Dunkerque - Cholet (Division 2, 1/2 finale, match aller)

Défi de taille pour Dunkerque

BRETAULT_Rodolphe-Cholet-10574Les deux retournements de situation successifs face à Meudon et Amnéville ont permis aux Corsaires de retrouver un stade de la compétition plus conforme à leurs ambitions, et recherché depuis 2008. Pour ne pas rester en rade et gravir le dernier échelon vers une finale espérée depuis la publication des premières affiches annonçant les séries, les hommes de Marc Leroux devront sans doute rééditer la première moitié du match retour face aux Galaxians.

Car l'adversaire court lui aussi depuis plusieurs saisons après la montée en Division 1. Souvent placés en saison régulière, les Dogs de Cholet ont souvent mordu la poussière en séries, et semblent enfin en mesure de vaincre le signe indien. Comme Champigny, Toulon n'a pas pesé lourd dans le Maine-et-Loire, indication supplémentaire de l'importance du match aller pour les Nordistes, désireux de prendre une avance avant un déplacement qui s'annonce périlleux dans l'Ouest.

Fait exceptionnel dû à la concurrence du patinage artistique, la rencontre ne débute que sur les coups de 21 heures, ce qui n'empêche pas le public de remplir rapidement les sièges d'une patinoire une fois de plus archi-comble. Soutenus pour leur part par un groupe de partisans loin d'être inactifs, les Dogs prennent le contrôle du palet dès le premier engagement.

Privés de munitions, les Corsaires sont rapidement contraints de concéder trois dégagements interdits. Il faut attendre la première pénalité, concédée par Juhamatti Yli-Junnila devant Jiri Hanzal (03'12"), pour voir Roman Svaty à l'oeuvre à plusieurs reprises. Un lancer en force de Rozenthal, repoussé par le gardien, échoit à Zich, qui ne peut rediriger le palet dans une cage préservée par deux défenseurs. Svaty fait encore face à deux tirs de Loïc Destoop, bien captés, avant que la mobilité de sa cage ne mette fin à une montée incisive de Petr Zich.

Une faute de Dubois sur le cerbère slovaque permet à Pierre-Yves Albert de faire trembler une première fois le public de Raffoux. Profitant d'un palet détourné par un défenseur et d'une situation impromptue où chacun perd le caoutchouc de vue, le numéro 14 choletais s'en empare, contourne le filet et tente de surprendre Martel, mais force est de constater que, comme la semaine dernière lors de la venue d'Amnéville, les cages tiennent difficilement en place en début de match... Du coup, Rodolphe Bretault opte pour la chevauchée solitaire pour employer le gardien local.

HanzalJiri3Au retour à forces égales, la possession du palet demeure à l'avantage des visiteurs, le positionnement de Pierre-Yves Albert sur le trio de Julien Pihant ayant pour effet de décupler le mordant des Dogs. Sur leur deuxième supériorité, ils ouvrent la marque, le tir initial de Pihant étant repoussé sur Henrik Ruud, seul sur la gauche du but (0-1 à 10'29"). La domination d’Yli-Junnila dans le cercle d’engagement génère un danger supplémentaire pour Marc-André Martel, un temps perdu face à un palet à la trajectoire imprévisible.

Par deux efforts de ses hommes en forme, Petr Zich et son tir frappé, et François Rozenthal, à l’origine d’une reprise de Hanzal repoussée de justesse par le gant de Svaty, Dunkerque riposte sans tarder. Sur l’arrêt spectaculaire de Svaty, Blaise Gréau est convié à gagner la geôle. Sur le jeu de puissance subséquent, Jiri Hanzal se casse à nouveau les dents sur l’ancien portier des Bisons, et finit par opter pour la passe vers Clément Thomas, dont la reprise sans contrôle remet les équipes à égalité (1-1 à 16'08").

Sitôt le palet remis en jeu, les hommes de Marc Leroux maintiennent la pression, un peu trop car N’Guyen se rend coupable d’une charge trop appuyée sur Jacob. Servi par Yli-Junnila, qu'il retrouve sur la supériorité, Albert ne parvient pas à ajuster son lancer, avant de se heurter à une jambière solide. Sifflée quelques secondes après un sauvetage sur la ligne de Jacob devant Hanzal, la pause ne coupe pas l’élan d’Yli-Junnila, encore à la manoeuvre aux abords de la cage adverse.

Un surnombre fait de plus tanguer la situation des Corsaires. Si Marc-André Martel est encore à la rescousse devant Ribourg, il est totalement surpris par un lancer a priori moins dangereux venu de Nicolas Hébert, de la gauche. Les apparences sont trompeuses, car le palet, dévié par Zich, prend totalement à revers le Québécois, qui ne peut se retourner à temps (1-2 à 24'20"). But « gag » vite digéré par le dernier rempart dunkerquois, décisif devant Juhamatti Yli-Junnila, venu le défier malgré une faute préalable de Derepper, et deux reprises à bout portant de Ribourg et Bretault.

