Asiago bisse en série A italienne

Asiago est champion pour la seconde année consécutive, mais la spectaculaire série finale, conclue au match 6, porte avec elle les poisons d'un environnement incapable de grandir. Au match 5 en effet, Val Pusteria a foutu en l'air son étonannte saison en inscrivant sur le feuille de match deux gardiens finlandais, Strömberg et Nikkilä (le règlement est pourtant clair : au moins un des deux portiers doit être formé en Italie). Asiago a porté réclamation sur ce match remporté 7-2 pour les loups de Brunico, et la justice sportive le lui a justement attribué par 5-0. Cette erreur absurde a donné à Asiago la possibilité de passer devant 3-2 dans la série et de jouer le titre au match 6 sur sa piste.

Val Pusteria - Asiago 4-1 (1-1, 2-0, 1-0)

Les maîtres de maison semblent craindre leurs adversaires et sont un peu contractés au début mais, après le but de Matt De Marchi, ils commencent à pousser dans la direction de Bellissimo, sous l'impulsion d'un stupéfiant Taggart Desmet, et ils égalisent par Persson à 1'30" de la pause. Au deuxième tiers, il n'y a qu'une équipe sur la glace, Asiago paye probablement la fatigue de la longue demi-finale contre Bolzano et Val Pusteria marque deux fois par Helfer puis - en supériorité numériquie après la penalité de match contre De Marchi - par Oberrauch. Dans la dernière période, Val Pusteria contrôle aisément et Jensen inscrit le dernier but en cage vide à un peu plus d'une minute de la sirène.

Asiago - Val Pusteria 3-5 (1-2, 1-1, 1-2)

STRAZZABOSCO_Michele-100508-052Sur le plateau, il semble que la série s'oriente de manière décisive en faveur des "loups" ; l'Asiago, avec un Borrelli à 50% de ses capacités et un De Marchi suspendu, peine à rivaliser et s'accroche au résultat seulement grâce à la technique et à la combativité des frères Henrich. Grand match de Val Pusteria que Stefan Mair a très bien mis en place, aussi bien en défense (excellents Helfer, Kelly et Willeit) qu'en attaque où le très jeune Alex Frei (de l'équipe partenaire de Caldaro) se met en valeur. Burs de Di Casmirro (2), Willeit, Helfer et Loyns pour Val Pusteria, Adam (2) et Michael Henrich pour Asiago.

Val Pusteria - Asiago 3-4 (1-0, 2-2, 0-1, 0-1) après prolongation

C'est vraiment au match 3 qu'un morceau du scudetto convoité prend le chemin d'Asiago. C'est encore une fois Val Pusteria qui arrive à mener 3-1 par des buts de Di Casmirro et Kelly (2) contre Borrelli pour les visiteurs ; une pénalité de Desmet permet à Michael Henrich de raccourcir la distance en fin de deuxième tiers-temps, mais trois pénalités consécutives (De Marchi, Intranuovo et Strazzabosco) donnent aux "loups" 1'30" à 5 contre 3 et ils auraient dû clore le match. Asiago s'aggrippe à un grand Bellissimo, puis la peur de gagner coûte aux Pusteresi l'égalisation de Vigilante, et le but en prolongation de Michael Henrich remet en course les champions sortants.

Asiago - Val Pusteria 6-3 (3-1, 2-0, 1-2)

L'équipe de John Tucker ne manque pas l'occasion d'égaliser la série. On peut dire que c'est l'unique partie raté par Val Pusteria qui entre en piste sans la concentration nécessaire et se retrouve avec deux buts de retard (Vigilante, Ulmer et M. Henrich contre Helfer pour les jaune et noir). Mair ne réussit pas à redonner le moral aux siens qui perdent également Desmet sur blessure. Michael Henrich et Vigilante creusent de nouveau l'écart, avant une étincelle de réaction au troisième tiers (Bona et Frei), mais l'Asiago a appris à contrôler ses nerfs et marque encore en cage vide avec A. Henrich.

