Allemagne - Autriche (Euro Hockey Challenge)

Pourquoi pas la France ?

BARTA_Alexander-Allemagne-20100516-852L'IIHF a mis en place cette année un "Euro Hockey Challenge" entre les douze meilleures nations européennes. Il répond à la volonté des nations du second gratin continental (Suisse, Slovaquie, Allemagne, Bélarus, Norvège et Lettonie) d'affronter les "quatre grands", et en contrepartie de rencontrer également les deux suivants : Danemark et Autriche.

C'est une demi-concession puisque les quatre grands pays (Russie, Suède, Finlande, République Tchèque) restent entre eux tout le reste de la saison, sauf pendant cette première phase de préparation du Mondial où les équipes attendent les éliminations en play-offs. Mais en créant un classement dédié, cette nouvelle compétition donne un enjeu supplémentaire à ces confrontations de début avril. Les participants s'y voient assurés de six rencontres face à des adversaires intéressants.

Les participants, oui, mais pas les autres. On peut s'étonner que l'Autriche, qui fait l'ascenseur, y soit représentée, mais pas la France, maintenue depuis trois ans dans l'élite. Puissance économique ou de lobbying des taureaux autrichiens ? Malheureusement, la raison est plus simple et indiscutable. C'est le classement IIHF. Intercalés entre les Mondiaux, les Jeux olympiques y valent encore cher, et le classement pris en compte inclut les qualifications où l'Autriche avait terminé deuxième de son groupe et la France quatrième, après une dernière défaite "sans enjeu". On en voit aujourd'hui les conséquences : l'Autriche a 2935 points, et la France, quinzième mondiale et treizième européenne avec 2900, reste à quai.

L'Autriche est donc invité pour deux confrontations frontalières en Bavière, les deux premières de cet Euro Challenge. Elles sont si précoces que l'Allemagne les joue sans les quarts de finaliste de DEL, c'est-à-dire en prenant ses joueurs sur 6 des 14 équipes ! La malchance s'en mêle puisque les deux joueurs formés à Rosenheim, le gardien Patrick Ehelechner et le défenseur Rainer Köttstorfer, sont tous deux blessés pour ce match joué dans leur ville d'origine. Pour ce dernier, c'est arrivé à l'entraînement d'hier...

L'équipe d'Autriche a souvent battu l'Allemagne ces dernières années, mais a un choix de joueurs très restreint : sur les six équipes autrichiennes de son championnat (les quatre autres sont étrangères), trois sont encore en course, et les joueurs sélectionnés viennent donc tous de trois clubs, plus Ulmer de Lugano et même un élément de deuxième division (Wilhelm Lanz de Feldkirch).

Trop faible face aux Allemands ? C'est ce qu'il semble. Pour seulement sa quatrième sélection, Adrian Grygiel marque les deux premiers buts, le second après une action solitaire sur la moitié de la glace. C'est à 2-0 que les Autrichiens ont leur meilleure période, notamment pendant deux minutes à 5 contre 3. Dimitri Pätzold garde cependant sa cage inviolée et frustre à bout portant Toff ou Peintner.

Après la mi-match, Tobias Wörle inscrit, au moment où Werenka sort de prison, un troisième but déjà annonciateur d'un troisième tiers-temps à sens unique. Grygiel n'en croit pas ses yeux en réussissant un hat-trick, et les trois derniers buts sont marqués par des joueurs qui totalisaient à eux trois... 2 sélections. L'Allemagne ne s'attendait absolument pas à une telle victoire avec cinq débutants : Brückner, Kramer, le naturalisé Lavallée, Fischhaber et Oblinger. 7-0. Finalement, la France aurait pu faire mieux.
 
Désignés joueurs du match : Adrian Grygiel pour l'Allemagne et Roland Kaspitz pour l'Autriche.

Commentaires d'après-match

Adrian Grygiel (attaquant de l'Allemagne) : "C'était le match de ma vie. Je ne me rappelle pas la dernière fois que j'ai marqué trois buts dans un match. C'était vraisemblablement dans le hockey mineur."

Bill Gilligan (entraîneur de l'Autriche) : "Nous avons certes eu quelques bonnes occasions, mais nous n'étions pas assez agressifs. Nous n'avons pas assez bien joué pour gagnr, mais le 7-0 est trop haut. Nos têtes étaient vides sur les derniers buts, dont nous avolns fait cadeau aux Allemands. Nous voulons montrer demain que nous sommes capables de mieux."

Uwe Krupp (entraîneur de l'Allemagne) : "Le premier tiers était très équilibré, l'Autriche aurait pu mener au score. Ensuite, ce fut un autre match. mon équipe était compacte et efficace. Pour le deuxième match, les Autrichiens seront enragés je suis sûr que ce sera différent. Il faudra tout recommencer à 0-0."

 

Allemagne - Autriche 7-0 (1-0, 2-0, 4-0)
Jeudi 31 mars 2011 à 19h45 au Kathrein Stadion de Rosenheim. 3200 spectateurs.
Arbitrage de Christian Oswald (ALL) assisté de Markku Büse et Christian Höck (ALL).
Pénalités : Allemagne 14' (2', 6', 6') ; Autriche 14' (4', 8', 2').
Tirs : Allemagne 41 (14, 15, 12) ; Autriche 29 (14, 12, 12).

Évolution du score :
1-0 à 06'43" : Grygiel assisté d'Aab et B. Barta
2-0 à 20'54" : Grygiel assisté d'Aab et Kettemer
3-0 à 31'41" : Wörle assisté de A. Barta et Wolf
4-0 à 40'44" : Grygiel assisté de Kohl (double sup. num.)
5-0 à 51'57" : Oppenheimer assisté de Fischhaber et Flaake
6-0 à 52'10" : Schymainski assisté de Polaczek et Maurer
7-0 à 56'36" : Lavallée assisté de Kohl et Polaczek (sup. num.)


Allemagne

Gardien : Dimitri Pätzold.

Défenseurs : Benedikt Kohl (+3) - Florian Kettemer (+2) ; Kevin Lavallée (+2, 2') - Tobias Draxinger ; René Kramer - Florian Ondruschka (+3, 4') ; Benedikt Brückner.

Attaquants : Michael Wolf (+1) - Alexander Barta (+1) - Tobias Wörle (+1, 2') ; Vitalij Aab (+2) - Björn Barta (+2) - Adrian Grygiel (+2) ; Thomas Oppenheimer (+1, 2') - Simon Fischhaber (+1) - Jerome Flaake (+1) ; Martin Schymainski (+1) - Aleksander Polaczek (+1, 2') - Ulrich Maurer (+1) ; Alexander Oblinger (2').

Remplaçant : Sebastian Elwing (G).

Autriche

Gardien : Fabian Weinhandl.

Défenseurs : Robert Lukas (-1) - Darcy Werenka (-2, 6') ; Robert Lembacher (-1) - Fabian Scholz (-1, 2') ; Wilhelm Lanz (-1) - Stefan Ulmer (-1) ; Mario Altmann (-2) - Stefan Bacher (-2).

Attaquants : Philipp Lukas (-2, 2') - Markus Peintner (-1) - Michael Raffl (-1) ; Martin Mairitsch (-1) - Daniel Oberkofler (-1) - Markus Schlacher (-1) ; Manuel Ganahl (-1) - Christoph Harand (-1, 4') - Daniel Woger (-1) ; Roland Kaspitz (-1) - Benjamin Petrik (-2) - Nico Toff (-1).

Remplaçant : Lorenz Hirn (G).