États-Unis - Autriche (Mondiaux 2011, Groupe C, 1re journée)

2011-04-30-Etats_Unis-Autriche-IMG_1599Alors que leurs homologues russes vantaient hier soir les mérites de l’organisation de ces Mondiaux à Bratislava, les journalistes slovaques, quant à eux, revenaient avec un malin plaisir sur le lancement chaotique de la compétition à Košice. Il y a d’abord eu cette fameuse panne de courant pendant Suisse-France, la première dans l’histoire du stade, traitée de façon très acerbe par la presse locale. Les organisateurs avaient d’abord tenté de noyer le poisson en déclarant que la coupure avait eu lieu simultanément dans toute la ville. Balivernes trop faciles à dénoncer : seule la Steel Aréna fut plongée dans l’obscurité. 

La presse est ensuite revenue sur l'affluence de la rencontre, là aussi source de discorde : près de 3000 spectateurs selon les organisateurs, seulement un gros millier pour les plumitifs. Il est certain que la patinoire était loin d’être remplie de moitié et le chiffre officiellement annoncé a donc dû être remis en cause. Les places offertes ici et là aux gagnants de divers concours sont semble-t-il à l’origine de la désertion dans les travées locales ; les « heureux » gagnants, dispersés aux quatre coins du pays, ont rechigné à faire le déplacement.

Toujours est-il que le Canada hier soir, puis les États-Unis cette après-midi, ont, pour leur entrée en lice, fait remuer les foules. Avec la Suède, les deux équipes nord-américaines étaient la cible de la campagne de promotion des Mondiaux à Košice. Sur les colonnes Morris, les trams, les bus et les panneaux géants, la population était appelée depuis trois mois à se déplacer pour voir les prestigieuses formations en question. Et puis la bannière étoilée à Košice, c’est aussi un symbole fort. Le mécène de la ville n’est autre que l’usine d’aciérie U.S. Steel pour laquelle travaillent pas moins de 30 000 Cassoviens et qui a d’ailleurs donné son nom à la patinoire locale.

2011-04-30-Etats_Unis-Autriche-IMG_1519Finie, la guerre froide. En Slovaquie, on aime bien les Américains. Surtout lorsqu’ils ont un peu de sang commun. La sélection des USA attise justement l’intérêt ici grâce à Yan Stastny, dont le père Peter, l’un des joueurs phares des années 1980 sur la scène internationale, est né à Bratislava et a été deux fois champion du monde avec la Tchécoslovaquie. L’ancien des Bostons Bruins, aujourd’hui au CSKA Moscou, entretient d’ailleurs sa côté de popularité en accordant des interviews en slovaque, qu’il maîtrise presque parfaitement.

L’accueil réservé aux hommes de Scott Gordon est pourtant mitigé. Des sifflets accompagnent leur entrée sur la glace alors que des acclamations soutiennent celle de l’Autriche. La raison en est simple : des centaines de supporters rouges ont fait le déplacement en voisins et ils mettent le boucan dans l’enceinte. L’entame de match difficile de leur favori n’altère pas leurs ardeurs. Le jeu est fluide, le rythme soutenu. Les Américains font parler leur vitesse sur les ailes. Ryan McDonagh déborde justement à droite et centre pour Chris Porter. Jürgen Penker n’a pas le temps de se replacer mais l’attaquant des Saint-Louis Blues met à côté (1'59).

Les Blancs maintiennent la pression pendant les cinq premières minutes et les Autrichiens, asphyxiés, ne peuvent pas évacuer leur zone. Ça se calme par la suite, même si les États-Unis ont la mainmise sur le match. Blake Wheeler se distingue par deux fois, d’abord en frappant dans l’axe (8'53) puis en centrant pour Derek Stepan dont la tentative passe elle aussi à côté (11'33). L’Autriche rencontre de grandes difficultés à porter le danger en zone adverse et se résout alors à tirer de loin lors de ses rares incursions. C’est toujours puissant, parfois cadré, jamais dangereux.

2011-04-30-Etats_Unis-Autriche-IMG_1662Les Américains créent de nouveau le décalage et Chris Kreider reçoit la rondelle à droite. Après avoir contourné le cercle, il trouve un trou de souris entre la jambière de Penker et le poteau (1-0, 14'42). Boostés par l’ouverture du score, les États-Unis multiplient alors les raids dans un style très limpide. Wheeler chipe le puck sur une mauvaise passe autrichienne en zone neutre, joue le une-deux avec Stepan, situé entre les deux cercles, puis conclut cette belle action au fond des filets (2-0, 17'15). Les deux attaquants ne sont pas loin de rééditer la performance mais le joueur des Rangers ne reprend pas assez rapidement la passe en retrait de son acolyte et bute sur Penker (17'53).

L’Autriche se rebiffe en deuxième période. Le nombre de tirs reste toujours en sa défaveur mais l’envie est bel et bien de son côté. La rencontre est riche en mouvements mais la finition des offensives laisse à désirer. Le power-play autrichien provoqué par la sortie de Stuart (24'38) génère un siège des cages gardées par Al Montoya. Thomas Raffl déborde à droite, centre pour son frangin Michael mais celui-ci, en fin de course, ne parvient pas à saisir le palet (25'32). Les protégés de Bill Gilligan enchaînent deux grosses séquences de jeu dans le camp américain, mais s’ils démontrent certaines qualités techniques dans les coins, ils n’arrivent pas à se mettre en position de tir.

