Jagr en redemande

JAGR_Jaromir-100509-131Le programme avait été annoncé, y compris publiquement, depuis plusieurs semaines. Jagr ne devait jouer que deux rencontres sur trois durant ce week-end, avant de profiter d'un repos dominical et pascal. Après tout, n'est-il pas normal que Dieu se repose le septième jour ?

Pas pour le Dieu du hockey tchèque, apparemment. Après le formidable match d'hier, il était retourné à la patinoire à 22h pour se remettre à patiner ! Loin de jouer la star capricieuse, Jagr s'entraîne plus que les autres, et il en profite pour étrenner ses nouveaux gants (il avait gardé les mêmes depuis six ans) et sa nouvelle crosse.

Un autre joueur imprévu est dans l'équipe tchèque. Martin Sevc avait programmé aujourd'hui un barbecue avec des amis. Mais hier soir, il a été contacté par le staff tchèque, inquiet pour sa défense après les forfaits sur blessure de Blatak et Rozsival. Les adducteurs de Zidlicky restent en effet incertains, Skoula a pris un coup aux côtes contre la Russie, et Mojzis a été publiquement décrit comme peu satisfaisant. Récent champion de Suède avec Färjestad, Sevc n'avait plus été appelé en sélection depuis novembre 2008 ! Il a fallu le consentement de l'adversaire (la Suède) pour que ce joueur supplémentaire soit autorisé à jouer aujourd'hui.

Muets hier, les attaquants suédois se montrent plus efficaces. Pääjärvi donne en retrait à Berglund qui transmet une passe levée que Daniel Fernholm dévie dans les filets au second poteau (0-1). La réplique ne met que deux minutes. Milan Michalek attend le bon moment pour capter l'attention des défenseurs et décaler Lukas Krajicek au poteau opposé (1-1).

Le jeune Tim Erixon prend ensuite la première pénalité du match. On loue souvent Jagr pour sa capacité à ouvrir des espaces à ses collègues, mais sur cette supériorité numérique, aucun des défenseurs suédois ne fait attention au numéro 68 (impardonnable !), qui s'installe dans le cercle gauche et reprend la passe de la bande de Cervenka par un tir fulgurant qui touche l'épaule droite du gardien.

GUNNARSSON_Carl-100511-479Le spectacle recommence dès le début du deuxième tiers-temps, quand Martin Thörnberg dévie un tir axial de Gunnarsson (2-2). Thörnberg le teigneux se révèle un des attaquants suédois les plus actifs ce week-end bien qu'il ne soit pas le plus talentueux intrinsèquement. Il se crée d'ailleurs une nouvelle occasion dans le slot. Les rapides Suédois ont repris le contrôle du match en lisant bien le jeu tchèque. Jakub Stepanek commet une erreur coupable en relâchant un tir en angle de Mikael Backlund, un rebond aussitôt exploité dans le haut du filet par Loui Eriksson, le buteur de Dallas laissé libre par Mojzis (2-3).

Au troisième tiers-temps, les Tchèques testent de nouvelles lignes : Vampola et Koukal font des présences aux côtés de Jagr, Novotny entre en jeu en compagnie de Ruzicka. Tous ces joueurs sont en balance pour les postes en quatrième ligne ou en réserve aux Mondiaux, mais la décision ne se fera pas tout de suite.

L'équipe locale semble fatiguée, et si Stepanek sauve un breakaway de Pääjärvi, il ne peut rien sur un 2 contre 1 d'école de Loui Eriksson et Robert Nilsson (2-4). Après des pénalités de Fernholm et Erixon, les Tchèques peuvent jouer à 6 contre 3, mais s'emmêlent les pédales et ne font rien de bon. Malgré ce coup de mou final et cette défaite, les champions du monde en titre remportent leur tournoi à domicile grâce à leurs deux victoires sur la Finlande et la Russie, et ils sont sincèrement fêtés par le public de Brno à la fin du match.

Pour la Suède, les décisions finales sont plus rapides : le choix s'est fait tout seul en attaque, puisque les malheureux Jonas Andersson et Dick Axelsson se sont blessés. En défense, pour faire place à Oliver Ekman-Larsson (Phoenix, NHL), Mårts a décidé de garder ses joueurs d'expérience et de sacrifier le "rookie de l'année" Mattias Ekholm, qui avait participé avec succès à toutes les manches de l'Euro Hockey Tour.

