Autriche - Slovénie (Mondiaux 2011, poule de relégation)

L’Autriche en sursis

SETZINGER_Oliver-110430-016Vaincre ou mourir. C’est tout le drame de l’Autriche, embringuée ce midi face à la Slovénie dans une course (désespérée ?) au maintien. Un espoir très mince au vu des précédentes prestations des hommes de Bill Gilligan, surclassés au premier tour puis balayés, jeudi, par le Bélarus (2-7).

Les coéquipiers d’Andrei Kostitsyn sont donc bien rentrés dans cette "poule de la mort". Tout comme les ouailles de Matjaz Kopitar, qui font bonne impression depuis le début de cette quinzaine slovaque et restent sur un beau succès face aux Lettons (5-2).

Mais les Slovènes se méfient, craignent la réaction de l'Autriche, une "bête blessée" qu'ils ne connaissent que trop bien. Depuis que l’Erste Bank Liga a intégré en son sein les deux meilleurs clubs slovènes (Jesenice et l’Olimpija Ljubljana), la rivalité s’est accentuée entre deux voisins qui ne se sont plus affrontées en compétition officielle depuis février 2009, date du tournoi pré-qualificatif olympique (à Hanovre en Allemagne).

Les Autrichiens s’étaient alors imposés en prolongation, sur la plus courte des marges, et tout laissait présager un match aussi disputé entre presque "frères ennemis". Weinhandl et Kristan, sans être impériaux, tiennent le score en première période. Et sont parfois bien aidés par la maladresse des attaquants adverses. En position de deux contre un face au gardien, Oliver Setzinger, pourtant imparablement décalé par Daniel Welser, croise trop son lancer (7’).

La tension est perceptible, parfaitement à la hauteur de l’enjeu. Mais pendant que les Lettons, à Kosice, jouent leur va-tout et enfilent les buts face aux Biélorusses, l’ouverture du score se fait attendre à Bratislava. Pourtant, l’indiscipline autrichienne est là, comme trop souvent depuis quelques temps, mais le powerplay slovène ne parvient pas à prendre la mesure du box-play rouge, plus agressif sur le palet.

UNTERLUGGAUER_Gerhard-110502-283Comme prévu, les Autrichiens, même en désavantage numérique, font preuve d’initiative vers l’offensive. En fin de premier tiers, le jeu se cantonne même un peu trop aux abords de la zone défendue par Robert Kristan. Et ce qui devait arriver arriva, sur une pénalité différée permettant à Thomas Raffl de sortir la rondelle à la pointe, sur Gerhard Unterluggauer. Le vétéran arme un slap plein axe qui ne laisse aucune chance à Kristan, masqué (1-0 à 19’03’’). C’est la première fois que les troupes de Gilligan mènent au score dans ce Mondial…

L’élan offensif autrichien est encore récompensé au retour des vestiaires sur un contre orchestré par Markus Peintner. Le barbu le plus célèbre du hockey autrichien servant Thomas Raffl, à sa droite, pour un tir des poignets excentré filant par-dessus l’épaule de Robert Kristan (2-0 à 24’15’’).

Il est maintenant temps que les Slovènes sortent de leur coquille. Qu’ils se livrent davantage et c’est le cas durant l’acte médian, sans pour autant s’octroyer de véritables temps forts. Et le salut provient d’une action de rupture conclue par le capitaine Tomaz Razingar, qui reprend en entrée de zone un palet laissé dans son dos par David Rodman. Un tir limpide à ras de glace (et légèrement dévié) filant entre les bottes de Weinhandl (2-1 à 36’30’’). L’équipe au lynx revient dans la partie…

Une charge dangereuse d’André Lakos, contre la bande et dans le dos de Rok Pajic, ne retient pas l’attention des arbitres, mais les Slovènes réparent eux-mêmes cette injustice. Intensifiant la pression devant Weinhandl jusqu’à provoquer l’incarcération de Philippe Lakos (38’25’’). Les jalons de l’égalisation sont posés et celle-ci intervient sur un tour de cage mené à bien par David Rodman (2-2 à 39’41’’). Le cadet des Rodman (qui évolue comme son frère Marcel aux Vienna Capitals) lancé en zone neutre, s’étant préalablement faufilé entre deux de ses vis-à-vis avant d’amorcer sa manœuvre.

