États-Unis – Norvège (Mondiaux 2011, Groupe C, 2e journée)

2011-05-02-USA-Norvege-3131La jeune équipe des États-Unis a fait une entame de tournoi probante samedi contre l’Autriche. Alors qu’une zone d’ombre planée au-dessus de son attaque, les cinq buts inscrits par la bannière étoilée ont rassuré sur ses capacités à faire mouche. Pour leur duel face à la Norvège, les Américains reçoivent même le renfort de Paul Gaustad, des Buffalo Sabres, laissé encore au repos sur le match d’ouverture mais venu s’incruster au centre de la deuxième ligne en compagnie de Jack Skille et Chris Porter. Alors que l’affiche États-Unis/Suède mercredi soir devrait sonner le paroxysme du premier tour à Košice (le match devrait se dérouler à guichets fermés), c’est peut-être aujourd’hui finalement que se joue la première place du groupe C. La Norvège, qui a eu la tête de la Tre Kronor en prolongation, a le parfait profil du trouble-fête.

On a connu débuts plus rythmés. Après deux minutes d’observation, ce sont les Américains qui allument la première mèche ; Chris Kreider, derrière la cage norvégienne, passe en retrait à Ryan Shannon qui arme instantanément. Le palet est repoussé in extremis par le bras de Lars Haugen (1'57). Pétard mouillé. Le mouvement n’est pas encore au rendez-vous. Paul Gaustad file en prison pour une faute commise dans la zone de but scandinave (2'38). La Norvège installe alors le jeu dans le camp adverse. Le slap de Mads Hansen passe à gauche mais le rebond est récupéré par les Blancs. Il y a du trafic devant Al Montoya et le gardien, dans la mêlée, se retrouve allongé dos à ses filets. Per-Åge Skrøder en profite pour glisser le palet au poteau gauche : la rondelle flirte avec la ligne et semble même la dépasser avant de fuir au loin (3'11).

Les États-Unis ont dû mal à évacuer leur zone. Ils sont trop tendres face à des Norvégiens décomplexés par la victoire samedi contre le voisin suédois, succès qui s’était fait attendre 61 ans. Jonas Holøs frappe sur la « bleue » et Montoya repousse du bras (5'50). Dans le coin gauche, Ken-Andre Olimb gagne son duel et se dirige vers les buts avant de tenter sa chance au poteau gauche. Montoya s’interpose devant un tas de joueurs des deux camps. Le jeu est arrêté. Les arbitres font appel à vidéo et accordent l’ouverture du score au Norvégien. Le ralenti montre effectivement que le palet, lentement mais surement, a dépassé la ligne d’une dizaine de centimètres après s’est frayée un étroit passage entre les bottes du gardien étatsunien (0-1, 08’09). 

2011-05-02-USA-Norvege-3125La faute de Kristian Forsberg (10'24) augure une fin de mauvaise passe pour la bannière étoilée. En fait, ce sont les Norvégiens qui exploitent le mieux la situation. Le capitaine Ole-Kristian Tollefsen oblige d’abord les Américains à reculer en dégageant au loin. Puis la mauvaise passe de Craig Smith est interceptée par Anders Bastiansen qui s’en va doubler la mise en breakaway (0-2, 9’22). Les hommes de Scott Gordon, apathiques, payent cash leur manque de conviction en attaque. La suite de la supériorité n’aboutit sur aucune action dangereuse, la frappe de Chris Kreider dans le slot n’étant pas assez appuyée pour leurrer Haugen (9'57).

Le match s’emballe enfin. Les États-Unis maintiennent une pression dans le camp adverse et les Norvégiens agissent en contre. Ces derniers replacent le jeu vers l’avant grâce à la supériorité numérique provoquée par la sortie de Ryan McDonagh (15'44). Les défenseurs US resserrent les rangs et montrent les crocs ; les Scandinaves sont obligés d’agir dans l’urgence et leurs tentatives sont trop approximatives. La fin de période est équilibrée mais redevient pauvre en mouvements. Juste avant de filer en prison (19'57), Jonas Holøs remonte à droite mais Lars Erik Spets, seul au second poteau, est en retard pour reprendre son centre (19'27).