Commentaires d'après-match

Jaromir Jagr (attaquant de la République Tchèque) : "On peut s'entraîner trois fois par jour, mais ça ne vaut pas un match. C'est pour ça que je tenais à jouer. Globalement, ça ne s'est pas mal passé, même si nous avons raté ce dernier match. Nous avons perdu la zone neutre en créant un grand fossé entre défenseurs et attaquants. L'adversaire a une influence. Les Russes sont des gros gabarits qui jouent surtout en attaque, cela me convient. Les Suédois sont différents. Je pense que nous sommes meilleurs que l'équipe de l'an dernier. Cela va dépendre du cœur que nous y mettrons. Et aussi de notre chance."4

Alois Hadamczik (entraîneur de la République Tchèque) : "L'adversaire patinait mieux que nous, et ils ont joué agressivement. Avant la troisième période, nous avons fait quelques changements pour donner un nouvel élan, nous avons ainsi eu des occasions mais nous avons manqué de réussite. Je ne veux offenser personne, mais je n'ai jamais vu une meilleure ville de hockey. Je connaissais les fans de Brno quand je m'y rendais en championnat, leurs encouragements étaient fantastiques. Tomáš Mojzíš et Petr Vrána rentrent à la maison, mais il reste des questions ouvertes. Nous gardons 3 gardiens, 9 défenseurs et 16 attaquants, c'est plus que prévu mais on ne sait jamais et on ne veut pas de surprise. On en saura plus au dernier match de préparation (contre le Canada). On veut donner un match de prestige aux fans, mais certains joueurs ont assez de rencontres dans les jambes. Il est même possible que l'on fasse jouer ceux sur qui onn ne compte pas aux Mondiaux."

 

République Tchèque - Suède 2-4 (2-1, 0-2, 0-1)
Dimanche 24 avril 2011 à 18h00 au Rondo de Brno. 7200 spectateurs.
Arbitrage de Christer Lärking et Soren Persson (SUE) assisté de Jaromír Bláha et Roman Pouzar (TCH).
Pénalités : République Tchèque 2' (0', 2', 0'), Finlande 8' (4', 0', 4').
Tirs : République Tchèque 27 (6, 8, 13), Suède 31 (13, 10, 8).
Évolution du score :
0-1 à 06'13" : Fernholm assisté de Berglund et Pääjärvi-Svensson
1-1 à 08'14" : Krajícek assisté de M. Michálek et Vampola
2-1 à 11'11" : Jágr assisté de Cervenka et Rachunek (sup. num.)
2-2 à 20'34" : Thörnberg assisté de Gunnarsson et Pääjärvi-Svensson
2-3 à 33'39" : Eriksson assisté de Backlund
2-4 à 51'01" : Nilsson assisté d'Eriksson


République Tchèque

Gardien : Jakub Stepanek [sorti de sa cage de 57'29" à 59'21"].

Défenseurs : Jakub Nakladal (-2) - Karel Rachunek (-2) ; Petr Cáslava - Ondrej Nemec ; Lukas Krajicek (+1, 2') - Radek Martinek (+1, 2') ; Tomas Mojzis (-1) - Martin Sevc.

Attaquants : Milan Michálek (+1, 2') - Petr Vampola (2') - Martin Havlát (+1) ; Petr Prucha (-1) - Roman Cervenka (-3) - Jaromir Jágr (-3, 2') ; Jakub Klepis - Petr Koukal - Jakub Vorácek (2') ; Michal Vondrka (-1) - Petr Vrána - Martin Ruzicka ; Jiri Novotny [à 40'].

Remplaçant : Ondrej Pavelec (G). En réserve : Jakub Kovar (G), Martin Skoula (côtes), Tomas Zidlicky (adducteurs), Petr Hubácek (malade), Patrik Elias (au repos), Jan Marek (blessure légère), Tomas Rolinek (blessure légère).

Suède

Gardien : Erik Ersberg.

Défenseurs : Carl Gunnarsson (-1) - David Petrasek (-1) ; Staffan Kronwall (2') - David Rundblad ; Niklas Grossmann (+1) - Tim Erixon (+1, 4') ; Daniel Fernholm (+2, 2') - Mattias Ekholm (+2).

Attaquants : Martin Thörnberg (+1) - Patrik Berglund (+1) - Magnus Pääjärvi-Svensson (+1, 2') ; Loui Eriksson (+2) - Mattias Sjögren - Robert Nilsson (+1) ; Mattias Tedenby (-1) - Mikael Backlund (+1, 2') - Dick Axelsson ; Jimmie Ericsson - Rickard Wallin - Jakob Silfverberg.

Remplaçant : Viktor Fasth (G). En réserve : Anders Nilsson (G), Jonas Andersson (blessé), Tom Wandell, Niklas Persson (au repos).