Une finale pour vaincre ses complexes

Suède 55% / Finlande 45%

C'est à ce stade de la compétition que resurgit normalement le vieux complexe d'infériorité de la Finlande, sextuple vice-championne du monde et double vice-championne olympique. Cela fait dix ans qu'elle n'a pas battu la Suède dans une compétition officielle, et c'était un simple match de poule à Cologne. Depuis ce temps, chaque confrontation vire au désastre, des quatre buts d'avance perdus à Helsinki jusqu'à la consécration manquée des JO de Turin.

Et pourtant, s'ils font à la fois le complexe des finales et le complexe face au voisin suédois, les Finlandais savent bien que leur seule finale gagnée était contre la Suède, en 1995. Il aurait pu rester un joueur de l'époque, le héros Peltonen, mais il a déclaré forfait avant le Mondial. Certains commentateurs finlandais ont dit que ce désistement de leur vétéran enlevait toute chance à leur équipe. Le pessimisme était exagéré, et la suite l'a prouvé. L'absence a peut-petre ouvert la porte de l'effectif à Mikael Granlund, qui a prouvé par un but de légende qu'une nouvelle génération finlandaise était en train de naître. Par une victoire, comme celle de 1995 ?

Sauf que Granlund représente sa mince génération tout seul (Pulkkinen et Vatanen sont blessés). La Suède a une relève bien plus nombreuse : la ligne qui a vécu ses années juniors sous la direction du nouveau sélectionneur Pär Mårts (Tedenby-Krüger-Silfverberg), les défenseurs offensifs David Rundblad et Oliver Ekman-Larsson, l'ultra-rapide Magnus Svensson-Pääjärvi et l'insolent buteur Patrik Berglund. L'avenir appartient aux Suédois, mais la Finlande a formé un groupe soudé cette année et veut croire en son étoile.