Brest - Reims (D1, Demi-finale, match 2)

Les Albatros en finale

5367279160_42201ea6c5

Victorieux en Champagne mercredi dernier sur le score étriqué de 4-3, les Albatros veulent remporter au plus vite cette demi-finale. Pour cela ils devront venir à bout d’une très belle équipe de Reims qui a échoué de peu lors du premier match après avoir pourtant effacé un déficit de trois buts. Les Phénix ont encore toutes leurs chances, il ne faut pas oublier qu’ils sont la seule équipe à avoir vaincu Brest au Rïnkla Stadium durant la saison régulière (6-3).

Il y a une semaine André Peloffy se félicitait de pouvoir disposer d’un groupe enfin au complet. Cette joie fut de courte durée. Sérieusement blessé à l’épaule lors du premier match de la demi-finale, Alexandre Lefebvre a vu sa saison se terminer. Une lourde perte car l’ancien attaquant de Villard-de-Lans était le meilleur atout offensif français de l’équipe. Le joueur est malgré tout sur la glace pour donner le coup d’envoi du match. Les spectateurs brestois et rémois lui font une longue ovation debout amplement méritée au vu de sa brillante saison.

 

Un quasi copié/collé

De manière assez troublante, ce deuxième match comporte de nombreuses similitudes avec le premier. Comme mercredi Brest est sanctionné d’entrée de jeu et par l’intermédiaire des deux même joueurs ! David Hennebert est d’abord pénalisé pour un accrocher sur une action visiteuse fulgurante orchestrée par le premier bloc J.Sabatier-Desrosiers-Savoie. Ce dernier échoue de peu malgré une cage grande ouverte (2’50’’). Slavomir Vorobel rejoint ensuite son équipier à 3’54’’ ce qui donne un 5 contre 3 pour les Phénix.

Inutile de dire que dans une telle configuration les Albatros sont acculés en défense et s’en remettent à leur gardien pour sauver les meubles. Landry Macrez est mis à contribution. Il déboute Marek Grill de son bouclier (5’40’’) et résiste face à la domination champenoise. L’orage passe et Brest sort peu à peu la tête de l’eau et c’est au tour de Reims d’être sanctionné. Marin Vesely accroche irrégulièrement Sébastien Gauthier qui se présentait seul face à Filip Kubis (6’22’’).

5367276666_21cfb08252Le jeu de puissance d’ordinaire si brillant des Albatros est à la peine comme lors du premier match. Les Phénix s’en tirent sans mal. Les arbitres ont le sifflet léger et c’est à 4 contre 4 que l’on joue quelques instants plus tard avec Sébastien Savoie et Francis Ballet au cachot (9’16’’ et 10’04’’). Ce sont les locaux qui vont en tirer profit et piéger leur adversaire.

Les Phénix semblent attendre patiemment que la pénalité de Savoie s’écoule afin de profiter d’une brève supériorité numérique. Mais en sortie de zone défensive, un joueur rémois se fait chiper le palet par David Hennebert qui transmet à Nicolas Motreff. L’attaquant breton décale brillamment pour Nelson Vargas qui reprend le palet de volée et ouvre la marque (1-0 à 11’14’’).

Ce but confirme le renversement de tendance qui s’observait depuis quelques instants. Après une première moitié de tiers plutôt à l’avantage des Rémois, la deuxième partie de période penche nettement en faveur des Albatros. Filip Kubis tient bon et s’en sort bien sur un gros cafouillage devant son but suite à un tir en cloche de Vladimir Holik. Jaroslav Prosvic ne profite pas du rebond (12’45’’). Fin d'un premier tiers serré entre deux équipes spectaculaires.

Les similitudes avec le premier match se poursuivent dans la deuxième période. Mercredi, Matus Petricko avait rapidement inscrit deux buts. Très en vue depuis son retour de suspension, le géant slovaque est encore à l’œuvre ce samedi soir. Il abat un travail remarquable derrière la cage et effectue une passe en retrait pour Sébastien Gauthier qui marque d’un lancer frappé limpide (2-0 à 21’57’’).

5366666671_30c1874c6aFrançois Dusseau décide de prendre son temps mort (quasiment à la même minute qu’au premier match !). On se souvient que mercredi la remontée rémoise avait été entamée suite à un temps mort demandé par l’entraîneur des Phénix. Cette fois la dynamique des Albatros n’est pas enraillée. Brest domine incontestablement et bombarde Kubis. Ce dernier ne peut rien sur le missile à bout portant de Petricko côté bouclier (3-0 à 24’06’’). Le gardien tchèque a beau faire des miracles en sortant des arrêts spectaculaires, il cède face à Prosvic qui profite d’un rebond (4-0 à 25’58’’).

