République Tchèque - Russie (Euro Hockey Tour 4)

Chute d'un géant

MOROZOV_Alexei-2009-7443Pendant toute la saison, le gardien de deux mètres Vassili Koshechkin avait "grandi". À chaque tournoi, il s'imposait un peu plus comme l'occupant incontournable de la cage russe, d'autant que ses concurrents étaient fort peu convaincants. Mais en un mois, il a tout perdu. Ce match contre la République Tchèque est sa dernière chance, et il vire au désastre avec six buts encaissés, même si sa défense est loin d'être exempte de reproches.

Dans le même temps, Barulin a prouvé sa grande forme dans les play-offs de KHL. Nabokov est revenu au jeu et a enfin obtenu une libération écrite des New York Islanders (en échange du renoncement à réclamer le salaire lié au contrat dont il ne voulait pas). De numéro 1 possible, Koshechkin est donc dégradé en numéro 3 ou 4, selon que Bryzgalov, finalement appelé la nuit dernière, viendra ou non.

Dans ce naufrage russe, deux joueurs ont réussi à se présenter sous un jour positif. Le capitaine Aleksei Morozov, tout d'abord, capable de surnager offensivement dans ce match médiocre de son équipe, et de marquer sur déviation. Et puis, le junior Vladimir Tarasenko, incroyablement mature à 19 ans, qui a signé la merveille de la soirée avec une conduite de palet du revers. Tarasenko au Mondial, on y croit de plus en plus, car il surpasse tous ses concurrents hormis les vétérans Morozov et Zaripov. Son collègue ailier Parshin notamment a paru amorphe dans ce match où il jouait pourtant sa place.

Battus dans le jeu, les Russes ont tenté de répliquer dans d'autres domaines. Artyukhin s'est adonné à ses provocations habituelles, mais le geste le plus controversé est la charge gratuite de Belov sur Hubacek contre la bande, qui a tout de suite déclenché une punition de Nakládal, qui a apparemment hérité du rôle de justicier.

Les champions du monde encore plus forts

Pour les Tchèques, le match fut magique. Le déménagement de l'Euro Hockey Tour à Brno a été un excellent choix, tant l'ambiance est au rendez-vous dans la patinoire morave, avec des travées pleines et des chants incessants qui portent l'équipe à l'attaque.

Offensivement, Jagr, avec quatre points, a encore survolé son sujet, et sa ligne avec Cervenka et Prucha est une belle certitude. Une ligne NHL est en réserve avec Elias, Michalek et Havlat qui se connaissent bien. Le trio Rolinek-Marek-Voracek était déjà présent aux derniers Mondiaux en tant que deuxième ligne, et il forme maintenant la troisième ligne dans un effectif plus relevé. Sur le papier, les champions du monde en titre sont donc encore plus forts.

La défense est aussi renforcée grâce au retour convaincant de Radek Martinek. Le champion du monde 2000 et 2001, souvent blessé depuis son départ en NHL, n'avait plus joué en équipe nationale depuis plus de six ans et a frappé fort avec ses deux buts en supériorité numérique, sur assistance de Jagr : il a profité des responsabilités données en powerplay. La paire Krajícek-Martinek, excellente aujourd'hui, apporte un supplément d'expérience à cette formation tchèque en communion avec son public.

Commentaires d'après-match

Slavomir Lener (manager de la République Tchèque) : "Jarda [Jagr] a joué comme s'il avait 25 ans. Franchement, je ne m'y attendais pas. J'ai souvent l'habitude de regarder tous les joueurs sur la glace, mais qu'on le veuille ou non, il a tout dominé. C'était une de ses meilleures performances en équipe nationale.[...] Il est évident que nos joueurs voulaient jouer un hockey ouvert qui plaît au public. Au premier match, l'adversaire s'est retrouvé cinq fois en surnombre, mais les coaches ont mis l'attention et il n'y a pas presque pas eu de breakaways cette fois. On a toujours à apprendre, on a pris trois buts et il y a peut-être eu de la confusion en zone défensive."

Jakub Nakládal (défenseur de la République Tchèque) : "Les Russes sont fameux pour y aller à fond et ne pas aimer perdre. Personne n'aime ça, mais eux cent fois moins que les autres. Et quand ils perdent, ils ont des réactions exagérées. Les arbitres ont vu le match leur échapper un peu des mains. Les interventions étaient limites, ils pouvaient blesser. J'ai reçu l'instruction de coach de venir à la rescousse si une chosse comme ça arrivait."

 

République Tchèque - Russie 6-3 (1-0, 3-2, 2-1)
Samedi 23 avril 2011 à 14h00 au Rondo de Brno. 7200 spectateurs.
Arbitrage de Christer Lärking et Soren Persson (SUE) assisté de Stanislav Barvír et Petr Blumel (TCH).
Pénalités : République Tchèque 14' (2', 8', 4'), Russie 16' (4', 8', 4').
Tirs : République Tchèque 32 (11, 11, 10), Russie 27 (8, 8, 11).
Évolution du score :
1-0 à 19'03" : Martinek assisté de Cervenka et Jágr (sup. num.)
1-1 à 22'04" : Tarasenko assisté de Gorovikov
2-1 à 24'17" : Martinek assisté de Jágr (sup. num.)
3-1 à 24'45" : Cervenka assisté de Jágr et Prucha (sup. num.)
3-2 à 29'10" : Morozov assisté de Nikulin et Kaïgorodov
4-2 à 34'34" : Vorácek assisté de Marek
5-2 à 50'23" : Novotný assisté de Vorácek (inf. num.)
5-3 à 52'24" : Grebeshkov (sup. num.)
6-3 à 53'31" : Jágr assisté de Cervenka (sup. num.)


République Tchèque

Gardien : Ondrej Pavelec.

Défenseurs : Martin Skoula - Karel Rachunek (2') ; Petr Cáslava - Ondrej Nemec (2') ; Lukas Krajicek (+3) - Radek Martinek (+3) ; Tomas Mojzis (-2) - Jakub Nakladal (-2).

Attaquants : Petr Prucha (+1) - Roman Cervenka (+1, 2') - Jaromir Jágr (+1) ; Tomas Rolinek (C, +1) - Jan Marek (+1) - Jakub Vorácek (+2) ; Michal Vondrka - Petr Vampola (2') - Jakub Klepiš ; Petr Hubácek (-2) - Jiri Novotny (-1) - Martin Ruzicka (-2).

Remplaçant : Jakub Stepanek (G). En réserve : Jakub Kovar (G), Tomas Zidlicky, Patrik Elias, Milan Michálek, Martin Havlát, Petr Vrána.

Russie

Gardien : Vassili Koshechkin.

Défenseurs : Nikolaï Belov (-1, 4') - Ilya Nikulin (-2) ; Evgeni Biryukov - Vitali Atyushov (+1) ; Denis Grebeshkov (+1) - Konstantin Korneev (+1) ; Aleksei Emelin (2') - Yakov Rylov (-1, 2').

Attaquants : Danis Zaripov (-1) - Aleksei Kaïgorodov (-1) - Aleksei Morozov (C, -2) ; Evgeni Artyukhin (-1) - Aleksei Tereshchenko - Maksim Afinogenov (2') ; Denis Parshin - Konstantin Gorovikov (+1, 2') - Vladimir Tarasenko (+1) ; Evgeni Dadonov (2') - Aleksandr Burmistrov (-1) - Vladimir Zharkov (2').

Remplaçant : Evgeni Nabokov (G). En réserve : Konstantin Barulin (G), Vadim Shipachev.