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Regards sur les Mondiaux féminins de division II à Caen

Le retrait annoncé de la République Populaire de Corée (deuxième en 2009), retrait motivé par l'absence du budget nécessaire pour faire face au voyage, enlève au Mondial de Caen un atout important : celui de tenir équipes et spectacteurs en haleine pour connaître le nom de l'équipe destinée à descendre en division III.

La relégation peut sembler, pour celui qui fréquente occasionnellement le hockey féminin, un aspect secondaire de la manifestation, mais dans un environnement aux sommets inaccessibles (JO et Mondiaux ont toujours vu la nette suprématie des Canadiennes et Américaines, suivies des Finlandaises et Suédoises avec la seule exception de la Russie, bronze mondial à Minneapolis 2001), elle devient d'importance vitale pour rester dans le groupe de nations qui, avec des fortunes diverses, démontrent pouvoir rivaliser pour arriver dans cette élite.

Entre les aspirants, on trouve une fois ou l'autre : la Suisse, cette même Russie (qui, ne l'oublions pas, accueilliera les Jeux Olympiques 2014), le Kazakhstan, la Slovaquie, la Chine, le Japon et l'Allemagne ; à peine une marche en dessous on retrouve l'Autriche, la Norvège, la République Tchèque, la France et la Lettonie, suivies de près des autres pays présents à Caen dans les prochains jours. Perdre le contact avec ce groupe de nations signifie redescendre dans les limbes sans aucune possibilité de donner plus de crédit au hockey féminin.

On sait maintenant que c'est la Corée du nord qui redescendra dans ces limbes, d'où viennent tout juste de ré-émerger les Pays-Bas. Qui, entre les cinq nations restant en lice pour le Mondial français, reverra la lumière de la division I ? Le pronostic donne la République Tchèque et la France pour deux raisons : elles viennent tous deux d'être relégués et elles ont obtenu, dans le même temps, de bons résultats au niveau des jeunes.

La pause imposée aux filles par les Jeux de Vancouver (aucun Mondial féminin en année olympique) annonce à Caen une compétition avec des effectis très rénovés parce que presque toutes les nations ont profité de l'année sabbatique pour insérer en équipe première les jeunes joueuses les plus prometteuses ; le fait que la République Tchèque se soit de plus placée quatrième de l'élite du Mondial U18, disputée à Stockholm en janvier, donne à l'équipe de Karel Manhart une chance de premier plan.

Le résultat de la France, guidée par Christine Duchamp, excellente attaquante de niveau mondial au tournant du siècle, dépendra de la croissance de ses jeunes les plus prometteuses ; Fohrer, Baudrit, Gendarme sont de nouveaux noms qui pourraient devenir aussi importants que le furent dans le passé ceux de Duchamp, Iszraelewicz et Roy. Changement de génération aussi au poste de gardienne avec le possible avènement de Caroline Baldin (18 ans), absente de ce fait au Mondial U18 où les jeunes Françaises ont plus de mal en ce moment.

L'Italie a manqué d'un souffle la promotion en deux occasions (2004 et 2005), puis elle a peiné y compris au niveau des clubs à cause du manque total d'expérience internationale. Maintenant elle peut compter sur quatre athlètes qui jouent à l'étranger - Florian et Dalprà en Allemagne (Riessersee), Tartaglione en Suisse (Lugano), Bettarini en Autriche (Sabres Vienne) - et sur quelques cadres destinées à faciliter l'insertion des plus jeunes. Au dernier Mondial (Torre Pellice 2009) les azzurre avaient pris un mauvais chemin, mais le caractère leur a permis de se reprendre avec dignité ; à Caen on attend de savoir si l'équipe peut revenir en haut de classement.

Le Danemark et la Grande-Bretagne se développent et ont de bonnes joueuses (Jakobsen, Ostergaard, Taylor), mais la hiérarchie les place pour l'heure au second plan. Le championnat donnera ses premières indications importantes dès lundi 4 avril avec France-Italie : celles qui partiront du bon pied pourront concurrencer la République Tchèque pour la montée ; pour les perdantes, rien ne sera perdu en vue de la médaille, mais le rêve de la division I devra être reporté.Voir les résultats internationaux féminins 2010/11. En comptant les trois matches d'août contre la Slovaquie "U23", ceux contre le Kazakhstan et les deux tournois en Suisse et en Slovaquie, les buteuses françaises de la saison sont : Marion Allemoz (Chambéry) 5, Doriane Gicquel (Chambéry) 5, Amandine Cuasnet (Dunkerque) 3, Lara Escudero (Valenciennes) 2, Emmanuelle Lahouratate-Passard (Chambéry) 2, Betty Jouanny (Chamonix) 2, Athéna Locatelli (Villard-de-Lans) 2, Lore Baudrit (Castres) 1, Soline Fohrer (Mulhouse) 1, Mathilde Ravillard (Grenoble) 1.

Ceux qui veulent en savoir plus sur les compétitions féminines et sur l'équipe d'Italie trouveront une archive riche en informations sur : http://www.byisobel.it/hockeyhome.htm