Slovaquie – Autriche (match international à Bratislava)

Un Vancouver de déjà-vu

Pour son troisième duel d’avril contre l’Autriche, la Slovaquie doit toujours faire sans Milan Jurčina et Jaroslav Halák, frais remerciés de NHL et qui sont encore un peu dans les vapes après leur traversée de l’Atlantique. Alors que la place de numéro 1 dans les cages est depuis longtemps garantie au « Bleu » de Saint-Louis et que l’on connaît également le nom de sa doublure (Ján Lašák), la bataille fait toujours rage entre Július Hudáček et Peter Hamerlík pour être le troisième larron.

Et pour départager les deux, Hanlon a décidé de... n’en mettre aucun devant les filets contre l’Autriche, la place échouant de nouveau à Lašák. Alors que le technicien doit trancher le lendemain, le fait d’accorder du temps de jeu supplémentaire au futur portier de l’Amour Khabarovsk montre bien que le verdict était connu d’avance. Ce sera le champion de République tchèque aux dépens du champion de Slovaquie. Le recalé Hudáček était l’ultime représentant de l’Extraliga encore sous les drapeaux.

Les deux formations baptisent officiellement l’Orange Aréna de Bratislava, à une semaine seulement du coup d’envoi des championnats du monde. D’autres rencontres (officieuses, elles) s’étaient disputées dans ces mêmes lieux en février à l’occasion de la Slovakia Cup. Le chantier en cours n’avait pas empêché le dépucelage du stade mais ça ne le faisait quand même pas trop pour mettre à l’honneur la glace de la prochaine finale mondiale. Une glace d’une qualité très médiocre, et ce pour les raisons identiques à Bercy.

La sélection slovaque, toujours sans capitaine, entame les débats assez mollement. Le groupe autrichien, qui ne dispose pas de légionnaires dans les grands championnats étrangers, a été très peu remanié en avril et est donc déjà bien huilé, malgré un bonnet d’âne à l’Euro Hockey Challenge. Ce sont eux qui pressent le plus efficacement en première période. Ils sautent immédiatement sur l’occasion qui leur est offerte en supériorité : Rafael Rotter entraîne avec lui la défense slave vers le coin gauche et sert alors Philippe Lakos, démarqué devant Lašák (0-1, 6'25'').

Après un début de réaction en fin de première période, les Bleus confirment leur réveil dans l’acte suivant. Ils monopolisent le jeu, certes, mais ne dominent pas, en dépit d’un incroyable différentiel aux tirs (22 contre 7 pour l’Autriche).  D’accord, les Slovaques égalisent par Marcel Hossa, qui glisse en zone de but au-dessus de Jürgen Penker (1-1, 24'10). Oui, ils prennent même les devants lorsque Jozef Stümpel enfile l’aiguille au cercle gauche après une passe bien inspirée de Pavol Demitra (2-1, 34'14). Mais les ouailles de Bill Gilligan ont du répondant.

S’ils ne portent pas réellement le danger en temps normal, ils utilisent à merveille leurs power-plays. Le défenseur Martin Oraze rappelle ainsi aux locaux que la partie, malgré un rapport de force déséquilibré, est loin d’être pliée : son slapshot à l’entrée du cercle gauche termine au fond (2-2, 38'41). Pis, après que Thomas Raffl, fauché par Štefan Ružička, ait loupé son tir de pénalité en tout début du troisième tiers (ou plutôt après que Lašák ne se soit pas laissé berner par sa feinte), Oliver Setzinger mène un contre à deux et sa frappe en côté rapproché redonne une longueur d’avance aux siens (2-3, 42'59).

Il ne reste que trente secondes avant la sirène lorsque Glen Hanlon demande un temps-mort. Lašák est convié à déserter ses cages. La Slovaquie tente logiquement son va-tout. Le jeu repart. Stümpel hérite de la rondelle sur le cercle gauche. Il a vu Miroslav Šatan au poteau droit. L’attaquant de Dinamo Minsk sert avec précision son camarade qui conclue l’action avec succès (3-3, 59'36). Ouf ! La formation des Tatras s’impose finalement en fusillade. Si c’est le tir au but de Šatan qui fait lever les foules, c’est pourtant Pavol Demitra qui avait trouvé en premier la faille. Comme contre la Russie à Vancouver aux Jeux 2010, le meilleur joueur actuel de Slovaquie s’est déporté complètement le long de la bande à gauche avant de repiquer au centre.

