France - Italie (match international, à Pergine)

Mauvaise soirée pour Quemener

STRAZZABOSCO_Michele-20100515-7809On ne parlait que d'une chose dans les travées d'Asiago : l'absence de Michele Strazzabosco, 35 ans, pilier de l'équipe nationale d'Italie. Les motifs de cette surprenante disparition de l'équipe se dévoilent peu à peu. Mercredi dernier, une semaine après le titre de champion d'Italie, les joueurs d'Asiago était invités à une grande réception chez le maire devant de nombreux tifosi, célébration qui s'est prolongée, comme c'est la tradition locale, dans une fameuse auberge du coin, les "Due Spade". La fête a duré si tard que, le lendemain matin, Strazzabosco et les jeunes Benetti et Miglioranzi ne se sont pas présentés à la séance d'entraînement de l'équipe d'Italie. Sanction sans appel : exclus de la sélection ! Sans pitié pour "Strazza", candidat crédible au capitanat.

Le fait que le regroupement de l'équipe nationale se soit tenu "chez eux" aura finalement joué un vilain tour aux joueurs d'Asiago, qui n'ont pu résister à la tentation d'une soirée de ripailles avec leurs amis. Les Italo-Canadiens du club (Plastino et De Marchi), eux, ont fait preuve de plus de professionnalisme que les joueurs locaux et n'ont pas manqué l'entraînement matinal.

L'Italie utilise ce dernier match de préparation pour faire tourner son effectif et donner de l'expérience aux jeunes Ambrosi, Caletti, Stofner, Kostner et Traversa. La France, quant à elle, aligne son jeune gardien Ronan Quemener, le néo-Grenoblois (transfert officiel depuis deux jours) dont les sorties internationales se sont très bien passées jusqu'ici.

Une phase d'apprentissage d'un gardien passe aussi par des mauvais soirs, et celui de Quemener, avouons-le tout de suite, est franchement mauvais. Après seulement une minute de jeu, Ryan Watson sonne le tocsin en frappant le poteau sur un tir croisé, puis il récupère son palet et trompe finalement le gardien gapençais d'un tour de cage. Seize secondes plus tard, Quemener va déjà chercher un second palet dans ses filets, envoyé par Andreas Lutz (2-0, 01'28").

Le capitaine Laurent Meunier fait réagir la France avec une passe de derrière la cage pour Hecquefeuille, mais Thomas Tragust, lui, se montre solide dans la cage, tout comme face à Leblond. On se dit que Quemener est lui aussi entré dans la partie en arrêtant une bonne action de Stofner et Kostner, mais il s'incline encore face à Watson décalé en entrée de zone par Pittis (3-0, 09'44"). Le staff demande à Fabrice Lhenry de s'échauffer, et il prend place devant la cage française deux minutes plus tard, après une occasion de Desrosiers (11'09").

TREILLE_Sacha-100511-377Lhenry laisse certes filer doucement entre ses jambes un tir d'Ansoldi, mais les défenseurs viennent dégager le palet derrière lui. La France bénéficie ensuite de deux supériorités numériques pour des pénalités de Felicetti et de Tragust, qui a bougé sa cage. Mais le gardien italien est agile des jambières face à Brian Henderson ou Sacha Treille. Le premier tiers se termine par un bon arrêt de Lhenry devant Iannone.

Le rythme décroît en deuxième période, les deux équipes se neutralisent. Une seule occasion en vingt minutes, c'est faible : une contre-attaque de Felicetti qui sert Gruber en plein élan, mais le tir du défenseur échoue dans les bottes de Lhenry. L'Italie change de gardien à son tour à la mi-match en faisant entrer son nouvel espoir Andreas Bernard, qui tient lui aussi le fort, même s'il se fait une frayeur en fin de tiers en relâchant un palet dans un premier temps.

Le score n'a pas bougé et l'intensité reste modeste. Tout juste note-t-on que Sacha Treille remonte la glace pour un tir croisé. Une phase de 4 contre 3 italien permet à Marchetti de lancer, mais son tir va droit sur le gardien. Encore en infériorité, mais à 4 contre 5, les Français partent en contre et Yohann Auvitu tire sur la transversale.

À sept minutes de la fin, Andreas Lutz donne un coup de poing et déclenche une bagarre. Il est exclu définitivement, alors que Roussel et Raux prennent deux minutes chacun. Dans un premier temps, la France joue donc à 3 contre 4, et Felicetti en profite pour porter le score à 4-0. Quand c'est au tour des visiteurs de jouer en supériorité, Teddy Da Costa réclame un but mais les arbitres accordent l'arrêt à Bernard. Une minute plus tard, une déviation devant la cage de Nicolas Arrossamena parvient enfin à sauver l'honneur (4-1, 58'52").

La France ne s'est pas remise du début de match de son gardien et a manqué de réaction. Elle sera attendue plus dynamique devant son public face à la Slovénie, vendredi à Lyon et samedi à Valence.

Désignés joueurs du match : Greg Watson pour l'Italie et Nicolas Besch pour la France.

 

Italie – France 4-1 (3-0, 0-0, 1-1)
Dimanche 10 avril à 19h00 à Pergine.
Arbitrage de Luca Cassol et Michele Gastaldelli (ITA) assistés d'Andrea Benvegnù e David Tschirner (ITA).
Penalités : Italie 37' (4', 4', 4'+5'+20') ; France 12' (0', 2', 10').

Évolution du score :
1-0 à 01'12" : Watson assisté de Pittis et Iannone
2-0 à 01'28" : Lutz assisté de M. Insam
3-0 à 09'44" : Watson assisté de Pittis et Iannone
4-0 à 55'08" : L. Felicetti assisté de Marchetti et Johnson (sup. num.)
4-1 à 58'52" : Arrossamena


Italie

Gardien : Thomas Tragust puis Andreas Bernard à 30'30".

Défenseurs : Armin Helfer, Armin Hofer, Stefano Marchetti, Andrea Ambrosi, Trevor Johnson, Andreas Lutz, Ingemar Gruber, Roland Hofer.

Attaquants : Michael Souza, Luca Ansoldi, Tommaso Traversa, Ryan Watson, Jonathan Pittis, Patrick Iannone, Luca Felicetti, Edoardo Caletti, Marco Insam, Hannes Stofner, Simon Kostner, Diego Iori.

En réserve : Daniel Bellissimo (G), Nicholas Plastino, Matthew De Marchi, Giulio Scandella, Alexander Egger, Nicola Fontanive, Manuel De Toni.

France

Gardien : Ronan Quemener puis Fabrice Lhenry à 11'09".

Défenseurs : Johan Auvitu, Vincent Bachet, Nicolas Besch, Kévin Hecquefeuille, Maxime Moisand, Thomas Roussel, Teddy Trabichet.

Attaquants : Nicolas Arrossamena, Teddy Da Costa, Julien Desrosiers, Laurent Gras, Brian Henderson, Loïc Lampérier, Laurent Meunier, Damien Raux, Jérémie Romand, Luc Tardif, Sacha Treille, Matthieu Leblond.