Pénalisés pour surnombre, les Américains doivent encore être sur la défensive en entame de deuxième période (23'03). Derek Stepan, coupable d’une charge trop appuyée sur Spets le long de la bande, est lui aussi convié à se poser sur le banc des fautifs (26'18). Les bleu marine n’y sont pas. Heureusement pour eux, les Norvégiens ne cadrent toujours pas leurs frappes. Ou alors, lorsqu’ils y arrivent, Montoya est pile dessus. Comme sur la salve de Tollefsen dans le cercle droit (27'50).

2011-05-02-USA-Norvege-3244L’engagement monte en intensité. Les Américains redressent la barre et squattent durablement la zone norvégienne. Roy-Einar Johansen sent le vent tourner et demande un temps-mort pour recadrer ses troupes (31'44). Sauf que, empreints d’une saisissante nonchalance, les États-Unis n’arrivent toujours pas à déboussoler la défense opposée. Manque de vitesse dans le geste, manque de conviction. Ils donnent l’impression de ne pas vouloir trop en faire. Ainsi, sans être contrarié dans son entreprise, Stepan slalome du cercle droit à l’enclave mais ne frappe pas, alors que toutes les conditions étaient réunies pour inquiéter Haugen (32'05).

Ils bénéficient encore de deux power-plays jusqu’au terme du deuxième acte  (Hansen à 32'33, puis Ask à 38'39). Blake Wheeler attire sur lui l’intention de Haugen au poteau droit mais le palet qu’il arrive à pousser du bout de la crosse longe la ligne sans trouver preneur (39'20). Sur un énième assaut, Cam Fowler tape sur le poteau gauche (39'43). Les Américains seront montés en puissance tout au long de cette période mais malgré un nombre de tentatives éloquent (20 contre 5 pour la Norvège), ils ont toujours deux longueurs de retard.

Les Norvégiens perdent pied physiquement. Les Yankees en profitent d’ailleurs dès les premiers instants de la reprise en faisant parler leur vitesse. Kreider déborde à gauche et donne derrière la ligne de fond à Nick Palmieri, seul au second poteau, qui débloque enfin le compteur de son équipe. La réalisation n’est cependant validée qu’après visionnage  (1-2, 41'16). En jouant simple et avec envie, les Bleus ont retrouvé la recette utilisée contre l’Autriche samedi après-midi. Dans la foulée, le tir de Stepan embrasse le poteau droit (41'54). On ne les arrête plus ; Jack Skille égalise devant la cage après un caviar de Tim Stapleton depuis la bande droite (2-2, 44'59).

2011-05-02-USA-Norvege-But_USA-3334La bande à Mark Stuart est en pleine confiance. L’infériorité numérique (Kreider, 48'51) n’apporte aucune menace. La Norvège ne sait plus où donner de la tête et Tollefsen, pas réputé pour sa tendresse, fait une grosse charge sur Wheeler qui finit sa chute dans le but de Haugen. Le capitaine doit alors se calmer en prison (52'03). Le gardien scandinave est exceptionnel ce soir. Mais il ne peut pas réparer l’indiscipline de ses camarades. Dans l’axe sur la « bleue », Shattenkirk passe à Shannon, dans le cercle gauche, qui en fait de même à Palmieri, situé sur la ligne de but. L’angle est serré mais l’attaquant du New Jersey met quand même le caoutchouc au fond (53'44).

La faute comme unique résistance à la tornade américaine : Peter Lorentzen file lui aussi faire un tour au purgatoire (57'09). Nouveau power-play. Nouveau but. Smith dévie avec succès la frappe de Stepan (4-2, 58'34) et les Américains remettent au goût du jour la fable du Lièvre et de la Tortue. Toutefois, les vingt dernières minutes de la rencontre ne doivent pas faire oublier que la performance collective aura été dans l’ensemble relativement médiocre. Toujours est-il que les États-Unis, invaincus, sont d’ores et déjà qualifiés pour le deuxième tour.