Val Pusteria - Asiago 0-5 (sur tapis vert)

En réalité la rencontre s'est achevée à 7-2 (5-0, 0-1, 2-1). L'équipe de Brunico se détache tout de suite, bien qu'elle soit décimée par les blessures : aux absences de Sirianni et Pichler s'est ajoutée celle de Desmet, et en cours de match sort aussi Kelly qui était jusqu'ici un grand meneur. Les buts, inutiles, sont de Kelly (2), Jensen (2), Cullen, Loyns et Helfer (pour Asiago, M. Henrich et De Marchi), mais c'est la grande performance collective des joueurs du Haut-Adige qui impressionne, avec une mention méritoire pour l'ex-Brestois Patrick Bona. La présence de Nikkilä sur la feuille de match rende pourtant vaine la démonstration de force qui aurait garanti une éventuel match 7 à domicile.

PLASTINO_Nicholas-100508-069Un dirigeant des "Lions" de l'altopiano, Renato Tessari, a déclaré avoir dit aux siens de ne pas forcer parce qu'il était sûr d'avoir partie gagnée réglementairement même si Nikkilä n'entrait pas en jeu. À bien y regarder, il s'agit d'une déclaration évitable et idiote : ceux qui ont payé l'entrée l'ont fait pour voir un match de hockey et non une farce, Tessari a perdu une bonne occasion de se taire, surtout devant les polémiquies que soulève le jeu d'intimidation d'Asiago, évalué avec une bienveillance excessive par les arbitres même quand il inclut la provocation.

Asiago - Val Pusteria 4-3 (0-0, 1-3, 2-0, 0-0, 1-0) après prolongation

Il aura fallu 91 minutes de jeu effectif pour priver Val Pusteria de match 7 et attribuer à Asiago le championnat 2010/11. Les visiteurs sont toujours sans leur capitaine Pichler et sans trois joueurs décisifs pour la conquête de la Coupe d'Italie et de la première place de la saison régulière (Sirianni, Desmet, Kelly), alors que le jeune Matteo Tessari est absent d'Asiago depuis les demi-finales. Le premier tiers-temps file avec des équipes attentives à ne pas commettre d'erreurs et à prendre des pénalités stupides. Quand Oberrauch, à 22'03, trouve un passage pour battre Bellissimo, la réponse d'Asiago prend 24 secondes par l'intermédiaire de Miglioranzi. Mais Val Pusteria joue avec une grande intensité physique, Strömberg fait son travail dans la cage et les visiteurs prennent le large par Cullen et par un tir de pénalité parfaitement tiré par Jensen. Ce même Jensen commet une ostruction à 44' et Asiago réduit l'écart par une belle action entre Ulmer et Adam Henrich conclue par un but de Vigilante. L'occasion de clore la partie, Val Pusteria l'a quand A. Henrich va en prison, mais la fatigue étouffe désormais les réflexes et Asiago revoit la lumière à 1'30" de la fin avec une déviation d'Ulmer (Cullen en prison).

À 3-3, on joue la prolongation à outrance (pas de pénaltys en finale). Les vingt premières minutes ne changent pas le résultat même si les occasions ne manquent pas de part et d'autre. On continue toujours à 4 contre 4 jusqu'à la onzième minute de la deuxième prolongation : Strömberg ne retient pas un tir de Strazzabosco et laisse un rebond à Intranuovo. Après trois heures et demie de jeu, Asiago conquiert son troisième titre de champion d'Italie après ceux de 2001 et 2010.

Pour conserver son titre, Asiago a pu compter : a) sa capacité à se sortir des situations difficiles ; b) son haut niveau technique avec une attaque difficile à arrêter (les frères Henrich, Ulmer et Vigilante), un grand gardien (Bellissimo) et quelques jeunes qui ont mûri durant la saison (Miglioranzi, Presti, Benetti, Tessari); c) l'incroyable idiotie commise par les dirigeants de Val Pusteria au match 5 ; d) les blessures qui ont condamné les Loups à jouer les parties décisives avec une formation largement remaniée.

Les champions d'Italie 2010/11 : Bellissimo (Pavone, Perugini) ; Benysek, De Marchi, Miglioranzi, Plastino, Strazzabosco, Rossi, Gorza ; Borrelli (C), A. Henrich, Intranuovo, Ulmer, M. Henrich, Vigilante, Benetti, Presti, M. Tessari, Stevan, N. Tessari, Busa.