Les plus sceptiques auront encore de quoi jaser à propos de cet énième résultat étriqué face une formation annoncée candidate au maintien dans l’élite planétaire. La Slovaquie a été deux doigts de perdre ce match, en effet, mais elle a manifesté beaucoup de créativité en attaque et a montré une indéniable force de caractère en fin de rencontre. Rien de bien décourageant, au contraire.

Commentaires d’après-match

Glen Hanlon (sélectionneur de la Slovaquie) : « Je suis très heureux que l’on soit parvenu à l’emporter. On n’a pas réalisé une performance idéale, mais on ne peut pas toujours gagner avec la manière parfaite. Pavol Demitra a très bien joué, tout comme les autres joueurs expérimentés. »

Pavol Demitra (attaquant de la Slovaquie) : « On a bien joué en deuxième période, on avait le contrôle du jeu. Les Autrichiens ont utilisé chacune de nos erreurs, on doit s’améliorer avant tout en infériorité car ce n’est pas bon d’encaisser deux buts par cet adversaire. En fusillade, j’ai tenté la même chose qu’à Vancouver, le gardien est par chance tombé dans le piège. Je suis heureux d’avoir gagné. L’atmosphère était bonne, les gens dans le stade ont été excellents. »

Bill Gilligan (sélectionneur de l’Autriche) : « Je très satisfait de la performance de mes joueurs, surtout du gardien Penker qui n’avait pourtant pas le poste de numéro 1 assuré. Le plus important, c’est que nous avons montré qu’en jouant avec concentration et sans commettre de fautes, on peut aller très loin. »  

 

Slovaquie – Autriche 4-3 t.a.b. (0-1, 2-1, 1-1, 0-0)
Jeudi 21 avril 2011 à 17h00 à l’Orange Aréna de Bratislava. 7347 spectateurs.
Arbitrage de Vladimír Baluška et Peter Ország (SVK) assistés de Milan Novák et Miroslav Valach (SVK).
Pénalités : Slovaquie 8' (4', 2', 2', 0') ; Autriche 10' (2', 2', 4', 2')
Tirs : Slovaquie 55 (11, 22, 15, 7) ; Autriche 28 (9, 7, 12, 0)

Evolution du score :
0-1 à 06'25'' : Lakos assisté de Rotter et Welser (sup. num.)
1-1 à 24'10'' : Hossa assisté de Demitra et Stümpel
2-1 à 34'14'' : Stümpel assisté de Demitra (sup. num.)
2-2 à 38'41'' : Oraze assisté de Welser et Setzinger (sup. num.)
2-3 à 42'59'' : Setzinger
3-3 à 59'36'' : Šatan assisté de Stümpel et Demitra

Tirs au but :
Slovaquie : Demitra (réussi), Šatan (réussi).
Autriche : Setzinger (raté), M. Raffl (raté).


Slovaquie [2' pour surnombre]

Gardien : Ján Lašák.

Défenseurs : Dominik Graňák – Martin Štrbák ; Peter Podhradský (2') – Ivan Baranka ; Michal Sersen – Richard Stehlík ; Ivan Švarný.

Attaquants : Marcel Hossa – Jozef Stümpel (A, 2') – Pavol Demitra (A) ; Miroslav Šatan (A) – Ľuboš Bartečko – Ladislav Nagy ; Richard Zedník – Martin Cibák – Milan Bartovič (2') ; Branko Radivojevič – Tomáš Surový – Štefan Ružička ; Tomáš Marcinko.

Remplaçant : Peter Hamerlík (G). En réserve : Jaroslav Halák (G), Július Hudáček (G), Juraj Mikuš (D), Juraj Mikúš (A), Richard Pánik (A).

Autriche

Gardien : Jürgen Penker.

Défenseurs : Stefan Ulmer – Martin Oraze ; Martin Schumnig (2') – Gerhard Unterluggauer (C, 2') ; Philippe Lakos – Mario Altmann ; Jeremy Rebek – Johannes Reichel.

Attaquants : Oliver Setzinger (A) –Michael Schiechl – Daniel Welser ; Patrick Harand – Roland Kaspitz (2') – Michael Raffl ; Rafael Rotter (2') – Philipp Lukas (A) – Christoph Harand ;  Markus Peintner (2') –Thomas Hundertpfund – Thomas Raffl.

Remplaçant : Fabian Weinhandl (G). En réserve : Stefan Geier (A), Thomas Koch (A), Manuel Latusa (A), Robert Lukas (D), Marco Pewal (A), René Swette (G), Matthias Trattnig (D), Darcy Werenka (D).