La renaissance du Phénix ?

Asphyxiés, on pense que la messe est dite pour les Phénix. Mais contrairement aux Scorpions de Mulhouse qui ont vite baissé les crosses la semaine dernière en voyant le score enfler, Reims va se remettre dans la course en quelques minutes. Sur un lancer de la bleue de Filip Prochazka, l’attaquant explosif Francis Desrosiers posté devant Macrez dévie le palet qui frappe le poteau. Le rebond revient dans sa crosse et il parvient cette fois à le pousser au fond (4-1 à 28’56’’).

La dynamique est maintenant rémoise. Les visiteurs semblent plus que jamais y croire et veulent réitérer une remontée au score comme lors du premier match. Les Phénix occupent de longues minutes la zone offensive et mettent la pression sur Macrez à l’image d’un bon tir de Valere Vrielynck que le portier breton déboute (30’09’’). Une minute plus tard Prochazka bombarde à nouveau de la bleue et son tir finit directement au fond de la cage adverse (4-2 à 31’13’’). Le gardien brestois semble masqué par une nuée de joueurs.

L’inquiétude gagne peu à peu dans les tribunes. L’avance locale a fondu de moitié en quelques minutes et les Albatros ne semblent pas au mieux. Le prochain but peut changer toute la donne : soit Reims se rapproche un peu plus, soit Brest réaffirme son avance. Macrez se montre encore déterminant en effectuant un arrêt à bout portant sur Maxime Gervais (34’40’’).

5367278834_0a30406e2eLes Albatros se rebiffent par un 2 contre 1 de Gauthier et Lemoine stoppé irrégulièrement par Martin Vesely (35’24’’). Ce sont les deux seules minutes de pénalité de ce tiers très propre. La supériorité numérique est un peu plus convaincante mais la faille n’est toujours pas trouvée malgré une énorme occasion de Gauthier (37’14’’).

Le tournant de la rencontre intervient à quatre secondes de la fin du deuxième tiers temps. Prochazka en position de dernier défenseur accroche Michal Dian qui s’en allait défier Filip Kubis. Laurent Garbay signale un tir de pénalité transformé par l’attaquant slovaque (5-2 à 39’56’’). Un grand bol d’oxygène pour les locaux qui repartent aux vestiaires avec une marge de  trois buts.

Dans le dernier tiers les Albatros sont sur leurs gardes sachant que les Phénix vont tout donner pour revenir. Si le jeu de puissance n’est toujours pas efficace suite à la pénalité de Prochazka en début de tiers, la défensive bretonne se montre en revanche efficace et déjoue habilement les tentatives champenoises. Vrielynck effectue pourtant une très belle déviation sur une remise en retrait de Jan Rehor mais Macrez veille au grain (45’45’’).

Les Phénix se montrent bien plus réalistes que leurs homologues lorsque Matus Petricko rejoint le banc des pénalités (47’34’’). Une poignée de secondes suffit à Marek Grill pour inscrire un but en poussant au fond un rebond laissé sur un tir de Jérémy Sabatier (5-3 à 48’09’’). Brest ne semble pas paniquer et laisse venir afin de procéder par contre. Néanmoins il y a un manque de finition dans le dernier geste. La patinoire était déjà debout en voyant Prosvic décaler idéalement Martin Gascon (plutôt discret jusqu’à présent). Le capitaine effectue une reprise instantanée mais le palet reste à l’extérieur du but on ne sait trop comment (51’40’’).

5367280904_ce65dd63f4Les tentatives visiteuses restent inefficaces. Le rideau défensif breton semble difficile à passer. Les défenseurs brestois remportent quasi systématiquement les duels en un contre un. La délivrance pour le public sera donnée par Dian comme en fin de deuxième tiers. Maxime Gervais prend de l’élan au niveau de son but pour entamer une sortie de zone. Il ne voit pas venir derrière lui l’habile attaquant brestois qui lui subtilise le palet juste devant Kubis. Après un demi-tour le palet est envoyé illico presto en lucarne à bout portant (6-3 à 54’53’’). Cette fois c’en est terminé, les Phénix abdiquent dans une fin de match marquée par la blessure de Jérémy Sabatier sur une charge du néo-attaquant Peter Cintala (58’12’’).

La boucle est bouclée. Vaincus par Reims en saison régulière au Rïnkla, les Albatros répondent par le même score et éliminent de brillant Phénix à l’issue d’un match plaisant et très propre entre deux bonnes équipes. Reims échoue pour la deuxième année de suite aux portes des finales mais leur objectif est atteint. Ils auront tenu la dragée haute aux Albatros en ne baissant jamais les bras. Le danger fut constant grâce à un savant mélange entre bons joueurs étrangers (Filip Kubis, Francis Desrosiers notamment), de jeunes français talentueux (les frères Sabatier, Vrielynck) et un bon coaching. Il ne manque vraiment plus grand chose à cette équipe pour avoir droit aux grands honneurs dans cette division 1.

