ensemble du week-end. Même constat pour la ligne Bernier-Martin-Raibon qui a théoriquement le plus d'automatismes car habituée à jouer ensemble le reste de la saison mais qui n'a brillé que par les accélérations de Raibon ou la présence ponctuelle de Bedin sur la ligne. Encore une fois, Arrossamena a évolué un cran au dessus de ses partenaires alors que Papa a livré une meilleure prestation que la veille, confirmant l'écart incompréhensible entre ses prestations en espoirs et en seniors. Les Grenoblois attendent désormais leur adversaire pour la finale : ce sera Rouen ou le Mont-Blanc, réponse le week-end du 9 avril.

(photos www.hockey-passion.com)

 

Grenoble - Reims 4-3 (1-2, 2-1, 1-0)

Dimanche 27 mars 2011 à 12h20 à la patinoire Pôle Sud. 830 spectateurs.
Arbitrage de Damien Velay assisté de Gwilherm Margry et Bastien Germaneaud.
Pénalités : Grenoble 40' (14', 8', 8'+10'), Reims 38' (8', 4'+10', 6'+10').

Évolution du score :

0-1 à 10'37" : Rouillard assisté de Coustenoble (sup. num.)
0-2 à 12'39" : Chakiachvili assisté de Dusseau et Hordelalay (sup. num.)
1-2 à 13'09" : Arrossamena assisté de Papa et Joffre
2-2 à 32'50" : Benoît assisté de Avenel et Baylacq
3-2 à 34'32" : Papa assisté de Moisand
3-3 à 38'49" : Dusseau assisté de Sabatier et Rouillard (double sup. num.)
4-3 à 50'29" : Crossman assisté de Benoît

 

Grenoble

Gardien : Sébastien Raibon.

Défenseurs : Maxime Suzzarini - Jules Breton (C) ; Jason Crossman - Vincent Llorca ; Rémi Colotti - Maxime Moisand.

Attaquants : Nathan Bernier (A) - Kenny Martin (A) - Elie Raibon ; Julien Baylacq - Loup Benoît - Graham Avenel ; César Joffre - Raphaël Papa - Nicolas Arrossamena ; Sébastien Delemps - Thomas Chapuis - Joris Bedin ; Gaspard Brunet.

Remplaçants : Anthony Koren (G), Benjamin Scolari.

Reims

Gardien : Steven Catelin.

Défenseurs : Florian Chakiachvili - Kévin Dusseau ; Armand Coustenoble (A) - Tristan Lohout (A) ; François-Xavier Bannier - Charles Delgove.

Attaquants : Nicolas Thos - Florian Sabatier (C) - Thybaud Rouillard ; Robin Chrétien - Pierre-Charles Hordelalay - Rolands Vigners ; Pierre Gimel - Kevin Ottino - Romain Lebrun.

Remplaçants : Dylan Celestin (G), Simon Catrin, Cyril David, Terry Dumont.