Les esprits s’échauffent. Après un premier contentieux avec Yan Stastny dans le premier tiers, Thomas Raffl en vient de nouveau aux mains avec Kevin Shattenkirk qui est venu il est vrai lui chercher quelques noises. C’est bizarrement Wheeler, venu calmer les deux énervés, qui prend deux minutes de pénalité (30'20). Il est bientôt rejoint en prison par son capitaine (31'02). L’Autriche bénéficie donc d’un double avantage numérique. Thomas Koch décoche deux frappes depuis la « bleue » mais le rebond est à chaque fois récupéré par les Américains. Daniel Welser reprend instantanément la passe en retrait de Darcy Werenka mais Montoya est pile sur la trajectoire (33'40). 

2011-04-30-Etats_Unis-Autriche-IMG_1581Les Autrichiens trouvent enfin la faille. Michael Raffl, derrière les cages, sert son frère Thomas situé le long de la bande à droite. L’attaquant de Salzbourg repique vers le centre et passe à son tour à Marco Pewal qui frappe dans le slot. Ça termine au fond et ce n’est que juste récompense (2-1, 34'00).

Bien secoués depuis une dizaine de minutes, les Américains repartent à l’abordage cinq minutes avant la pause. Clay Wilson envoie un missile certes mal cadré mais qui ricoche sur la bande et finit dans la crosse de Stastny. Penker s’allonge mais l’Américain insiste au poteau droit. Le gardien plie un peu la jambe. Suffisant pour glisser la rondelle (3-1, 38'36).

Shattenkirk enfile l’aiguille sur le cercle droit (4-1, 42'47) et c’en est fini des derniers espoirs autrichiens. Les Rouges seront inexistants jusqu’à la fin de la rencontre. Les Etats-Unis déroulent alors. Craig Smith en ajoute un dernier pour la route, en power-play, lui aussi depuis le cercle droit (5-1, 56'42).

Les Américains ont rendu une copie sérieuse et ses jeunes, comme ceux du Canada la veille, ont offert des gages de solidité. Quant à l’Autriche, ses nets progrès depuis un mois n’auront été visibles qu’en deuxième période. Le reste, malheureusement, n’incite guère à l’espoir.

Désignés joueurs du match : Chris Kreider (États-Unis) et Rafael Rotter (Autriche).

2011-04-30-Etats_Unis-Autriche-IMG_1583Commentaires d’après-match

Yan Stastny (attaquant des États-Unis) : « Je suis très content d’avoir marqué dans la mesure où c’était pour l’équipe. On a bien bossé en attaque, on a bien pressé et ça nous a souri. Ce fut un bon match de notre part même si je pense que l’on peut encore mieux faire. (…) Ces championnats sont spéciaux pour moi, c’est certain. J’ai une bonne partie de ma famille qui vit à Bratislava. C’est dommage que mon frère Paul se soit blessé. C’est le hockey. Mais j’aurais aimé jouer ici avec lui. »

Bill Gilligan (entraîneur de l’Autriche) : « On n’a pas bien entamé la partie. L’équipe des États-Unis a très bien joué, elle nous a mis sous pression. On fait trop de fautes en première période et les Américains en ont profité. On doit aussi mieux utiliser nos occasions. »

 

États-Unis – Autriche 5-1 (2-0, 1-1, 2-0)
Samedi 30 avril 2011 à 16h15 à la Steel Aréna de Košice. 4495 spectateurs.
Arbitrage de Vyacheslav Bulanov (RUS) et Eduards Odins (LAT) assistés de Jiri Gebauer (TCH) et Sergei Shelyanin (RUS).
Pénalités : États-Unis 10' (2', 6', 2') ; Autriche 6' (0', 2', 4')
Tirs : États-Unis 32 (11, 11, 10) ; Autriche 13 (5, 5, 3)

Évolution du score :
1-0 à 14'42'' : Kreider assisté de Fayne et Stepan
2-0 à 17'15'' : Wheeler assisté de Stepan
2-1 à 34'00'' : Pewal assisté de T. Raffl et M. Raffl
3-1 à 38'36'' : Stastny assisté de Wilson et Fowler
4-1 à 42'47'' : Shattenkirk assisté de Palmieri et Shannon
5-1 à 56'42'' : Smith assisté de Johnson (sup. num.)

 

2011-04-30-Etats_Unis-Autriche-IMG_1527États-Unis [2' pour surnombre]

Gardien : Al Montoya.

Défenseurs : Mark Stuart (C, 2'+2', +1) – Cam Fowler (+1) ; Jack Johnson (+1) – Mark Fayne (+1) ; Ryan McDonagh (+1) – Mike Komisarek (A) ; Clay Wilson (+1) – Kevin Shattenkirk.

Attaquants : Craig Smith (+1) – Derek Stepan (+2) – Blake Wheeler (2', +1) ; Chris Porter (-1) – Tim Stapleton – Jack Skille (-1) ; Chris Kreider (+2) – Ryan Shannon (+2) – Nick Palmieri (+1) ; Mike Brown (A, +1) - Yan Stastny (2', +1).

Remplaçant : Ty Conklin (G). Absent : Paul Gaustad (dernier arrivé).

Autriche

Gardien : Jürgen Penker.

Défenseurs : Darcy Werenka (2', -1) – Matthias Trattnig (2', -1) ; Gerhard Unterluggauer (C, -3) – Martin Schumnig (-2) ; Philippe Lakos (+1) – Robert Lukas (+1) ; Johannes Reichel – Mario Altmann.

Attaquants : Manuel Latusa – Thomas Koch (A, 2', -1) – Daniel Welser (-1) ; Thomas Raffl – Roland Kaspitz (-2) – Michael Raffl (-1) ; Rafael Rotter (-1) – Philipp Lukas (-1) – Oliver Setzinger (A, -1) ; Patrick Harand (-2) – Marco Pewal (+1) – Thomas Hundertpfund (-1).

Remplaçant : Fabian Weinhandl (G). En réserve : Rene Swette (G).