Présentation des Canadiens qui viendront à Bercy (I)

TAVARES_John-20100508-089La sélection du Team Canada pour les championnats du monde se dévoile, et voici le portrait des six premiers attaquants qui viendront fêter Pâques au Palais omnisports de Paris-Bercy lors de France-Canada.

Le manager Dave Nonis a sélectionné un staff aux liens étonnants : le vieux Ken Hitchcock sera l'entraîneur, et l'actuel coach de Columbus, celui qui a pris sa place quand il s'est fait démettre de son poste, Scott Arniel, sera son adjoint ! Rassurez-vous, les deux hommes se connaissent, car Hitchcock a toujours un titre de conseiller spécial  pour l'évaluation des prospects à Columbus. L'autre assistant sera Peter DeBoer, ex-entraîneur des Florida Panthers, qui a souvent officié dans les staffs du Canada.

John Tavares (New York Islanders)

Meilleur joueur du Mondial junior 2009 et premier choix de la draft NHL quelques mois plus tard, Tavares est devenu le leader incontesté des Islanders. C'est certes une équipe dont on se gausse parfois mais - mine de rien - elle a un bilan positif depuis le début d'année après un automne catastrophique et miné par les blessures. Pas le joueur le plus rapide, Tavares compense offensivement par son bon placement. Surtout, il a un lancer d'exception, un des plus beaux du hockey, et il l'avait déjà prouvé en mai dernier avec 7 buts.

Matt Duchene (Colorado)

Le centre aux mains d'or travaille physiquement pour compenser son petit gabarit, et la précision de ses passes et de ses tirs en fait un leader offensif redoutable. Il ne lui manque qu'un ingrédient : l'expérience. L'an passé à Mannheim, il a souvent signé des actions somptueuses, mais n'avait pas la carrure d'un leader capable d'empêcher l'élimination. Cette année, il aura moins de charge sur ses épaules dans une formation plus expérimentée.

Jason Spezza (Ottawa)

Le premier centre devrait en effet être Jason Spezza. Hué par son propre public lors des derniers play-offs NHL en raison de ses pertes de palet (alors qu'il était aussi le meilleur marqueur), Spezza est un leader offensif controversé, mais il est resté à Ottawa. Sans doute à raison car il est en grande forme ces dernières semaines. Son problème, c'est que même s'il dépasse un point par match sur la durée de de sa carrière NHL, il n'a toujours rien gagné. Il a déjà perdu quatre finales : une au Mondial junior 2002, une en NHL (2007), deux aux championnats du monde (2008 et 2009). La dernière était la plus frustrante car il avait tout fait pour contribuer à la victoire. Est-ce enfin la bonne ?

Andrew Ladd (Atlanta)

Ladd compte déjà deux Coupes Stanley à son palmarès (2006 et 2010), en courant parfois le risque d'être réduit à son impact physique et considéré comme un joueur de complément. L'éparpillement de l'équipe championne de NHL de Chicago, pour réduction de masse salariale, lui a donné un statut plus conforme à un ancien numéro 4 de draft. À Atlanta, Ladd a enfin pris place sur une première ligne, et dès novembre, il a été nommé capitaine de son équipe, à pas encore 25 ans. Avec 58 points dont 28 buts, il a donc vécu de loin sa meilleure saison et a pu exprimer ses qualités de buteur de manière constante. Le champion du monde junior 2005 récolte ainsi sa première invitation pour le Team Canada en senior.

Rick Nash (Columbus)

On aurait pu penser que Nash serait absent cette année car il a manqué les deux dernières rencontres de saison régulière de NHL en raison d'un problème de dos. Cependant, le champion olympique de Vancouver ne s'est pas défilé. Il fait donc son retour aux championnats du monde où il a souvent connu le meilleur (MVP du Mondial 2007) et parfois le pire (son dégagement fatal au-dessus du plexi à la finale de Québec). Nash a passé le cap des 30 buts pour la sixième fois en sept ans et devrait encore faire trembler les filets : lorsque son grand gabarit est lancé, il déménage et est très difficile à arrêter.

Chris Stewart (Saint Louis)

Gros gabarit qui fait mal dans les coins et protège bien son palet. Ce jeune attaquant de père jamaïcain est déjà un "power forward" reconnu en seulement trois années de NHL, car il reste sur deux saisons de suite à 28 buts. Il marque dans toutes les positions et est donc plutôt destiné à agresser l'adversaire ou la cage qu'à jouer défensivement.