WEINHANDL_Fabian-110430-020La Nationalmannschaft a-t-elle laissé passer sa chance ? Le doute est levé, par Weinhandl, solide sur un shoot de Sabolic, puis par Rafael Rotter quelques instants plus tard. L’ailier viennois, seul au second poteau, récupérant une passe de Philipp Lukas pour glisser le palet au fond des filets (3-2 à 45’52’’).

Reste maintenant à conserver cet avantage face à des Slovènes plus pressants que jamais. Et le vieil adage de Lafontaine, comme quoi le roseau plie mais ne rompt pas, se vérifie à nouveau. Rok Pajic n’était pourtant pas loin d’égaliser, sur un palet relâché longeant la ligne de but, sans le retour musclé de Philippe Lakos (47’).

Pour la première fois dans ce tournoi, l’Autriche a donc pu compter sur son gardien, Fabian Weinhandl, propulsé co-titulaire (avec Jürgen Penker) par défaut après les forfaits de Reinhard Divis et Bernd Brückler. Le jeune portier de Graz tient sûrement sa prestation la plus aboutie en sélection nationale dans le lourd contexte d’un match qui aurait pu être sans lendemain en cas de revers.

Au lieu de ça, l’Autriche garde une petite chance de se maintenir en cas de victoire sur la Lettonie demain (dimanche). Idem pour les Slovènes, qui croyaient avoir fait le plus dur en battant jeudi le favori letton (5-2) et devront réaliser un nouvel exploit face au Bélarus. Mais demain est un autre jour…

Commentaires d’après-match :

Fabian Weinhandl (gardien de l’Autriche) : «  C’est une victoire très importante. Nous n’avons pas joué comme cela lors des précédents matchs. Si nous avions perdu aujourd’hui, nous aurions été relégués. Demain, nous serons dans la même situation. »

 

Autriche – Slovénie 3-2 (1-0, 1-2, 1-0)
Samedi 7 mai 2011 à 12h15 à l’Orange Arena de Bratislava. 9 033 spectateurs.
Arbitrage de Christer Lärking (SUE) et Konstantin Olenin (RUS) assistés de Paul Carnathan (USA) et Christian Tillerkvist-Jonsson (SUE).
Pénalités : Autriche 10’ (6’, 4’, 0’) ; Slovénie 14’ (2’, 4’, 8’).
Tirs : Autriche 37 (15, 8, 14) ; Slovénie 33 (8, 11, 14).

Évolution du score :
1-0 à 19’03’’ : Unterluggauer assisté de T. Raffl et Koch
2-0 à 24’15’’ : T. Raffl assisté de Peintner et Trattnig
2-1 à 36’30’’ : Razingar assisté de D. Rodman et M. Rodman
2-2 à 39’41’’ : D. Rodman assisté de Gregorc et Kristan (sup. num.)
3-2 à 45’52’’ : Rotter assisté de P. Lukas

 

Autriche

Gardien : Fabian Weinhandl.

Défenseurs : Darcy Werenka – Matthias Trattnig ; Gerhard Unterluggauer (C) – Martin Schumnig ; Philippe Lakos – Robert Lukas ; Johannes Reichel – Mario Altmann.

Attaquants : Daniel Welser – Thomas Koch (A) – Oliver Setzinger (A) ; Thomas Raffl –Markus Peintner – Roland Kaspitz ; Patrick Harand – Philipp Lukas – Rafael Rotter ; Michael Schiechl – Thomas Hundertpfund.

Remplaçant : Jürgen Penker (G). En réserve : René Swette (G), Michael Raffl, Manuel Latusa, Marco Pewal.

Slovénie

Gardien : Robert Kristan (sorti de sa cage de 59'00" à 59'53").

Défenseurs : Ales Kranjc - Gregory Kuznik; Blaz Gregorc - Mitja Robar (A) ; Andrej Tavzelj - Damjan Dervaric ; Ziga Pavlin - Sabahudin Kovacevic.

Attaquants : Tomaz Razingar (C) - Marcel Rodman (A) - David Rodman ; Robert Sabolic - Rok Ticar - Ziga Jeglic ; Andrej Hebar - Rok Pajic - Bostjan Golicic ; Jaka Ankerst - Matej Hocevar - Ziga Pance.

Remplaçant : Andrej Hocevar (G). En réserve : Matija Pintaric (G), Klemen Pretnar, Mitja Sivic.