Désignés joueurs du match : Nick Palmieri (États-Unis) et Ole-Kristian Tollefsen (Norvège).

Commentaires d’après-match

Scott Gordon (entraîneur des États-Unis) : « On savait que ça serait très difficile de jouer les Norvégiens, surtout en zone neutre où ils savent déployer un jeu dur. On a travaillé ça à l’entraînement hier mais on a quand même eu beaucoup de difficultés ce soir, surtout dans le premier tiers-temps. On est revenus progressivement dans la deuxième période, grâce aux power-plays. La Norvège a fait beaucoup de fautes encore dans la dernière partie du match et on a profité pour marquer. »

Roy Einar Johansen (entraîneur de la Norvège) : « Je suis très déçu, bien entendu. On a beaucoup tiré au but en première période, on a très bien patiné. Je suis très triste que l’on ait encaissé quatre buts dans la dernière période. Les joueurs commençaient à être épuisés. Malheureusement, il nous manque des défenseurs, absents pour cause de blessures. On doit composer avec ce qu’on a. »

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États-Unis – Norvège 4-2 (0-2, 0-0, 4-0)
Lundi 2 mai 2011 à 16h15 à la Steel Aréna de Košice. 4149 spectateurs.
Arbitrage de Antonin Jerabek (TCH) et Jyri Petteri Ronn (FIN) assistés de Milan Novak (SVK) et Jussi Terho (FIN).
Pénalités : États-Unis 10' (4', 4', 2') ; Norvège 14' (4', 4', 6')
Tirs : États-Unis 49 (11, 20, 18) ; Norvège 12 (7, 5, 3)

2011-05-02-USA-Norvege-3177Évolution du score :
0-1 à 08'09'' : K.A. Olimb assisté de Holtet
0-2 à 09'22'' : Bastiansen (inf. num.)
1-2 à 41'16'' : Palmieri assisté de Kreider et Shannon 
2-2 à 44'59'' : Skille assisté de Stapleton et McDonagh
3-2 à 53'44'' : Palmieri assisté de Shannon et Shattenkirk (sup. num.)
4-2 à 58'34'' : Smith assisté de Stepan et Johnson (sup. num.)


États-Unis (2' pour surnombre)

Gardien : Al Montoya.

Défenseurs : Jack Johnson (A, -2) – Mark Fayne (-1) ; Mark Stuart (C) – Cam Fowler (-1) ; Ryan McDonagh (2', +2) – Kevin Shattenkirk (+2) ; Clay Wilson – Mike Komisarek (A).

Attaquants : Craig Smith (-1) – Derek Stepan (2', -1) – Blake Wheeler (-1) ; Chris Porter – Paul Gaustad (A, 2', -1) - Jack Skille ; Chris Kreider (2', +1) – Ryan Shannon (+1) – Nick Palmieri (+1) ; Yan Stastny – Tim Stapleton (+1) - Mike Brown.

Remplaçant : Ty Conklin (G).

Norvège

Gardien : Lars Haugen.

Défenseurs : Alexander Bonsaksen – Ole-Kristian Tollefsen (C, 2') ; Morten Ask (2', +1) – Jonas Holøs (2', +1) ; Eerikki Koivu (-2).

Attaquants : Per-Åge Skrøder (-1) – Anders Fredriksen – Martin Røymark (2', -1) ; Mathis Olimb (-1) – Anders Bastiansen (A) – Lars Erik Spets (-1) ; Ken Andre Olimb (+1) – Mads Hansen (A, 2', +1) – Marius Holtet (+2) ; Peter Lorentzen (2') – Kristian Forsberg (2', -1) – Martin Laumann Ylven.

Remplaçants : Pål Grotnes (G), Brede Csiszar, Andreas Martinsen. En réserve : Robert Hestmann (G), Lars Løkken Østli (D).