Brest continue l’aventure et atteint le stade de la finale pour la deuxième fois de suite. Les Albatros ont joué le minimum de matchs jusqu’à présent pour en arriver à ce stade ce qui est une satisfaction. Brest remet le couvert dès mercredi à Neuilly-sur-Marne pour l’affiche logique de cette finale de Division 1. Martin Gascon a donné rendez-vous aux supporters bretons vendredi pour la deuxième rencontre en les exhortant « à venir à la patinoire même s’il fait beau ! »

Commentaire d’après match (Le Télégramme et Tébéo)

André Peloffy (entraîneur de Brest) : « C’est un bon match, une bonne préparation pour la finale. C’est aussi la victoire d’une équipe qui a montré que tout le monde doit participer pour gagner. L’équipe n’a pas été perturbée par le retour de Reims à 4-2 car elle sait s’adapter à toutes les situations d’un match. Il y avait peut-être plus de talent la saison dernière mais, cette année, mon équipe à un plus gros mental. »

"On a put voir que si on veut gagner tout le monde doit participer et dans la même direction et la même façon de jouer. On s'est serré les coudes surtout le deuxième tiers temps, on l'a entrepris de très belle façon comme on aurait du au premier tiers temps mais bon cela a pris un peu de temps. On a fait ce qu'il y avait à faire. Comme je le dis c'est toute l'équipe qui a participé ce ne sont pas des individualités. [...] Pour moi c'est un groupe que j'apprécie énormément, je le dis depuis le début de la saison. Et c'est un groupe qui, croyez-moi, n'a qu'une idée en tête c'est de monter en Magnus. Et on va y arriver !"

Sébastien Gauthier (joueur de Brest) : "Une victoire qui fait du bien, on ne voulait pas jouer demain. Je pense qu'il faut donner du crédit à Reims, ils nous ont forcé à offrir notre meilleur niveau de jeu." (On lui demande ensuite s'il a une préférence entre Neuilly et Bordeaux pour la finale) "Non, on va battre l'équipe qui va se présenter devant nous. On a battu tout le monde une fois cette année au moins donc pas de préférence. Je sais pas les résultats en ce moment si Bordeaux a gagné. On va tout faire pour battre n'importe qui."

Brest – Reims 6-3 (1-0, 4-2, 1-1)
Samedi 23 avril 2011 à 18h40 au Rïnkla Stadium. 947 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay, assisté de Jérémie Douchy et Romain Herrault.
Pénalités : Brest 18' (6', 0’, 2’+10'), Reims 10' (4', 2', 4’).
Évolution du score :
1-0 à 11’14’’ : Vargas Dias assisté de Motreff et Hennebert
2-0 à 21’57’’ : Gauthier assisté de Petricko
3-0 à 24’06’’ : Petricko assisté de Gauthier et Lemoine
4-0 à 27’58’’ : Prosvic assisté de Gascon et Dian
4-1 à 28’56’’ : Desrosiers assisté de Prochazka
4-2 à 31’13’’ : Prochazka assisté de Desrosiers
5-2 à 39’56’’ : Dian (tir de pénalité)
5-3 à 48’09’’ : Grill assisté de Rehor et Sabatier (sup. num)
6-3 à 54’53’’ : Dian


Brest

Gardien : Landry Macrez.

Défenseurs : Slavomir Vorobel – David Hennebert ; Vladimir Holik – Francis Ballet ; Alexey Volkov.

Attaquants : Jaroslav Prosvic (A) – Martin Gascon (C) – Michal Dian ; Sébastien Gauthier – Matus Petricko – Tristan Lemoine ; Nelson Vargas Dias – Nicolas Motreff (A) – Peter Cintala.

Remplaçants : Pierre Pochon, Jérémy Cormier, Serge Toukmatchev, Clément Gonzales. Absent : Alexandre Lefebvre (épaule).

Reims

Gardien : Filip Kubis.

Défenseurs : Maxime Gervais – Filip Prochazka ; Tristant Lohou  – Martin Vesely ; Armand Coustenoble – Damien Morel.

Attaquants : Jérémy Sabatier – Francis Desrosiers (C) – Sébastien Savoie ; Marek Grill – Florian Sabatier – Jan Rehor ; Valere Vrielynck – Thybaud Rouillard – Kirill Sokolov.

Remplaçants : Steven Catelin, Thomas Czubernat, Kévin Ottino. Absents : Wilfried Molmy, Rolands Vigners.