Mis à mal par le grand Yli-Junnila, à qui il apparaît très difficile de subtiliser le disque, et Albert, souvent très inspiré, Dunkerque opte dans un premier temps pour la contre-attaque, mais ni la paire Hanzal-Rozenthal, contrée par le vigilant Jacob, ni Arnaud Péan, parti seul en échappée trouver le montant de la cage, ne peuvent venir à bout des joueurs du Maine-et-Loire. À son tour en action sur un débordement à droite, Benjamin N’Guyen subit une faute de Gréau, puis Rozenthal est repris fautivement par le grand finlandais.

graublaise2En double supériorité, Clément Thomas fait alors parler la poudre une seconde fois (2-2 à 35'07"), onze secondes avant que Rozenthal ne perce à gauche pour feinter le lancer et isoler Hanzal, qui ne manque pas le cadre (3-2 à 35'18"). Très efficaces sur les jeux de puissance depuis l’entame des séries, les Maritimes confirment l’importance des unités spéciales dans ce type de rencontres. Ils l’apprennent également à leurs dépens dans les minutes suivantes...

Alors que Cholet remet la pression sur la cage de Martel, impérial du gant face à Henrik Ruud, deux fautes successives de Thomas et Zich permettent à Yli-Junnila de délaisser un temps les longues discussions avec le trio arbitral pour retrouver le contrôle d'un palet comme aimanté par sa crosse et servir son défenseur suédois, au tir fracassant de la bleue (3-3 à 38'19").

Les Corsaires terminent plus fort

Dans cette rencontre indécise et riche en rebondissements, c’est au tour des Dogs de commettre la faute à la reprise, pour la troisième fois sur une accélération de Jiri Hanzal. Lui-même de retour de prison, Benjamin N’Guyen s’illustre en supériorité par une passe de la gauche vers François Rozenthal, qui trouve la lucarne opposée et redonne l’avantage aux siens (4-3 à 42'17").

Leur jeu collectif sensiblement moins huilé dans le troisième tiers, les Choletais commettent plusieurs erreurs de transmission qui les empêche de revenir à la marque. Encore mis à mal par N’Guyen dans les secondes qui suivent le quatrième but, ils trouvent toutefois les ressources pour obstruer le chemin de la cage devant Destoop, bien placé. Au pressing sur Ruud, Loïc Destoop est d’ailleurs sanctionné, ouvrant la voie à ce qui sera le seul jeu de puissance des visiteurs du dernier vingt. Situation qui n’est pas exploitée par les hommes de Julien Pihant, la faute à un Marc-André Martel toujours inspiré, de la botte sur l’essai croisé de Guillaume Ribourg.

L’ultime filet de la rencontre sera pour les locaux. Encore malheureux dans le dernier geste, Hanzal retrouve vite ses qualités de passeur pour servir Arnaud Péan. Le numéro 17 contrôle la passe et bat Svaty côté bâton (5-3 à 54'25") et fête sa réussite devant des tribunes en ébullition.

Marc Leroux réclamait une élévation du niveau de jeu de ses joueurs pour faire face au très bon collectif venu des Pays de Loire. Nul doute que la prestation, plus constante encore que la semaine dernière, peut engendrer des motifs de satisfaction. Ce cinquième but, le seul inscrit à égalité dans cette joute très disputée, sera-t-il suffisant au retour ? Réponse la semaine prochaine à Glisséo...

 

Dunkerque - Cholet 5-3 (1-1, 2-2, 2-0)
Samedi 2 avril 2011 à 21h00 à la patinoire Michel-Raffoux. 1 247 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rousselin assisté de Christophe Picard et Nicolas Lobry.
Pénalités : Dunkerque 22' (6', 12', 4'), Cholet 16' (4', 8', 4').
Tirs : Dunkerque 34 (14, 8, 12), Cholet 42 (10, 19, 13).

Évolution du score :
0-1 à 10'29" : Ruud assisté de Pihant et Yli-Junnila (sup. num.)
1-1 à 16'08" : Thomas assisté de Hanzal et Rozenthal (sup. num.)
1-2 à 24'20" : Hébert (sup. num.)
2-2 à 35'07" : Thomas assisté de Rozenthal (double sup. num.)
3-2 à 35'18" : Hanzal assisté de Rozenthal (sup. num.)
3-3 à 38'19" : Ruud assisté de Yli-Junnila (double sup. num.)
4-3 à 42'17" : Rozenthal assisté de N’Guyen (sup. num.)
5-3 à 54'25" : Péan assisté de Thomas et Hanzal

 

Dunkerque

 Gardien : Marc-André Martel.

Défenseurs : Grégory Dubois (A) - Petr Zich ; Simon Chabot - Clément Derepper.

Attaquants : Clément Thomas (A) - Jiri Hanzal - François Rozenthal (C) ; Loïc Destoop  - Benjamin N’Guyen - Arnaud Péan ; Aurélien Zajac - Christophe Eichenholc  - Antoine Houque.

Remplaçants : Pierrick Boudot (G), Benjamin Denis. Absents : Xavier Davranche, François Moretti (hernie discale, saison terminée), Ghislain Folcke (rotule).

Cholet

Gardien : Roman Svaty.

Défenseurs : Henrik Ruud - Guillaume Jacob ; Blaise Gréau - Benjamin Tijou (C) ; Nicolas Blum.

Attaquants : Carl Laudon-Sörlin - Juhamatti Yli-Junnila - Pierre-Yves Albert (A)  [puis Hébert à 06'37"] ; Benjamin Mocquard - Rodolphe Bretault - Guillaume Ribourg ; Julien Pihant (A) - Franz Ehrhart - Nicolas Hébert [puis Albert à 06'37"] ; William Lefort (une présence au premier tiers-temps).

Remplaçant : Florent Robin (G).